Difficultés en français

 Par ABKARI HAMID  (Prof)  [msg envoyés : 15le 20-06-11 à 22:39  Lu :4358 fois
     
  
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Bonjour.
C'est une question qui m'a travaillé pendant trés longtemps. Voilà ce que j'en pense:
- les faiblesse enregistrées auprès de mes élèves (des élèves issus des quartiers populaires) tout au long de ces huit années d'enseignement se situent à deux niveaux :
1 - le lexique
la pauvreté du vocabulaire des élèves est vraiment déconcertante. les élèves n'arrivent pas à RETENIR les mots, ne confondent pas seulement les homonymes, mais meme les mots qui n'ont que de faibles similitudes phonétiques.
2 - la syntaxe
les productions écrites de la grande majorité montrent à quel point l'appropriation de la langue par le commun des élèves est faible. On a souvent du mal à comprendre ce que veut dire l'élève quand on corrige des épreuves. Des suites de mots incohérents et sans ponctuation. Quant aux règles de concordance des temps.....
Où est le Mal ?
A mon humble avis, les élèves n'ont jamais eu l'habitude d'apprendre des textes par coeur. Ce qui fait que leur vocabulaire ne s'enrichit pas malgré les longues années passées au primaire et au collégial. Les faiblesses enregistrées au niveau de l'appropriation de la structure de la phrase française viennent aussi de là.
D'autre part, les programmes et les manuels sont vraiment inappropriés. on dirait que les gens qui décident des manuels et de leurs contenus vivent sur une autre planète.
Pour etre franc, je n'ai jamais jeté un coup d'oeil sur les manuels du primaire. Mais regardez un peu ceux du cycle collégial et vous comprendrez de quoi je parle. Celui de la première année du collégial est tout simplement stupide. Celui de la deuxième année est une honte. quant au(x) manuel(s) de la troisième année: allez savoir quelle logique a présidé à leur élaboration. Il advient de la sorte que les élèves trouvent des difficultés à aborder la matière.
Pour les élèves de la troisième année du collégial, le deuxième semestre est consacré à l'étude des subordonnées circonstancielles avec un volume horaire ridicule compte tenu des difficultés des leçons et du niveau général des élèves.
Nous ne devrions donc pas nous étonner de voir arriver au tronc commun des élèves qui n 'ont pas encore les compétences nécessaires à l'étude des nouvelles, encore moins des romans du calibre de "Le Dernier Jour" ou "Eugénie Grandet".
C'est la faute à qui ?
Je ne màcherai pas mes mots:
Ceux qui ont décidé, la première fois de modifier les programmes et de changer les manuels ont commis un crime contre ce peuple.
Pourquoi changer de manuels tous les cinq ans? sinon pour doper les ventes de papier et faire fructifier les affaires des maisons d'édition et de ceux qui "écrivent" les manuels?
On fera avancer l'enseignement dans ce pays quand on démocratisera l'éducation nationnale et quand on cessera de considérer les enfants du peuple comme un marché à forte valeur ajoutée.

  



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 Réponse N°1 12775

L'ARBRE QUI CACHE LA FORET!
  Par   ahbar brahim  (CSle 22-06-11 à 20:34



Assalamo Alaykom Monsieur Hamid,

Votre article doit intéresser tous les enseignants de scrupule et de conscience; merci pour la pertinence du choix de ce thème quoique abordé sans profondeur vue la contrainte de l'espace-message je crois.

Tout humblement, je poserai des questions beaucoup plus "fâcheuses" pour stimuler des réactions plus laborieuse et judicieuses.

Si l'on parte des oeuvres programmés au cycle secondaire, il va de soi qu'on est plus dans le français langue étrangère "le FLE" mais plutôt dans le français langue mère "le FLM" et du coup , une question monumentale se pose : est ce que la langue française est une langue mère des Marocains? et ce sans poser des questions politiques et idéologiques qui s'en suivent ( qui a élaboré la Charte "Nationale"? pourquoi? dans quel contexte politico-idéologique? ... ... ...)

Secondo, quel est le statut de la langue française ds notre pays? la réponse est simple; il suffit de jeter un coup d'oeil sur un bulletin d'élève pour trouver juste en face du vocable "français" le vocable "première langue étrangère"! et donc pourquoi programmer ds nos classes au Maroc un français "langue mère" et non pas un "français langue étrangère"??? ... ... ...

Ce n'est que de ce point de départ que l'on peut comprendre les origines et les racines du problème de français au Maroc je pense mon cher collègue M Hamid.

Je n'en dirai pas plus en attendant d'autres réactions qui vont certainement enrichir ce modeste débat.

A LA PROCHAINE.





 Réponse N°2 13252

bien dit
  Par   NAOUFI SAMIR  (CSle 04-07-11 à 01:20



Certes votre intervention est fortement pertinente. Le programme abordé dans le cycle collégial est en nette déconnexion d'avec le niveau réel des élèves. Au lieu de permettre aux apprenants de progresser, les manuels scolaire les découragent. je pense à mon humble savoir que le problème réside dans les critères de sélection des livres. les concepteurs des manuels ne tiennent pas compte de l'hétérogénéité des groupes classe marocains. ainsi proposent-ils un programme sur la base d'une école primaire pilote, ce qui procède malheureusement à l'encontre des principes de la pédagogie différenciée nécessaire pour un public tel que celui que l'on enseigne.

j'appelle humblement tous le public concerné à analyser la question avec la rigueur empirique qu'elle mérite car c'est l'avenir des élèves qui est en jeu mais aussi celui de la langue française qui nous est indubitablement chère. Merci pour vos contributions.





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