Bifurcation

 Par OURAB MOHAMMED  (Prof)  [msg envoyés : 25le 28-03-15 à 01:07  Lu :779 fois
     
  
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Il m'arrive d'amarrer
Contre vents et marées
Pour poursuivre ton image
Il m'arrive d'oublier
D'accepter et me plier
Pour laisser passer l'orage
Il m'arrive de m'adoucir
D'aider et de compatir
Pour t'aimer et te rendre hommage
Il m'arrive de renoncer
A mes idées et tout recommencer
Pour que se dissipe la rage
Il m'arrive sur mes pas de revenir
D'abolir les les frontières et me souvenir
Pour ne plus me souvenir pour perdre le visage
Il m'arrive de restaurer
les vestiges de ton corps détérioré
pour bondir au-delà du Temps au-delà des âges
Il m'arrive de ne plus savoir qui je suis
Je tourne en rond et je m'ennuie
Tel un oiseau prisonnier dans sa cage
Il m'arrive de repenser
Aux paroles que je n'ai su prononcer
Et pour toi réinventer le langage
Il m'arrive de me taire
La pensée s'arrête et le coeur se serre
Ni le mutisme guérit ni la parole soulage
Il m'arrive de poursuivre ton ombre
Dans cette forêt aux sentiers sombres
Qu'est devenue la vie roman sans pages
Il m'arrive de te sentir au loin marcher
Comme si une force à moi tentait de t'arracher
T'entraînant vers de lointains rivages
Il m'arrive d'intercepter une musique
Envoûtante lointaine et magique
Accompagnant ta voix dans les nuages
Il m'arrive de regarder mes semblables
Lutter contre des forces indomptables
Tantôt soumis ou révoltés tantôt sages
Il m'arrive de sombrer dans le doûte
Et dans ses bifurcations perdre la route
Destination inconnue voyageur sans bagages
Il m'arrive de me remettre à cette évidence
Que la vie commence bien avant la naissance
Comprends-tu ma fugitive d'oû viennent nos dérapages
Il m'arive de sentir le couteau dans la plaie remuer
La cigûe dans l'élixir se diluer
Et dans le cristal de tes yeux avaler l'énigmatique breuvage
Il m'arrive de tendre la main
Pour te saisir mais le geste est vain
A-t-on dejà atteint un mirage
Il m'arrive de me sentir soulagé
Victorieux après une lutte enragée
Et des tentacules de l'horrible pieuvre je me dégage
Il m'arrive de te voir venir
A moi avec ton éternel sourire
Torche qui m'éclaire le passage
Il m'arrive de visiter la foire aux destinées
Pour un choix médité ou inopiné
Et fatalement avec toi célébrer un mariage
Il m'arrive de chercher à aimer
Ce que deux fois l'on ne verra jamais
Et dans ta chevelure devenir mnémophage
Il m'arrive de me lancer à la vaine poursuite
D'une inspiration toujours prenant la fuite
Et les ondes de mon désarroi à l'infini se propagent
Il m'arrive de penser à ce qui m'arrive
Sans jamais atteindre la rive
Mais ta main nue ma muse me lance la bouée de sauvetage
Il m'arrive de concevoir le croquis
De ton cadavre exquis
Que je couvrirai de tatouages
Il m'arrive de vouloir nuire à la bêtise
A la quête d'un meilleur dont l' absence me traumatise
Abominable impuissance vanité des ouvrages
Il m'arrive de dire à quoi bon
Sujet à un défaitisme moribond
Pensant rien et de la parole perdant l'usage
Il m'arrive d'entrevoir une lumière
Rassurante furtive et singulère
Qui à toujours espérer m'encourage
Il m'arrive de revoir mes folies diverses
Ce temps d'une vie qu'il a fallu que je traverse
Et mon bâteau ivre en ta compagnie évite le naufrage
Il m'arrive de désirer contenir toute l'expérience humaine
Qui s'effectuerait en moi telle une réaction en chaîne
Et devenu multiple tenter un ontodécryptage
Il m'arrive de mener un combat lucide
Contre des forces atrocement affecticides
Et ton aile vigoureuse me redonne l'avantage
Il m'arrive de me révolter
Pour la cause de tous les exploités
Et sous toutes ses formes dénoncer l'esclavage
Il m'arrive de concevoir le portrait agencé
D'un type humains toujours recommencé
Et de l'insaisissable patchwork réussir l'assemblage
Il m'arrive de supporter la déchirure
Douleureusement causée par une étrange fêlure
Quand donc se résorbera le clivage
Il m'arrive de succomber 
Suite à mes brûlures et de tomber
Et pour toi le phénix revêt un nouveau plumage
Il m'arrive d'entrer en transes
Avec Gnawas Appaches Mohicans dans une même danse
Cherchant à expier mes outrages
Il m'arrive de penser à tous ceux qui comme Janis ou Arthur
Ont connu une éclipse contre nature
En aura-t-il assez de nous ce monstre biophage  
 Il m'arrive de dessiner
L'itinéraire imaginé
De ta marche quelque part sur une plage
ET LORSQUE LES INFATIGABLES VAGUES AURONT ACHEVE DE FAIRE DISPARAITRE LES TRACES DE TES PAS
JE TE DESSINERAI UN NOUVEL ITINERAIRE QUE LA MER N ATTEINDRA JAMAIS

  



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 Réponse N°1 35337

Dire ou ne pas dire, telle est la question :)
  Par   AMMARI Najlae  (Profle 28-03-15 à 11:30

"Il m'arrive" d'éprouver les mêmes sentiments, mais malheureusement je n'arrive jamais à les exprimer par de tels jolis mots! grâce à votre poème j'ai été transplantée dans un autre monde de rêve loin des 'constats amers' et du désenchantement. je suis fière de voir sur marocagreg un poète, heureusement pour nous,très talentueux qui daigne partager avec nous un morceau de liberté et de vie, merci de nous avoir permis de voyager avec vous Ulysse.





 Réponse N°2 35340

j'opte pour dire!!!
  Par   Elmzouri mostafa  (Autrele 28-03-15 à 15:12



Qu’est-ce que vous voulez ? Que je vous « accuse » d’avoir du génie ?! Alors, vous êtes génial ! Quitte à recevoir, des coups de cornes, pardon, des coups de rythmes par la musicalité de votre poème !

Au plaisir de vous lire également.





 Réponse N°3 35342

Synecdoque?! :)
  Par   AMMARI Najlae  (Profle 28-03-15 à 17:01



M. Elmzouri , votre lapsus m'interpelle métonymiquement afin que je sorte de mes gonds! Béé soyez sûr que le poème a éteint toute rage pour le moment et il est vraiment "génial". quant à ces cornes fatals posés solennellement sur ma tête, j'espère qu'ils seront plus doux comme "les cornes de gazelle". Maintenant que je suis devenue riche en points, peut-être M. Marocagreg consentira à ce que je me serve du photoshop ou d'une chirurgie esthétique pour les remodeler : je peux le payer en points :)

"Il m'arrive de me sentir soulagé.. Victorieux après une lutte enragée": ça c'est moi!!

Bravo M. Ourab.





 Réponse N°4 35343

Une affaire de singes
  Par   OURAB MOHAMMED  (Profle 28-03-15 à 20:42

Permettez-moi d'emprunter la belle formule de "singe grammairien" à Octavio Paz pour vous remercier tous , aventuriers des sentiers de la création , pour la ressuscitation que vous opérez sur l'écriture , ces mots qui à peine écrits se dissipent, ne nous appartiennent plus...

Merci pour l'éternel recommencement...


Merci également pour m'avoir rappelé que ce "qui m'arrive" n'arrive pas qu'à moi.




 Réponse N°5 35348

P-S
  Par   OURAB MOHAMMED  (Profle 30-03-15 à 18:27



Les strophes, ajoutées récemment au poème dont la structure n'obéit à aucune répartition en particulier, peuvent donc figurer à n'importe quel endroit.Le lecteur peut à sa guise reconstituer le puzzle. Bonne lecture.





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