Etre un bon prof ? pas si simple

 Par fatih brahim  (Prof)  [msg envoyés : 288le 11-09-12 à 15:25  Lu :1012 fois
     
  
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Qui remercieriez-vous si vous receviez un prix Nobel ? Votre famille, vos collaborateurs, vos mentors ? Le jour où il a reçu le sien, Albert Camus a tiré son chapeau à son instituteur. Un certain Louis Germain, qui lui apprit mille choses en le jugeant digne "de découvrir le monde ", se souvient-il dans Le Premier Homme, et qui l'encouragea à poursuivre ses études. L'icône du bon professeur, à qui la République doit un de ses plus grands écrivains.
Tout ne lui revient pas à 100 %, bien sûr ! Mais entre 8 % et 20 %, probablement, dirait-on aujourd'hui en sciences de l'éducation. Du moins, pour sa réussite scolaire : car c'est la part qui revient à l'influence de l'enseignant, d'après les études sur l'"effet maître". Autrement dit, le professeur a autant sinon plus d'importance que les méthodes d'enseignement, la taille et le niveau de la classe ou l'origine sociale des élèves, surtout les plus faibles. Croiser la route d'un bon enseignant, c'est donc important. Seulement, qu'est-ce qu'un bon professeur ? Cette question, plus de 12 millions d'élèves et apprentis concernés par la rentrée scolaire vont se la poser à un moment ou un autre. Et, gageons-le, leurs parents avec eux, sans parler des enseignants eux-mêmes. Le bon prof est-il celui qui connaît le mieux sa matière, captive son auditoire, obtient de bons résultats, donne beaucoup de travail, est sympathique ou sévère, etc. ?
Même du point de vue de l'éducation nationale, la réponse n'est pas simple. La faute, en partie, à l'augmentation spectaculaire du nombre d'élèves en un siècle. Un exemple : juste avant 1930, bien moins d'un demi-million d'élèves étaient inscrits dans des filières équivalentes à notre secondaire actuel. On en compte plus de 5 millions aujourd'hui – collégiens, lycéens et apprentis confondus. Leurs profils, niveaux et attentes sont à présent si divers qu'ils ont fait éclater la figure du professeur idéal.
COLLÈGE UNIQUE
Quand Jules Ferry, à la fin du XIXe siècle, institue l'instruction obligatoire jusqu'à 13 ans, avec une école primaire gratuite, le secondaire public est payant. Les professeurs n'y enseignent qu'à un très faible pourcentage d'une classe d'âge, des élèves sélectionnés par une position sociale fortunée ou par des bourses qu'ils obtiennent au mérite. Une représentation du bon professeur du secondaire domine alors, souligne Claude Lelièvre, historien de l'éducation : "Parce qu'il avait une grande culture, il savait ipso facto enseigner ", comme s'il lui suffisait dedispenser son savoir à une élite jugée apte à le recevoir. Mais l'unification et la massification de l'enseignement secondaire au cours du XXe siècle changent la donne, surtout après 1930. La pression démocratique pour une école "ouverte à tous" commence à peser, puis le baby-boom et le besoin de jeunes diplômés, d'ingénieurs et autres, dans la France d'après la seconde guerre mondiale. L'école secondaire doit se réformer et la scolarité se prolonger.
Aboutissement de ce processus : la création du "collège unique" en 1975, qui achève l'unification des différentes filières d'études après le primaire. Tous les enfants doivent suivre un enseignement jusqu'à 16 ans, le même, autant que possible. Mais, sept ans plus tard, une polémique fait éclater le consensus autour de cet idéal. Un rapport publié par l'éducation nationale, "Pour un collège démocratique", reconnaît les difficultés à accueillir de manière indifférenciée et égalitaire les nouveaux publics, classes moyennes et plus modestes entre autres. Les remèdes préconisés ? La décentralisation de la gestion des établissements, ce qui a permis l'émergence de projets de classe ouverts sur l'extérieur, la mise en place de groupes de niveau et de tutorats, un enseignement plus individualisé, en somme. C'est la levée de boucliers : des auteurs dénoncent, entre autres, l'éclatement de l'enseignement républicain pour tous, qu'on soumettrait aux objectifs à court terme de la société civile, avec baisse de niveau à la clef.
DÉCHIREMENT ENTRE "RÉPUBLICAINS" ET "PÉDAGOGUES"
La polémique entre "républicains" et "pédagogues" est lancée. Schématiquement, les premiers réaffirment l'importance d'un professeur expert en sa matière. Il élève l'enfant grâce à l'instruction en l'aidant à se construire par la connaissance raisonnée et l'exploration de la culture. Pour les pédagogues, un bon professeur est d'abord un éducateur, qui privilégie l'accompagnement des élèves vers leur émancipation. Il s'appuie notamment sur des pédagogies "actives ", où l'enfant, en prenant l'initiative, développe sa capacité à agir, ses "compétences ", en mobilisant plusieurs types de savoir.
Le déchirement entre ces deux visions ne rend pas justice, historiquement, au mythe français de l'école républicaine qu'est Jules Ferry : lui qui pensait que "la République s'installerait à l'école seulement avec une bonne pédagogie, y compris dans le secondaire ", rappelle Claude Lelièvre. Et pourtant cette querelle a rendu délicate la définition du bon enseignant pour des décennies. Elle connaîtra deux autres rounds, que brosse Marie-Claude Blais, dans l'ouvrage collectif Pour une philosophie politique de l'éducation (Bayard, 2002). Ils sont liés, là encore, à la diversité sociale des élèves.
D'abord, autour de la laïcité, en 1989, avec l'affaire dite "du voile islamique", que des jeunes filles veulent porter à l'école. Pour les républicains, les plus radicaux, l'enseignant, garant de l'égalité des citoyens en les libérant par l'exercice de la raison, ne peut tolérer dans sa classe les particularismes de la société. Mais, pour d'autres, l'école peut prendre en compte ces réalités sociales, culturelles ou religieuses sans pour autant trahir sa mission.
L'autre sujet de discorde, vivace depuis 1990, est lié à la violence et aux incivilités à l'école. Les pédagogues, dont Philippe Meirieu, insistent sur le dialogue, la participation à des structures démocratiques dans les établissements et à des projets pluridisciplinaires. Mais les républicains rappellent l'importance d'être instruit, d'avoir une solide maîtrise de la langue et des connaissances argumentées.
ÉMIETTEMENT DE LA TRANSMISSION DU SAVOIR
Le débat autour de l'autorité de l'enseignant – comment la préserver – est aussi relancé : techniques de gestion de classe, proposent les pédagogues ; charisme de l'enseignant, répondent les républicains. Et ce, même si bien des études rappellent la complexité des facteurs expliquant la perte d'autorité grandissante du professeur – bon ou pas – : la remise en cause générale des figures de l'autorité conjuguée à la poussée des droits de l'enfant, l'émiettement de la transmission dusavoir avec Internet, des enseignants fragilisés par un manque de soutien de leur hiérarchie...
Champ de bataille principal : le collège. En France, le primaire est une réalité modelée au moins depuis Jules Ferry, même si l'on se déchire épisodiquement sur la meilleure façon d'apprendre à lire, à écrire et à compter. Le lycée, lui, existe depuis Napoléon, il est scellé par le baccalauréat et aujourd'hui, dans ses différentes filières, chaque élève peut, bon an mal an, trouver son compte. Ou arrêter d'aller à l'école. Le collège est né à marche forcée des réformes du XXesiècle, à partir d'habitudes hétérogènes. D'où le "caractère évasif de sa mission et chaotique de son organisation", résume Philippe Meirieu dans l'ouvrage collectifL'Ecole, le numérique et la société qui vient (Mille et une nuits, 2012).
Le bon enseignant de collège est donc aussi insaisissable que l'"école de l'égalité", symbolisée par l'"égalité des chances". Ce slogan a tour à tour été compris ces trente dernières années comme "atténuation des privilèges de naissance, élévation du niveau de tous, mobilité sociale, épanouissement personnel ", énumère Marie-Claude Blais. Ce qui fait beaucoup d'objectifs distincts... D'où une incertitude sur les tâches des professeurs. Mme Blais ose une liste en forme d'interrogations : "Garantir la paix civile, juguler la violence, coordonner de multiples intervenants, organiser des recherches pluridisciplinaires,aider et écouter les élèves individuellement ?"
"VISION RÉALISTE DU NIVEAU DES ÉLÈVES"
Dans ce maquis, comment s'en sortent les bons enseignants ? Ceux qui, affirmePascal Bressoux, professeur en sciences de l'éducation à l'université Pierre-Mendès-France de Grenoble, "dans une école qui promeut aujourd'hui la réussite pour tous, font progresser équitablement tout le monde et resserrent les performances des uns et des autres". Cette vision privilégiant le collectif peut déranger les parents des très bons élèves. Mais l'important, souligne Pascal Bressoux, c'est qu'elle remédie aux faiblesses actuelles en termes d'équité du système français relevées par les enquêtes nationales et internationales, comme celles de l'OCDE.
Elles pointent "toute une catégorie d'élèves faibles, qui deviennent de plus en plus faibles et de plus en plus nombreux", résume le professeur. Adoptons donc un instant cette définition du bon enseignant et voyons ce qu'elle implique. Ces enseignants "ont une vision réaliste du niveau des élèves et s'efforcent d'yadapter leurs pratiques sans pour autant baisser les bras", synthétise la sociologue Marie Duru-Bellat, dans Les Inégalités sociales à l'école. Genèse et mythes (PUF, 2002).
Lise, par exemple, enseignante de français dans un collège de ZEP en Seine-Saint-Denis depuis sept ans, essaie de mettre rapidement sa classe au travail pour que ses élèves "aient droit à Victor Hugo, comme partout ailleurs en France",dit-elle. Mais elle ajoute que l'important est que chacun "progresse, que celui qui ne faisait pas ses devoirs s'investisse, lève la main, que tout simplement les notes augmentent". Jusqu'au jour où une ancienne élève lui envoie un message pour lui recommander un livre à lire : "Et là, ça fait du bien..."
"LE TEMPS ACTIF D'APPRENTISSAGE"
Les recherches ont ainsi fait apparaître plusieurs qualités propres au professeur qui lui permettent de faire progresser l'ensemble des élèves et notamment les plus faibles. Il sait maximaliser "le temps actif d'apprentissage", qui passe par une bonne gestion du groupe, rappelle Mme Duru-Bellat. Mais il connaît aussi les effets de ses propres attentes envers les élèves. Il croit que tous peuvent progresser et le leur fait savoir, afin qu'ils persévèrent.
Par ailleurs, souligne Pascal Bressoux, un enseignant bien instruit des processus cognitifs chez ses élèves améliorera la qualité de leur apprentissage. Pas de martingale à espérer pour autant : les bons résultats seront plutôt obtenus par l'ajustement des pratiques des enseignants aux spécificités des élèves. Pour M. Bressoux, voilà de quoi dépasser les caricatures et les querelles sur le rôle de l'enseignant. Grâce à ces techniques et à ces connaissances pédagogiques, le professeur idéal assurerait au mieux la transmission des savoirs.
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Car il faut le préparer, ce professeur, à la réalité difficile du collège et également à évoluer au cours de sa carrière. De ce point de vue, on réfléchit encore en France à un système de formation éprouvé. Actuellement, une fois passés les concours du capes ou de l'agrégation, en grande partie axés sur les aspects théoriques et les savoirs dans les disciplines, les jeunes professeurs suivent une formation professionnelle hebdomadaire d'un an. Mais ils assument en même temps leur service à plein temps devant leurs classes, sans expérience professionnelle ou presque, et souvent dans les établissements difficiles où ils sont affectés en priorité. Si bien qu'en urgence, cette rentrée, l'éducation nationale leur a accordé un allégement de quelques heures par semaine.
Auparavant, la situation n'était pas aussi critique. Leur service était largement réduit lors de cette première année pour qu'ils puissent suivre leur formation professionnelle en alternance. Mais elle restait bien insatisfaisante, du moins celle qui était assurée depuis 1990 par les Instituts de formation des maîtres (IUFM).
"SAUPOUDRAGE"
Ecoutons Maria, agrégée de lettres et, il y a peu encore, professeure de français dans un lycée de Rouen, raconter son passage à l'IUFM. Il se trouve qu'elle est arrivée en France après deux ans d'université en Allemagne, son pays d'origine."Cela manquait d'une réflexion globale sur ce que doit savoir un professeur, l'histoire de l'éducation, les neurosciences... En Allemagne, c'est abordé dès la première année universitaire. Là, c'était du saupoudrage en un an."
Pour l'aider à gérer la diversité de ses futurs élèves, on disait à Maria "d'exploiterdes heures supplémentaires : théâtre pour certains élèves, soutien pour d'autres... Mais c'est aussi dans ses heures de base d'enseignement qu'un professeur agit, s'il connaît des méthodes pour faire travailler les élèves en petits groupes. Là, le système français avait encore des progrès à faire". Résultat, à ses yeux : "En France, tu es le spécialiste de ta matière et tu enseignes. En Allemagne, tu es professeur et tu as une matière, ou deux."
A cause de ce déficit de formation, et pour d'autres raisons plus profondes, soupçonne le philosophe Denis Kam bou chner dans L'Ecole, le numérique et la société qui vient, la modification de l'enseignement, notamment par les pédagogies alternatives, pose question à grande échelle. "Oui, c'est difficile devarier ses approches ", confirme Anne, enseignante de français dans un collège de la banlieue nord de Paris. Elle savoure cependant quelques succès : "Mes élèves de 3e sont allés lire des albums aux petits du primaire et ils ont compris ainsi l'intérêt de lire correctement ! Ils ont aussi travaillé comme des fous en groupes sur des tableaux qu'on est allés voir au Louvre, et ils s'en souviennent encore."
Son prochain projet : une collaboration avec sa collègue de sciences et vie de la Terre, pour leur faire tenir un journal de bord. "Mais je fais aussi des cours très académiques sur les subordonnées, et c'est nécessaire." Anne voudrait seperfectionner sur d'autres approches de la grammaire, "seulement [elle a] la tête dans le guidon". La formation continue ? "Comme on n'est pas remplacés, les élèves, souvent, n'ont pas cours", précise-t-elle. Maria, de son côté, se souvient d'une offre "intéressante " du rectorat, mais on était loin d'un ambitieux plan de formation individuel, plutôt "de petites bulles de bonheur".
"ORIENTATION-SANCTIONS"
Le bon professeur, aussi, est celui qui sait au mieux évaluer ses élèves. Or, les programmes officiels demandent à présent à l'enseignant d'évaluer des "compétences", plus uniquement des savoirs traditionnels. Cela permet à Lise, par exemple, de mieux "partager les objectifs du cours avec les élèves, en les leur explicitant". Ou à cet enseignant chevronné d'histoire-géographie de préparer ses collégiens non francophones au flot de connaissances qui les attend et qu'ils devront maîtriser. Mais ce même professeur rejette l'évaluation informatisée de ces compétences au moyen du système binaire "acquis - non-acquis", qui retient seulement la performance et fait le lit d'"orientation-sanctions", pense-t-il : "Et l'élève travailleur qui ne maîtrise pas encore certains points ? Il est stigmatisé."
Exit, selon lui, la prise en compte des efforts personnels de l'élève et l'apport formateur des pédagogies alternatives : le système français en aurait repris le vocabulaire, mais pas l'esprit. Philippe Meirieu, d'ailleurs, longtemps promoteur de ces pédagogies, affirme lui aussi aujourd'hui que cette récupération encouragerait en fait, à l'école, la validation mécanique de comportements standards ou encore de savoirs éparpillés. Ce débat dépasse largement l'enceinte du collège français. Les outils fondés sur l'enseignement et l'évaluation des compétences se multiplient depuis que l'Europe, il y a dix ans, a officiellement décidé de jouer son rôle sur la scène de l'économie de la connaissance. Le Conseil de l'Europe, par exemple, produit du matériel pour la formation des enseignants ou le suivi des élèves, notamment en langues. Les Etats peuvent les adapter localement.
Cette tendance internationale est d'ailleurs scandée par les enquêtes Pisa de l'OCDE qui, depuis 2000, testent les performances des élèves de 15 ans en lecture, en culture mathématique et scientifique, et ce, à présent, dans plus de cinquante pays. Dont la France, qui, après les avoir largement ignorées il y a dix ans, les regarde maintenant avec attention.
FLUX DES SAVOIRS
Difficile, donc, de cerner le bon professeur à travers des critères "objectifs" et son efficacité juste en se fondant sur les résultats de sa classe. Enseigner, c'est aussiouvrir à la vie, à la culture, faire réfléchir... Et puis ceux qui opposeraient encore radicalement instruction et émancipation des élèves sont en retard d'une guerre, celle du savoir numérique, affirment les chercheurs de tout bord et les intervenants du débat public. Inscrit au coeur de la "société de la connaissance" actuelle, le numérique a bousculé la définition du bon professeur – tout pédagogue ou républicain qu'il soit. Confronté aux flux des savoirs à disposition des élèves par Internet, le professeur voit son statut d'expert dans sa discipline remis en cause. Et face à la commercialisation ou à la "consommation" des connaissances, quefaire de sa mission d'émancipation ?
Voilà pourquoi le philosophe Denis Kambouchner dialogue aujourd'hui avec le pédagogue Philippe Meirieu, dont il critiqua autrefois la pensée. Tous deux soulignent la nécessité pour l'enseignant de faire des techniques numériques non pas seulement un outil de travail en classe (cela, pour eux, va de soi), mais aussi et surtout un objet d'étude : montrer comment la connaissance s'y construit ou pas, et par quel chemin.
En bref, la responsabilité intellectuelle du professeur est accrue, souligne Denis Kambouchner après le constat alarmant porté par le philosophe Marcel Gauchetdans Conditions de l'éducation (Stock, 2008). La plupart des professeurs le confirment, comme Anne qui, avec le centre de documentation et d'information de son collège, va montrer à ses élèves comment structurer un exposé, "sinon, ils piochent dans Wikipédia et c'est tout".
ANALYSE CRITIQUE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES
"Certains de mes étudiants eux-mêmes ne savent que faire ça, c'est du plagiat",souligne Hélène Merlin, professeure de littérature à l'université Paris-III, auteure deLa langue est-elle fasciste ? (Le Seuil, 2003), qui est très engagée sur les questions d'éducation scolaire. Cette situation encourage aujourd'hui la collaboration et l'échange de "bonnes pratiques", comme au Forum des enseignants innovants, organisé en France depuis cinq ans par l'association Le Café pédagogique.
Défis abstraits ? Pas du tout. Ils impliquent des changements de formation : aux nouvelles technologies et à leur analyse critique, certes, mais aussi à l'histoire des savoirs, pour que les enseignants puissent raconter comment ils se sont construits, plaident Kambouchner et Meirieu. En français, par exemple, "les oeuvres littéraires ont toujours été créées pour la transmission vers un public",pointe Hélène Merlin.
Quant à la formation professionnelle, beaucoup plaident pour une entrée progressive des jeunes professeurs dans le métier. C'est le modèle du "praticien réflexif", qui analyse régulièrement ses pratiques afin de s'améliorer. Par exemple, la plate-forme de formation en ligne NéoPass@ction, co-conçue par Luc Ria, chercheur rattaché à l'Institut français de l'éducation (IFE), aide les enseignants débutants à transformer leurs pratiques à partir de vidéos de cours, analysées par des chercheurs, des professeurs novices et d'autres chevronnés.
USURE PROFESIONNELLE
Y a-t-il une réponse au spectre de l'usure professionnelle menaçant l'enseignant, dont le pic d'efficacité tournerait autour de quinze ans d'ancienneté, rapporte Marie Duru-Bellat ? Oui, c'est possible, à condition que le professeur se nourrisse de"connaissances qui soient armées et à jour sur la pédagogie ", plaide Pascal Bressoux. Sans oublier, souligne de son côté Hélène Merlin, qu'"on doit exercerson regard, pas seulement sur soi, mais aussi à voir, par exemple un enfant en perdition dans une classe".
Plus largement, toute formation ne fera pas l'économie d'une réflexion sur "la mission de l'enseignant" au-delà de l'"adaptation au poste", souligne Pierre Statius, directeur de l'IUFM de Franche-Comté et l'un des organisateurs d'un colloque sur le métier d'enseignant prévu à l'IFE cet automne.
Bien formé dans sa discipline, bien préparé professionnellement, conscient des implications humaines et éthiques de son métier : le bon enseignant réunit au moins ces trois dimensions, identifiées par Le Café pédagogique lors d'uneenquête en 2009. Un assemblage idéal, et aléatoire.
Hanna Kowalska, experte polonaise en didactique des langues et conceptrice d'outils de formation des enseignants pour le Conseil de l'Europe, avertit finement :"On peut apprendre à être un assez bon professeur - celui dont les différents critères peuvent se trouver dans de nombreux documents européens. Mais on ne peut pas enseigner à quelqu'un comment en être un excellent. L'empathie, la créativité, le sens de l'innovation peuvent être stimulés, encouragés, mais pas enseignés à partir de rien."
Source ; lemonde.fr

  



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 Réponse N°1 27293

réflexion intéressante
  Par   ouanehar khadija  (CSle 11-09-12 à 19:58



La nécessité d'avoir une vocation pour ce métier est une chose qui nous a supporter les difficultés de notre métier. mais je vous invite à réfléchir ensemble sur ce que l'on veut dire par vocation.





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