Enseigner par compétence est un mythe ! +...+?

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 26-01-10 à 17:59  Lu :3703 fois
     
  
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Jusqu’à preuve du contraire, personne au Maroc n’enseigne par l’approche par compétence.
* Si personne ne répond à cette affirmation, cela veut dire que c’est vrai !...
* Enseigner par compétence n’est-il pas un mythe ?

  




 Réponse N°1 2548

compétences vs fragmentation
  Par   kasbaoui abdelaziz  (Autrele 01-02-10 à 15:43

comme vous l'avez indiqué, c'est une APPROCHE qui en principe génère la pédagogie dite d'intégration. Elle se refuse au prêt-à-porter pédagogique et sollicite des compétences pédagogiques et méthodologiques spécifiques.

Pour répondre à votre question, je dirai que la plupart des enseignants de FRANÇAIS, qui sont imprégnés des approches communicatives et fonctionnelles, l'adoptent qui partiellement qui sporadiquement qui totalement à la manière de M. Jourdain. C'est une approche qui ne fait pas table rase des approches précédentes, elle les subsume. Éclectique, elle essaie de mettre en place un dispositif de formation qui prenne en compte les principes suivants: la cohérence (les activités proposées aux élèves doivent être décloisonnées et surtout motivés, aucun contenu ne doit être fait pour lui même; la progression (c'est le principe fondamental de toute la pédagogie et la didactique); la signifiance (toute activité proposée aux élèves est significative si elle prend en compte leurs aspirations psychopédagogiques, leurs préoccupations socioculturelles, leur maturité intellectuelle, ...);

déjà, quand on adopte le projet pédagogique au lycée, il s'agit d'une manifestation de l'approche par les compétences: centration sur les besoins des élèves, conciliation entre savoirs, savoir-être et savoir faire, alterner travail "théorique" et pratique,....




 Réponse N°2 2549

les compétences
  Par   oumaki abdelouahed  (CSle 01-02-10 à 17:10

Quand je pense à l'approche par les compétences, le voyage dans le temps et la théorie d'Einstein sont actualisés. Sa théorie ne peut pas être appliquée bien que son fondement soit valable. l'enseignement est l'art du possible.




 Réponse N°3 2554

Comparer l’approche par compétence et la pédagogie par objectif est non seulement une absurdité mais une aberration…
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 01-02-10 à 23:58



Comparer l’approche par compétence et la pédagogie par objectif est non seulement une absurdité mais une aberration…

0. Préliminaire pour mieux comprendre la problématique (de quoi il s’agit)

Constat n 1

Beaucoup d’enseignants utilisent le terme compétence sans connaître vraiment de quoi ils perlent. Le terme est abstrait et les définitions qui l’introduisent sont d’autant plus différentes et diversifiées que toutes tentatives de synthèse s’avèrent inaccessibles…

Constat n 2

Même dans les orientations pédagogiques, qui doivent rendre claire les notions de base de l’action éducative, témoignent du flou quant il s’agit de la présentation de leurs curricula*

Arrêt 1

Pour ne pas tomber dans le même piège terminologique, il est incontournable de déterminer ce qu’on veut dire par certains termes :

° Qu’est-ce le curricula ? Quels sont les trois niveaux de définition du curricula ?

a- Au niveau étymologique : Curricula veut dire à l’origine « parcours », c’est-à-dire le chemin que le cheval suit dans sa « course ».

b- Au niveau didactique : La notion actuelle de curricula comporte plusieurs composantes :

+ Quelles sont les finalités de l’éducation ?

+ Quels sont les buts de l’éducation ?

+ Quels sont les objectifs attendus par cette éducation ?

+ Quels contenus pour quelles activités : au sein des classes ou parallèles (clubs, associations sportives, manifestations culturelles, concours…)

+ Quels outils didactiques pour quelles méthodes d’enseignement (les pédagogies)

+ Quels outils d’évaluation pour quels critères et dans quelles conditions ?

Remarque : le curricula est donc un domaine qui dépasse largement un programme scolaire (description sous forme d’une liste d’un ensemble de contenus proposés à l’élève sous la forme classique de manuels scolaires.)

C- Au niveau opérationnel : L’élaboration du curricula résulte de questions précises à poser.

+ Que faut-il enseigner ? (Le contenu : savoir, bien sûr… Mais aussi, les habilités : savoir-faire et le comportement : savoir-être…)

+ A qui ? (Le statut de l’apprenant : quel apprenant prépare-t-on pour demain ?)

+ Dans quelle structure ? (Ce sont les conditions dans lesquelles se présentent les apprentissages : activités, outils didactiques, méthodes d’apprentissage…)

+ Comment se fera l’évaluation de l’acte d’enseignement pour l’enseignant, et de l’acte d’apprentissage pour l’élève.

Récapitulation : Le curricula en une phrase

= C’est l’ensemble des finalités, des buts, des objectifs, des contenus, des méthodes d’enseignements et d’apprentissage, des outils didactiques (les manuels, le tableau noir, les TIC, les documents de tous genres, les sorties…), les activités d’apprentissage et les outils d’évaluation.

1. Quels rapports y’ a-t-il donc entre la pédagogie par objectif et l’approche par compétences ?

Deux domaines tout à fait différents :

Arrêt 2

Pour ne pas tomber dans le même piège terminologique, il est incontournable de déterminer ce qu’on veut dire par certains termes :

° Qu’est-ce que la pédagogie ? Qu’est-ce que la pédagogie par objectif ? Quels sont les principes de la pédagogie par objectif ? Qu’est-ce le béhaviorisme ? Quels sont les principes du béhaviorisme ?

a- La pédagogie :

Est une « méthode » d’enseignement, qui se déroule au sein de la classe sous forme d’actes concrets : moyens et activités (tâches à accomplir) pour réaliser des effets (savoir, savoir-faire, savoir-être) précis chez l’apprenant.

La pédagogie est une méthode fondée sur une épistémologie/ Philosophie : façon de voir les choses.

b- La pédagogie par objectif (par exemple) est une méthode fondée sur le béhaviorisme comme épistémologie.

c- Les trois principes de la PPO :

* le principe de la rationalisation : c’est l’organisation logique qui favorise l’ordre, le contexte et les conditions de l’apprentissage. Pour atteindre des objectifs précis, il faut choisir une organisation et un processus précis.

* le principe de l’efficacité : utilisation des moyens pour atteindre les objectifs visés, avec rectification des moyens et des méthodes utilisés pour plus de rigueur.

*le principe de la rentabilité : l’efficacité de l’enseignement se mesure à partir des résultats obtenus, qui donnent des informations sur les stratégies et les méthodes utilisées. Il n’ y a pas donc de PPO sans résultats satisfaisants.

d- Le Béhaviorisme est une théorie de la psychologique cognitive qui s’intéresse à l’observation du comportement extérieur de l’individu. Dans le champ de l’éducation, l’individu, c’est l’élève…

e- Les principes du béhaviorisme dans le champ de l’éducation (principes appliqués dans la pédagogie par objectif) : Les sept principes du Béhaviorisme :

* le principe de la cohérence entre le stimulus et la réponse : il n’y a pas de stimulation sans réponse observable et mesurable…Travailler la place et la fonction/rapports logiques (stimulant) demande de l’élève la reconnaissance et l’application de ses rapports (réponses) : qui sont observables et mesurables.

* le principe de concordance entre le stimulus et la réponse : offrir le stimulant approprié pour avoir la réponse attendue…On ne peut enseigner les liens logiques et leurs rapports pour demander à l’élève de mieux articuler ! Le stimulus : liens logique et la lecture-diction ne concordent pas…

* le principe du soutien : pour reproduire une réponse, l’élève a besoin d’encouragement de la part de l’enseignant. Cet encouragement vient par la graduation de la difficulté qui part du simple vers le complexe. Avant d’aboutir à un travail difficile à faire l’enseignants encourage ses élèves en les préparant par une série d’exercices, qui commence par ce qui est facile et se termine par ce qui est difficile.

* Le principe de l’exercice : toutes tâches ou opération complexes demandent une préparation qui se fait par les exercices : apprendre à rédiger un essai est tâche complexe qui demande plusieurs exercices : savoir lire l’énoncé du sujet, en souligner les mots clés, les définir, reformuler les sujet pour proposer une problématique, énoncer le plan, assurer la cohérence et la cohésion de son écrit, travailler la structure des phrases au niveau syntaxique, sémantique, pragmatique et énonciative, donner des arguments et les étayer par des exemples et des explications, avoir l’œil analytique et synthétique, etc.

* Le principe d’accumulation : une réponse à un stimulus peut devenir un autre stimulus à une autre réponse : la maîtrise des temps verbaux permet de connaitre le système du récit, qui peut être un point de départ (un stimulus) vers l’écriture d’un passage narratif (raconter une période de sa vie), qui peut devenir un stimulus pour écrire une nouvelle, etc.

* Le principe du sens : un stimulus qui aboutit à une réponse qui ne produit aucun changement dans le comportement de l’élève n’a pas de sens. Le comportement ne peut changer que si le stimulus a un sens/ un intérêt pour l’élève.

*Le principe de l’enchainement : le cumul des stimuli et des réponses n’est pas suffisant. Il faut qu’il ait cohérence entre l’ensemble des stimuli et les réponses : c’est la notion des apprentissages décloisonnés…

Arrêt 3

Pour ne pas tomber dans le même piège terminologique, il est incontournable de déterminer ce qu’on veut dire par certains termes :

° Qu’est-ce qu’une compétence ? Quels sont les fondements épistémologiques de l’APC ? Quels sont les principes de l’APC ? Quelles pédagogies pour cette épistémologie/ philosophie? L’approche par compétence et la pédagogie par objectif sont-elles réconciliable ?

A suivre……..





 Réponse N°4 2564

L’art de construire des savoirs pour acquérir des compétences
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 02-02-10 à 23:36



Voir la problématique de l’approche par compétence autrement, ou l’art de construire des savoirs pour acquérir des compétences

Constat n 3

Les définitions consacrées à la notion de compétence sont de trop. Un océan de réflexions à en couper le souffle…

Et pourtant cette notion reste toujours filante, dès qu’on se dit : voilà, j’ai compris…

Pourquoi ? C’est toute une histoire…

Et si on tente d’expliquer autrement cette charmante compétence, qui a fait couler et fait couler beaucoup d’encres autour d’elle ?

Arrêt 3

Pour ne pas tomber dans le même piège terminologique, il est incontournable de déterminer ce qu’on veut dire par certains termes :

Commençons d’abord par les définitions doctorales…

° Qu’est-ce qu’une compétence ? Quels sont les fondements épistémologiques de l’APC ? Quels sont les principes de l’APC ? Quelles pédagogies pour cette épistémologie/ philosophie? L’approche par compétence et la pédagogie par objectif sont-elles réconciliable ?

° Qu’est-ce qu’une compétence ?

Une compétence, selon…

1- une définition adoptée par le parlement européen, le 26 septembre 2006 :

« Une compétence est une combinaison de connaissances, d’aptitudes (capacités) et d’attitudes appropriées à une situation donnée. Les compétences clés sont celles qui fondent l’épanouissement personnel, l’inclusion sociale, la citoyenneté active et l’emploi. »

Voilà une première définition qui s’ajoute à d’autres. Connaissances, aptitudes, attitudes, situation, épanouissement, citoyenneté, emploi…

Qu’est-ce que cela veut dire au juste ?...

2- une définition donnée par l’un des porte-parole de l’approche par compétences :

Philippe Perrenoud dit qu’ : « une compétence est une capacité d’action efficace face à une famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité à les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes ». Il ajoute : « une compétence permet de faire face à une situation complexe, de construire une réponse adaptée sans la puiser dans un répertoire de réponses préprogrammées ».

* Cela a-t-il retranché les ombres et les ambiguïtés sur la notion de compétence ?

Examinons ce que dit M. Perrenoud :

Compétence = une capacité d’action efficace

Compétence = faire face à une situation complexe

* Pourrions-nous comprendre de quoi il s’agit, en fin de compte ?

3- une définition donnée par Guy Le Boterf, qui dit : « Les compétences peuvent être considérées

comme une résultante de trois facteurs : le savoir agir qui suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, réseaux, …) ; le vouloir agir qui se réfère à la motivation personnelle de l’individu et au contexte plus ou moins incitatif dans lequel il intervient ; le pouvoir agir qui renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation du travail, de choix de management, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risque de l’individu. »

Examinons ce que dit M. Le Boterf :

Compétence = le savoir agir

Compétence = le vouloir agir

Compétence = le pouvoir agir

Compétence = je ne sais pas…

Examinons maintenant la notion d’un autre angle d’attaque : histoire de bien comprendre…

Flash au cerveau :

Une compétence est acquise lorsque l’élève réussit à utiliser un savoir dans d’autres contextes ou situations que son acquisition. Cela s’appelle un acte de transfert du savoir, cela s’appelle la preuve de l’intégration du savoir.

L’Approche par compétence : n’est-elle pas une expression métaphorique ?

Pour répondre à cette question, faisant un peu d’Histoire (il s’agit bien sûr de remonter aux sources de ce concept pour en dégager la substance…)

° Quels sont les fondements épistémologiques de l’APC ?

Comme rien n’arrive par hasard, l’approche par compétence est le petit-fils ou la petite-fille du constructivisme. Son père fondateur est un monsieur qui s’appelle : Piaget, c’est un psychologue suisse, etc.

Ce théoricien de la psychologie cognitive dit : un enfant ne retient rien ou presque, si on lui donne le savoir sur un plateau d’or !

NB- L’expression est à moi, mais l’idée est à lui !

Le structuralisme :

Est une théorie simple. Elle stipule que tout savoir doit être construit (d’où la notion de constructivisme). L’élève, l’enseignant, l’homme, afin d’intégrer le savoir, il doit lui donner un SENS. Mais pour donner du SENS à un Savoir, on ne doit pas le subir, au contraire, on doit l’apprivoiser. Cela ne pourra avoir lieu qu’à partir de l’action. C’est pourquoi, l’élève est amené à être le moteur de son apprentissage, il doit y participer pleinement pour en tirer profit. Ne dit-on pas que pour digérer le savoir, il faut l’avoir avaler avec appétit ? Ne dit-on pas que l’enfant n’est pas un vase à remplir, mais une âme à former ? Le constructivisme s’inscrit exactement dans cette lignée : l’apprentissage est fait de tâtonnements, est fait d’hypothèse, d’erreurs, et de validations d’hypothèses…

L’apprenant, que ce soit : un élève, un enseignant, un chercheur, un scientifique, ne peut prétendre à intégrer un Savoir que s’il participe activement au processus de construction de ce savoir…Aucune connaissance dé-contextualisées ne peut résister à l’usure du temps…On ne joue pas à cache-cache avec notre mémoire…

Le but du constructivisme, comme philosophie et épistémologie, est d’amener l’apprenant à agir, à construire, à valider les savoirs et les apprentissages…

Cependant, le constructivisme n’a jamais été une théorie dogmatique, qui exclut les autres méthodes: elle trouve qu’il est tout à fait normal d’utiliser la méthode déclarative (le cours magistral) ou socratique (le cours par question-réponse) pour acquérir certaines connaissances…

° Quels sont les principes de l’APC ?

Les principes de l’APC sont :………………………………………………………..

A suivre…





 Réponse N°5 2572

Travailler le jour ou la nuit ?
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 04-02-10 à 00:49



Travailler le jour ou la nuit ?

° Quels sont les principes de l’APC ?

Les principes de l’APC sont simples. Mais ce sont nos pratiques ancestrales qui ont empêché de déclore ces principes : c’est en fin de compte une question de représentation, ou ce que le sociologue Bourdieu appelle « la reproduction… »

Concrétisation 1

Dans l’ensemble, malgré les aptitudes pédagogiques acquises dans les centres de formations, chaque enseignant garde un modèle d’apprentissage qu’il a observé pendant sa scolarité, et essaie de l’appliquer en étant un référent dans l’acte d’enseigner…Cela s’appelle l’effet de représentation…

Il est difficile de sortir de ce cercle et changer d’attitude au niveau de ses propres pratiques et de ses propres conceptions de l’acte d’enseigner…

Concrétisation 2

Imaginons que nous travaillons le jour, en se disant qu’il est « normal » de travailler pendant le jour et de se reposer la nuit…A un moment, on nous dit : non ! Le travail le jour, c’est terminé. Maintenant, il faut travailler la nuit ! Quel sera la réaction ? Vous pouvez l’imaginer…

C’est ça exactement le rapport entre les pratiques béhavioristes et les pratiques constructivistes :

* Le travail le jour = le béhaviorisme

* Le travail la nuit = le constructivisme Et je le rappelle : L’APC est issu de cette philosophie de la psychologie cognitive…

Voilà maintenant pour celui qui veut travailler la nuit. (La nuit, ce n’est pas péjoratif : pour la question de représentation…)

Les principes de l’APC :

L’approche par compétence, comme son nom l’indique est avant tout une « approche ». Une approche est une manière, une façon d’aborder quelque chose : ici l’acte d’enseigner…C’est le fait d’aborder et d’avoir accès à …

Résultat : approcher les compétences, c’est aborder le Savoir, pour avoir accès aux compétences.

Principe 1

Au niveau de l’apprenant :

A- Il est actif : cela veut dire qu’il ne va pas venir à l’école pour accumuler les savoirs. . D’un élève passif, qui attend tout de son maître, il devient curieux, original dans la recherche du savoir : il prend des initiatives quant à la recherches de ce Savoir. Il commence à travailler avec projet personnel. Il n’est pas consommateur, mais acteur de son apprentissage.

B- Il est partenaire dans la construction des apprentissages, dans la mesure où il se prend en charge et s’assume complètement. Les initiatives, elles viennent de lui car il est sujet, non objet, de son apprentissage…

Principe 2

Au niveau de l’apprentissage :

A- l’élève devient apprenant : Sa relation avec l’apprentissage change. D’un simple exécutant, l’élève devenu apprenant (Dans le sens plein du terme), participe activement à « la construction » du Savoir.

B- l’élève développe ses aptitudes à apprendre. Il a conscient de ses actes, de ses démarches : il sait d’où il est parti et par quel chemin il a passé et où il veut arriver. Ce ne sont pas seulement les connaissances qui le poussent à agir, mais aussi sa manière d’apprendre et le sens qu’il donne aux apprentissages : l’apprenant agit par motivation.

Principe 3

Au niveau de l’enseignant :

A- L’enseignant abdique un pseudo-droit et retourne à l’école… : Il doit abdiquer sont rôle d’administrateur du Savoir, de sacro-saint détenteur du savoir. C’est une sorte de rupture épistémologique, entre un passé et un présent. L’enseignant, dans cette vision des choses, doit réapprendre son métier à nouveau ! Il ne vient pas pour donner le cours, mais pour autres choses.

B- L’enseignant apprend à : devenir une ressource pour ses apprenants. Il devient un intermédiaire entre l’apprenant, devenu acteur, et le savoir à construire…Cela veut dire que le savoir n’est pas l’objectif final de l’apprentissage, que l’enseignement n’est pas vertical, assumé pleinement par l’enseignant. Ce qui compte désormais, c’est l’acquisition du savoir, après un travail actif, construit, fait par l’apprenant, avec l’accompagnement de l’enseignant.

Principe 4

Au niveau du contenu :

A- Un contenu présenté sous forme d’une situation d’apprentissage : cela veut dire qu’aucun contenu n’est donné de manière gratuite. Cela veut dire que la situation présentée par l’enseignant, facilitateur, accompagnateur et animateur donne pleinement du sens à l’apprentissage et au savoir à construire…

B- Un contenu pour lui-même, mais pas seulement : au lieu de ne voit d’un contenu qu’un ensemble de savoirs à accumuler, réservés pour les examens, l’apprenant trouve en lui une occasion pour développer ses aptitudes à apprendre, ses attitudes à développer des savoir-faire, et pour entrer en interaction avec les autres apprenants…

Principe 5

Au niveau du Savoir :

A- Une nouvelle conception du savoir : l’apprenant change son rapport au savoir. Le but est de réfléchir, de scander ce savoir. De ne pas essayer de l’accumuler, mais de l’intégrer, après l’avoir construit et investit dans d’autres contextes, qui lui donnent plus de sens encore…

B- Un savoir acquis, intégré, investi : pour qu’il soit acquis, le savoir doit être construit. Pour qu’il soit intégré, le savoir doit être reconstruit, pour qu’il soit investi, le savoir doit être incorporé dans les automatismes de l’apprenant…

Principe 6

Au niveau du modèle d’enseignement/apprentissage :

A- Des rôles inversés : c’est l’apprenant qui apprend, ce n’est pas l’enseignant qui enseigne ! L’élève ne vient pas pour se scolariser sous la main d’un professeur qui sait tout et qui donne tout de A à Z. C’est l’apprenant qui vient pour assumer et construire ses propres connaissances.

B- Le modèle classique de l’école dispensatrice de connaissance est renversé : l’école devient une ruche bourdonnante, où l’on vient pour interagir, non pour subir. L’école devient un champ d’investigation, d’expérimentation, un champ d’erreur et de rectifications de ces erreurs, à partir des tentatives répétées…

Principe 7

Au niveau des méthodes d’enseignement :

A- Une méthode qui favorise l’apprentissage : un espace très étroit est consacré à l’enseignement. L’enseignant n’est pas là pour parler, expliquer, faire des commentaires sur une notion de cours. L’heure est à l’apprentissage ! L’apprenant pose des questions, consulte des références, cherche et réfléchit…

B- Une méthode qui donne à la notion d’activité de l’apprenant sa vraie signification : c’est une méthode qui favorise la dynamique de l’équipe (Je préfère le mot équipe au lieu de groupe pour plusieurs raisons : pour la rigueur méthodologique, je laisserai la mise en lumière sur cette distinction pour une intervention prochaine), qui favorise le travail par projet, qui favorise le travail par situation-problème, qui favorise le travail avec les méthodes actives…

Principe 8

Au niveau du rapport enseignant-apprenant/ apprenant-enseignant :

A- l’enseignant devient accompagnateur, c’est-à-dire un conseiller et un guide. L’enseignant devient un animateur, c’est-à-dire un catalyseur qui anime l’esprit d’une équipe active qui travaille avec dynamisme.

B- L’apprenant devient actif : il est dynamique, travailleur, réflexif, ouvert et participe pleinement à la construction de son apprentissage…

Principe 9

Au niveau de la relation enseignant-apprenant/ apprenant-enseignant :

A- une relation horizontale : finit le cours magistral. Finit les prises de notes sous un flux de données que constitue le cours ! La relation, c’est celle entre les apprenants qui collaborent ensemble pour construire le savoir. L’enseignant est là pour consultations, pour éclaircissement, pour d’éventuels conseils…

B- une relation de personne ressource : l’enseignant devient une ressource parmi d’autres. Son rôle est d’être le moins présent que possible. Plus, il intervient peu, plus c’est bien. Les élèves ont commencé à construire leur propre autonomie et commencent à voler de leur propre ailles…

Principe 10

Au niveau du curricula :

A- Pas de contradiction : si on veut travailler par approche par compétence, on doit abdiquer le droit d’enseigner la quantité. Au lieu de la quantité, il faut reverser la tendance en misant sur la qualité de l’apprentissage. Il faut donc changer de stratégie en bâtissant des manuels qui offrent un ensemble de situations significatives pour l’apprenant. Ils servent à ouvrir l’appétit de l’apprenant sur plus de curiosité parce que porteurs de sens pour lui.

B- Une stratégie : les finalités de l’éducation changent. Avec elles doivent changer les méthodes, les modèles, les rôles, les programmes, les rythmes scolaires, les rapports et les relations : enseignants/apprenant ; apprenant/ contenu ; apprenant/ apprentissage, l’enseignant et supports éducatifs ; apprenant/enseignant/ évaluation…

Principe 11

Au niveau des centres de formation :

A- une remise en question : les formateurs doivent se recycler. Pour eux la tâche est rude. Ils ne doivent pas faire comme si ne rien était. Que le futur enseignant allait apprendre son métier tout seul. Qu’il faut du temps pour voir claire les manifestations du changement. Non, ils doivent travailler pour doter les nouveaux venus, dans le champ de l’enseignement, de moyens pour qu’ils puissent s’adapter aux nouveautés, dans le domaine de la didactique et de la pédagogie…

B- Une vision claire et transparente : le curricula doit se faire en concertation avec les centres de formation. Un travail sérieux et dynamique doit s’établir entre les concepteurs des programmes, les grandes orientations éducatives et les responsables de la formation. Chez nous, la formation reste attachée dans ses pratiques comme dans ses orientations aux pédagogies traditionnelles…

Principe 12

Au niveau des orientations pédagogiques et des notes ministérielles

A- Des orientations pédagogiques claires et limpides : pas de mention de compétence, si le curricula ne fait pas référence à l’approche par compétences. Cela s’appelle ne pas fausser le jeu depuis le départ…

B- Un bassin pour un terrain de foot : s’il y’ a un hiatus entre le curricula, les orientations pédagogiques, les notes ministérielles et la formation des enseignants, c’est comme si des joueurs, avec un entraîneur qui les prépare pour jouer un math de basketball, à qui on donne un ballon de football, des chaussures et tenus de handball, et pour finir on les met dans un bassin pour les évaluer sur leurs aptitudes à faire des sauts en longueur ?./§+

A suivre…Mais à méditer aussi !





 Réponse N°6 4251

La pédagogie de l'intégration!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 23-05-10 à 00:01

compétences vs fragmentation

Envoyé par kasbaoui abdelaziz le 01-02-10 à 15:43

comme vous l'avez indiqué, c'est une APPROCHE qui en principe génère la pédagogie dite d'intégration. Elle se refuse au prêt-à-porter pédagogique et sollicite des compétences pédagogiques et méthodologiques spécifiques.

Pour répondre à votre question, je dirai que la plupart des enseignants de FRANÇAIS, qui sont imprégnés des approches communicatives et fonctionnelles, l'adoptent qui partiellement qui sporadiquement qui totalement à la manière de M. Jourdain. C'est une approche qui ne fait pas table rase des approches précédentes, elle les subsume. Éclectique, elle essaie de mettre en place un dispositif de formation qui prenne en compte les principes suivants: la cohérence (les activités proposées aux élèves doivent être décloisonnées et surtout motivés, aucun contenu ne doit être fait pour lui même; la progression (c'est le principe fondamental de toute la pédagogie et la didactique); la signifiance (toute activité proposée aux élèves est significative si elle prend en compte leurs aspirations psychopédagogiques, leurs préoccupations socio-culturelles, leur maturité intellectuelle, ...);

déjà, quand on adopte le projet pédagogique au lycée, il s'agit d'une manifestation de l'approche par les compétences: centration sur les besoins des élèves, conciliation entre savoirs, savoir-être et savoir faire, alterner travail "théorique" et pratique,....

.................................................

Je salue M. kasbaoui abdelaziz,

Votre réflexion autour de "la pédagogie de l'intégration" montre que vous savez de quoi vous parlez. Vous avez utilisé un champ lexical riche autour de cette pédagogie. Cela témoigne de votre connaissance de la didactique de la discipline.

Pour notre système d'enseignement, des indices très crédibles font valoir la thèse selon laquelle: il aura de grandes réformes au niveau du curricula.

Maintenant, des classes d'expérimentation pédagogique sont mis en action! L'aboutissement, ce sera la grande réforme tant attendue!

La question qui se pose: va-t-on réformer en ayant devant ses yeux la réalité effective de notre système d'enseignement, avec ses structures, ses moyens et ses atouts?

Nous avons vécu les dérives de la dernière réforme qui a abouti sur la détérioration du niveau de nos élèves: beaucoup sont les enseignants qui le déclarent fort et haut...

- Dans le stade actuel de mes recherches autour de la pédagogie de l'intégration, je suis très sceptique quant à cette pédagogie et les espérances qu'on mise sur elle...

Pourquoi? Cela sera le sujet d'une longue discussion que je vais lancer dans le forum d'ici peu. Question de tenter une compréhension de synthèse autour de cette "pédagogie"

Cordialement.

NB- A madame Kerzazi Fatiha, avez-vous une idée sur les pratiques d'intégration ( enseignement basé sur la résolution de situations complexes...)





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