évaluation : il était une fois un vieux couple : dans les montagnes, on est habitué à vivre à la dure

 Par Abdellah LASSEL  (?)  [msg envoyés : 1le 08-03-16 à 20:32  Lu :291 fois
     
  
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Lycée Ibn Battouta classe : 2eme BAC sc ph

Session II

Prof : Abdellah LASSEL


Les gens d'ici ne connaissent rien. Ils ont toujours relativement bien vécu. Ce sont ceux du Nord qui ont souffert. Dans les montagnes, on est habitué à vivre à la dure. Quand une chose vient à manquer, on lui trouve tout de suite un substitut. Là-bas, quand une chose s'épuise, tout s'épuise, y compris le corps. Qu'il y ait une guerre par exemple, et tout est remis en cause. Le sort implacable qui a mille tours dans son sac s'en mêle. Tous les malheurs s'abattent sur ces pauvres gens en même temps. Les familles se disloquent, les maladies minent la population, on erre sans but, on mendie, on perd toute dignité humaine.

- On ne connaît pas ça ici, dit la vieille.

- Eh non ! Ici, on est tranquille. On vit avec les saisons et au jour le jour, on apprécie l'instant à sa juste mesure. Chaque minute de la vie compte. N'est-ce pas le bonheur suprême?

- Bien sûr que oui.

- C'est pour cette raison que je n'aime plus le Nord, ni ses villes tonitruantes ni ses campagnes. Et pourtant, que n'ai-je chapardé dans les fermes uniquement pour survivre ! La famine était terrible. Les gens mouraient en masse. Des dizaines et des dizaines s'en allaient comme ça... Moi, je trouvais toujours le moyen de voler quelque chose, n'importe quoi pour ne pas crever de faim... C'était le vol ou la mort! J'ai moins souffert en prison qu'en liberté. Elle était tout le contraire de ce qu'elle signifiait alors. Être libre et crever de faim, merci ! Redonne-moi donc un peu de thé et quelques amandes grillées.

Elle le servit. Il alluma sa énième cigarette et reprit :

- À cette époque sombre, seuls les Européens vivaient bien. Ils avaient des médecins, des aliments. Ils savaient vivre. Mais ils vivaient entre eux et pour eux-mêmes. Les autres ne les intéressaient pas. Ils pouvaient bien crever, ça ne les dérangeait pas. Seuls quelques Marocains très riches vivaient aussi bien qu'eux. Le sort du peuple ? Ils s'en foutaient muant aux juifs, ils croupissaient dans les Mellahs. Ils étaient aussi misérables que les musulmans les plus misérables. Les uns et les autres priaient le même dieu mais ils ne se comprenaient pas. Chacun suspectait l'autre de félonie, de mauvaise foi, de filouterie... Et cette discorde profitait surtout aux plus riches, à ceux qui tiraient les ficelles. On dressait le Berbère contre l'Arabe, le juif contre les deux autres au moment même où Hitler en massacrait des millions. Six millions de juifs en tout, c'est ce qu'on dit. Partis en fumée dans les fours crématoires d'Allemagne et de Pologne. Le juif était alors l'ennemi numéro un, le suppôt d'Iblis, le sinistre usurier, le pendard, etc. Quelqu'un dont il fallait à tout prix se débarrasser pour la tranquillité universelle. On voulait purifier la planète. Le bouc émissaire, c'était le juif. On était devenu fou à lier mais cette folie payait. Voilà pourquoi je rejette cette humanité avilie.


Répondez aux questions suivantes en formulant des phrases complètes.


1-Complétez le tableau suivant :

Source du texte

Deux œuvres de l'auteur du texte

Lieu et date de la mort de l'auteur

0.5

0.5

0.5

2-Répondez par vrai ou faux en justifiant vos réponses par le texte (2p)

a- les villes du Nord sont calmes.

b- les habitants des villages souffraient autant que ceux du Nord.

c- Les européens étaient des gens égoïstes.

d-Bouchaib fume peu.

3-Selon le texte, quelle était la cause principale de la souffrance des marocains et des juifs vivant

au Maroc ? (1.5p)

4- quelles sont les causes du bonheur des habitants du village ?citez- en deux (2p)

5-Citez deux phénomènes sociaux causés par la guerre. (2p)

6-Dans le texte Bouchaib montre une certaine compassion avec les juifs. Quelle est la valeur humaine

véhiculée par cette compassion ?relevez l'énoncé qui exprime cette valeur. (2p)

7-Transformez les énoncés suivants en remplaçant les verbes soulignés par leurs noms :

-les familles se disloquent, on erre sans but, on mendie, et on perd toute dignité humaine. (3p)

8--Citez deux valeurs véhiculées par l'œuvre, puis précisez-les par des indices de vos connaissances

du roman. (3p)

9-Bouchaib montre une certaine compassion avec les juifs. Etes-vous d'accord avec cette prise de position ? ( (3p).



  



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