Du roman...

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 07-07-12 à 18:12  Lu :1058 fois
     
  
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« La littérature, c’est la vie concentrée servie aux lecteurs dans leur fauteuil ; c’est le fruit de millions d’expériences dont ils n’auraient pas le temps de vivre la plus infime partie ! Elle nous fait participer à une sorte d’éternité, elle nous rend omniprésents, dans les lieux, dans tous les temps. La fréquenter ne rend pas nécessairement sages, mais elle nous aide à être moins sots » Yves Beauchemin.
La culture est l’ensemble des activités auxquelles se livre l’homme, et qui constituent son vécu, appréhendé par ses pensées, ses sens et ses sensations, et qu’il lègue de génération en génération , à travers tout ce qu’il laisse derrière lui, de façon concrète dans les objets, et les faits accomplis, ou de manière abstraite sous forme de pensées, réflexions et idées, véhiculées surtout dans les écrits. Autant d’expériences, ou d’interprétations de la condition humaine. Tantôt dans des histoires vécues et tantôt dans des fictions, tirées du fond de certains hommes qui ressentent le besoin de s’exprimer et qui ont l’intelligence et la sagesse de le faire, et d’être ainsi, les porte-paroles de leur espèce. Ce sont les écrivains, mais aussi les artistes.
L’art, étant aussi et surtout un moyen d’expression, il vient rejoindre l’écriture, et se complétant, l’image et le texte, donnent toute sa dimension à l’expressivité de ces phares que sont les écrivains.
La lumière de ces phares éclaire l’humanité, et la fait accéder au rang qu’elle mérite, ne serait-ce que l’espace d’un roman, ou encore le temps d’un film.
Depuis le commencement, la culture était tributaire de l’alphabétisation ; et seul les riches savaient lire et donc pouvaient accéder aux plaisirs de la lecture : savoir en général, sciences en particulier, et puis la littérature dans ces diverses expressions : théâtre, poésie et enfin roman.
I- Le Roman
1- L’auteur
Le roman, qui a occupé pendant longtemps le premier rang des activités de passe-temps, est avant tout, une œuvre (généralement) de fiction, dont le style et la profondeur varient suivant les auteurs, les époques, et les courants littéraires. Mais une dominante transcende, c’est la narration.
Le romancier est ,avant tout, un observateur qui donne les faits tels qu’il les a observés ou imaginés, pose les points de départ, établit le terrain solide sur lequel vont évoluer ses personnages, se développer les phénomènes. Il fait mouvoir les personnages dans des situations particulières.
Les grands thèmes universels fournissent des éléments à ses histoires : la structure que prend un récit est elle-même porteuse de sens, et l’auteur cherche à s’y exprimer par delà son style, répondant à un besoin de s’exprimer, besoin fondamental de tout homme.
La structure d’un roman se base principalement sur une intrigue principale, et c’est la logique causale et chronologique qui organise l’histoire et son récit : l’histoire étant les faits racontés par le récit, et le récit la façon de les raconter.
2- Le lecteur
Toutefois, la portée d’une œuvre, n’est pas appréhendée de la même manière par tous les lecteurs : cela dépend principalement du degré de culture du lecteur. Un simple lecteur se limite au stade de la lecture du premier degré, c’est-à-dire à suivre l’intrigue, et il se sent satisfait quand il arrive à la dernière page, et dont le dénouement constitue le point d’arrivée.
Un lecteur averti, cherche à dépasser le seul niveau du récit, afin d’identifier des indices fournis par l’auteur sur sa vision du monde ou sur le message qui peut être véhiculé par le roman. La perception du lecteur, décèlera la thématique, derrière les idées et les pensées qui constituent les sujets des propos des personnages, le centre de leurs préoccupations et ce sur quoi s’exercent leurs réflexions, et qui détermine leurs actions.
Si l’intérêt du lecteur est souvent maintenu par l’intrigue, la vision du monde suggérée par le roman peut jouer un rôle important et constituer une fin en soi. Certains auteurs ont même été jusqu’à concevoir des romans qui ne présentent que le problème de leur fonctionnement, obligeant ainsi un lecteur averti à découvrir le fonctionnement même de la narration.
Autant l’individu perçoit le monde en fonction de ses expériences autant le lecteur aborde un roman en fonction de certaines attentes, et peut envisager de tirer profit d’une lecture de deuxième niveau, si son esprit est prêt à dépasser le simple récit.
Un simple lecteur aime que toutes les informations, ou du moins celles qu’il s’attend à avoir, lui soient données au moment où il en a besoin, alors que celui qui goûte le plaisir de la lecture de deuxième niveau, préfère que l’auteur le surprenne, le fasse travailler, le fasse participer à la construction du sens.
Si d’une part, une bonne histoire , est le récit qui intéresse lorsqu’il est vivant et efficace, de l’autre, la manière dont s’articule l’intrigue, et la logique qui structure le récit, et qui dépend de l’exercice d’un certains style, peuvent s’avérer plus intéressantes.
3- L’histoire
Quoi qu’il en soit, l’auteur d’une œuvre de fiction doit établir une relation avec son lecteur. Une sorte de contrat de lecture. Cette complicité est nécessaire afin que le lecteur accepte de poursuivre la lecture, et qu’il soit ouvert au message du roman. Dans certains cas, cette relation se construit en faisant référence à un même vécu ou à une même vision du monde. Lorsqu’un auteur présente des personnages tout bons ou tout mauvais, il plaira davantage à des lecteurs qui partagent cette conception du genre humain. Les stéréotypes véhiculés dans une société servent souvent d’éléments de cohésions sociales et de croyances communes. On fait appel aux stéréotypes lorsqu’on constitue des histoires en série pour un marché identifié qui désire des lectures qui répondent à ses goûts.
Le temps et l’espace dans le récit, sont des notions tantôt concrètes et définies, et tantôt subtiles, voire vagues. L’espace est représenté par les indications et les descriptions des lieux traversés par les personnages au cours du récit. Et au sens figuré, ce peut être le cheminement de la pensée ou une allusion à l’évolution psychologique du personnage. L’espace a une influence sur le comportement des personnages et leurs états d’âme. La relation qu’un personnage entretient avec un cadre donné peut développer une thématique ou donner des indices sur la « vraie » nature de ce personnage.
Le temps dans le roman fait appel à plusieurs dimensions. Il y a le temps de la narration, le temps de la fiction, le temps de la lecture et le rythme que le narrateur donne aux temps de son récit. Quand le temps se définit par rapport à la narration elle-même, c’est alors l’ordre dans lequel se déroulent les événements et la durée de ceux-ci dans le récit. Dans cet extrait tiré du roman « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway : « …Manolin accompagne Santiago à la pêche, mais ils n’ont rien pris depuis 84 jours » la période de 84 jours ne dure qu’une seule phrase, soit quelques secondes, cependant le temps de la fiction est supposé être le temps réel de l’histoire : les 84 jours prennent la dimension réelle du temps.(ici, nous parlons du point de vue de la lecture et non de celui de l’analyse didactique : pause, résumé, ellipse…etc)
Tous ces éléments se complètent et influent sur la relation du lecteur avec le récit.
4- L’identification
L’être humain cherche ou crée souvent des archétypes qui lui donnent des points de repères ou des modèles d’exemples. Le personnage romanesque n’échappe pas à cette logique. Souvent le personnage principal se veut plus qu’un modèle ou un archétype (à suivre ou à éviter) : il représente par ses actions, ses pensées et même ses lacunes , une vision du monde , un mode de vie ou un choix existentiel.
Pour un personnage littéraire, être stéréotypé est une faiblesse, être archétype une force. Le personnage stéréotypé n’apporte rien au lecteur. Si par contre les réactions ou les raisons d’être d’un archétype permettent au lecteur de prévoir certaines de ses actions, le personnage possède alors les défauts de ses qualités, et les qualités de ses défauts.
Généralement, le schéma narratif et le modèle actanciel peuvent servir de référence pour l’analyse des relations entre les personnages.
La relation sujet/ objet : le sujet est celui qui engage l’action : le héros ou l’héroïne. Le sujet peut aussi être un groupe d’individus ; l’objet est le but (personne, chose, idée) de celui ou celle qui vit l’action.
La relation destinateur/destinataire : le destinateur est celui ou celle (personne, chose, circonstance) dont dépend l’obtention de l’objet par le sujet ; le destinataire est celui ou celle pour qui ou pour quoi le sujet veut obtenir l’objet. Le sujet est souvent son propre destinataire.
La relation adjuvant(s)/ opposant(s) : l’adjuvant ou allié est celui qui aide le sujet . L’opposant est celui qui s’oppose à l’obtention de l’objet.

  



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  Djc: chapitre xiii!
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 Réponse N°1 24929

Merci
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Profle 08-07-12 à 01:51



Grand merci





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