évaluation: la boite à merveilles (le père... une proiection occulte)

 Par laamim siham  (Prof)  [msg envoyés : 1le 03-02-16 à 14:44  Lu :246 fois
     
  
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Le père, dans une famille comme la nôtre, représente une protection occulte. Point n'est besoin qu'il soit riche, son prestige moral donne force, équilibre, assurance et respectabilité

Mon père venait le soir seulement à la maison, mais il semblait que toute la journée se passait en préparatifs pour le recevoir. Je comprenais ce qui tourmentait ma mère, ce matin, dans la lumière du Jour à peine naissant. Elle se rendait compte dans le tréfonds de son cœur que ses préparatifs seraient vains. Personne le soir ne pousserait plus notre porte, n'apporterait de l'extérieur la suave odeur du travail, ne servirait de lien entre nous et la vie exubérante de La rue.

Pour ma mère et pour moi, mon père représentait La force, l'aventure, la sécurité, la paix. Il n'avait jamais quitté sa maison ; les circonstances qui l'obligeaient ainsi à le faire prenaient dans notre imagination une figure hideuse.

La maison se réveillait peu à peu, saluait le soleil et ses bruits familiers. Je me sentais mieux ce matin. Je m'assis dans mon lit. Ma tête ne pesait rien sur mes épaules, mes bras n'étaient agités d'aucune fièvre.

- Maman, dis-le, est-ce que c'est long un mois?

Ma mère se secoua de sa torpeur, regarda à droite, puis à gauche, comme pour reconnaître l'endroit où elle se trouvait et me fixa avec des yeux étonnés.

- As-tu parlé, Sidi Mohammed ?

- Oui, maman ; je te demande si un mois est long.

- Un mois dure un mois, mon fils, mais pour nous, le mois à venir sera une éternité.

- Je sais attendre ; toi, tu ne sais pas encore, ou, plutôt, tu l'as su autrefois mais tu as dû oublier.

Ma mère parut abasourdie par cette réflexion.

- Qu'est-ce que tu attends?

- J'attends d'être un homme. Toi, tu n'attends plus rien puisque tu es une grande personne.

Je me tus un moment avant d'ajouter:

- Quand tu étais une petite fille, tu ne pouvais pas faire tout ce que tu voulais, tu as attendu d'être une femme pour réaliser tes projets, acheter les vêtements dont tu avais envie, sortir avec Lalla Aïcha ton amie, préparer les plats que tu aimais manger. Moi, je mange ce que tu me donnes, je ne sors jamais seul, je porte souvent des chemises qui ne sont pas à ma taille.

L'étonnement de ma mère grandissait. Elle ne savait quoi me répondre ; elle me considérait avec curiosité.

Calmement je murmurai

- Quand je serai un homme, je porterai de belles djellabas blanches qui seront lavées tous les jours, je mangerai tous les matins au moins une livre de beignets très chauds avec beaucoup de beurre, parfois avec du miel. J'aurai quarante chats qui m'obéiront toujours. Ils ne feront jamais de saletés dans les coins. D'ailleurs, nous habiterons une autre maison avec un bigaradier dans la cour.

Un sourire éclaira le visage de ma mère.

- Jamais ta femme n'acceptera de veiller sur con troupeau de chats.

- Je ne me marie pas, toi, tu aimes les chats, tu pourras t'en occuper.

Elle éclata franchement de rire. Sa gaîté soudain me rendit toute ma confiance.

Compréhension :

  1. Présentez l'auteur en quelques lignes.

  2. Situez le passage dans le roman.

  3. Quel est le statut du père dans la famille du narrateur ?

  4. Pourquoi le mois à venir serait-il une éternité pour le narrateur et sa mère ?

  5. La mère de Sidi Mohamed était étonnée. Pourquoi ?

  6. Dans quel moment de la journée se passe la scène ?

  7. Indiquez le temps du verbe dans la phrase suivante et sa valeur.

Il avait quitté sa maison.

  1. Quelle est la figure de style exprimée dans la phrase soulignée dan le texte.

  2. Transformez la phrase suivante au discours indirecte libre.

Ma mère se secoua de sa torpeur et me fixa avec les yeux. « Le mois à venir sera une éternité » affirma-t-elle.



  



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