S’est-on fait avoir en
acceptant le cadre de « professeur agrégé du secondaire » ?
C’est une question que je me suis posée en lisant un document que l’académie m’avait adressé en tant que « استاذ مبرز
بالتعليم الثانوي التاهيلي « L’emploi de la
proposition circonstancielle de lieu (dans
ب le second cycle qualifiant) n’est pas
dans le titre officiel. Nous ne sommes pas, officiellement, des professeurs
agrégés « dans » le secondaire qualifiant, mais des professeurs
agrégés « du » secondaire qualifiant. La circonstance avec
« dans » n’est pas limitative : je peux être agrégé dans le
primaire, dans le collégial, dans l’universitaire, dans les centres de formation
ou de lutte contre l’analphabétisme en restant toujours agrégé et reconnu en
tant que tel. Le complément du nom « du second cycle » إليه المضاف est restrictif : je ne suis jamais qu’un
professeur de second cycle qualifiant quel que soit mon domaine d’action. La
nuance est énorme et ses implications assez graves pour que les organismes qui
nous représentent s’en saisissent.
D’abord, en passant le concours d’agrégation, on
choisit de devenir agrégé de mathématique, de français, d’arabe, d’économie,
d’EPS, de médecine… On choisit donc de devenir agrégé EN une matière ou EN une
discipline . Cela fait de l’agrégation un diplôme scientifique et non
professionnel. Je ne vois pas comment la même administration qui valide ma
formation d’agrégé de français s’autorise à réduire cette formation à néant en
modalisant (dépréciant ?) un titre mérité et reconnu.
Ensuite, l’administration ne me forme pas pour
enseigner dans le secondaire. Je viens au concours en tant
-qu’étudiant,
donc sans formation professionnelle.
-que
professeur du secondaire (ayant donc déjà, a priori, un diplôme professionnel)
-que
porteur d’un diplôme supérieur.
Les
trois situations disent que l’agrégation n’est pas un diplôme professionnel et
encore moins un CAPES. Pourquoi alors accepter, en fin de parcours, de ne plus
être ce qu’on a toujours été ou ce qu’on n’a jamais été ?
Il est clair qu’en nous collant cette
étiquette, l’administration cherche à nous prendre de vitesse en prévenant les
protestations futures. Le hic c’est que, ce faisant, elle montre qu’elle ne
réfléchit pas assez puisqu’elle vide ses propres cadres de tout sens et onc de
tout intérêt. Comment espère-t-elle nous voir adhérer à ses grands « école de la réussite »,
« qualité », « urgence » ?
Notre objectif politico-scientifico-idéologique
est de faire tomber le complément réducteur « du secondaire qualifiant ».