Être fille est un privilège !

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 28-06-12 à 19:47  Lu :830 fois
     
  
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Aujourd’hui, nous avions les conseils de classes, et en discutant, le directeur qui faisait des remarques sur les élèves à qui on accordait ou pas le droit de doubler, a fait une remarque sur la difficulté à élever des garçons, par rapport à la facilité avec laquelle les filles évoluent au sein de leurs familles. Quand on l’a félicité pour la réussite de son fils, le dernier rejeton, Il a dit que c’était difficile d’accompagner ce fils jusqu’à ce stade, et que ça été toujours comme cela avec ses garçons, alors que ses filles étaient de pures merveilles. Il a ajouté que quand, il apprend la nouvelle d’une naissance, chez l’une de ses connaissances, il s’informe sur le sexe, et si c’est un garçon, il félicite les parents , mais au fond de lui-même, il compatit à leur sort !
Ceci, m’a rappelé un dicton qu’on disait chez-nous, autrefois, peut-être chez les fassis, je ne me rappelle plus, mais dont la portée se justifie dans la vie quotidienne de tous les marocains, si ce n’est dans toute la société arabe. Ce dicton disait : « La fille naît sur les bords du foie ( Kebda : étant le centre des affections : l’amour), tandis que la garçon naît au centre de cet organe. tout en grandissant, ils migrent , chacun vers le côté opposé du point de sa naissance »Ce qui veut dire que la fille qui n’est pas désirée comme enfant ( toute l’histoire noire des bébés filles : depuis Aljahiliya) , en grandissant, elle est mignonne, intelligente, coquette, joueuse, réfléchies, précoce, gagnent l’amour de ses parents (surtout le père qui ne l’aurait pas voulue) et plus tard, mariée, elle ne manquera jamais de rendre des visites à ses parents, au moins trois fois par semaine, elle fera accepter son mari, qui deviendra membre de la famille, elle aidera matériellement ses parents, elle s’en occupera jusqu’à la mort, et même si besoin, il y a , ils habiteront chez elle. Les filles réclament rarement un héritage, si leurs frères sont dans le besoin. Une aînée jouera toujours le rôle de la maman, auprès de son frère. Même, quand ils grandissent, et vieillissent !
En ce qui concerne le garçon, ce petit roi, qui commence sa vie adoré, peu à peu, il commence à donner des soucis à ses parents. Il faut d’abord, s’en occuper le plus tard possible, à 5 ou 6 ans, il arrive à peine à se débrouiller seul, ce que la fille commence à faire à l’âge de trois ans. Il crée des problèmes dans la rue quand il sort : bagarres…battre ou être battu…. À l’école pose des problèmes de discipline, d’organisation, de retard, d’absence, de manquement au devoir demandés hors classe…Plus tard, il rentrera de plus en plus en retard. Il pourra facilement fumer, se droguer, dévier … si malgré tout cela, il fait une brillante carrière, il se mariera à la première occasion, et deviendra un étranger à la famille, et se fera un devoir de visite une fois par semaine. Matériellement, s’il a à aider ses parents, il faudra que ce soit ponctuellement, sans que la femme le sache. Elle sera toujours l’étrangère qui s’est accaparée ce fils « traître ». À la mort des parents, il se pointe pour percevoir la part de l’héritage avant de disparaître.
Bien sûr, il y a toujours beaucoup d’exceptions, mais c’est une règle qui marche bien.
Donc, avoir une fille, c’est une bénédiction, même au regard de la religion. L’avoir en premier, est un don de Dieu, pour ceux à qui il a choisi une vie meilleure. Juste rêver d’une naissance de fille est interprété comme une bonne action qu’on a faite, qu’on va faire, ou qu’on doit faire.
Être fille, c’est être douée, et dotée de toutes les qualités, que l’on puisse imaginer. Que de qualificatifs donne-t-on aux filles (aux femmes) !Si quatre adjectifs suffisent amplement à décrire les mérites d’un homme, il faudrait puiser dans le plus grand des dictionnaires pour pouvoir cerner , une femme. Encore fait-il savoir recourir aux figures de styles, et à toute la science de la rhétorique, pour rendre palpable cette entité divine qu’est la femme.
Si on se suffit, pour vanter les qualités d’un homme, de « honnête, intelligent, cultivé, » que faudrait-il dire pour rendre hommage à une femme, et la distinguer de ses semblables : honnête, intelligente, cultivée : ce sont des traits distinctifs qui peuvent juste différencier l’humain de l’animal, (donc, l’homme n’est que humain) mais la femme elle, elle est divine : douce, aimable, tendre, belle, charmante, séduisante, maligne, rusée, sensible émotive, généreuse, intuitive, calculatrice, moqueuse, rieuse, rancunière, compatissante, dominante, dominatrice, hautaine, noble, fière, galante, courtoise, franche, effrontée, oublieuse, satisfaite, insatisfaite, reconnaissante, unique, originale, originelle …autant de qualités qui la rapproche de Dieu ! Si on essaie de dégager tous les adjectifs qui qualifient Dieu dans le livre saint, et si on les applique aux hommes et aux femmes, on s’apercevra vite, que c’est la femme qui ressemble le plus à Dieu. Dieu créa l’homme (l’humain) à son image, et dans cet humain, il y a beaucoup plus de traits propres aux femmes qu’aux hommes.
Même la société primitive avait compris le privilège d’être femme. Ou plutôt, c’est la société primitive qui avait raison, et ce n’est qu’avec l’évolution que l’homme a usurpé la place de la femme. Les premiers artistes, dans l’art rupestres, c’étaient les femmes. C’étaient elles qui gardaient les grottes, en l’absence des maris chasseurs. Ce sont elles qui avaient laissé des traces sur les murs des grottes : les premières informations qui déclenchèrent l’histoire de l’humanité. Les premières statuettes découvertes, représentent des femmes. Ces femmes étaient enceintes. Et les pieds, des statuettes sont toujours vagues et manquent de détails. Ceci donnait à réfléchir que d’abord, le fait de sculpter une femme, cela montrait son importance, puis, elle est enceinte, donc, c’est le statut vénérable de la maternité ,qui est refusé aux hommes, et enfin, ce sont ces femmes-mêmes qui se sculptaient, c’était pourquoi, elles ne pouvaient voir leurs pieds cachés par le ventre gros de grossesse ! Mais, sculpter, la femme ( et non pas l’homme) voulait aussi dire que la femme était considérée comme une déesse. La déesse de la fécondité, de la création. Le sexe féminin, était considéré comme l’origine du monde (cette idée soulevé Par M. Marocagreg), beaucoup de temples préhistoriques découvertes, étaient des grottes, dont l’entrée fut sculptée de façon à ressortir des reliefs qui suggéraient l’entre-jambes féminin, et donc l’entée de la sortie du monde, de la création (la fameuse porte de Sidi Adi).Toutes les divinités étaient des femmes.
Ce n’est qu’après que l’homme s’est révolté, et a usurpé la place des femmes. Il en était jaloux car inférieur : Cette femme, qui a le pouvoir d’enfanter. Le pire c’est qu’elle détient le sort des hommes de deux manières. C’est elle qui enfante l’homme, et c’est elle qui enfante la femme qui enfante l’homme. L’homme a besoin de la femme pour perpétrer son espèce. Si la femme s’y refuse, l’homme court à sa perte, vers sa disparition. Les femmes peuvent choisir d’enfanter uniquement des femmes : c’est le mythe des amazones. Elles pourraient s’approprier les spermes, et les travailler pour n’enfanter que des filles. Mais les hommes livrés à eux-mêmes, ne pourraient jamais enfanter. Les femmes pourraient cloner et se cloner ! Mais les hommes n’y peuvent rien du tout. Ils sont à la merci des femmes.
Et puis, c’est la redécouverte de la femme. Femme inspiratrice, de tous les génies hommes. Sans ces femmes amantes, épouses, mères, sœurs, filles, tantes, grand-mères, collègues, le pauvre homme ne serait qu’un petit être orgueilleux, inculte, barbare, et destructeur (comme l’a souligné si Omari) !
Alors être fille, être femme, c’est le bonheur soulevé par Sefrioui , dans le passage donné à l’examen, mais passé inaperçu, parce qu’on préfère prendre nos élève pour plus idiots qu’ils ne le sont :cet enfant qui se désolait de ne pas être une femme riche pour porter chaque jour un caftan de couleur différente ! C’est une très belle reconnaissance du bonheur d’être femme ! Et de faire le bonheur des hommes !
Bonnes vacances mes chers amis!

  



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 Réponse N°1 24424

re
  Par   marocagreg  (Adminle 28-06-12 à 20:37



bel article M. Jaafari. Il y a juste une petite remarque à propos du passage "c’est la femme qui ressemble le plus à Dieu. Dieu créa l’homme (l’humain) à son image". Chez nous, musulmans, Dieu ne ressemble à aucune de ses créatures, ni à l'homme ni à la femme.





 Réponse N°2 24427

M. Jaafari
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 28-06-12 à 21:37



Merci pour le partage. C'est en effet un bel article. J'ai besoin de relire pour la discussion. Dites-moi comptez-vous prendre des vacances? Je me trompe? En tout cas, vos contributions animent le forum. Votre présence est indispensable.

Cordialement.





 Réponse N°3 24436

Merci!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 28-06-12 à 23:41



Mes chers amis!

Quand j'ai avancé que Dieu a crée l'homme à son image: C'est que je voulais dire: Dieu se donne les attributs qu'il a donnés à l'homme : il entend, voit, parle , juge, se met en colère, récompense, châtie, pardonne, ... à des mains,....est satisfait, ruse.., charme, fait oublier , rappelle promet...Vivant...., beau...., parfait,...patient ( regardez juste les noms de Dieu(asmae allah alhusna..)

C'est-à-dire pour que l'homme puisse comprendre, Dieu se met à la portée des hommes, en quelque sortes, pour qu'ils puissent se représenter l'existence d'une force supérieure dont ils n'ont aucune idée: dans ces qualificatifs et ces attributs, la grosse part de ressemblance appartient à la femme!





 Réponse N°4 24451

re
  Par   marocagreg  (Adminle 29-06-12 à 09:16



Là encore on peut discuter plusieurs choses : Dire que Dieu "se met en colère" ne convient pas, car la colère est une passion et Dieu n'est pas sujet aux passions. ses mains ne sont pas des mains comme les nôtres. le mot a été utilisé au sens figuré dans la coran. Les noms de Dieu envoient à des qualités absolues et intrinsèques, d'ailleurs personne ne peut affirmer que ces 99 noms qui circulent sont les vrais noms de Dieu ou ses uniques qualités. Dans le Coran - ce qui est confirmé par la génétique- la femme et l'homme ne constituent que deux branches d'un même être que les anciens philosophes appellent androgyne. Ce qui en nous se rapproche le plus de l'essence divine, c'est l'âme qu'Il a insufflée en nous et qui reste un mystère et le restera pour toujours.

Quand j'ai fait la première remarque, c'était surtout pour attirer l'attention sur cette immixtion insidieuse des croyances chrétiennes et juives dans notre pensée. Si le chrétien croit que Jésus Christ est le fils de Dieu, c'est logique pour lui de croire que Dieu ressemble à son fils ! Mais pour nous, Jésus est un homme, un prophète certes, mais un homme. On a surtout ce verset coranique qui met un terme à toute polémique :

فَاطِرُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ جَعَلَ لَكُمْ مِنْ أَنْفُسِكُمْ أَزْوَاجًا وَمِنَ الأَنْعَامِ أَزْوَاجًا يَذْرَؤُكُمْ فِيهِ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ. [الشورى:11]

Dieu dépasse l'entendement humain et toute ressemblance qui peut poindre dans notre imagination est fausse. Dieu est inimaginable.





 Réponse N°5 24452

re
  Par   marocagreg  (Adminle 29-06-12 à 09:19



Cela dit, moi-même j'ai le privilège d'avoir une petite fille. Elle est le bonheur de ma vie. désolé d'avoir un peu détourné le sujet.





 Réponse N°6 24479

Que votre bonheur est complet
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 29-06-12 à 13:01



Puisque vous avez une petite fille!M. Marocagreg!

En ce qui concerne les objections soulevées, vous avez tout à fait raison. Et, je ne vous contredis point, en m'accrochant à ce que j'avance. Ce que je soulève ici, est bien au-delà de la ressemblance, surtout physique, bien sûr.Et certes nous n'avons pas à discuter de ce qui concerne "l'entité" de Dieu ( on risque "entité"mais d'ailleurs aucun mot ne peut la nommer, car elle échappe à toute logique ici bas!)

Cependant, il y aurait deux hypothèses, concernant : Sami3, Bassir, (on parle aussi de Ghadab allah, (se mettre en colère), ruse ( yamkouroun, ou allah kyeir almakirine..), Wajhi Rabbika... tout le coran déploit des qualificatifs de Dieu: 1- hypothèse: Dieu aurait crée l'homme à son image , sans signifier la ressemblance . Quand on pense à créer  un extra terrestre: on ne peut pas ne pas lui attribuer nos qualificatifs ...Ou un objet que nous concevons: une voiture, pour la rendre plus intelligente, elle voit, elle entend, elle exécute des tâches,pour s'autocorriger, elle parle...je sais que la comparaison entre le Grand,le vrai créateur et le petit inventeur est blasphématoire, mais elle peut nous permettre d'appréhender le sens des qualificatifs que peut prendre une création de son créateur ( à ce propos, on se rappelle la théorie de " Faïd " d'el farabi, comment l'esprit de Dieu aurait après réflexion crée l'univers par débordement en quelque sortes: théorie discutable). Donc Dieu aurait donné à l'homme des infimes bribes de ses qualificatifs. Dieu entend, mais n'a pas besoin d'oreille, ni de bruit puisqu'il entend même le monologue intérieur Il parle, mais n'a pas besoin de voix, ni de langue , ... ainsi de suite, ....

Ou deuxième hypothèse: Dieu aurait utilisé les aptitudes de ses créatures pour leur transmettre ce qu'il veut.Pour qu'ils comprennent l'incompréhensible, il leur fait en quelque sortes des figures de styles, de leurs univers , pour qu'ils puissent accéder aux règles de cette relations qu'ils doivent avoir avec leur créateur.

Dans les deux cas, il y a utilisation de qualificatifs, dont Dieu est dispensé, dans cette relation avec les humains ses créatures! Et dans ces qualificatifs, qui appartiennent à l'humain (homme et femme, puisqu'il sont issus d'une seule entité: la part de la femme est plus importante, parce que l'homme se refuse à être totalement humain, il ne montre pas son côté féminin!

Ps: Concernant le blasphème de la description , j'ai assisté une fois, mine de rien en feuilletant des livre chez un bouquiniste à Derb Ghallef, à une très belle discussion ente cet érudit et un vieux client: il parlait d'un livre rare d'Ibn ARAbi, où il défend la possibilité d'imaginer le paradis comme ce qui existe sur terre plus autre chose, alors que l'autre soutient avec d'autres références: qu'il n'y a aucune comparaison, et que Dieu cite aux hommes ce qu'ils savent pour comprendre, mais dans l'au-delà, c'est une autre logique.

J'espère que cela n’effarouchera pas les sensibilités, avant la prière du Vendredi!





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