Evaluation

 Par Elbari Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 20le 28-06-11 à 16:47  Lu :1115 fois
     
  
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1ère année du cycle du Baccalauréat
Texte :
J'ai vu, ces jours passés, une chose hideuse. Il était à peine jour, et la prison était pleine de bruit. On entendait ouvrir et fermer les lourdes portes, grincer les verrous et les cadenas de fer, carillonner les trousseaux de clefs entrechoqués à la ceinture des geôliers, trembler les escaliers du haut en bas sous des pas précipités, et des voix s'appeler et se répondre des deux bouts des longs corridors. Mes voisins de cachot, les forçats en punition, étaient plus gais qu'à l'ordinaire. Tout Bicêtre semblait rire, chanter, courir, danser.
Moi, seul muet dans ce vacarme, seul immobile dans ce tumulte, étonné et attentif, j'écoutais. Un geôlier passa.
Je me hasardai à l'appeler et à lui demander si c'était fête dans la prison.
- Fête si l'on veut ! Me répondit-il. C'est aujourd'hui qu'on ferre les forçats qui doivent partir demain pour Toulon. Voulez-vous voir, cela vous amusera.
C'était en effet, pour un reclus solitaire, une bonne fortune qu'un spectacle, si odieux qu'il fût. J'acceptai l'amusement. Le guichetier prit les précautions d'usage pour s'assurer de moi, puis me conduisit dans une petite cellule vide, et absolument démeublée, qui avait une fenêtre grillée, mais une véritable fenêtre à hauteur d'appui, et à travers laquelle on apercevait réellement le ciel.
- Tenez, me dit-il, d'ici vous verrez et vous entendrez. Vous serez seul dans votre loge, comme le roi. Puis il sortit et referma sur moi serrures, cadenas et verrous.
La fenêtre donnait sur une cour carrée assez vaste, et autour de laquelle s'élevait des quatre côtés, comme une muraille, un grand bâtiment de pierre de taille à six étages. Rien de plus dégradé, de plus nu, de plus misérable à l'oeil que cette quadruple façade percée d'une multitude de fenêtres grillées auxquelles se tenaient collés, du bas en haut, une foule de visages maigres et blêmes, pressés les uns au dessus des autres, comme les pierres d'un mur, et tous pour ainsi dire encadrés dans les entrecroisements des barreaux de fer. C'étaient les prisonniers, spectateurs de la cérémonie en attendant leur jour d'être acteurs. On eût dit des âmes en peine aux soupiraux du purgatoire qui donnent sur l'enfer.
Tous regardaient en silence la cour vide encore. Ils attendaient. Parmi ces figures éteintes et mornes, çà et là brillaient quelques yeux perçants et vifs comme des points de feu.
Le carré de prisons qui enveloppe la cour ne se referme pas sur lui-même. Un des quatre pans de l'édifice (celui qui regarde le levant) est coupé vers son milieu, et ne se rattache au pan voisin que par une grille de fer. Cette grille s'ouvre sur une seconde cour, plus petite que la première, et, comme elle, bloquée de murs et de pignons noirâtres.
Tout autour de la cour principale, des bancs de pierre s'adossent à la muraille. Au milieu se dresse une tige de fer courbée, destinée à porter une lanterne.
Relisez le texte et répondez aux questions suivantes :
I- Compréhension et langue : (10 pts)
1.Complétez le tableau suivant : (1pt)
Titre de l’oeuvre Nom de l’auteur Genre de l’oeuvre Siècle
…………………. …………………. …………………… ………………….
2.Situez le passage dans l’œuvre dont il est extrait. (1pt)
3.a- Pourquoi les prisonniers sont-ils heureux ? (0,5pt)
b- Qu’est-ce qu’ils attendent ? (0,5pt)
4.a- Le narrateur a théâtralisé la scène à laquelle il a assisté. Montrez-le. (0,75pt)
b- Comment l’a-t-il qualifiée? (Cette scène) (0,25pt)
5.D’après votre lecture de l’œuvre, quelles sont les étapes de cet événement ? (1pt)
6. « Un des quatre pans de l'édifice est coupé vers son milieu. »
a- À quel temps le verbe souligné est-il conjugué ? (0,25pt)
b- Refaites la phrase en conjuguant le verbe au passé composé. (0,25pt)
7-Remplissez le tableau suivant : (1pt)
Phrases Figures de style
a- Des bancs de pierre s'adossent à la muraille • ………………………………..
b-…………………… • La métaphore
c- Tout Bicêtre semblait rire, chanter, courir, danser. • ………………………………..
d- ……………………….. • La comparaison
8. « … mais une véritable fenêtre à hauteur d'appui, et à travers laquelle on apercevait réellement le ciel. »
Relevez deux modalisateurs employés dans cette phrase. (0,5pt)
9. « C'était en effet, pour un reclus solitaire, une bonne fortune qu'un spectacle, si odieux qu'il fût. »
c-Soulignez la subordonnée et identifiez-la. (0,5pt)
d-Remplacez le subordonnant par un autre. (0,5pt)
10.Relevez du premier paragraphe quatre termes appartenant au champ lexical du bruit. (1pt)
11. « d'ici, me dit-il, vous verrez et vous entendrez. Vous serez seul dans votre loge, comme le roi. »
Mettez cette phrase au discours indirect. (1pt)
II- Production écrite : (10 pts)
Sujet:
Certains pensent que la prison est un lieu où le prisonnier apprend la haine de la société et où il refoule ses humiliations.
Qu’en pensez-vous ?
Rédiger un texte argumentatif dans lequel vous défendrez votre point de vue.

  



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