Festival mawazine maroc 2011

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 28-04-11 à 20:05  Lu :7579 fois
     
  
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Mawazine 2011 : tout un programme !
Mawazine veut dire en arabe dialectale : « ne pèse pas beaucoup ! » : en culture, oui. En argent, non !
Juste pour comprendre :
Entre privatisation de l’art et démocratisation de l’art, il y’a tout un « bouillie de culture » !
Le ministre de la Culture, Bensalem Himmich le dit fort et haut : L'organisation du festival Mawazine "ne relève pas du ministère de la culture"
C’est donc une affaire privée. Une affaire de privatisation de la culture. Cette année de 2011, le budget alloué à Mawazine est de 62 millions de dhs, contre 3 à 15 millions de dirhams accordés aux tout débuts de cette manifestation, contre 8,5 millions de dhs lors de sa quatrième édition, contre 27 millions de dirhams lors de l’édition 2010...
Ce sont des chiffres considérables en comparaison par le budget du ministère de tutelle, celui de la culture : 513,46 millions dhs pour le volet relatif au paiement des fonctionnaires, 323,64 millions de dhs pour le budget de fonctionnement, 190 millions dhs pour celui de l'investissement : renforcement des infrastructures et installations culturelles, extension du réseau des centres culturels et ceux destinés à la lecture, modernisation d’équipement d'établissements artistiques et de la préservation du patrimoine culturel.
Il parait que l’on table sur des événements ciblés !
Mais de quoi s’agit-il en fin de compte ? S’agit-il d’un phénomène culturel nouveau au Maroc ?
Mawazine ou Rythmes du Monde est un festival thématique organisé chaque année au mois de mai à Rabat par l'association « Maroc-Cultures ». Il accueille des artistes marocains et des stars de renommée internationale. Il a pour but de « faire découvrir au Maroc les différentes cultures musicales du monde. »
Le budget consacré à cette événement culturel et touristique ne peut être égalé que pour le profit qu’il dégénère à ses sponsorings !
Une question centrale, objet d’un débat à grande échèle : Mawazine est-il « une forme de dilapidation de deniers publics et de corruption financière. » لاستبداد الثقافي? Ou bien il s’agit en fin de compte d’une manière efficace pour échanger, se cultiver, attirer les touristes et faire vivre ?
Les arguments des uns et des autres foisonnent dans deux sens contradictoires et opposés !
Selon la première partie de la population qui s’oppose à Mawazine : elle donne les arguments suivants :
Argument par la conjoncture : « L’organisation de ce festival intervient dans un environnement qui ne correspond pas à la « logique du changement qui souffle sur la nation arabe. »
Argument par l’intérêt : « Le timing qui intervient durant une période d’examens et qui cause ainsi la perte des efforts de toute une année scolaire. »
Argument par les données chiffrées/démocratie : « Le mouvement anti-Mawazine, qui regroupe sur sa page Facebook plus de 20.000 adhérents... »
Argument d’autorité : « Mr Ahmed Snoussi se demande : « …mais le Maroc opprimé et appauvri a besoin d’autres choses que de chansons et de danses dont les principaux bénéficiaires sont les organisateurs. »
Argument par le complot : « Complot makhzenien pour droguer le peuple...Un crime culturel. »
Argument par les priorités : « L’argent qu’il (Mawazine) engloutit peut être dépensé ailleurs pour aider le Maroc à sortir de la pauvreté. »
Argument par la résistance : « Le festival Mawazine ne bénéficiera pas de la subvention de 6 millions de DH accordée chaque année à l’évènement par la ville de Rabat. »
Argument par le témoignage 1 (d’un artiste) : « Avec ce genre de festivals, on est dans une attitude superficielle, artificielle. Au lieu de créer des conservatoires, des théâtres, des studios d’enregistrement, on donne un million de dollars à Shakira. Je préférerais que des oulad cha3b aient des endroits pour répéter, pour faire de la musique. La culture est un travail sur le long terme. »
Argument par le témoignage 2 « Mawazine a la mainmise sur les sponsors : “Le festival des Musiques sacrées de Fès est cannibalisé par Mawazine qui assèche l’enveloppe ponsoring”, a déclaré un homme qui sait de quoi il parle !
Argument par le témoignage 3 : « Peter Berker Homek, ancien directeur d’une société émiratie, affirme que celle-ci « est le sponsor major de Mawazine. Il a déclaré dans une plainte déposée contre ses anciens employeurs qu’il a été poussé à “sponsoriser” le festival à “hauteur de 5 millions de dollars par an durant cinq ans”. »
A retenir : 5 millions de dollars dites-vous ?!!!
Argument par les données chiffrées : « Pour un concert de Sting en tournée, il faut compter au moins 500.000 euros, 450.000 euros pour Elton John, entre 250.000 et 350.000 euros pour Carlos Santana, 200.000 euros pour Mika et 120.000 euros pour BB King et Julio Iglesias. En tout, ce plateau de stars coûterait théoriquement plus de 2 millions d’euros, soit déjà plus de la moitié du budget annoncé. Ce n’est pas tout. A ce montant, il faut ajouter la centaine d’artistes programmés qui perçoivent en majorité, toujours selon les estimations des professionnels de l’événementiel, un peu moins de 20.000 euros chacun. Bref, rien qu’avec les cachets, Mawazine dépasserait de loin son budget officiel. »
Une question : y’a-t-il de la transparence au niveau du financement de Mawazine ?
Selon la deuxième partie de la population qui sont favorables à Mawazine : elle donne les contre-arguments suivants :
Contre-argument par le démenti : « En regardant de près, seul 4 millions de Dhs (sur plus de 62 millions) proviennent de fonds publics et le reste vient des entreprises semi-étatiques : du sponsoring : Méditel, ittissalat, de la publicité et de la billetterie. Parmi les sponsors, il y’a aussi des banques, des chaînes hôtelières, des compagnies aériennes, des groupes de médias et des fondations du Golfe. »
Contre-argument par les valeurs : « Cette manifestation est fondée sur des valeurs comme la tolérance, l'ouverture sur l'autre et l'accessibilité à tous... pour que la culture soit un levier de développement, de stabilité et de paix... »
Contre-argument par la réussite quantitative : « A la veille de sa dixième édition, Mawazine peut s’enorgueillir d’un bilan exceptionnel qui a vu la participation de quelque 6 600 artistes venus de 60 pays différents au bénéfice de près de sept millions de spectateurs au cœur de la capitale, et plus de 70 millions de téléspectateurs à travers le monde. 98% des spectateurs bénéficient d’un accès gratuit aux concerts, plus de 800 accréditations ont été accordées pour la presse, aussi bien nationale qu’internationale. Plus de 15 chaînes de télévision ont fait le déplacement, dont BBC et CNN notamment. Cela draine sur plusieurs jours un vaste public venu du monde entier, essentiellement de l’Europe et des pays arabes. »
Contre-argument par la réussite qualitative : « La visibilité mondiale de la ville de Rabat, qui génère une activité touristique importante pour le pays : vols, hôtels, restaurants, loueurs de voitures… sont surbookés pendant le festival. Cela encourage le tourisme intérieur. »
Contre-argument par la réussite chiffrée : « Il s’agit de la billetterie avec des prix variant entre 100 et 600 DH, des cartes Gold (2.000 DH) et week-end (1.000 DH) ou encore des cartes Black qui sont des cartes VIP offrant un service haut de gamme. Jusque-là, nous avons vendu plusieurs milliers de cartes Gold et plusieurs centaines de cartes Black qui coûtent 20.000 DH l’unité. Cette année, nous avons également proposé pour la première fois des loges privées à 350.000 DH sur certaines scènes. Ces loges permettent à des entreprises privées d’inviter leurs partenaires dans un cadre privatif tout au long du festival.
Pour le seul mois de mai 2010, ce sont plus de 31.000 arrivées dans les hôtels classés qui ont été enregistrées contre 27.538 à la même période de 2009. Les nuitées toujours pour le mois de mai se sont élevées à 65.361 contre 57.200 en 2009. Une belle prouesse. Cependant, la capitale a besoin au moins d’un événement d’une grandeur semblable à celui de Mawazine tous les deux mois. Il faut innover et diversifier pour toucher d’autres créneaux comme le sport et le cinéma. »
Contre-argument par la solidarité : « Une chanson va rassembler des artistes arabes. Intitulée "L'espoir", en solidarité avec "le monde arabe, qui est traversé par un souffle de réformes démocratiques".Toutes les recettes issues de la vente de cette chanson seront versées à des associations de protection des enfants dans le monde arabe", a conclu le directeur artistique. »
Synthèse : « Le fait de ne pas avoir de contraintes alimentaires, ça laisse le temps de réfléchir, de s’éduquer. C’est un statut social privilégié. Contrairement à des oulad cha3b qui se battent tous les jours pour payer leur loyer, manger, et qui rentrent chez eux le soir le dos cassé. » Hicham Ayouch
Avec ou sans commentaire : la chose est profondément vraie !

  



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