(…) le deux novembre à quatre heures, nous étions déjà embarqués à bord d’un Zodiac en direction des côtes espagnoles. Le temps était gris et la mer dormait comme un vieux cimetière.Dix heures plus tard, le vent commençait à souffler brutalement et de gigantesques vagues se brisaient avec force sur les bords de notre embarcation. En lisant la panique sur les visages, « le capitaine », qui s’est montré serein durant le trajet, a ordonné de rester solidaires et de continuer à évacuer l’eau qui inondait le canot.
Mais, en dépit de tout, le Zodiac a coulé en livrant les malheureux aventuriers à la mort. Et seuls « le capitaine » et moi avons réussi à atteindre le rivage après trois longues heures de nage…
Et maintenant que je suis dans ce faux eldorado, j’ai compris à quel point mes professeurs avaient eu raison : « le vrai paradis, nous disaient-ils, est à bâtir chez soi, dans son pays. »
Lahcen et Brahim