Focalisation et autres notions narratologiques Par mohsine aicha (Prof) [msg envoyés : 7] le 07-02-11 à 09:20 Lu :1002 fois |
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ENVOYE
PAR :AICHA MOHSINE
Focalisation
interne
Un
récit en focalisation interne est écrit selon le point de vue d'un
personnage : le lecteur découvre ce que voit, entend, ressent,
sait... ce personnage dont la propre perception des choses est
présentée. Le narrateur en sait donc autant que ce personnage
(lorsqu'il n'est pas ce même personnage).
Caractéristiques
techniques : - le ton est subjectif, avec emploi de verbes
de perception (voir, entendre...) ; - le narrateur peut être
un personnage du récit (et le récit peut être à la 1ère
personne) ; - les paroles ou pensées peuvent être
rapportées au style indirect libre. .
Exemple
: "Il aperçut sur la place deux vieilles dames dont
quelques bribes de la conversation parvinrent jusqu'à lui. Il se
demanda s'il était en train de rêver."
Effets
: Le point de vue est limité et subjectif, puisqu'il est
soumis à la perception d'un seul personnage. Mais il livre des
éléments précieux qui resteraient inconnus dans un texte en
focalisation externe.
Focalisation
externe
Dans un récit
en focalisation externe, le narrateur décrit une scène selon une
position extérieure à l'intrigue : il est un simple observateur
étranger à l'action, en sait moins que les personnages eux-mêmes
et se fonde uniquement sur leur comportement ("behaviour"
en anglais). Ce qui est décrit l'est donc d'un point de vue
strictement externe, sans aucun apport d'éléments supplémentaires.
Caractéristiques
techniques : - le narrateur n'est pas présent dans
l'intrigue même ; - les paroles sont rapportées au style
direct (discours marqués par des guillemets ou des tirets) ; -
ton neutre.
Exemple
: "Vers le milieu de l'après-midi, la vieille dame
sortit de chez elle et se dirigea vers l'église. Un jeune homme
passa à côté d'elle et la salua."
Effets
: La focalisation externe apporte un effet de pure
objectivité allant jusqu'à la restriction. Il en découle une
impression d'insatisfaction, d'impatience, une envie d'en savoir
plus.
Narration
et focalisation
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par
Mieke Bal
1977
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Bref aperçu
Bal se
propose de compléter, tout en la rectifiant légèrement, la
théorie de Genette traitant de la narration, et en particulier du
rapport entre « celui qui voit » et « celui qui parle ».
On nous
rappelle les différents types de focalisations, ainsi que la
distinction entre narration et histoire. On examine enfin les
nuances entre narrateur homodiégétique et hétérodiégétique,
extra-, intra- ou métadiégétique.
Bal met
ensuite sa propre théorie en place impliquant un narrateur, un
narré, un focalisateur et un focalisé.
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Résumé
I -
Figures narratologiques
Introduction
L'article
de Bal se veut une présentation critique des chapitres 4 et 5 du
livre de Gérard Genette paru en 1972, Figures III.
Bal
rappelle que Genette a élaboré une typologie des figures du récit
selon trois catégories: le temps, le mode et la voix. Il entend ne
s'intéresser qu'au mode et à la voix, qui constituent une théorie
de narratologie. L'originalité de cette théorie consiste à
séparer les deux catégories communément confondues de la
perspective et de l'instance narratrice, que Genette classe
respectivement sous le mode (qui voit ?) et la voix (qui parle ?).
Mode
Genette
distingue le récit d'événements du récit de paroles. Ce faisant,
il distingue entre la mimésis (adj: mimétique) et la diégésis
(adj: diégétique). La mimésis se définit, selon Genette, par un
maximum d'information et un minimum d'informateur (autrement dit de
traces de l'informateur), la diégésis par le rapport inverse. Dans
le récit de paroles, on trouve le discours rapporté, identifiable
au discours direct; le discours narrativisé ou raconté, où le
contenu du discours est réduit au minimum; et, entre les deux, le
discours transposé, le style indirect libre par exemple.
Style
indirect libre : dans ce discours, le narrateur adhère le plus
étroitement possible aux paroles du personnage, mais il ne lui cède
pas la parole.
Bal
apporte ici plus de précision. Genette entend par information ce
qui est constitué par l'objet narré; le maximum d'information est
l'objet qui est narré avec le plus de détails possible. Tout
détail « inutile », qu'il soit pittoresque, circonstanciel,
symbolique, bref toute notion descriptive constitue le superflu, qui
a pour fonction de montrer ce que Genette indique comme la réalité.
Ces détails sont des connotateurs de mimésis.
Pour
Genette, est diégétique seulement la série d'événement qui
forment la fable du récit.
Le
discours rapporté, qui n'est autre que le discours direct, la
citation littérale des paroles ou des pensées d'un personnage,
constitue une mimésis pure.
Bal
s'oppose en partie à cette conception qui refuse à la description
toute fonction proprement narrative.
Enfin, il
considère que la distinction entre récit d'événements et récit
de paroles n'a qu'un sens provisoire: les deux types de récit n'en
font qu'un.
Les
points de vue (classés selon la focalisation) : le récit où le
narrateur « en dit plus que n'en sait aucun des personnages » est
le récit non-focalisé; si le narrateur « ne dit que ce que sait
tel personnage », le récit est à focalisation interne; le
troisième type est le récit à focalisation externe, où le
narrateur « en dit moins que n'en sait le personnage ».
Voix
Le
rapport temporel entre l'histoire et la narration se définit en
termes d'antériorité, de postérité et de simultanéité.
Un
rapport de subordination existe entre deux récits qui se situent à
des niveaux narratifs différents. Il s'agit du récit dans le récit
(métarécit), comme dans les Mille et Une Nuits.
Les
rapports qui peuvent exister entre un récit métadiégétique et
son récit premier sont de trois sortes. Le rapport peut être
causal (fonction explicative), lorsque le métarécit explique ce
qui se passe dans le récit premier. Il peut être thématique, sans
impliquer aucune continuité spatio-temporelle entre les deux
récits. Cette relation peut être de contraste et d'analogie, comme
la fameuse « mise en abyme » si populaire parmi les « nouveaux
romanciers ». Le récit second peut, dans ce cas, influencer par
l'exemple les événements du récit premier, à condition qu'il
soit raconté aux personnages du premier récit. Le troisième
rapport est purement narratif : ce n'est pas le contenu du
métarécit, mais l'acte même de narrer qui influence les
événements du récit premier. Il va sans dire que l'exemple
canonique de ce type est les Mille et Une Nuits. Du premier au
troisième type, la relation est de moins en moins directe,
l'importance du contenu du métarécit pour le contenu du récit
premier décroît, celle de l'acte narratif même croît.
Le
narrateur présent dans la diégèse qu'il raconte est
homodiégétique, le narrateur absent (invisible) ou racontant à un
niveau supérieur un récit dont il est lui-même absent, est
hétérodiégétique. Selon le degré de présence on peut
distinguer, parmi les narrateurs homodiégétiques, ceux qui
racontent une histoire dont ils sont le personnage principal (ils
sont alors autodiégétique) de ceux qui ne sont que témoins. On
peut donc, en tout récit, définir le statut du narrateur à la
fois par son niveau narratif et par sa relation à l'histoire qu'il
raconte : il est toujours extra-, intra- ou métadiégétique; il
est en même temps toujours hétéro- ou homodiégétique.
Commentaire
La
quantité d'information se définit par rapport à la durée: cette
quantité détermine la vitesse du récit (le rapport entre la durée
de l'histoire et la durée - longueur - du récit). Le récit
mimétique sera toujours lent, le récit diégétique, où
l'efficacité narrative est maximale, sera rapide.
Mieke Bal
montre à quel point la théorie de focalisation de Genette est
boiteuse. Il souligne d'abord que Genette ne donne nulle part une
définition explicite de la notion de focalisation. Il convient
cependant que du premier au troisième type (récit non focalisé,
i.e. narrateur omniscient - / focalisation interne / focalisation
externe), la science du narrateur diminue, et la série est, dans ce
sens, homogène.
II.
Narrations et focalisations
Instances
Actant /
personnage : l'actant a un sens fonctionnel, c'est celui « qui fait
avancer l'action » ; le terme personnage indique l'actant dans son
individualité propre, dans le sens large que lui confère la
tradition.
Le
lecteur prend connaissance de ce qui est par l'intermédiaire de
plusieurs instances, qu'il convient de distinguer avec soin. ہ
un
moment décisif de l'histoire de la théorie du récit, on a
découvert l'importance essentielle de l'autonomie de celui que
l'auteur (celui qui écrit) a délibérément investi de la fonction
narrative dans le récit: le narrateur (celui qui parle). ہ
un
autre moment, aussi décisif bien que plus récent, on a découvert
la présence de celui à qui ce narrateur délègue à son tour une
fonction intermédiaire entre lui-même et le personnage: le
focalisateur (celui qui voit). On ne saurait trop estimer la portée
de cette découverte, dont le mérite revient entièrement à
Genette.
Bal
entend définir quatre concepts qu'il considère suffisants pour
résoudre les problèmes laissés par la théorie de Genette:
- le
sujet de la narration: le narrateur;
- l'objet de la narration:
le narré;
- le sujet de la
focalisation: le focalisateur;
- l'objet de la
focalisation: le focalisé.
Le
narrateur
Bal
décèle un problème de terminologie: Genette affirme que tout
narrateur est à un niveau diégétique immédiatement supérieur à
celui où se situe l'histoire qu'il raconte. Or, si le narrateur est
absent du récit (troisième personne impersonnelle), Genette
implique un niveau encore supérieur, comparable à celui où se
situe le narrateur extradiégétique par rapport à un métarécit.
Il serait donc, au fond, doublement extradiégétique si l'on suit
le raisonnement de Genette.
Le narré
Le narré
se compose des paroles de la narration. Il est l'énoncé.
Si le
narrateur cède la parole à un personnage, on se trouve ne présence
de discours direct: il s'agit du discours rapporté, éminemment
mimétique selon Genette. Il y a à ce moment-là changement de
niveau, le narrateur intradiégétique devient extradiégétique par
rapport au nouveau récit, formé par le discours direct,
métadiégétique, dont le personnage-sujet devient le narrateur. Le
verbe déclaratif, ou quelle que soit la forme que prend le passage
de la parole du narrateur au personnage fonctionne comme un «
connotateur de transgression », comme signe que l'objet de la
parole va à son tour devenir sujet.
Focalisation
Si
Genette préfère le terme de focalisation aux autres termes
d'usage, c'est qu'il est plus abstrait et moins spécifiquement
visuel (que point de vue, par exemple). En outre, le terme de
focalisation exclut les significations psychologique et idéologique
de point de vue.
Focalisateur
et focalisé
Bal
considère qu'il existe un focalisateur - qui n'est pas le
narrateur, mais qui n'est pas non plus le focalisé. Comme le
narrateur peut céder la parole, le focalisateur peut céder la
focalisation.
Bal
développe ici davantage sa propre théorie, où il redistribue les
rôles du narrateur de Genette entre le narrateur, le focalisateur
et le focalisé. Ses nuances sont peut-être justes, mais elles
semblent trop fines pour être vraiment utiles.
La suite
de son article est constituée d'une série d'exemples.
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