"figure et contexte"creusons

 Par LOUMATINE Abderrahim  (Prof)  [msg envoyés : 231le 07-06-12 à 12:52  Lu :932 fois
     
  
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D’abord je remercie notre cher ami M. Omari pour cet exercice qui nous a permis de comprendre combien il est difficile de trancher quand il s’agit de figures de style.
Nous le remercions aussi pour cette explication détaillée qui nous pousse à réfléchir sur les mécanismes et le rôle de la métaphore dans la construction du sens.
Cependant, si je suis d’accord concernant l’explication proposée, je crois selon mon humble avis qu’il serait judicieux de s’aventurer sur d’autres pistes susceptibles de mieux éclairer notre recherche.
Tout d’abord, si nous avons considéré que ses énoncés contiennent des métaphores in absentia, c’est parce que cela a été mentionné au début de l’exercice. Examinons cela hors contexte mais sans aucune indication qu’il s’agit d’une figure de style.
Certes, les adjectifs « agile et vrai » nous mettent la puce à l’oreille quand le contexte est absent. Le sens de la première et de la 2ème phrase reste ambigu Contrairement à la dernière phrase à laquelle on attribuera le sens premier. Mais dans toutes les phrases, il ne s’agira aucunement d’une personne ou d’aucun être qu’on pourrait comparer au singe contrairement à la métaphore in presentia où le comparé est apparent. On parlera alors de « singe »et on interprétera dans ce sens.
Mettons le premier énoncé dans un contexte : Un zoologue qui parle d’un singe qui a toujours vécu en cage et qu’on a mis en liberté dans une forêt :« Un singe agile parut alors à nos yeux » Est-ce une métaphore ? Pléonasme (comme le suggère M. Adi) qui met en valeur la réapparition d’une caractéristique simiesque jusque là absente chez notre singe? ( maintenant c’est un singe, avant il appartenait au genre sans en avoir les caractéristiques « Alors », ayant une valeur temporelle accentuera cette proposition). On pourrait jouer à multiplier les situations et par conséquent les interprétations et choisir même la figure de style qu’on veut. Il en est de même pour le deuxième énoncé.
Ensuite, la figure de style n’étant pas une fin en elle-même, l’auteur l’emploie dans un but déterminé (créer une impression, suggérer, et même rendre obscur un sens que sais-je ?) Le lecteur se limite à interpréter, à construire un sens à partir des indices apparents dans le texte, a partir d’un savoir si je puis dire, partagé,… l’interprétation me parait impossible concernant les énoncés proposés ; le contexte restera obligatoire. D’ailleurs nous avons tous proposé des justifications sans oser aller au-delà et interpréter ; construire un sens : ce qui représente l’essentiel pour tout lecteur et qui confère au texte tout son charme.
En guise de conclusion, personnellement, je ne peux donner un sens à un écrit quel qu’il soit qu’à partir d’un contexte que je juge indispensable. Si la phrase toute simple « Il pleut » ne peut avoir de sens hors contexte que dire d’un énoncé contenant une figure de style ?
J’espère que par mon humble contribution j’ai pu enrichir notre discussion. Je vous remercie chers collègues pour votre patience. « Creusons » J’attends plus d’éclaircissement car franchement je me trouve moi-même perdu au milieu des figures de style. « Il n'y a pas de vraie réponse: il n'y a que de vraies questions » M. Adi avait raison.

  



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 Réponse N°1 23136

Creusons: y a du pétrole chez nous!
  Par   Adi Lachgar  (CSle 07-06-12 à 13:16



Vous avez raison et Si Omari a eu raison de préciser que les énoncés doivent être analysés en partant du postulat qu'ils contiennent une métaphore in absentia. D'ailleurs, dans ma réponse, j'ai modalisé en employant les expressions "moins besoin" et "plus besoin" car pour moi, le contexte est toujours nécessaire en communication. Il n'y a que dans une certaines poésie que l'on peut se permettre de faire des figures insaisissables ou analysables à souhait.

Ce que vous dites est vrai. Les indices que nous avons analysés comme indicateurs de la métaphore hors contexte peuvent s'avérer trompeurs. Vous avez démontré cela en prenant une situation particulière. J'y ajoute celle-ci: on peut avoir rencontré plein de singes assez amorphes et nonchalants (babouins, dos argenté...) avant de rencontrer un atèle ou un macaque arboricole qui saute d'arbre en arbre. Ce serait l'occasion de dire:"Voilà un singe agile."

Au delà de ces considérations, il faudra rappeler le sens de la métaphore.Cette dernière, comme le souligne Fontanier, ne désigne pas, ne nomme pas: elle caractérise ce qui est déjà nommé.Hors contexte, on ne peut savoir si les expressions "vrai singe","singe" et "singe agile" sont prédicatives.





 Réponse N°2 23146

Non
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 07-06-12 à 15:10



M. Adi, nous avons "LBEN ZINE" non pas "LBENZINE". Apart cela vous avez tout à fait raison





 Réponse N°3 23157

les critères
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 07-06-12 à 16:12



Ils sont en effet discutables: l'agilité n'est pas propre à tous les singes. En effet, le paresseux se déplace très lentement.





 Réponse N°4 23160

Le paresseux ne l'est pas!
  Par   Adi Lachgar  (CSle 07-06-12 à 16:21



Le "paresseux" est justement une métaphore devenue thématique. La rhétorique des hommes est source d'énormes injustices

J'adore le calembour de M. Loumatine. J'y pense: y a un demi de LEBEN (ça veut dire quelque chose en allemand ça!) dans le frigo. Je vais le descendre illico.




 Réponse N°5 23163

Syllogisme
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 07-06-12 à 16:30



Tous les singes sont agiles

Le paresseux est un singe

Donc ...

????





 Réponse N°6 23165

Ionesco
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 07-06-12 à 16:36



Tous les chats ont quatre pattes

Mon chien a quatre pattes

Donc??????





 Réponse N°7 23181

Evidence
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 07-06-12 à 19:43



Tous les spécialistes de la rhétorique sont d'accord que parmi les métaphores il y en qui sont connues, répétées comme les clichées, celles-là n’ont besoin ni de contexte ni de signaux ; d’autres plus au moins ambiguës mais, soit qu’elles sont formulées dans certaines formes syntaxiques qui sont autant d’aide ou de signaux à la compréhension, soit qu’il y a présence, dans les séquences où elles se trouvent, de certains mots qui, au cours de la phrase ou de l’ensemble de phrases, orientent vers l’interprétation figurée. Celles-ci aussi n’ont pas besoin de contexte. Mais voyons mes chers amis, Messieurs Loumatine et Adi Lagar ! Vous n’allez pas me dire que dans la strophe suivante, par exemple, on a besoin de contexte pour y déterminer les figures, métaphores ou autres ? :

Mon amour, ma faiblesse

Trop de rimes se pressent

Dans la jungle d’idées

Qui courent dans ma tête

Il faut être poète

Pour les apprivoiser

N.B : Pour Madame Aziz Hayat, je voulais dire que dans l’univers culturel occidental, l’agilité est une particularité inhérente au singe, même s’il est paresseux.





 Réponse N°8 23184

Re
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 07-06-12 à 19:53



L'agilité est une particularité inhérente au singe. Le paresseux, contrairement à ses congénères, n'a pas cette particularité. C'est donc un cliché.





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