Concours national commun cnc- 2013 - épreuve de français

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 28-05-13 à 10:16  Lu :5974 fois
     
  
 accueil


ROYAUME DU MAROC

Ministère de l'Enseignement Supérieur de la Recherche
Scientifique de la Formation des Cadres

Présidence du Concours National Commun
Ecole Hassania des Travaux Publics

CONCOURS NATIONAL COMMUN

d'admission aux Établissements de Formation d'Ingénieurs et Établissements Assimilés

Session 2013

ÉPREUVE DE FRANÇAIS

Filière MP

Durée 4 heures

Cette épreuve comporte 2 pages au format A4, en plus de cette page de garde

L'usage de toutes machines (calculatrice, traductrice, etc.) ou dictionnaire est strictement interdit.

Vous résumerez le texte en 156 mots ( ou — 10%).

Vous indiquerez en tête de votre résumé le nombre total de mots utilisés et vous placerez une barre

tous les dix mots.

Des points de pénalité seront soustraits en cas :

- de non-respect du nombre total de mots ( ou — 10%),

- de non-indication du nombre total de mots,

- d'absence de séparateurs du nombre de mots par ligne.

Rappel :

On appelle mot toute unité typographique signifiante séparée d'une autre par un espace ou un tiret.

Exemple : c'est-à-dire = 4 mots, j'espère = 2 mots, après-midi = 2 mots.

Mais : aujourd'hui = 1 mot, socio-politique =1 mot, puisque les deux unités typographiques n'ont pas

de sens à elles seules et « a-t-il » = 2 mots car le « t » n'a pas de signification propre.

D'autre part : un pourcentage (0% par exemple), une date (2013), un sigle (O.N.U.) ne représentent

qu'un seul mot.

Il sera tenu compte dans la notation de la présentation générale et de la correction de la langue.

Résumé de texte

(source - http://www.marocagreg.com)

L'art de convaincre par le discours est une culture à la fois proche et lointaine. Elle nous est proche parce que familière : nous cherchons tous à convaincre. Mais elle nous est en même temps éloignée parce que l'art de convaincre, ne s'enseigne plus ou presque. Historiquement, la rhétorique correspond à un changement politique profond : celui de la naissance de la démocratie. En effet, si nous n'avons pas droit à la parole, qu'importe de ne pas savoir. Mais si notre opinion acquiert autant de valeur que celle d'un autre, alors
l'art de convaincre devient aussi précieux que l'or. La rhétorique comme art de convaincre est avant tout utile au citoyen impliqué dans la vie civile. L'enseignement de cet art devrait être nécessaire et même vital en démocratie. Or c'est précisément au moment où la rhétorique est devenue utile qu'elle fut en même temps critiquée parce qu'assimilée à de la manipulation. Les sophistes grecs qui, quatre siècles avant Jésus-Christ, furent les premiers maîtres dans l'art de convaincre, les premiers initiateurs à la parole publique, ont été en même temps accusés d'être des imposteurs cyniques et manipulateurs. Alors même que la démocratie directe avait besoin d'exercer la prise de parole publique du citoyen, la technique qui devait l'enseigner fut trop rapidement condamnée. D'où ce rapport ambivalent avec cet art, à la fois proche et lointain, familier et inquiétant. N'est-ce pas la démocratie elle-même plutôt que la technique oratoire qui a pu effrayer à cette époque où la tradition a cessé d'être seul maître à bord ? La question mérite d'être posée aujourd'hui, en cette période où les institutions sont en pleine mutation autant que les usages de la parole publique.

En quoi au juste consiste cet art de convaincre ? Il s'agit bien sûr d'échanger des arguments pour influencer les opinions. La parole est donc bien au centre de l'activité. Il faut savoir s'exprimer en public, trouver de bons exemples, contrer les attaques, choisir ou inventer des situations qui vont frapper l'auditoire. Il y a aussi les émotions, qui sont toujours mobilisées dans cet exercice, ainsi que la confiance que l'orateur doit inspirer. Pour Aristote, premier grand théoricien de la rhétorique, les à-côtés du logos (l'argument logique proprement dit) font partie intégrante de l'art rhétorique. Il y à donc l'éthos, grâce à quoi ( l'orateur inspirera confiance, et le pathos, qui devra placer l'auditoire dans de bonnes dispositions émotionnelles. L'éthos, le pathos et le logos sont trois preuves de même importance et forment le triptyque de l'art de convaincre. De plus, chacune de ces preuves doit être exercée pour elle-même, mais aussi envisagée dans sa relation avec les autres. C'est la maîtrise de cet ensemble qui fera de l'orateur un bon artisan de son art : un maître es persuasion. Bien sûr il y a des conseils pratiques, des ficelles même. Mais il y a aussi (et peut-être surtout) l'expérience du citoyen aguerri à la technique oratoire.

Imaginons maintenant Aristote en professeur de rhétorique dans un monde comme le nôtre. Quel conseil nous donnerait-il pour faire entendre notre voix dans une assemblée de citoyens réunis pour prendre une décision intéressant le bien commun ? Aristote nous dira d'abord qu'il faut s'assurer que l'idée de bien commun est partagée par tous et qu'elle constitue un accord préalable. La discussion ne portera que sur les moyens. Ceux qui ne partagent pas cette visée ultime (ceux qui refusent d'oeuvrer pour le bien commun), Aristote les exclura simplement de la discussion. Notre professeur de rhétorique nous invitera ensuite à construire notre éthos, la reine des preuves. Et là, les choses sont très claires : ne jouez pas aux experts, vous êtes un citoyen, et l'on appréciera votre expérience, mais aussi votre ouverture à la discussion. Ensuite, il faut placer notre auditoire dans le juste état d'esprit. C'est le pathos et, en ces matières, l'indignation est toujours un bon levier pour l'action politique. Or on peut s'indigner dans toutes les directions. On peut appeler de ses voeux un TGV dans la région ou le redouter. Même chose pour les sans-papiers ou les repas végétariens. L'émotion est présente dans toutes les causes politiques, c'est sa source qui change.

Enfin, il reste le logos. Et là, Aristote nous conseillera sans doute de trouver dans l'histoire commune un exemple, une histoire vécue qui ressemble à la situation à débattre. Le storytelling, comme on l'appelle aujourd'hui, n'a rien inventé. Il a le mérite de nous rappeler que nous ne sommes pas seulement des êtres de déduction, mais que nous avons besoin de faire vivre nos arguments à l'aide d'histoires et d'images. Ce n'est pas de la manipulation, mais un simple respect de la nature humaine dont les mécanismes universels de la persuasion sont une conséquence.

Après des siècles de préjugés sur la parole publique comme sur la raison, le modèle de la rhétorique antique fait aujourd'hui figure d'avant-garde. La vision de la persuasion qu'il véhicule est à la fois plus large et plus réaliste que celle que l'on trouve dans l'héritage classique. Plus pratique et plus réaliste que celui de la seule logique, le modèle d'Aristote, inspiré de l'enseignement des sophistes, a aussi l'avantage d'avoir été pensé pour la vie publique, et non pas pour un monde idéal et abstrait.

Reste que l'art rhétorique est aujourd'hui peu enseigné. Soit on lui préfère un système de pensée réputé plus rationnel, soit on s'aventure dans diverses sortes de coaching, souvent à usages très locaux, pour ne pas dire opportunistes. A-t-on peur de l'art de convaincre ou de la liberté qu'il apporte ? Il existe pourtant des recherches qui s'intéressent aux effets produits par un apprentissage régulier de la rhétorique. On y développe l'hypothèse que les citoyens acquièrent, par l'exercice oratoire, davantage de tolérance, d'empathie, mais aussi de créativité et de souplesse d'esprit. Ainsi, en apprenant à produire des arguments, à persuader et à être persuadé en retour, chacun peut acquérir, comme une seconde nature, une meilleure disposition à vivre ensemble, dans un monde complexe où la diversité n'est pas un problème à résoudre mais une occasion à saisir.

Emmanuelle Danblon.

(source - http://www.marocagreg.com)

Sujet de dissertation :

« Puisqu'il faut agir sur un auditoire, le discours doit être conçu en fonction de ceux que l'on cherche à convaincre »

Vous analyserez et commenterez cette affirmation à la lumière de votre lecture des oeuvres au programme



  




 Réponse N°1 31545

Remarque
  Par   abdeslam slimani  (Profle 28-05-13 à 22:30



Le texte figure sur internet

http://www.scienceshumaines.com/quels-mots-pour-convaincre_fr_30219.html

L'auteur n'est pas Bernadette Bricout, spécialiste des contes et chercheur au CNRS (comme mentionné dans l'épreuve et sans référence, ni année de publication, ni maison d'édition, ni site internet!), mais Emmanuelle Danblon

Professeure de rhétorique à l’Université libre de Bruxelles, elle a publié, entre autres, La Fonction persuasive. Anthropologie du discours rhétorique : origines et actualité, Armand Colin, 2005, et L’Homme rhétorique, Cerf, 2013.

(cette présentation de l'auteur est présente en début et en fin de l'article)





 Réponse N°2 31553

re
  Par   marocagreg  (Adminle 29-05-13 à 08:51



bien vu Monsieur Slimani. je viens de corriger le nom de l'auteur.





 Réponse N°3 31585

Version imprimable du texte d'origine
  Par   abdeslam slimani  (Profle 31-05-13 à 15:26



Article de la rubrique « Le langage en 12 questions »

Mensuel N° 246 - mars 2013

Le langage en 12 questions

Quels mots pour convaincre ?

Emmanuelle Danblon

L’art de convaincre par le discours est une culture à la fois proche et lointaine. Elle nous est proche parce que familière : nous cherchons tous à convaincre. Mais elle nous est en même temps éloignée parce que l’art de convaincre, l’art rhétorique, ne s’enseigne plus ou presque. Historiquement, la rhétorique correspond à un changement politique profond : celui de la naissance de la démocratie. En effet, si nous n’avons pas droit à la parole, qu’importe de ne pas savoir parler. Mais si notre opinion acquiert autant de valeur que celle d’un autre, alors l’art de convaincre devient aussi précieux que l’or. La rhétorique comme art de convaincre est avant tout utile au citoyen impliqué dans la vie civile. L’enseignement de cet art devrait être nécessaire et même vital en démocratie. Or c’est précisément au moment où la rhétorique est devenue utile qu’elle fut en même temps critiquée parce qu’assimilée à de la manipulation. Les sophistes grecs qui, quatre siècles avant Jésus-Christ, furent les premiers maîtres dans l’art de convaincre, les premiers initiateurs à la parole publique, ont été en même temps accusés d’être des imposteurs cyniques et manipulateurs. Alors même que la démocratie directe avait besoin d’exercer la prise de parole publique du citoyen, la technique qui devait l’enseigner fut trop rapidement condamnée. D’où ce rapport ambivalent avec cet art, à la fois proche et lointain, familier et inquiétant. N’est-ce pas la démocratie elle-même plutôt que la technique oratoire qui a pu effrayer à cette époque où la tradition a cessé d’être seul maître à bord ? La question mérite d'être posée aujourd'hui, en cette période où les institutions sont en mutation autant que les usages de la parole publique.




Ethos, pathos, logos


En quoi au juste consiste cet art de convaincre ? Il s’agit bien sûr d’échanger des arguments pour influencer les opinions. La parole est donc bien au centre de l’activité. Il faut savoir s’exprimer en public, trouver de bons exemples, contrer les attaques, choisir ou inventer des situations qui vont frapper l’auditoire. Il y a aussi les émotions, qui sont toujours mobilisées dans cet exercice, ainsi que la confiance que l’orateur doit inspirer. Pour Aristote, premier grand théoricien de la rhétorique, les à-côtés du logos (l’argument logique proprement dit) font partie intégrante de l’art rhétorique. Il y a donc l’ethos, grâce à quoi l’orateur inspirera la confiance, et le pathos, qui devra placer l’auditoire dans de bonnes dispositions émotionnelles. L’ethos, le pathos et le logos sont trois preuves de même importance et forment le triptyque de l’art de convaincre. De plus, chacune de ces preuves doit être exercée pour elle-même, mais aussi envisagée dans sa relation avec les autres. C’est la maîtrise de cet ensemble qui fera de l’orateur un bon artisan de son art : un maître ès persuasion. Bien sûr il y a des conseils pratiques, des ficelles, même. Mais il y a aussi (et peut-être surtout) l’expérience du citoyen aguerri à la technique oratoire.


Imaginons maintenant Aristote en professeur de rhétorique dans un monde comme le nôtre. Quel conseil nous donnerait-il pour faire entendre notre voix dans une assemblée de citoyens réunis pour prendre une décision intéressant le bien commun ? Admettons qu’il s’agisse de lutter contre le passage d’un TGV dans la région, ou de militer pour l’accueil de sans-papiers dans la mairie, ou encore d’obtenir un jour de repas végétarien à l’école du quartier ? Aristote nous dira d’abord qu’il faut s’assurer que l’idée de bien commun est partagée par tous et qu’elle constitue un accord préalable. La discussion ne portera que sur les moyens. Ceux qui ne partagent pas cette visée ultime (ceux qui refusent d’œuvrer pour le bien commun), Aristote les aurait simplement exclus de la discussion. Notre professeur de rhétorique nous invitera ensuite à construire notre ethos, la reine des preuves. Et là, les choses sont très claires : ne jouez pas aux experts, vous êtes un citoyen et l’on appréciera votre expérience, mais aussi votre ouverture à la discussion. Ensuite, il faut placer notre auditoire dans le juste état d’esprit. C’est le pathos, et, en ces matières, l’indignation est toujours un bon levier pour l’action politique. Or on peut s’indigner dans toutes les directions. On peut appeler de ses vœux un TGV dans la région ou le redouter. Même chose pour les sans-papiers ou les repas végétariens. L’émotion est présente dans toutes les causes politiques, c’est sa source qui change.




Le modèle d’Aristote pensé pour la vie publique


Enfin, il reste le logos. Et là, Aristote nous conseillera sans doute de trouver dans l’histoire commune un exemple, une histoire vécue qui ressemble à la situation à débattre. Le storytelling, comme on l’appelle aujourd’hui, n’a rien inventé. Il a le mérite de nous rappeler que nous ne sommes pas seulement des êtres de déduction, mais que nous avons besoin de faire vivre nos arguments à l’aide d'histoires et d’images. Ce n’est pas de la manipulation, mais un simple respect de la nature humaine dont les mécanismes universels de la persuasion sont une conséquence.


Après des siècles de préjugés sur la parole publique comme sur la raison, le modèle de la rhétorique antique fait aujourd’hui figure d’avant-garde. La vision de la persuasion qu’il véhicule est à la fois plus large et plus réaliste que celle que l’on trouve dans l’héritage classique. Plus pratique et plus réaliste que celui de la seule logique, le modèle d’Aristote, inspiré de l’enseignement des sophistes, a aussi l’avantage d’avoir été pensé pour la vie publique, et non pas pour un monde idéal et abstrait.


Reste que l’art rhétorique est aujour­d’hui peu enseigné. Soit on lui préfère un système de pensée réputé plus rationnel, soit on s’aventure dans diverses sortes de coaching, souvent à usages très locaux, pour ne pas dire opportunistes. A-t-on peur de l’art de convaincre ou de la liberté qu’il apporte ? Il existe pourtant des recherches qui s’intéressent aux effets produits par un apprentissage régulier de la rhétorique (1). On y développe l’hypothèse que les citoyens acquièrent, par l’exercice oratoire, davantage de tolérance, d’empathie, mais aussi, de créativité et de souplesse d’esprit. Ainsi, en apprenant à produire des arguments, à persuader et à être persuadé en retour, chacun peut acquérir, comme une seconde nature, une meilleure disposition à vivre ensemble, dans un monde complexe où la diversité n’est pas un problème à résoudre mais une occasion à saisir.

Emmanuelle Danblon

Professeure de rhétorique à l’Université libre de Bruxelles, elle a publié, entre autres, La Fonction persuasive. Anthropologie du discours rhétorique : origines et actualité, Armand Colin, 2005, et L’Homme rhétorique, Cerf, 2013.





 Réponse N°4 31603

Dissertation
  Par   abdeslam slimani  (Profle 02-06-13 à 09:58



De même que pour le CNAEM, la citation de la dissertation devrait être accompagnée de son auteur (et éventuellement la référence et l'année!)





InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +