Contrôle continu 3

 Par jamal adib  (?)  [msg envoyés : 206le 05-03-11 à 23:49  Lu :3530 fois
     
  
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Texte :
En ce moment commençait, sur le jeu de paume dont j'ai parlé, une partie qui, sur-le-champ, attira l'attention de M. Alphonse. Et moi, fatigué, et désespérant de rendre cette diabolique figure, je quittai bientôt mon dessin pour regarder les joueurs. Il y avait parmi eux quelques muletiers espagnols arrivés de la veille. C'étaient des Aragonais et des Navarrois, presque tous d'une adresse merveilleuse. Aussi les Illois, bien qu'encouragés par la présence et les conseils de M. Alphonse, furent-ils assez promptement battus par ces nouveaux champions. Les spectateurs nationaux étaient consternés. M. Alphonse regarda à sa montre. Il n'était encore que neuf heures et demie. Sa mère n'était pas coiffée. Il n'hésita plus: il ôta son habit, demanda une veste, et défia les Espagnols. Je le regardais faire en souriant, et un peu surpris.
" Il faut soutenir l'honneur du pays ", dit-il.
Alors je le trouvai vraiment beau. Il était passionné. Sa toilette, qui l'occupait si fort tout à l'heure, n'était plus rien pour lui. Quelques minutes avant il eût craint de tourner la tête de peur de déranger sa cravate. Maintenant il ne pensait plus à ses cheveux frisés ni à son jabot si bien plissé. Et sa fiancée ?... Ma foi, si cela eût été nécessaire, il aurait, je crois, fait ajourner le mariage. Je le vis chausser à la hâte une paire de sandales, retrousser ses manches, et, d'un air assuré, se mettre à la tête du parti vaincu, comme César ralliant ses soldats à Dyrrachium. Je sautai la haie, et me plaçai commodément à l'ombre d'un micocoulier, de façon à bien voir les deux camps.
Contre l'attente générale, M. Alphonse manqua la première balle; il est vrai qu'elle vint rasant la terre et lancée avec une force surprenante par un Aragonais qui paraissait être le chef des Espagnols.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, sec et nerveux, haut de six pieds, et sa peau olivâtre avait une teinte presque aussi foncée que le bronze de la Vénus.
M. Alphonse jeta sa raquette à terre avec fureur. " C'est cette maudite bague, s'écria-t-il, qui me serre le doigt, et me fait manquer une balle sûre! "
Il ôta, non sans peine, sa bague de diamants: je m'approchais pour la recevoir; mais il me prévint, courut à la Vénus, lui passa la bague au doigt annulaire, et reprit son poste à la tête des Illois.
Il était pâle, mais calme et résolu. Dès lors il ne fit plus une seule faute, et les Espagnols furent battus complètement. Ce fut un beau spectacle que l'enthousiasme des spectateurs: les uns poussaient mille cris de joie en jetant leurs bonnets en l'air; d'autres lui serraient les mains, l'appelant l'honneur du pays. S'il eût repoussé une invasion, je doute qu'il eût reçu des félicitations plus vives et plus sincères. Le chagrin des vaincus ajoutait encore à l'éclat de sa victoire.
" Nous ferons d'autres parties, mon brave, dit-il à l'Aragonais d'un ton de supériorité; mais je vous rendrai des points."
J'aurais désiré que M. Alphonse fût plus modeste, et je fus presque peiné de l'humiliation de son rival.
Le géant espagnol ressentit profondément cette insulte. Je le vis pâlir sous sa peau basanée. Il regardait d'un air morne sa raquette en serrant les dents; puis, d'une voix étouffée, il dit tout bas: Me Io pagarás.
Prosper Mérimée – La Vénus D’Ille
I)- QUESTIONS DE COMPÉHENSION : (10 Pts)
1)- Complétez les informations manquantes :
- Prosper Mérimée, né le 28 septembre …………………… à …………………… et mort le 23 septembre …………………… à ……………………, est un écrivain, historien et archéologue français.
- La Vénus d’Ille est une nouvelle……………………………………… écrite en …………………… et publiée en…………………….
- ……………………… et ………………… sont deux nouvelles de P. Mérimée publiées respectivement en 1840 et 1845.
2)- Identifiez et situez le passage.
3)- Quel est le type de ce texte. Justifiez votre réponse
4)- Répondez par VRAI ou FAUX:
- Avant l’intervention d’Alphonse, les Illois étaient battus par les espagnoles.
- Selon le narrateur, Alphonse pourrait reporter le mariage pour défier l’équipe espagnole.
- Dyrrachium est une bataille qui opposa le 10 juillet 48 av. J.-C. César et Pompée.
- Alphonse pense que la première balle manquée était à cause de la bague qui le gênait.
- Alphonse retira sa bague et le donna au narrateur.
- A l’issue de la partie de jeu de paume, les espagnols ont vaincu les Illois.
5)- Relevez dans le texte :
a)- Une proposition subordonnée relative.
b)- Une proposition subordonnée infinitive.
6)- Quelle est la focalisation adoptée dans ce passage ?
7)- Transformez au discours indirect la phrase suivante :
" Il faut soutenir l'honneur du pays ", dit-il.
8)- Transformez à la voix active la phrase suivante :
" Les Espagnols furent battus complètement. "
9)- Relevez dans le texte :
a)- Une expression dont on se sert pour reconnaître, avouer quelque chose.
b)- Une expression pour indiquer que l’on supporte une grande souffrance.
10)- Quelle est la valeur du passé simple dans cette suite de propositions :
" Il ôta son habit, demanda une veste, et défia les Espagnols."
11)- Relevez dans le texte une comparaison dans laquelle Alphonse représente le comparé.
II)- PRODUCTION ÉCRITE : (10 Pts)
Sujet :
« M. Alphonse jeta sa raquette à terre avec fureur. " C'est cette maudite bague, s'écria-t-il, qui me serre le doigt, et me fait manquer une balle sûre! »
On dit que la colère est mauvaise conseillère. Rédigez un texte cohérent d’une quinzaine de lignes dans lequel vous traitez des méfaits de la colère.

  



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