Comme dans un rêve (nouvelle)

 Par Mohamed Lamrani  (?)  [msg envoyés : 1le 02-01-11 à 19:52  Lu :984 fois
     
  
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Nouvelle rédigée par E. Raja lors d’un atelier d’écriture en tronc commun scientifique, au lycée Sidi Mohamed Ben Abdallah, Essaouira.


Comme dans un rêve

M et Mme Péréra vivaient avec leur fille unique, Laurence, dans leur somptueuse résidence près de Paris, dans une région nommée La Volipilère. M Péréra, un riche banquier parisien aux goûts raffinés, exploitait un vaste domaine légué par son père. Il aimait être accompagné par son épouse chaque fois qu’il s’y rendait. Laurence n’y consentait que pour leur faire plaisir.
M Péréra décida avec son épouse d’impliquer leur fille dans la gestion des affaires familiales. Exceptionnellement, il se rendit un jour très tôt aux champs en leur compagnie sous prétexte de profiter de la brise matinale. Mais, M et Mme Péréra durent rentrer d’urgence à Paris suite à un coup de téléphone !! Laurence se voyait déjà maîtresse des lieux.
Elle commença à crier, à se plaindre de la moindre chose. Elle n’apprécia guère le travail des ouvriers et demanda à voir leur chef, un homme honnête, digne de foi, qui avait de la compassion pour ses ouvriers même s’il les rudoyait parfois. Laurence lui demanda sans politesse ni délicatesses s’il savait bien accomplir son travail et lui fit savoir qu’elle ne lui voyait aucune utilité.
Il lui répondit : ‘’ Mais, mademoiselle, bien sûr que je fais mon travail…on fait notre possible…D’ailleurs, je vois comme vous que tout marche comme il le faut’’.
- Eh bien, ça n’est pas le cas…Tu ne fais pas ton travail comme il le faut ; tu es bon à rien, toi et tes ouvriers…
- Mais, mademoiselle, le patron est content de notre travail. Il nous l’a dit lui-même.
- Ah bon ! Alors, je mens, moi, hein ?? Allez, au boulot. Vous devez travailler plus vite et plus honnêtement, et si ce n’est pas le cas, vous serez tous virés, compris ?
- Oui, mademoiselle ; c’est bien compris.
- Je l’espère pour vous ’’
Quand M et Mme Péréra rentrèrent chez eux, ils trouvèrent Laurence qui les attendait à table. Après le déjeuner et la sieste, ils repartirent aux champs. La surprise des parents fut grande de voir le changement inexplicable : tous les ouvriers travaillaient incessamment et plus vite que d’habitude. Même le chef des ouvriers mettait la main à la pâte .M et Mme Péréra ne doutèrent point que Laurence était à l’origine de ce grand changement. M Péréra en était même fier.
Le jour suivant, Laurence qui était invitée au mariage de sa meilleure amie à Dijon, s’en alla au petit matin pour être à temps de la fête. C’est alors que ses parents se rendirent aux champs pour admirer une fois de plus le remarquable travail des ouvriers.
Leur déception fut très grande : personne ne travaillait ! On protestait ; on criait à l’indignation. Le chef des ouvriers leur relata les faits de la veille. Ni M Péréra, ni sa femme n’osèrent croire leurs oreilles. M Péréra, qui avait du crédit au près des ouvriers, réussit sans trop de peine à les convaincre de reprendre le travail.
En voiture, Les Péréra se culpabilisaient déjà : ils avaient mal éduqué leur fille.
Ils décidèrent de la corriger et l’attendaient dans le salon. Une discussion des plus calmes mit face à face Laurence et ses parents. Laurence nia au début et cria au mensonge ; mais, sous la pression de ses parents, elle avoua. Elle devait s’excuser auprès des ouvriers sous peine de punition, chose qu’elle trouvait impensable. Ses parents ébahis par son entêtement, durent lui interdire de rouler en voiture momentanément ; C’était, à leurs yeux, la meilleure manière de la corriger.
Cette sanction dura une bonne semaine durant laquelle Laurence dut trouver refuge dans sa chambre.
Un jour, M Péréra recevait un homme d’affaire dans son bureau et sa femme prenait du café au salon une amie qu’elle n’avait plus revue depuis bien longtemps.
Laurence eut envie de prendre la voiture sans que ses parents ne s’en aperçoivent. Elle se faufila alors des sa chambre sur la pointe des pieds. Elle se retrouva aux pieds des escaliers presque inconsciente et tellement souffrante. A l’hôpital, elle apprit qu’elle souffrait d’une double fracture de la hanche droite. Elle fut opérée sur le champ. Son hospitalisation dura deux semaines. Elle s’ennuya et voulut rentrer chez elle tant elle se sentait seule et coupable. Les ouvriers ne manquèrent pas de lui rendre visite ce qui l’apaisa. Ils apportèrent des fleurs, des friandises. Le chef des ouvriers la revoyait fréquemment et lui répétait en souriant : ‘’Tout marche…’’ et elle, continuait :’’comme il le faut ’’.
Laurence, ainsi réconfortée, s’excusa auprès de chacun des ouvriers. Tous lui pardonnèrent.
Trois mois plus tard, Laurence fut complètement rétablie. Émue par le soutien et le pardon des ouvriers, elle demanda à son père d’augmenter leurs salaires, devint douce, aimable et modeste. Elle apprit du plaisir à aller aux champs en compagnie de ses parents et, comme dans un rêve, passait la nuit parfois dans l’auberge.

  



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