Aux champs analyse de l'incipit

 Par KETTANI Najlae  (?)  [msg envoyés : 1le 21-12-14 à 14:19  Lu :1431 fois
     
  
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Lecture analytique de l’incipit de Aux champs
Nouvelle réaliste de Guy de Maupassant
Incipit de « Aux champs » à « tous les jours »
Problématique : en quoi est-ce un incipit de nouvelle réaliste ?
Þ Qu’attend-on d’un incipit?
- qu’il dresse le décor
- qu’il donne les données de principales de la narration, en donnant les éléments qui poseront problème.
Þ Sur quoi insiste cet incipit? Sur quoi est mis l’accent ?
- Sur la pauvreté de cette vie : notamment grâce à la description du menu, celle de la dureté du labeur.
- D’autres éléments sont donnés au lecteur :
Indistinction des deux familles avec (alliance qui sera plus tard brisée dans la nouvelle). Les trois premiers paragraphes présentent une structure symétrique où les deux foyers sont mis en parallèle.
Mise en décor d’une grande pauvreté qui sera au cœur de la nouvelle.
En quoi peut-on qualifier cet incipit de réaliste ?
Maupassant insiste sur les conditions sociales, sur le quotidien d’un paysan et les difficultés qu’il rencontre. Cette démarche s’inscrit dans le projet de description réaliste de milieux sociaux ignorés par la littérature romantique. Le thème de la vie paysanne sera repris par d’autres romanciers réalistes ou naturalistes avec notamment le roman de Zola, La terre.
I- La réalité du monde paysan
1- Une description concrète
- 1ere phrase très précise, avec des indications géographiques qui plantent le décor. C’est tellement concret comme première phrase que l’on dirait une didascalie de pièce de théâtre
- Un décor pauvre : les « chaumières » la « masure » synonymes d’habitation de paysan
- La table est vernie… par le temps ! Il y a aussi une gradation dans la pauvreté qui plante le décor puisque dans le même paragraphe, nous passons d’une table vernie à une table qui n’est pas vernie mais usée pour enfin arriver à une simple planche.
- Rythme de vie réglé comme du papier à musique (heures des repas) et qui traduit l’idée d’un temps paysan figé comme le serait une toile de peinture : répétition et monotonie de cette vie de labeur paysanne.
2- La difficulté du quotidien
- La nourriture les enfants mangent du pain mollis « dans l’eau où avaient cuits les pommes de terre » ce qui signifie qu’ils n’ont pas de pommes de terre.
- Champs lexical de la pauvreté : « besognaient », « inféconde » (la notion de fécondité, de fertilité renvoie bien sûr dans un environnement de paysans aux revenus que ceux-ci peuvent tirer de leur travail de la terre.
- « Un peu de viande au pot au feu le dimanche » est un signe de fête, presque de festin puisque le père « s’attarde à table ».
II- Deux familles
1- L’insistance sur la ressemblance
- Répétition de L’expression « Les deux » qui revient pas moins de 8 fois dans les trois premiers paragraphes.
- Les enfants sont presque confondus par leurs mères et tout à fait par leurs pères.
- Les situations de deux familles se ressemblent tellement, qu’elles finissent par se fondre en une seule. Le tas d’enfants indistincts familialement qui jouent devant les deux chaumières est une métaphore de cette ressemblance qui devient presque une identité, comme un objet et son reflet dans un miroir.
- La ressemblance qui devient une absence de distinction se retrouve au début du 4e paragraphe avec l’expression « Tout cela ».
2- Les relations familiales
- Le lien entre la pauvreté et les effets de celles-ci sur les relations familiales des protagonistes sont en filigrane. Le lecteur devine que les pères, abrutis par leur besogne en viennent à ne pas reconnaître leurs enfants/
- Vocabulaire péjoratif autour du champ lexical des enfants : « marmaille grouille » avec une allitération qui donne l’idée d’un fourmillement d’insectes pour parler des enfants, « dans le tas », « moutard », « mioches » à qui l’on donne « la pâté ». Dès les premiers instants, le lecteur perçoit que les enfants sont décrits presque comme des animaux et cette impression est renforcée avec la comparaison « comme des gardeurs d’oies [qui] assemblent leurs bêtes ». L’évocation de la mère empâtant le petit fait aussi penser à la description d’une scène de basse cour.
III-Indices de la suite
1- La mise en place du problème financier
- Tout, depuis le décor jusqu’aux repas quotidiens et dominical, rappelle au lecteur le thème de l’indigence du milieu décrit par le narrateur. Les détails sur les repas montrent qu’il n y pas assez, qu’il n’y aura jamais assez à manger.
2- La mise en place de la rivalité des deux familles ?
- L’incipit prépare la mise en place du ressort de la nouvelle. Nous partons sur la description d’une scène paysanne telle une pièce de monnaie qui possèderait deux faces rigoureusement identique. Le terme de « produits » qui remplace celui de progénitures signale déjà l’espèce de concurrence où va nous conduire la nouvelle. La force de la ressemblance, de l’identité des deux familles mise en place dans l’incipit préfigure un élément perturbateur qui va venir modifier radicalement cette symétrie.

  



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