De la lutte contre la précarité et l'exclusion sociale

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 24-04-11 à 11:22  Lu :4313 fois
     
  
 accueil


Une réflexion "académique" autour du projet de lutte contre la précarité et l'exclusion sociale. Ce qu'on nomme communément : pauvreté.
Pauvre est un terme générique, un adjectif, attribué à un individu, à une famille ou à une classe sociale déterminée. La pauvreté n'est pas seulement et exclusivement liée au manque des ressources financières: les biens matériaux. Le manque ou la carence de services font partie de la pauvreté. Aussi, les indices de la pauvreté et ces images/manifestations sont multiples. Certes il y'a la pauvreté au niveau des biens et des services, mais il y'a aussi la pauvreté intellectuelle, morale, et des valeurs!
Un docteur chômeur est bien sûr pauvre au niveau matériel, mais riche au niveau intellectuel et moral! Un individu disposant d'un ensemble de moyens: biens et services, peut largement être pauvre au niveau des valeurs civiques, et de ses capacités cognitives, par exemple...
Or le développement social et humain nécessite qu'il ait un équilibre social, dans le sens d'une équité au niveau matériel et moral.
Deux voies peuvent être parcourues pour lutter contre le phénomène de la pauvreté: la première est celle de la charité; la seconde est cette du développement durable.
La première consiste en l'octroi d'aide directe aux personnes et aux familles nécessiteuses; la seconde favorise l’insertion via l'éducation et la proximité vis-à-vis des services sociaux, en terme de santé, de justice...
La pauvreté est donc une réalité sociale marocaine car: " près de 3,6 millions (des marocains) vivent le calvaire quotidien de cette affliction et dont 1,8 millions font face à la dégradation la plus excessive du niveau de vie (pauvreté absolue) (RAHMA BOURQIA, La stratification sociale)
Ceci dit, le citoyen marocain démuni n'a pas besoin de l'aumône, mais d'une aide significative de départ! Car on ne naît pas pauvre, mais on le devient par héritage! Ceci peut expliquer le point d'arrivée et celui de départ: l'inégalité sociale crée un grand malaise au sein de la société, car beaucoup de jeunes crient haut et fort qu'ils n'ont pas de chance pour réussir socialement. Du coup, la notion de la méritocratie n'a pas de sens!
" Pour aller dans le sens de la durabilité, la lutte contre l’exclusion, en faveur de l’allègement de la pauvreté, ne doit pas être une œuvre de bienfaisance, de charité ou d’assistance, mais une œuvre de développement. La lutte contre la pauvreté constitue un investissement humain générateur de croissance menée dans le cadre d’une stratégie globale de développement social. La pauvreté n’est nullement un phénomène isolé mais lié à la stratégie du développement. L’action caritative pourrait constituer une réponse ponctuelle à la sévérité des cas de pauvreté mais ne pourrait constituer un moyen pour sa réduction à moyen ou à long termes" (RAHMA BOURQIA, La stratification sociale)
En effet, au niveau de la caisse de compensation et de l'aide qu'on veut octroyer directement aux familles nécessiteuses, cette aide ne pourra jamais que contribuer à la hausse plus au moins de la consommation, et par conséquent de la croissance économique. Ni plus ni moins...
Cette somme, - qui fait partie intégrante du budget de gestion du gouvernement, et qui est issue des prestations du contribuable-, pour qu'elle puisse donner ses fruits, en terme de développement humain durable, doit être conçue en terme d’investissement à long terme sur la scolarisation de nos élèves, issus de couches sociales pauvres.
C'est pourquoi, je prône une aide directe aux élèves relevant de cette catégorie sociale pour qu'ils puissent s'investir dans leur éducation et leur auto-formation. L'argent de la consommation sera désormais celui de la formation!
L'argent donné aujourd'hui doit être conçu non comme de la charité, mais comme un empreint au service du développement à long terme, visant le développement durable. Cette argent se multipliera de façon très significative, grâce à une génération de pauvres instruits, qui contribueront à leur tout à la croissance économique et sociale de leur pays! C'est ça ce qu'on appelle rendre service par des services!
De plus: "la pauvreté doit être approchée dans le cadre d’une justice sociale et des droits humains. Les droits à l’éducation, à l’emploi, à la santé, au logement, à un niveau de bien être social,..." (RAHMA BOURQIA, La stratification sociale)
Cela veut dire que la catégorie sociale attrapée par l'exclusion doit être visée/ciblée par un plan de réinsertion sociale dynamique: une politique de vraie proximité doit avoir lieu, non seulement et exclusivement via les collectivités locales, mais aussi, à travers le travail remarquable des organisations non gouvernementales: associations et organismes bénévoles de développement.
La société civile a joué un rôle indéniable face à un large éventail de problèmes causés par la précarité sociale.
La doter d'un arsenal juridique et légal, allant dans le sens de la libéralisation de ses actions, ne pourra qu'être utile à la communauté.: " Si on opte pour la participation de la société civile à travers les associations, on doit en définir et arrêter les modalités." (RAHMA BOURQIA, La stratification sociale)
Cela s'appelle de la bonne gouvernance.
Cela bien sûr pour lutter contre "une culture de la « débrouillardise »", qui fait de l'économie de l'informel la source de substance d'une très large tranche de cette société des exclues et des exclus. Cette culture qui mit fin à toute aspiration au développement humain dans la société!
La caisse de compensation a un très grand rôle à jouer dans ce sens!
A suivre...

  




 Réponse N°1 10201

re
  Par   marocagreg  (Adminle 24-04-11 à 20:48



Pour Mawazine on débourse avec générosité 12 millions de dirhams (peut-être plus), alors qu'on a encore des pauvres qui meurent de faim et qui ne trouvent pas de moyens pour accéder aux soins essentiels : donner des sommes colossales à des parasites comme Amr diab et autres n'est-ce pas un scandale dans un pays qui comporte autant de pauvres ? Personne n'a jamais manifesté contre l'association Mohamed VI pour la solidarité, ou contre les organisations qui travaillent pour l'intérêt public... Donc avant de parler la compensation (qui reste nécessaire), il faut déjà bien gérer les fonds qui existent, mais qui s'évaporent des caisses publiques comme dans une passoire.





 Réponse N°2 10205

caisse inéquitable
  Par   KEBIR Jihane  (CSle 25-04-11 à 00:09



Au maroc on s'ingénue non à générer les richesses pour les bien fructifier et partager par la suite en vue d'assurer la paix sociale,bien au contraire on fait tout pour (légalement et illégalement)en faire profiter les richards.

Dîtes-moi,à qui profite la caisse de compensation quand Ghani le riche et Fakir le pauvre achètent tous deux une bouteille à gaz au même prix????sachant que Ghani en consomme plus par rapport à Fakir qui pour économiser en consomme moins faute de moyens!!!

A ce que je sache ,en Egypte les pauvres bénéficient d'une aide directe qui leur est uniquement dédiée.Chez nous,tout le monde profite de La caisse de compensation.





 Réponse N°3 10213

Pas d’intermédiaires et le résultat sera assuré!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 25-04-11 à 22:31



Pas d’intermédiaires et le résultat sera assuré!

Ce matin lors d'une discussion avec mes élèves de la deuxième année du bac - j'en fais beaucoup avec eux-, je leur ai posé la première question suivante: si on vous donne une bourse d'étude de 200 dhs, 300 dhs, 400 dhs, 500 dhs, 600 dhs et 1000 dhs durant tout votre cursus scolaire, depuis le primaire jusqu'au doctorat, est-ce qu'il y'aura des déperditions scolaires? La réponse était catégorique: non;

Ma deuxième question était pour les filles: est-ce que vous choisirez la voie du mariage ou le chemin des études? La réponse optait pour les études, en unanimité;

La troisième question fut posée aux garçons: penseriez-vous à immigrer, à travailler de façon précoce pour gagner vos vies et assumer les charges financières de vos familles: la réponse était non!

Ce qui revient à dire que la déperdition scolaire, le mariage précoce, l'immigration clandestine, le travail précoce, la non qualification des jeunes face au travail, etc sont le résultat, la conséquence de la pauvreté: ici la non existence de moyens financiers pour financer les études : car les études, cela se finance !

Rappelons-le, le Maroc souffre de l’exclusion et de la vulnérabilité d’une large tranche de sa population. C’est un fait qui empêche toute réforme allant dans le sens du développement.

"Ainsi, dans notre pays et selon les données des enquêtes statistiques effectuées, on peut dire sans grande erreur que depuis l’indépendance, et à tout instant, quatre à cinq millions de nos concitoyens sont pauvres." Annonce Abdelkhalek TOUHAMI, La pauvreté au Maroc.

" un « Maroc à deux vitesses ». Celui des plus démunis regroupe une population allant des chômeurs, urbains et ruraux, aux petits fonctionnaires en passant par les paysans sans terre du milieu rural ou encore par les artisans urbains dont l’activité et le chiffre d’affaires ne cessent de régresser d’une année à l’autre." Ajoute, Abdelkhalek TOUHAMI, La pauvreté au Maroc.

Or depuis toujours, la question centrale posée au développement se résume dans le financement des programmes sociaux: fonds, agences, programmes, gestion...tout un arsenal de dispositions ont été consacrées dans le but de rehausser la vie économique et sociale des "pauvres"... On le sait bien, le résultat était et reste toujours médiocre!

Les causes à cet handicap structurel sont nombreuses:

- au niveau de la " dimension gestionnaire : pourquoi, tout en consacrant des ressources financières importantes aux programmes sociaux (plus de 50 % du Budget Général de l’État va aux secteurs sociaux) l’État n’arrive pas à accroître l’efficacité de ces programmes ? Se pose la question M.DRISS GUERRAOUI, Cinquante ans de politique sociale au Maroc Enseignements pour l’avenir.

- au niveau de la "dimension politique : pourquoi, malgré la mise en place depuis l’indépendance d’un arsenal d’institutions, d’instruments et de mécanismes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le Maroc n’a pas réussi à enclencher à côté de l’État et de la société civile une dynamique integratrice et mobilisatrice des acteurs politiques et syndicaux ainsi que des élites économiques et administratives dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ? "Se demande toujours, M.DRISS GUERRAOUI,...

Même position et même constat est avancé par M.MICHÈLE KASRIEL, Exclusion sociale, pauvreté, analphabétisme: Processus d’exclusion.

Son jugement est catégorique sur deux plans : politique et économique:

" Au plan politique, une démotivation et une démission citoyennes généralisées, dues pour partie à la confiscation du pouvoir de décision et d’expression par une classe dirigeante, qui a annihilé tout sens civique au profit de l’intérêt individuel où pouvoir et argent sont les maîtres mots."

"Au plan économique, cette fracture sociale est renforcée par les inégalités de plus en plus flagrantes entre une classe dominante qui étale ses privilèges et s’enrichit toujours davantage et une frange croissante de population en situation de précarité, il en résulte une visibilité accrue des groupes particulièrement vulnérables (handicapés, chômeurs, enfants des rues, veuves, divorcées ou mères célibataires)."

Analyse :

Le problème de la répartition du bien social profite donc et toujours à une classe, dite des riches, aux dépends de la classe, dites des pauvres ! L'inégalité et la fraction sociale sont l'image criante d'un Maroc à deux vitesses ! La pauvreté est là, qui rappelle que toute croissance économique, toute aspiration à un Maroc moderne, compétitif, brillant face aux autres nations, un Maroc solidaire et égalitaire devant l'accès aux services et au bien être, ne pourra passer que par l’équité! C'est-à-dire par l'égalité des chances des générations actuelles: devant premièrement les études et le soin, en second lieu!

C'est à partir d'un budget étatique conséquent que cette équité et cette égalité des chances doivent être assurées, pour que le Maroc puisse aspirer à sa modernisation. Il s'avère qu'un budget colossale, pharaonique est consacré à la caisse de compensation! Une caisse qui profite, rappelons-le à la classe qui dirige !

" le système de compensation est un système de péréquation des prix des produits de base. L’objectif est de protéger le pouvoir d’achat des couches défavorisées et de soutenir la production des produits alimentaires de base de grande consommation : le sucre, l’huile végétale, la farine nationale de blé tendre et le gaz de pétrole liquéfié. Globalement, ce système permet de protéger le pouvoir d’achat des populations à faible revenu. Cependant, le système profite plus aux couches aisées qu’à celles qui sont pauvres." Rappelle un journaliste.

Car " Les produits subventionnés sont le plus souvent destinés à un usage non domestique (agriculture, hôtellerie, restauration, industrie…). 24 milliards de dhs sont donc partagés par une lobbie qui s’enrichit sur le dos des pauvres !

D’après N. Baraka, « le système tel qu’il se présente aujourd’hui est une arme à double tranchant. Primo, il nuit à la compensation au vrai sens du terme, secundo il n’incite pas les entités de production à améliorer leurs techniques afin de réduire leurs coûts tout en rehaussant la qualité des produits."

Pourquoi le feront-ils puisqu’ils s’abreuvent de l’argent du contribuable : l’argent facile !

« C’est pour cette raison, qu’il a fait, à maintes reprises, objet de critiques et de recommandations de réforme. Il s’agit de mettre en place des mécanismes de redistribution plus équitable, permettant des subventions directes aux catégories à revenu limité. L’idée centrale demeure le ciblage de la subvention en faveur des couches défavorisées objectivement identifiées. " confirme TOUHAMI ABDELKHALEK, Aspects institutionnels de la pauvreté et des facteurs d’exclusion sociale.

Aussi, beaucoup d’intervenants ont annoncé l’idée d’une subvention directe accordée aux familles de revenus médiocres ou quasi inexistants :

D’ailleurs, une étude élaborée par le HCP a montré que les subventions directes ont permis la généralisation de la scolarité, la diminution des décès des femmes enceintes durant l’accouchement ou de ceux des enfants de moins de 5 ans.

Deux solutions de proximité avec la couche des démunis ont ainsi été opérationnalisés :

Il s’agit d’un régime d’assistance médicale, Ramed, lancé dans la région pilote de Tadla-Azilal et du programme Tayssir d’aides sociales pour l’accès à l'’éducation.

Nos responsables affirment qu’en 2011, les deux programmes seront maintenus avec une enveloppe financière plus importante. « Mais toujours est-il que la stratégie définitive n’est pas encore arrêtée. » !

On retourne au point de départ !

On ne sait pas comment faire pour partager « équitablement l’argent de la caisse de compensation ! » Argent qui se chiffre par des milliards de dhs, que le contribuable paye grâce, rappelons-le, à ses efforts et à son travail !

Chose qui est étonnante, c’est qu’il y a, aujourd’hui, une forte volonté politique pour réformer non pas la Caisse de compensation, mais le système de compensation d’une manière élargie.

Cela pour "...un meilleur accès des populations aux services de santé, à l’instruction et aux méthodes de planification familiale qui contribueront à la réduction de la pauvreté. Abdelkhalek TOUHAMI, La pauvreté au Maroc.

Tout porte donc à croire qu’il y’a un accord de principe entre l’aide des couches démunies et le développement durable ! Reste la méthodologie suivie pour réaliser cette aide qui pose problème. Les propositions sont là pour témoigner de l’adhésion de nos économistes dans ce sens :

" toute stratégie de lutte doit en effet être de type pluriel, intégrée, bien ciblée au niveau spatial et sur les populations pauvres. Elle doit aussi se baser sur les causes profondes du phénomène pour assurer une plus grande efficacité. (...) Elle doit être logique dans son articulation, suffisamment ambitieuse mais réaliste dans ses objectifs et doit reposer sur des moyens plus sûrs." Appuie, Abdelkhalek TOUHAMI, La pauvreté au Maroc.

Or les moyens sont là : 32 milliards de dhs ! Reste sa gestion !

Deux arguments de taille sont avancés allant dans le sens de l’octroi d’allocations directes à nos jeunes élèves pauvres :

Argument 1

Les enfants des familles défavorisées en âge de scolarité évoquent souvent la pauvreté, ses causes et ses conséquences comme raisons de leur non scolarisation."

Argument 2

L’expérience a montré que les subventions directes ont, elles aussi, un effet direct sur la pauvreté. Dans un pays comme le Chili, le taux de pauvreté a été réduit de 9% à 3%, suite à la mise en place d’un système d'’appui direct aux populations pauvres...

Conséquence :

Si l’argent payé par le contribuable est là, et qui se compte par des milliards, si tout le monde dit que l’argent du contribuable , via la caisse de compensation, va directement aux poches des lobbies, si nos responsables parlent de réformes structurelles de cette caisse et d’expériences orientées vers la concrétisation de l’approche de proximité, une chose est certaine, l’octroi direct des aides aux élèves constitue la meilleurs façon de dynamiser cette aide vers plus d’efficacité et d’efficience !

A suivre...





InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +