Enquête sociologique sur la déperdition scolaire au maroc

 Par meddiki said  (?)  [msg envoyés : 7le 22-07-11 à 12:33  Lu :20340 fois
     
  
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Enquête sociologique sur la déperdition scolaire au Maroc

Réalisée par : Said MEDDIKI

La généralisation de l’accès des enfants à l’enseignement et leur maintien jusqu’à la fin de leur scolarité obligatoire constitue aujourd’hui un enjeu de la réforme du système éducatif marocain.

Pourtant, force est de constater que malgré d’importants progrès enregistrés ces dernières années, nombre d’enfants restent encore exclus du système éducatif ou l’abandonnent à mi-parcours.

En effet, la déperdition scolaire est un point noir de ce système. Sur la base des statistiques officielles, sur 1000 élèves inscrits pour la première fois de l’enseignement primaire, 620 arrivent à atteindre la 6ème année et 380 quittent les bancs de l’école avant ce niveau. Ainsi, le redoublement affecte également durement les élèves, à titre d’exemple en 2006, les taux de redoublement annuels sont élevés à tous les niveaux et se situent en moyenne à 12.7%1 dans le primaire et 16.9% dans le collège.

Face à ces constats inacceptables, il devient fondamental d’accentuer les efforts pour rendre effective, et conformément aux recommandations de la Charte nationale de l’éducation et de la formation (CNEF), l’obligation de scolariser les enfants de 6 à 15ans, et de garantir à tous les enfants de plus de 4 ans une place à l’école et lutter contre le redoublement et l’abandon scolaire.

  1. Etude statistique de la déperdition scolaire au Maroc

La problématique de la déperdition scolaire constitue l’une des entraves pour la mise en œuvre de certaines dispositions de la Charte nationale de l’éducation et de la formation. Au niveau global, le taux de la déperdition scolaire a accusé une hausse de 26%2 entre l’année 2000/2001 et l’année 2002/2003 passant de 5% à 6.3% à partir de l’année 1999/2000. Le taux a chuté à 4.9% pour atteindre le chiffre record de 6.3% en 2003. La prolifération de ce phénomène a des implications directes pour la performance économique de la société.

D’autre part, selon son rapport, l’UNESCO (l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a salué les efforts consentis par le Maroc en matière de la généralisation de la scolarisation de l’enseignement primaire, dont le taux a passé de 64% en 1999 à 94% en 2009. Néanmoins, le taux de la déperdition scolaire au Maroc est parmi le plus haut dans tous les pays arabes, il est classé second en se limitant à l’ensemble des pays du Maghreb après le taux de la Mauritanie, alors que le Maroc consacre plus de ressources à son système d’enseignement que ces pays.

  1. Déperdition et genre

Avant d’examiner de près le comportement différentiel vis-à-vis de la déperdition scolaire entre garçons et filles, il y a lieu de remarquer que l’unique handicap à surmonter chez la fille (rurale en particulier), reste l’accès à l’école. En effet, l’écart entre les taux de promotion des filles et des garçons atteignent en 2002/2003, 3.6 points au primaire, ainsi la fille réussit mieux que le garçon mais elle abandonne l’école plus que lui, comme le montre le tableau suivant :

Evolution des taux moyens d’écoulement par genre

Cycle

Taux

2000/2001

2001/2002

2002/2003

Primaire

Taux de promotion

Filles

Garçons

82.7%

79.6%

83.2%

80%

82.3%

78.7%

Taux d’abandon

Filles

Garçons

5.3%

5.1%

5%

4%

6.95%

4.78%

Source : statistiques de MEN.

  1. Déperdition, niveau scolaire et milieu :

La répartition des taux d’abandon par niveau scolaire laisse apparaître une structure dénotant un fort taux d’abandons pour les niveaux extrêmes du cycle primaire et des taux relativement faibles pour les niveaux intermédiaires comme le montre le graphique suivant :

Source : RGPH 2004

Dans le cadre de la stratégie de développement du système éducatif, il est prévu que le taux de la déperdition par niveau sera maintenu à 1% à l’horizon 2017/2018. 3

Ainsi, il faut noter que le taux de la déperdition scolaire est très élevé au milieu rural par rapport au milieu urbain.

Il est nécessaire de signaler qu’il y a deux catégories de l’abandon : l’abandon en cours de l’année et l’abandon en fin de l’année.

En effet, l’abandon en cours de l’année dénote une situation relativement personnelle et aléatoire, renforcée éventuellement par la distance domicile-école, tandis que l’abandon en fin de l’année dévoile une décision centrée sur les performances scolaires des enfants et le coût des études. Selon une étude réalisée par le MEN, l’abandon au cours de la première année du cycle primaire est particulièrement élevé lorsque les parents sont analphabètes.

  1. Les facteurs de la déperdition scolaire

Il n’est pas toujours facile d’identifier les causes et les conséquences dans un processus aussi complexe que celui menant à la déperdition scolaire. Cette dernière est un point noir du système de l’enseignement au Maroc, fait qui rend les dépenses consacrées à l’enseignement inopérantes. Par conséquent, le rendement du système reste faible par rapport aux énormes dépenses effectuées. L’état de la déperdition nous permet de mesurer le degré de la crise de chaque système d’enseignement. En effet, il est normal que chaque système ne puisse échapper à ce phénomène.

Quand on analyse le phénomène de la déperdition scolaire, on s’aperçoit qu’il y a un grand nombre d’éléments qui sont impliqués en action dans la spirale de ce phénomène, et ce ne sont pas toujours les mêmes facteurs qui sont en jeu.

En fait, il y a différents cas de figures où la déperdition survient à la suite de relation directe ou indirecte comme l’illustrent les schémas suivants :

Schéma 1 :


Ce schéma illustre le cas très fréquent où la déperdition est directement expliquée par l’état de santé de l’élève qui se sent incapable de suivre normalement ses cours, et par la force des choses, s’absente fréquemment avant d’abandonner.

En fait, la vraie cause reste la pauvreté de la famille qui se sent dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de santé de l’enfant, et en particulier, quand ce dernier est atteint d’une maladie chronique.

Schéma 2 :


Ce schéma montre que la déperdition scolaire est un fait d’une décision paternelle guidée par une attitude négative vis-à-vis de l’école, or cette attitude est en fait intensifiée par le phénomène d’analphabétisme des parents.

Schéma 3 :

Quant au schéma 3, il représente le cas où la déperdition est le résultat du non suivi de l’élève où il redouble ou abandonne ses études parce qu’il se sent marginalisé, délaissé et pas du tout suivi par sa famille.


1 Statistiques du MEN.

2 D’après le RGPH 2004.

3 D’après le plan d’urgence de l’enseignement (2009-2012).


  



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 Réponse N°1 13599

re
  Par   marocagreg  (Adminle 22-07-11 à 12:41



salut,

Les schémas sont absents...





 Réponse N°2 13601

le graphique aussi manque
  Par   bensaidi brahim  (CSle 22-07-11 à 17:59



Bonjour,

et le graphique du titre: b.déperdition,niveau scolaire et milieu.





 Réponse N°3 13622

Les schémas et le graphique SVP!
  Par   ahbar brahim  (CSle 24-07-11 à 15:36



Excellent article. IL le sera plus avec les schémas et le graphique manquants!

MERCI BEAUCOUP.





 Réponse N°4 13721

Les schémas manquants
  Par   meddiki said  (CSle 29-07-11 à 15:20



Je suis vraiment désolé les amis, il était un problème d'ordre technique. Je vais tenter d'envoyer le document à nouveau avec les schémas manquants.

Et merci de votre compréhension.





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