Sujet n°2: Dans Les Politiques, Aristote affirme: « La justice est la base de la société ; le jugement constitue l’ordre de la société : or le jugement est l’application de la justice »
Vous discuterez cette opinion à la lumière de votre lecture des Choéphores et des Euménides d’Eschyle et de vos connaissances relatives au thème de l’année.
Introduction : (travail d’élève corrigé collectivement au tableau)
Tout au long de l’histoire de l’humanité, l’homme, conscient de la nécessité d’édifier une société sur des bases solides, choisit la justice, ce concept philosophique abstrait, comme la pierre angulaire de la communauté. Toutefois, cette dernière risque parfois de souffrir de l’anarchie si le jugement, comme application concrète de la justice, reste absent et marginalisé. C’est ce que semble corroborer Aristote dans Les Politiques lorsqu’il affirme : « La justice est la base de la société ; le jugement constitue l’ordre de la société : or le jugement est l’application de la justice ». Pour Aristote, une justice, qui ne se voit pas appliquée d’une manière adéquate sous forme de jugements, ne peut nullement contribuer à l’harmonie au sein de la société, mais participerait plutôt à sa destruction et la ferait ainsi sombrer dans le chaos. Mais la stricte observance des lois peut parfois être un facteur de désordre. Alors on est en droit de s’interroger jusqu’à quel point le jugement, comme application de la justice, peut assurer l’ordre dans une société.
On verra donc que, si l’application de la justice favorise l’ordre, elle peut, quand elle est trop stricte, générer le chaos. D’où la nécessité de redéfinir la justice comme tout moyen à même d’instaurer l’harmonie.
Conclusion :
Donc la justice se présente comme une institution qui structure les liens sociaux, car elle permet de formuler la loi commune à la quelle se conforment les membres d’une société. Néanmoins, cette vertu pourrait être un facteur de désordre. D’où la nécessité de la redéfinir comme tout moyen à même d’instaurer l’harmonie. Mais cette redéfinition pragmatique de la justice ne risque-t-elle pas d'estomper la frontière entre le juste et l'injuste et apporter de l'eau au moulin de ceux qui estiment que la fin justifie les moyens?