Conseils pratiques pour l'étude d'un roman

 Par akhmouch ahmed  (?)  [msg envoyés : 2le 11-10-12 à 18:18  Lu :2013 fois
     
  
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conseils pratiques pour l'étude d'un roman

les préliminaires
le texte peut être précédé par une dédicace (hommage rendu par l'auteur à une personnalité, ou à une personne, à qui il offre en quelque sorte son oeuvres : l'identité de ce destinataire n'est pas à négliger) ou par une citation (une épigraphe) que l'auteur a voulu privilégier, de manière à orienter la lecture.
avant le roman, proprement dit, peuvent aussi se trouver une préface, un avant-propos, un avertissement émanant, directement ou non, de l'auteur. ces éléments font partie de l'oeuvre, l'écrivain y précise ses intentions, sa conception du roman, son esthétique, les circonstances de la rédaction. il en va de même pour la postface, qui se situe après le texte principal.
il est d'usage, dans les éditions modernes, de demander à un autre écrivain, à un universitaire, à un critique, de rédiger également une préface. ces textes ne font pas partie de l'oeuvre, mais ils aident à la lire.
le titre est un élément capital du roman, et les écrivains hésitent souvent longtemps sur son choix. il est souvent à lui seul un contrat de lecture ; il peut proposer un condensé du roman, comporter le nom du (ou des) personnage
principal (on parlera alors de héros éponyme). souvent il donne aussi le ton de l'oeuvre, la «petite musique» qui lui est propre. il conviendra de s'interroger à son propos : est-il bien choisi ? pourquoi ? cherche-t-il à refléter intégralement l'oeuvre, ou attire-t-il l'attention sur tel ou tel élément ? lequel ? comment ? eclaire-t-il l'oeuvre, ou égare-t-il le lecteur ? est-il suivi d'un sous-titre ? quelle relation établir entre le titre et le sous-titre ?
la division du roman en parties, chapitres
elle rythmera la lecture, et vous aidera à dessiner une sorte d'architecture du roman. dresser un plan rapide de l'oeuvre, en faire un résumé permet souvent de mieux la comprendre : la division en parties ou chapitres marque les grandes étapes du récit.
un lieu stratégique : le début du roman ou incipit
il convient d'étudier attentivement l'incipit, les premières lignes d'une oeuvres, en particulier d'une oeuvre romanesque. en effet
· l'incipit peut impliquer directement le lecteur dans la fiction, à laquelle le narrateur cherche à donner la consistance et le poids de la réalité. pour cela, il précise les temps, les lieux, il se fait historien, géographe, sociologue, mais de manière fictive.
le lecteur se trouve plongé dans l'action, face à des personnages dont l'identité, la psychologie sont expliquées. le personnage donne alors l'illusion d'être une personne réelle, définie, dont. les réactions sont prévisibles en fonction de son caractère. dans ce type de début, le narrateur apparaît comme fondateur de sens. l'incipit peut aussi être l'occasion d'un premier jeu sur la temporalité, par des rétrospectives ou des anticipations.

· dans beaucoup de romans, le narrateur ne se dissimule pas derrière le récit, mais se révèle par de nombreuses interventions : il explique et commente. cette caractéristique, plus fréquente dans les romans modernes, peut aller jusqu'à la mise en question de la fiction : le narrateur, au lieu de faire comme s'il racontait une histoire vraie, construit le récit sous les yeux du lecteur, créant ainsi un effet de distanciation (voir le chapitra du théâtre). cette mise en question - on a dit ce «soupçon» - touche, aussi les personnages, qui perdent leur identité, et qu'on a parfois peine à reconnaître. l'incipit renseigne d'ordinaire tout de suite sur le parti qu'a choisi l'auteur: les temps sont ceux du récit (passé simple, imparfait) ou ceux du discours (passé composé, imparfait, présent). d'autre part, l'incipit est le lieu où, souvent, l'équilibre initial commence à se dessiner, et, quelquefois,à sa rompre.

· on nomme parfois explicit la fin du roman qui marque généralement le dénouement et établit un nouvel équilibre. mais le roman, surtout le roman moderne, ne respecte pas toujours cette convention, et l'explicit peut fort bien ne pas apporter de conclusion au récit.

les personnages
ii s'agit, bien sûr, d'une autre composante fondamentale de la plupart des romans. une lecture; même superficielle, permet de distinguer d'emblée le ou les protagonistes, des personnages secondaires et de simples figurants. mais cette première approche ne suffit pas. il est conseillé, pour mieux comprendre les protagonistes, mais aussi pour se familiariser avec certains seconds rôles qui peuvent influencer fortement l'intrigue, d'établir une fiche signalétique. vous essaierez d'y décrire le personnage par rubriques: âge, milieu social, caractère, objectifs, motivations, évolution, et surtout relations avec les autres personnages.
attention! un personnage de roman n'est pas nécessairement un « héros positif » doté de toutes les qualités ; il peut aussi se révéler un personnage médiocre, banal, voire un « anti-héros »

le style.
la caractéristique première d'un grand écrivain, c'est son style, qui particularise l'oeuvre, et en fait quelque chose d'unique. ii y a donc autant de styles que d'écrivains: il est toutefois assez facile de qualifier le style d'un auteur à l'aide de quelques remarques simples. vous pourrez par exemple prêter attention à la longueur, au rythme et à la musicalité des phrases, à la nature du vocabulaire employé, aux registres de langue utilisés (soutenu, courant, familier, argotique). la mise en page,(texte découpé en paragraphes plus ou moins longs), la fréquence et le rôle des descriptions, des dialogues, des interventions d'auteur sont autant d'éléments importants. l'auteur a-t-il souvent recours à des images, des comparaisons ? se laisse-t-il emporter par un certain lyrisme, ou au contraire vise-t-il une écriture neutre ? trouve-t-on des traces d'humour, d'ironie ? la tonalité particulière d'un passage est en effet directement liée au style de l'auteur. vous devez être en mesure de qualifier rapidement le ton d'un texte, en distinguant
· le ton comique, susceptible de nombreuses variations: humour, fantaisie verbale, jeux de mots, parodie, ironie ;
· le ton pathétique : cherchant à émouvoir le lecteur, à l'aide par exemple, d'un vocabulaire expressif (celui des sentiments, de la passion, de la douleur);
· le ton lyrique : manifestant, par le rythme et le vocabulaire, l'exaltation qui peut accompagner l'expression des sentiments personnels;
· le tan épique: propre à l'évocation des actions héroïques accomplies par des personnages extraordinaires ;
· le ton tragique :visant à rendre le lecteur sensible à l'impuissance du héros soumis à un destin contraire et supérieur à sa volonté.
l'appartenance éventuelle à une «école littéraire» (par exemple au xix e siècle le romantisme, le réalisme, le naturalisme; au xx e siècle le «nouveau roman»), l'influence d'une esthétique particulière (baroque ; classicisme) ou le type même du roman ne sont pas sans effet sur le style de l'écrivain. fiez-vous pour cela à la préface et aux indications du professeur.
· les jeux de miroir du réel et de la fiction
un roman, comme un film, est une oeuvre de fiction. pourtant cette fiction n'est pas sans rapport avec ce qu'on appelle le réel : mais la référence (fictive) au réel varie selon les oeuvres. prépondérante pour un écrivain réaliste ou naturaliste, capitale dans le cas d'un roman historique ou autobiographique, elle comptera moins là où le récit s'affichera plus clairement comme fiction. stendhal, l'un des plus célèbres romanciers français du xix e siècle, proposait cette définition : «un roman : c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin» (le rouge et le noir, chap.13). au contraire, boris vian (xx e siècle) écrit, non sans humour, dans sa préface à l'écume des jours : «l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée :d'un bout à l'autre». sans doute ces deux éléments se mêlent-ils dans la composition d'un roman ; l'étude de l'oeuvre vous amènera à vous interroger sur la part de l'un et de l'autre, ou, mieux encore, à concevoir que cette opposition n'est peut-être pas aussi tranchée qu'on le dit.
la biographie de l'écrivain
ii est recommandé de la consulter à l'occasion de la lecture. un auteur du xvi e siècle n'écrit pas comme nos contemporains. ils n'ont pas la même vision du monde, la langue a évolué, et la conception du roman aussi. sauf dans certains cas particuliers (roman autobiographique), on admet que la connaissance de la vie de l'écrivain ne peut pas fonder l'explication de l'oeuvre ; elle pourra néanmoins vous renseigner sur ses motivations, les circonstances de rédaction et de publication.

la lecture hors classe et le plaisir du texte
il reste à vous souhaiter bonne lecture, en insistant sur le fait que ce « travail », pour être fécond, doit s'accompagner d'une grande part de plaisir. telles sont du moins les intentions de tout écrivain digne de ce nom, comme le note fort à propos paul valéry : « offrir au lecteur l'occasion d'un plaisir -travail actif - au lieu de lui proposer une jouissance passive ». plaisir d'une rencontre avec la beauté, tout d'abord : un roman reste avant tout une oeuvre d'art. plaisir de la curiosité, de l'analyse critique, de l'intelligence en éveil (une bonne lecture est une sorte d'enquête, elle suppose de la vigilance, comme on a essayé de le montrer dans les pages précédentes). mais aussi, tout simplement, plaisir d'une confrontation, d'un dialogue avec autrui, et d'une évasion dans l'imaginaire par l'identification avec un personnage, la découverte d'autres «moi» et d'autres mondes ! le roman est tout cela, et 1a lecture une dynamique animant ce tout. elle reste donc une affaire de rythme. a vous de trouver ce rythme qui vous mettra en accord avec le texte sans vous laisser arrêter par tel détail dont vous ignorez la signification. vous pourrez la plupart du temps, en vous appuyant sur le contexte de la phrase ou du paragraphe, déduire vous-même le sens de ce détail. c'est en effet la phrase qui fait sens, et non le mot. l'important, pour vous reste une saisie globale du roman, d'ailleurs compatible avec une lecture rigoureuse et une analyse féconde.
ii convient de noter que tout ce qui précède vaut pour les romans qui sont de véritables oeuvres d'art. les romans qu'on lit par simple passe-temps, ceux qu'on appelle les romans de gare ou « les romans de plage », ne valent pas, en général, qu'on leur consacra un travail d'analyse, et le plaisir qu'ils procurent est beaucoup plus superficiel que celui que l'on tire des chefs-d'oeuvre. les moyens utilisés sont cependant à peu près les mêmes ; mais des outils semblables produisent, là comme ailleurs, des résultats différents.



  



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