Etude du film la jeune fille à la perle

 Par ouhti soumeya  (Prof)  [msg envoyés : 44le 03-10-10 à 21:45  Lu :9470 fois
     
  
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Etude du film La jeune fille à la perle
Introduction.
Les peintres et leurs biographies ont toujours été une matière préférée pour les romanciers et les cinéastes. Il en est ainsi pour le film intitulé Girl with the pearl earring, qui a eu comme point de départ un tableau du même titre du fameux peintre hollandais Vermeer, quant au script, il est puisé dans un roman. Il sera, alors, question dans notre exposé de relever le va-et-vient opéré entre ces trois modes d’expression artistiques: le verbal, le pictural et le cinématographique.
I. Fiche technique.
• Titre original: Girl with the pearl earring.
• Réalisation: Peter Webber
• Acteurs: Scarlett Johansson: Griet, Colin Firth: Johannes Vermeer, Tom Wilkinson: Van Ruijven, Cillian Murphy: Pieter, Alakina Mann: Cornelia, Judy Parfitt: Maria Thins, Essie Davis: Catharina, Joanna Scanlan: Tanneke, Chris McHallem: le père de Griet, Anna Popplewell: Maertge
• Scénario: Olivia Hetreed, adapté du roman éponyme de Tracy Chevalier.
• Musique: Alexandre Desplat.
• Décors: Ben Van OS.
• Costumes: Dien van Straalen.
• Photographie: Eduardo Serra.
• Montage: Christina Schaffer.
• Production: Lions Gate Films, USA et Pathé, France.
• Distribution: Lions Gate Films, USA et Pathé, France
• Format: 35 mm en couleur.
• Genre: Drame, romance.
• Durée: 100 minutes.
• Première mondiale: 31 août 2003 au festival du film de Telluride.
• Sortie au public: 9 janvier 2004 aux États-Unis et 3 mars 2004 en France.
• Langue originale: Anglais
• Pays d’origine: États-Unis, France
II. Synopsis.
Delft, au XVIIe siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Pour aider ses parents dans la misère, la jeune et ravissante Griet se fait engager comme servante dans la maison du peintre Johannes Vermeer. Elle s’y occupe du ménage et des six enfants du maître. La famille Vermeer vit des difficultés économiques mais ne veut pas que cela se sache. Peu à peu, la maîtresse de maison développe envers Griet une terrible jalousie. Et Cornélia, une des filles, qui déteste Griet, tente de pousser la jeune servante à bout. Griet doit donc se faire discrète et très obéissante. Les choses se compliquent quand le peintre la remarque et découvre sa sensibilité, sa douceur. Il l’introduit peu à peu dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville. Mais cela donnera un chef-d’œuvre: le peintre va portraiturer la jeune fille dans un tableau qui éternisera sa posture.
III. Un croisement d’expressions artistiques: peinture, roman et cinéma.
1. Analyse du tableau.
Adapté d’un roman du même nom de Tracy Chevalier, le film livre sa propre version sur l’origine de l’énigmatique jeune femme présente sur la peinture. Un soin tout particulier a été apporté à la photographie et aux décors, de manière à reconstituer l’ambiance présente dans toutes les peintures du maître.
Le tableau La jeune Fille à la perle ou la Jeune Fille au turban est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1665, exposé au Mauritshuis de La Haye (huile sur toile, 45x40 cm).
Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples; quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d’outremer et de blanc, est surmonté d’un tissu jaune éclatant; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L’art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent.
Éclatante sur fond de néant, la jeune fille ne se laisse pas oublier facilement. Tracy Chevalier lui a consacré son deuxième roman, qui retrace la vie imaginée du modèle du tableau et des circonstances qui ont entouré la réalisation de ce dernier.
Portrait ou figure de l’idéale beauté ? La jeune fille à la perle et au turban gardera son mystère. Quand le visiteur quitte le musée, il sent que son regard songeur le suit.
Ce portrait d’une charmante jeune fille est devenu célèbre dès sa redécouverte et a souvent été qualifié de Joconde du Nord par beaucoup de critiques d’art. Il est malheureusement dans un très mauvais état de conservation et a souffert de nombreuses restaurations trop sévères. Il est, de plus, obscurci par de très laides fissures. Néanmoins, il reste suffisamment du travail original pour apprécier le métier véritablement exceptionnel et partiellement exotique de Vermeer.
La jeune fille est vue sur un fond neutre et foncé, presque parfaitement noir, qui établit un puissant effet de relief et augmente la plasticité du modèle. Vu de profil, la jeune fille se tourne pour fixer son regard sur nous, et ses lèvres sont légèrement entrouvertes, comme si elle allait nous parler. C’est une approche illusionniste souvent adoptée dans l’art hollandais. Elle incline légèrement sa tête d’un côté comme si elle était perdue dans ses pensées. Pourtant son regard fixe est vif.
La jeune fille est habillée avec une veste jaune-marron, et le col blanc brillant contraste violemment sur lui. Le turban bleu représente un autre contraste par rapport au voile de tissu jaune citron, qui descend depuis sa nuque jusque sur ses épaules. Vermeer a employé simplement, des couleurs pures dans cette peinture, limitant la gamme des tonalités. En conséquence, le nombre des couleurs est réduit, et la profondeur et l’ombre de celles-ci est accentué par l’utilisation de vernis de la même couleur. On ne peut qu’admirer la technique de l’artiste, qui juxtapose les tonalités en les fondant les unes aux autres, en évitant les lignes précises pour brouiller les découpes de différentes couleurs afin d’obtenir les effets qui annoncent ceux des impressionnistes.
La coiffure de la jeune fille lui donne un effet exotique. Les turbans étaient un accessoire populaire à la mode en Europe dès le XVème siècle.
Pendant les guerres contre les Turcs, ces turbans et cette robe étrange s’avèrent plus étranges. Un élément particulièrement frappant de la peinture de Vermeer est la grande perle pendant à l’oreille de la jeune fille; la partie qui est en dehors de l’ombre, sur le cou, possède un reflet d’or.
On peut déduire que la perle, dans la peinture de Vermeer, est un symbole de chasteté. L’aspect oriental est encore souligné par le turban.
2. Analyse du film.
Un film d’une heure et demie au sujet d’un tableau, le pari semble impossible. Et pourtant, il est finement relevé avec La jeune fille à la perle. Qu’il soit proche de la réalité, ce qui est le cas, ne nous concerne pas ici.
La question est plutôt: comment faire un film sur une image fixe, éducatif et divertissant à la fois, qui ne soit ni trop scolaire, ni trop fade?
Grâce à la fiction, tout est permis. Ainsi, quitte à tenir un certain temps, autant faire durer le suspense. C’est ce qui se passe ici, où l’univers du peintre est d’abord présenté: sa ville, Delft, ses rues, ses canaux, puis viennent les enfants de Vermeer, sa servante, etc. Ensuite, la femme du peintre entre en scène: désagréable mais surtout intrigante et presque craintive en parlant de son mari.
Le suspense monte, le spectateur est intrigué par le personnage: est-ce un monstre? Vient ensuite, après la maison, l’atelier du peintre. Vermeer fait de furtives apparitions. Ce n’est qu’à un banquet, une fois présenté, qu’il apparaît finalement clairement. Il ne quittera plus l’écran par la suite, mais le montrer plus tôt aurait gâché une partie de l’attente du spectateur.
Le choix de la focalisation interne avec Griet crédibilise la façon de présenter les événements, petit à petit, car le spectateur n’est pas le seul à ne pas savoir, le personnage principal n’en sait pas plus. Une progression se perçoit entre le début dans la cave et la fin au grenier, de la cour au ciel. Le réalisateur joue beaucoup sur la découverte, et la surprise créée par des attentes trompées, comme lorsque nous soupçonnons Griet de poser pour la peinture à la chaise, jusqu’à ce qu’elle vienne derrière le peintre.
Le spectateur, accompagné de Griet, va donc petit à petit découvrir l’univers de Vermeer, sa façon de peindre, la création des couleurs, l’utilisation d’une chambre noire, le mécénat, sa vision, etc.
À la limite, si l’art en lui-même ne l’intéresse pas, il peut se réjouir d’avoir un aperçu historique de la vie quotidienne de cette époque. Si cela n’est pas suffisant, la romance entre les personnages finira par le retenir sur son siège. Les moments présentés sont variés, passant d’une naissance à une fête, du marché au repas familial, en passant par une dispute ou simplement par la création d’une œuvre.
L’usage de plans longs couplés à un léger mouvement de caméra peut devenir lassant si rien ne se passe dans le cadre.
C’est ce qui se passe sans être accablant: car la musique, augmentant sensiblement le rythme, accroît l’attente du spectateur. Elle remplit le rôle d’une bonne musique de cinéma: supportant l’action sans être imposante, ouvrant de nouvelles perspectives. Les bruitages viennent ouvrir par les sens les quatre murs de l’atelier, créant de l’espace.
Les séquences commencent souvent par un gros plan s’ouvrant en plan général. Ce gros plan peut «réveiller» le public, lorsque, par exemple, il débute sur des têtes de cochons ensanglantées (chez le boucher), ou lorsqu’il s’ouvre sur un chien qui aboie, ou des coups de couteau. Le choc ressenti crée du rythme, et permet de mieux apprécier les plans longs à venir.
Des tableaux du peintre, nous n’en verrons pas beaucoup, deux ou trois, cinq si nous prêtons attention à l’arrière-plan.
C’est la mise en scène qui va s’occuper du reste. Plusieurs plans sont sensiblement proches des tableaux de Vermeer; le contenu est le même, l’éclairage, la couleur et le cadrage aussi. Il ne manque que le cadre! Mais ici les personnages bougent, ce qui est beaucoup moins pesant qu’au musée. Les clins d’œil à la peinture contemporaine de Vermeer sont constants ainsi sur le marché en arrière plan, le bœuf écorché peint par Rembrandt ou le mécène dont le visage semble sorti d’un portrait de Frans Hals.
Conclusion.
Le film, à la suite du roman et du script, a bien dramatisé le tableau de Vermeer à travers la création d’une histoire qui puisse susciter l’intérêt du public, et via des techniques cinématographiques qui ont tenté d’équivaloir aux techniques du peintre. Bref, l’on peut dire que le mot, la couleur et l’image filmique chantent en chœur pour aboutir à un chef-d’œuvre.

  



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