évaluation : le dernier jour d'un condamné - "je n'étais plus seul..."

 Par fyisane abdellatif  (Prof)  [msg envoyés : 8le 05-02-14 à 09:21  Lu :2274 fois
     
  
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Envoyé par: Fyisane Abdellatif

Epreuves

J'ai levé les yeux en tressaillant. Je n'étais plus seul dans la cellule. Un homme s'y trouvait avec moi, un homme d'environ cinquante-cinq ans, de moyenne taille; ridé, voûté, grisonnant; à membres trapus; avec un regard louche dans des yeux gris, un rire amer sur le visage; sale, en guenilles, demi-nu, repoussant à voir .

Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en fusse aperçu. Si la mort pouvait venir ainsi!
Nous nous sommes regardés quelques secondes fixement, l'homme et moi; lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle; moi, demi-étonné, demi-effrayé.
– Qui êtes-vous? lui ai-je dit enfin.
– Drôle de demande! a-t-il répondu. Un friauche.
– Un friauche! Qu'est-ce que cela veut dire?
Cette question a redoublé sa gaieté.
– Cela veut dire, s'est-il écrié au milieu d'un éclat de rire, que le taule jouera au panier avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six heures. Ha! ha! il paraît que tu comprends maintenant.

En effet, j'étais pâle, et mes cheveux se dressaient.
C'était l'autre condamné, le condamné du jour, celui qu'on attendait à Bicêtre, mon héritier

Il a continué:
– Que veux-tu? voilà mon histoire à moi. Je suis fils d'un bon peigre; c'est dommage que Charlot* ait pris la peine un jour de lui attacher sa cravate.

C'était quand régnait la potence, par la grâce de Dieu. À six ans, je n'avais plus ni père ni mère; l'été, je faisais la roue dans la poussière au bord des routes, pour qu'on me jetât un sou par la portière des chaises de poste; l'hiver j'allais pieds nus dans la boue en soufflant dans mes doigts tout rouges; on voyait mes cuisses à travers mon pantalon. À neuf ans, j'ai commencé à me servir de mes louches*, de temps en temps je vidais une fouillouse*, je filais une pelure*; à dix ans, j'étais un marlou*. Puis j'ai fait des connaissances; à dix-sept, j'étais un grinche*.Je forçais une boutanche, je faussais une tournante*. On m'a pris. J'avais l'âge, on m'a envoyé ramer dans la petite marine*.

In le Dernier Jour d'un Condamné

COMPREHENSION

1) Situez le passage dans l'oeuvre dont il est extrait.

2) Présentez en quelques lignes l'auteur cet cette oeuvre.

3) Qui est l'autre personnage qui entra dans la cellule avec le condamné? comment est-il décrit?

4) «Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en fusse aperçu.» Quelle est la figure de style utilisée dans cette phrase.

5) Relevez une phrase écrite en argot qui veut dire: La guillotine coupera ma tête dans six semaines.

6) Pourquoi l'autre condamné est-il resté sans père à l'âge de six ans?

7) Quel est le niveau de langue utilisé par l'autre condamné?

PRODUCTION ECRITE

Victor Hugo pense qu'en condamnant un criminel à mort, on condamne avec lui d'autres personnes innocentes: ses enfants par exemple. Partagez vous la même positionqueHugo?

Réponses

1) Le texte est extrait du roman à thèse intitulé le Dernier Jour d'un Condamné , paru en 1829, du célèbre écrivain français Victor Hugo ( 1802/1885). Le personnage principal, un condamné à mort, est transféré de sa cellule à Bicêtre à la Conciergerie, le jour où il sera exécuté. Il y rencontre un vieux condamné .

2) Victor Hugo est l'un des immenses écrivains français de tous les temps. C'est un écrivain polyvalent: il est romancier, dramaturge, poète et essayiste . Il est le chef de file de l'école romantique. Il est né àBesançon en 1802 et mort à Paris en 1885 laissant derrière lui une oeuvre riche à l'image de :Les Misérables, les Contemplations, Notre Dame de Paris, Ruy blas,le Roi s'amuse...

3) Le personnage qui entra dans la cellule fut est un vieux condamné d'environ cinquante cinq ansde moyenne taille; ridé, voûté, grisonnant; à membres trapus; avec un regard louche dans des yeux gris, un rire amer sur le visage; sale, en guenilles, demi-nu, repoussant à voir

4) «Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en fusse aperçu.» Il s'agit d'une personnification ( vomi ) ( le verbe vomir est utilisé dans un sens métaphorique - on peut dire aussi qu'il s'agit d'une métaphore)

5) La phrase en argot qui veut dire: La guillotine coupera ma tête dans six semaines c'est: le taule jouera au panier avec ma Sorbonne dans six semaines

6) Le vieux condamné est resté sans père à l'âge de six ans parce que son père était exécuté suite à une condamnation à mort

7) Le condamné utilise l'argot dans son discours (L'argot fait partie du niveau familier)



  



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