Complément de réponses sur des questions restées en suspens

 Par OMARI Abdellatif  (Prof)  [msg envoyés : 176le 24-06-12 à 22:53  Lu :964 fois
     
  
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1-Sur le monologue intérieur et le soliloque
La question de départ, soulevée par notre collègue rifai houssaine, était s’il y a une différence entre « soliloque » et « Monologue ». Je ne sais pas si notre collègue veut dire « monologue intérieur » ou « monologue » tout court. Mais s’il veut dire seulement « monologue », c’est que la définition selon laquelle il s’agit d’un acteur sur scène, qui veut révéler ses sentiments, parle pour lui-même à voix haute pour être entendu des spectateurs reste valable. Or, si on veut parler de « monologue intérieur », c’est plutôt dans le roman et non dans le théâtre. Ainsi faut-il distinguer dans le roman le monologue intérieur du soliloque. Ce que les deux discours ont de commun, c’est qu’ils sont des discours sans auditeurs et non prononcés, par lequel un personnage exprime sa pensée intime. La différence entre ces deux discours dans un roman, comme elle est signalée par des ouvrages érudits (personnellement, pour définir ou expliquer un phénomène avec certitude, je préfère m’inspirer des ouvrages de taille), est la suivante :
Le monologue intérieur a pour objet d’évoquer le flux ininterrompu des pensées qui traversent l’âme du personnage, au fur et à mesure qu’elles naissent et dans l’ordre où elles naissent, sans expliquer l’enchaînement logique et en donnant l’impression d’un tout venant. Le monologue intérieur est supposé alors spontané, dépourvu d’articulation logique, fondé sur l’association. Le soliloque, lui, consiste à exprimer des pensées moins intimes que le monologue intérieur, mais en ce qu’il les coordonne, en démontre l’enchaînement logique, c’est-à dire les explique, et le plus souvent se contente de les résumer. Le soliloque serait bien articulé, rationnel et délibéré. Dans la réalité, la différence entre le monologue intérieur chez le fou ou chez des personnes atteintes d’une graine de folie et les personnes normales, c’est que chez les premiers le monologue intérieur se fait à haute voix et en plein public.
2-Sur les types de phrases :
La question que j’ai posée sur les types de phrases (Y a-t-il un autre type de phrase que ceux toujours enseignés en classe à savoir la phrase déclarative, la phrase interrogative, la phrase exclamative et la phrase impérative ?) m’a été inspirée par un événement qui a eu lieu. J’ai assisté à un cours d’un enseignant où la capacité ou l’objectif était l’étude du texte prescriptif. En effet, le texte est plein de phrases prescriptives, souvent introduites par l’impératif, mais deux ou trois phrases sont introduites par d’autres modes. Je ne parlerai pas du déroulement de la leçon, mais arrivé au moment de la récapitulation en vue de relever, pour des traces écrites, les caractéristiques du texte descriptif, l’enseignant, non seulement passe en silence les autres modes dont l’un exprime l’ordre, mais aussi considère que le texte prescriptif est un texte dominé par le type de phrases impératives dont les verbes à l’impératif expriment l’ordre.
La grammaire classique d’il ya plus de deux décennies considérait la phrase impérative comme un type de phrase, à côté de ses trois autres homologues, parce que cette grammaire pensait que seul le verbe à l’impératif était susceptible de traduire l’ordre. De nouveaux grammairiens se rendent comptent, par la suite, que l’ordre peut être exprimé par d’autres modes et que l’impératif n’exprime pas toujours l’ordre. Ainsi, ce type de phrase qu’on appelle « phrase impérative » n’a plus aucune raison d’être. En effet, ils découvrent que l’ordre peut être aussi exprimé par le subjonctif, par l’infinitif et par l’indicatif qui peuvent constituer des variantes de l’impératif, et que l’impératif n’exprime pas toujours un ordre mais également une prière, une requête, une recommandation, un conseil, une consigne…Désormais, on ne parle presque plus de « types de phrases » mais de « modalités de phrases » (modalité assertive ou encore déclarative, modalité interrogative, modalité exclamative), et le type de phrase qu’on appelle « phrase impérative » est remplacé par « la modalité jussive». L’énoncé jussif constitue alors l’expression de la volonté de l’énonciateur dans toutes ses nuances (ordre, requête, prière, exhortation…) et le choix des modes verbaux dépend du destinataire de l’injonction. Partout on parle encore de « types » au lieu de « modalités » et partout on parle encore de la phrase impérative comme « type de phrase » au lieu de « modalité jussive ».
3-Sur la locution « vive le roi » :
Certains considèrent « vive » comme présentatif, mais je ne sais pas si la grammaire classique qualifie ce verbe de tel, tout ce que je sais c’est que certains ouvrages de cette grammaire le classent parmi ce qu’ils appellent « les introducteurs », c’est-à dire des mots qui introduisent un mot, un syntagme, une phrase ; mais ce dont je suis sûr c’est que le français actuel, d’après de grands travaux sur la grammaire, ne dispose que de trois principaux outils présentatifs : le couple voici/voilà, et les locutions il y a et c’est, et qu’on définit comme une catégorie de mots ou de locutions de caractère figé, offrant la particularité syntaxique de pouvoir fonctionner comme base d’une phrase minimale, en l’absence de tout verbe (Ces trois présentatifs ont, à l’origine, une base verbale qui demeure encore sensible) et ayant comme rôle sémantique commun de présenter à la connaissance du destinataire de l’énoncé tel ou tel élément. Selon cette définition, le présentatif ne peut être ni verbe ni être employé dans un contexte où il y a un verbe, et qu’aucun autre mot, en dehors de ces trois outils, ne peut être considéré comme présentatif. Mais peut-être, parce que la locution « vive le roi »,comme le présentatif, est une expression figée et lexicalisée qu’on veut qualifier « vive » de présentatif, alors que son rôle est uniquement d’introduire un syntagme nominal, servant à exprimer, par sa valeur optative, un cri d’exaltation.

  



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  Bac - examen régional de français-2012 -grand casablanca
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