Concours agrégation 2013 (sujet de littérature comparée)

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 27-04-13 à 19:45  Lu :2579 fois
     
  
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Michel Pierssens écrit: "C'est bien en supposant au lecteur certains savoirs que le texte peut faire entendre l'inouï et jouer à la fois du désir, qui met en ruines ce qu'on sait, et de l'ordre préétabli, qui garantit la connaissance vulgaire et en légitime la naturalité. En d'autres termes: c'est le savoir qui fait la vraisemblance"
(Savoir à l'oeuvre, Presses Universitaires de Lille, 1990, p.10).

  




 Réponse N°1 31033

Oui cher ami!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 27-04-13 à 19:48



le savoir du lecteur, n'est-ce pas?!





 Réponse N°2 31034

re
  Par   marocagreg  (Adminle 27-04-13 à 20:10



le savoir du lecteur (supposé : lecteur potentiel) et sa complicité comme support du savoir de la fiction, ce qui amène à un rapport paradoxal d'une fiction qui, en même temps, d'un côté, ruine les savoirs supposés du lecteur et brise les évidences pour lui permettre d'entrevoir l'inouï qui se profile ailleurs (un savoir à quérir, toujours à l'horizon), d'un autre côté conforte le savoir (déjà là, ordre établi), la connaissance vulgaire. Le paradoxe est là : comment ruiner le savoir et en même temps conforter ce savoir. Est-ce en rapport avec les différents types de lecteurs (représentés par les personnages eux-mêmes : ceux qui acceptent de se remettre en question, qui se lancent dans une quête infinie de la sagesse et ceux qui confortent la doxa et l'incarnent) ou est-ce en rapport avec la notion de vraisemblance (notion capitale dans ce rapport entre la fiction et la connaissance), puisque la fiction ne prétend pas livrer le vrai, mais cherche surtout le vraisemblable et cela est possible en s'adressant aux différents types de lecteurs (mais aussi personnages) selon le degré d'ouverture d'esprit et la nature du savoir qu'ils possèdent, satisfaisant au bout du compte, et c'est là le pari de la fiction et son tour de force, à la fois les goûts et les croyances du vulgaire et le désir de la quête, le questionnement des autres, ce qui permet par exemple qu'un philosophe comme Babbalanja, assoiffé de vérité et de sagesse, tout le temps déchiré par des questions existentielles côtoie dans la même oeuvre un pseudo savant qui prétend avoir découvert une termitière sur la lune et avoir compté les douze mille cinq cent quarante et une lentilles de l'oeil de la libellule. La même chose dans Les affinités : d'un côté on conforte la superstition, les signes surnaturels du vulgaire, mais en même temps on expose et on dépasse même la théorie chimique.

PS. la citation mérite qu'on y réfléchisse à tête reposée pour en dégager tous les enjeux.




 Réponse N°3 31036

Eh! bien!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 27-04-13 à 20:29



C'est une alchimie de tous les instants! et dis -moi cher ami, ça me rappelle aussi la question du goût; dans l'art, bien sûr! mais aussi tout simplement dans la cuisine ( l'art culinaire) ! est-ce qu'on apprécie un met, parce qu'on en a quelque part le goût! et qu'il correspond à nos paramètres gustatifs? les mets qu'on trouve bizarres, ou fades, pourquoi paraissent-ils succulents pour d'autres? ...etc!

et quelle est la place de l'intertextualité dans tout ça? une oeuvre, nous rappelle souvent une autre ( une partie...) et on l'apprécie parce qu'on a déjà apprécié la première...!

Nb: tu n'es pas obligé de répondre, ce qui tu as dit c'est de l'art en lui-même,!





 Réponse N°4 31039

re
  Par   marocagreg  (Adminle 27-04-13 à 21:08



Mon cher ami jaafari, tu m'épates avec tes remarques judicieuses. L'intertextualité est au coeur du questionnement posé par le sujet.





 Réponse N°5 31041

Merci cher ami en chef!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 27-04-13 à 21:30



ça me laisse un goût de pâtée de foie de canard!





 Réponse N°6 31046

re
  Par   marocagreg  (Adminle 28-04-13 à 09:31



ce foie de canard si prisé en occident, surtout à Noël, je ne l'ai jamais goûté, on ne mange pas les canards chez nous. Par contre, j'aime bien le goût du foie de poule qu'on grillait sur du brasier et qu'on partageait en famille : chacun un petit bout. Les femmes et les filles prétendaient que le foie de la poule rend les hommes peureux, sans doute pour pouvoir le manger toutes seules.





 Réponse N°7 31047

Oui, cher ami!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 28-04-13 à 10:21



C'est succulent ce foie grillé, les hommes prétendent aussi que " les fèves" de mouton rendront les filles viriles!

Il est presque 11h, et j'en ai l'eau à la bouche!





 Réponse N°8 31050

contribution
  Par   kantara oussama  (CSle 28-04-13 à 13:33



Bonjour. Il me semble que la citation soulève effectivement la question de la construction de la fiction dans son rapport à l'expérience du lecteur et de l'auteur. Elle suggère également, la possibilité de classer les différents types de fiction en fonction du degré d'éloignement ou de proximité par rapport au vraisemblable et à " la connaissance vulgaire" partagée entre le producteur et le récepteur du récit. Du conte fantastique jusqu'à l'utopie, ce savoir est plus ou moins sollicité - de manière directe ou indirecte- afin de maintenir le contact utile à la réalisation du projet littéraire: simple amusement, méditation philosophique, satire...Ce lien ombilical qui continue d'exister entre le réel et le fictif dit combien la littérature n'est jamais innocente. Qu'elle soit reconnaissance explicite ou implicite d'un certain ordre de choses, elle contribue à faire passer une vision du monde, optimiste ou pessimiste, mais jamais indifférente...





 Réponse N°9 31051

re
  Par   kantara oussama  (CSle 28-04-13 à 13:47



Ainsi l'auteur nous explique que la portée d'un récit dépend du rôle de la fiction dans la satisfaction du désir de l'évasion ou de son dépassement dans la désillusion du retour





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