Approcher une langue n'est pas si simple que ça!

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 11-02-13 à 09:09  Lu :971 fois
     
  
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La sociolinguistique est l'étude de la langue dans son contexte social.
1- La variation linguistique :
La langue subit des changements d’ordre social et linguistique :
a- social: appartenance sociale, domaine d’utilisation de la langue, mode de communication, situation géographique.
b- linguistique: lexique (choix du vocabulaire), morphosyntaxe, phonétique.
L’analyse de cette variation linguistique débouche sur l’analyse variationniste.
2- La variété linguistique :
a- dépendante = inhérente à la langue
On parle ici de dialecte = variété régionale linguistique
Au contraire : idiolecte = usage individuel de la langue selon la classe socioculturelle, socioéconomique.
b- indépendantes, liées à l âge, sexe, race, statut socioprofessionnel par ex. milieu urbain en contradiction avec milieu rural ; éduqué contre non éduqué…etc.
3- Linguistique variationniste :
Pour les linguistes variationnistes, la langue est variable et ne cesse de changer. En conséquence, la langue n'est pas homogène. Elle ne l'est ni chez le locuteur individuel ni chez les locuteurs de la même communauté parlante. Les variationnistes cherchent à établir une corrélation entre une variable linguistique et des variables sociales présélectionnées, comme l'âge, le sexe, la classe sociale, la race ou le groupe ethnique, de façon à pouvoir mettre en valeur le côté systématique de la variation dans les langues humaines. Le changement linguistique à l'intérieur d'une langue est inévitable. La question est de pouvoir déterminer la vitesse à laquelle ce changement se produit. Le changement linguistique est lent dans la mesure où les populations en question sont bien établies et sont liées par des liens solides, alors qu'il est rapide dans la mesure où il existe parmi ces populations des liens faibles .
Les investigations sociolinguistiques tournent autour de deux sortes de variables : une variable sociale et une variable linguistique :
a- La variable sociale représente le facteur qui détermine une variation dans la langue. L'âge, l'origine géographique, la profession, le sexe peuvent être des facteurs sociaux.
b- La variable linguistique constitue le trait qu'on veut investiguer. Ce trait peut être un son, par exemple : /a/ /¨K(9)/ ou /G/ en arabe dialectal, ou encore le style d'un locuteur (formel, informel).
Le changement est le moteur de l'évolution linguistique. Toute langue doit changer et change effectivement. Malgré son fonctionnement en tant que langue de référence dans une société, une « langue standard est en réalité le résultat artificiel d'un long processus interventionniste de codification ou normalisation.
La variation est inhérente à la langue, il n’y a pas de langue sans variation, elles contribuent à rendre une langue viable. C’est parce qu’on a ces variations dans les langues que ce langues évoluent dans le temps
4- La diglossie:
«deux langues » rattachées à une même origine. Produit social d’une mise en ordre d’une diversité. Coexistence de deux systèmes linguistiques différents mais proches entre eux et dérivées de la même langue, hiérarchisation sociale de ces systèmes, l’un considéré comme haut, l’autre comme bas, répartition des fonctions (des usages dans la société) de chacune de ces deux variétés. Cet ordre social est asymétrique. Une langue occupe une position qui lui donne un prestige que l’autre langue ne connaît pas. L’état joue un grand rôle concernant le prestige ou non d’une langue . ( exemple : arabe classique/ arabe dialectal)
5- Communauté linguistique : est un groupe humain qui utilise la même langue (ou dialecte, ou parler) et dont les individus communiquent entre eux en cette langue. Cependant, une communauté linguistique peut ne pas être homogène, et se composer de : communautés socioculturelles.
6- Communauté socio culturelle : groupes humains ayant des comportements partagés par un groupe d'individus, se différenciant ainsi des cultures plus larges auxquelles ils appartiennent. Ils possèdent leurs propres conventions, valeurs et rituels, mais ils peuvent également être immergés ou auto-absorbés.
7- norme linguistique
Le sens que les linguistes attribuent généralement au concept de « norme » est celui ayant trait à un ensemble de règles définissant, pour une langue donnée, un idéal esthétique, socioculturel et voire même moral. On distingue deux normes linguistiques, s'appliquant autant à la prononciation, au vocabulaire et à la syntaxe :
a- La norme dite prescriptive : elle propose un modèle de langue « standard » qu'il faut tendre à imiter; celui-ci est régi par les grammaires et les dictionnaires.
b- la norme descriptive (ou d'usage) : elle rend compte des tendances linguistiques que manifeste un groupe particulier d'individus. Par exemple, on parlera d'une « norme québécoise ».
8- Norme sociale :
Une norme sociale réfère à une règle de conduite dans une société ou un groupe social, notamment des manières d’agir. Les normes sociales définissent le domaine de l’action sociale en précisant ce que l’individu peut ou ne peut pas faire. Elles traduisent les valeurs et les idéaux dominants de la société ou du groupe.
Il existe des normes formelles, (écrites: lois, différent codes et règlements). Il existe également des normes informelles qui constituent en fait les mœurs, les habitudes, les coutumes, etc. (ex: politesse, rythme de repas). Le non-respect de ces normes entraîne généralement des sanctions. Le respect de ces normes contribue donc à la cohésion sociale,
9- L’insécurité linguistique est donc « la manifestation d’une quête de légitimité linguistique, vécue par un groupe social dominé, qui a une perception aiguisée tout à la fois des formes linguistiques qui attestent sa minorisation et des formes linguistiques à acquérir pour progresser dans la hiérarchie sociale. » (Francard, article « Insécurité linguistique », in Moreau, 1997, pp. 171-172),
Louis-Jean Calvet :
« On parle de sécurité linguistique lorsque, pour des raisons sociales variées, les locuteurs ne se sentent pas mis en question dans leur façon de parler, lorsqu’ils considèrent leur norme comme la norme. A l’inverse, il y a insécurité linguistique lorsque les locuteurs considèrent leur façon de parler comme peu valorisante et ont en tête un autre modèle, plus prestigieux, mais qu’ils ne pratiquent pas. » (La sociolinguistique, QSJ, p. 5
10- Le parler des jeunes
Même si les professeurs de français sont censés enseigner la belle langue française, grammaticalement correcte et fonctionnelle, on ne peut ignorer qu’il existe un « autre » français. Un français quotidien qui est indispensable pour quelqu’un qui veut rentrer en contact avec des francophones et avec culture francophone. Peut-on regarder un film français contemporain, écouter une chanson « populaire » sans comprendre l’argot ? Pas vraiment, c’est pourquoi les étudiants ont besoin de connaître les bases de l’argot, du français populaire afin qu’ils ne passent par pour des « ringards » !
On peut retenir principalement les phénomènes suivants :
- Les abréviations. Phénomène très courant en français parlé, il consiste à priver le mot de sa dernière syllabe. Sympathique devient sympa, restaurant devient resto. D’autres exemples : manif, appart...
- L’argot. Désigne le vocabulaire particulier à un groupe social, à une profession (dictionnaire Larousse). Nous allons aborder à travers les activités que vous nous proposons l’argot des jeunes français. Il s’agira donc de comprendre le sens de certaines expressions familières, « passe-partout » dans les conversations de la vie courante.
- Le verlan. Tout d’abord, que signifie « verlan » ? C’est tout simplement l’inversion du mot « l’envers ». C’est en quelque sorte un argot codé. Le verlan est la preuve même de la volonté de créer une langue secrète. Le principe semble simple : inverser les syllabes du mot, donc le prononcer à l’envers (ver-lan). A B devient B A Dans la pratique par contre, il ne va pas de soi de reconnaître les mots. Le verlan est surtout populaire dans la banlieue parisienne. Limitons-nous à quelques exemples, parce que ce phénomène linguistique est très sujet à la mode. bizarre > Zarbi [bi zar ] devient [ zarre bi] soit zarbi
laisse tomber > Laisse béton [tom ber] devient [ber tom] soit béton
De nos jours, l’argot change plus rapidement que le mot à la mode des années passées. De toute façon, l’argot n’est-il pas, par définition, de courte durée ? Pour qu’il soit argotique, il faut qu’on ait l’impression qu’il change sans cesse. L’argot est comme la mode : il ne dure jamais longtemps. Les Américains finissent par se fatiguer des mots les plus populaires, et la sélection naturelle fait que seuls les plus forts survivent.
L’attraction inhérente de l’argot tient, après tout, à la possibilité qu’il offre à chaque génération de créer son propre vocabulaire. Il en résulte un ensemble de mots dont on se sert par plaisir linguistique.
De nos jours, toutefois, tous les dictionnaires comprennent des mots d’argot, même si cela ne plaît pas à certains. Un mouvement dit « normatif » se compose de linguistes qui estiment que les dictionnaires devraient servir à enseigner le bon usage de la langue ; ils qualifient leurs adversaires de « laxicographes » (au lieu de lexicographes) tout en les accusant d’encourager l’illettrisme.
En revanche, le mouvement « descriptif » comprend des linguistes qui pensent que tous les mots utilisés couramment doivent figurer dans le dictionnaire. Ces linguistes s’intéressent plus à une bonne communication qu’au bon usage de la langue ; selon eux, peu importe les mots que les gens utilisent si tout le monde peut les comprendre.
En fait, toutefois, on ne peut pas réellement parler de bon usage de la langue car la langue ne cesse d’évoluer.

  



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