Anna akhmatova , requiem | poème sans héros

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 04-09-11 à 13:09  Lu :2859 fois
     
  
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J'ouvre ce message pour discuter de cet ensemble de recueils inscrit au programme de littérature comparée (agrégation marocaine de français) : permanence de l'épique dans la poésie du XXème siècle. d'autres messages seront consacrés aux autres recueils du programme.
Dans Le Requiem, La poétesse russe présente un témoignage poignant de la terreur stalinienne, une terreur qui a conduit à la tombe la plupart des amis poètes d'Akhmatova et qui a cherché à la faire taire elle-même. Dans grande majorité, la poésie d'Anna est lyrique, élégiaque, mais la dimension lyrique est constamment dépassée pour verser dans l'épique quand la voix individuelle, le regard du poète deviennent les supports essentiels d'un témoignage historique. Ecoutez ces vers d'Akhmatova et vous allez tout comprendre :
"
Il va être temps de se rappeler
Je vois, j'entends, je vous sens là:
(...)
Et si l'on bâillonne ma bouche torturée,
A travers laquelle crient des millions d'êtres" (199, épilogue -2)
La poétesse lyrique devient aède épique quand l'expression d'un destin individuel se transforme en une expression du destin collectif. Akhmatova se présente alors comme un témoin du siècle. La voix individuelle se fond et se confond dans le choeur épique, mission dont la poétesse est parfaitement consciente.
"Pour moi, je suis prête à reprendre
Le rôle du choeur des destins." (248 2ème chp du poème sans héros)
voilà le débat est ouvert...

  




 Réponse N°1 17944

RE
  Par   rifai houssaine  (Profle 28-02-12 à 11:55



En effet, Akhmatova passe d'une voix individuelle à une voix collective. Ceci est remarquable si l'on étudie la progression de son oeuvre. Elle commence d'abord par l'introspection et la rétrospection. Ce discours est fait alors à l'aide de la première personne du singulier, le "je" de la poétesse et ses allomorphes qui témoignent d'un récit rétrospectif "je me rappelle". Ensuite, l'on passe au récit historique. Dans cette partie, la poétesse parle au nom de toutes les femmes qui souffrent de repression stalinienne. Comme exemple, l'on cite ses longues attentes devant la prison où se trouve son fils. Dès lors, l'on trouve une certaine synchronie entre le discours et la réalité. Cela me rappelle en quelque sorte l'oeuvre de Gracq, Un balcon en forêt. Dès ce moment, comme vous le dites Mr Marocagreg, la poétesse devient témoin de son temps tout en employant "la contrebande" terme qui me semble anachronique mais qui explicite sa poésie.

Il me semble que cela touche une part de son oeuvre.

Qu'en pensez-vous?





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