Appel à contribution - ouvrage collectif : représentations de l'intellectuel

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2218le 29-01-17 à 17:38  Lu :707 fois
     
  
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Equipe de recherche ERSIC (ENSAM-Meknès)

Laboratoire Culture et Représentation (FP-Safi),

Laboratoire Langue, Représentation et Esthétique (FLSH-Fès Saïs)

Laboratoire Expression Littéraire et Artistique (FS-Dhar Mehraz fès) lancent un appel à contribution pour un ouvrage collectif à paraître en novembre 2017


Représentations de l'intellectuel


L'intellectuel, au sens étymologique du terme, se rapporte à l'intelligence et à l'entendement. Littéralement, il est celui qui alimente son esprit de raisonnement et de logique. D'une certaine façon, il est l'héritier des Oratores (clercs et rhéteurs), ces intellectuels traditionnels qui constituaient avec les Bellatores (les guerriers) et les Laboratores (les cultivateurs) les trois piliers essentiels de l'ordre social antique et médiéval et, peut-être même, actuel.

Un intellectuel n'a peut-être pas le luxe de sombrer dans ses solitudes, de se contenter de ses réflexions et de ses utopies. Il a pour vocation première d'interagir avec les autres composantes de la société, notamment avec le pouvoir dominant. Il est censé être l'œil vigilant qui surveille l'atmosphère politique et, parfois, la plume qui encourage les bonnes actions. Toute la difficulté consiste à trouver un juste équilibre entre l'ermite qui se retire d'une réalité sociale qu'il méprise et l'intellectuel institutionnalisé, clown médiatique ravalé au rang d'outil de propagande, de porte-voix du régime en place. Ni cet ermite qui s'isole dans sa tour ni ce scribe qui fait allégeance à l'État ne sont de véritables intellectuels.

Un intellectuel authentique, semble-il, si l'on adopte la définition d'Edward Saïd, est un contestataire qu'aucun pouvoir ne peut domestiquer. Il s'aventure incessamment au-delà des « certitudes faciles fournies par nos origines, notre langue, notre nationalité, et qui nous mettent confortablement à l'abri de la réalité des autres. » Il est appelé à assumer pleinement sa responsabilité historique envers soi et envers les autres. Son statut social est conditionné par la notion de l'engagement qui constitue un élément déterminant de son militantisme. Ici, l'engagement est une action qui, à la fois, met en valeur l'image que l'intellectuel a de lui-même (ne pas trahir ses principes et ses convictions morales) et le droit des autres à la justice (défendre un idéal social en s'opposant aux dérapages du pouvoir). Face à la nécessité de prendre ses distances sans pour autant se couper de son milieu, l'intellectuel, comme le définit Edward Saïd, est « un exilé, un marginal […] l'auteur d'un langage qui tente de parler vrai au pouvoir. » Si le concept d'intellectuel est patiemment forgé pendant la Révolution française, l'affaire Calas, puis l'affaire Dreyfus, où des penseurs et philosophes de la stature de Voltaire et de Zola se sont dressés contre l'injustice dans un contexte politique difficile, il est clair donc que l'intellectuel est une fonction indissociable de la société elle-même.

Selon Antonio Gramsci, l'intellectuel organique se détache de l'image traditionnelle du clerc, en s'engageant activement dans la société qu'il entreprend de changer pour accroître son propre pouvoir. Quant à l'intellectuel traditionnel, il est prêt à se sacrifier pour défendre les valeurs fondamentales de la vérité et de la justice. Citons, à titre d'exemple, Apologie de Socrate de Platon. Accusé de corrompre les jeunes par son enseignement sophiste, de mépriser les dieux de la cité et d'honorer de nouvelles divinités physiques que lui inspirent ses recherches insolites, Socrate est considéré comme un agent perturbateur, véritable danger pour l'ordre social. Le philosophe, qui affirme n'avoir jamais entrepris de se mêler des affaires de la cité (faire de la politique), refuse de capituler face à la répression officielle qui vise sa personne et son enseignement : « je continuerai de philosopher » proclame-t-il dans son plaidoyer, « je ne me comporterai pas autrement, dussé-je subir mille morts ». Il se considère comme « le genre d'homme que la divinité offre à la cité en cadeau », une sorte de taon qui dérange certes, mais qui a le mérite de maintenir la conscience collective en éveil, en l'empêchant de s'assoupir et de dépérir sans qu'elle s'en rende compte. Négligeant ses propres affaires pour jouer, auprès de chacun de ses concitoyens, le rôle d'un père ou d'un frère plus âgé qui montre le chemin de la vertu, Socrate incarne l'image d'un sage doté d'une conscience.

Dans ce sens, Edward Saïd estime que, n'ayant « ni poste à protéger, ni territoire à consolider ou à conserver », un intellectuel dérange le pouvoir par sa franchise, sa liberté de parole et sa « condition solitaire […] qui vaut toujours mieux qu'une acceptation grégaire des choses telles qu'elles sont ». L'intellectuel, en tant que personnalité publique, a pour rôle de poser les questions qui dérangent, de bousculer les dogmes et les certitudes, de représenter « tous les problèmes systématiquement oubliés ou laissés pour compte ».


Cet ouvrage collectif s'intéressera particulièrement aux représentations de l'intellectuel dans la littérature et dans la culture populaire. Il serait intéressant de voir comment la littérature, elle-même produite par des intellectuels, s'évertue à donner des représentations variées de cette figure, en définissant ses multiples fonctions morales, sociales et politiques. Les différents axes que nous proposons ici, à titre indicatif, pourraient répondre à cette question :

  • L'intellectuel dans la fiction.

  • L'intellectuel dans l'essai philosophique ou politique.

  • L'intellectuel et le pouvoir et le pouvoir de l'intellectuel.

  • L'intellectuel comme figure marginale.

  • L'intellectuel et la liberté

  • L'intellectuel et l'engagement.

  • L'intellectuel entre la tradition et la modernité.

  • Le devoir et les fonctions de l'intellectuel.

  • Parole et action de l'intellectuel.

  • Parodies de l'intellectuel.

  • La faillite de l'intellectuel.

  • La mort de l'intellectuel.

  • etc.


Modalités de contribution

À des fins d'harmonisation, les contributeurs sont priés d'adapter leurs articles au protocole suivant :

- Titre de l'article : Police Times New Roman, 14pts, Gras, centré.

- Nom, Prénom et institution d'attache de l'auteur en Times New Roman, 11pts, justifié à droite.

- Corps de l'article : en Times New Roman, 12 pts et interligne simple. Le texte sera en justification parfaite à droite comme à gauche, avec une marge de 2,5cm des 4 côtés.

- Titres et Sous-titres : en Times New Roman, 12pts, Gras, sans retrait.

- Paragraphe :

Retrait positif au début de 1 cm.

Ne pas marquer de saut de ligne après chaque paragraphe.

- Longueur de l'article

- L'article doit comporter 30.000 signes environ (espaces compris) en version Word et non verrouillé.

Citations

- Les citations de moins de 3 lignes seront fondues dans le corps du texte, placées entre guillemets français «… ». Utiliser les guillemets anglais pour les citations de second degré : « “ …'' »

- Les citations plus longues seront démarquées du texte dans un paragraphe à part, sans guillemets, en retrait d'une marge de 4cm du bord gauche. Utiliser la police Times New Roman en 11pts et en interligne simple.

- Ne pas mettre les citations en italique

Renvois

- Les références bibliographiques sont données juste après la citation et entre parenthèses, selon le modèle (Nom Année : page), conformément à la norme ISO 690. Dans le cas de deux ou plusieurs références du même auteur publiées dans la même année, les distinguer comme suit : 1999a, 1999b, 1999c, etc.

- Les notes infrapaginales, en numérotation continue (1,2,3…), insérées automatiquement (en word utiliser la commande Références/Insérer une note de bas de page) seront utilisées uniquement pour des développements argumentatifs ou informatifs du texte. Utiliser la police Times New Roman en 10pts, interligne simple et justification droite et gauche.

Calendrier

Les articles, accompagnés de brèves notices bio-bibliographiques des auteurs, seront envoyés l'adresse suivante : representationsintellectuel.17@gmail.com, avant le 30 Janvier 2017. Les auteurs seront informés de l'avis du comité de lecture au début du mois de mars 2017.



  



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