Analyse du paysage linguistique marocain

 Par slassi hassan  (Prof)  [msg envoyés : 22le 16-06-10 à 23:30  Lu :5088 fois
     
  
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ANALYSE DU PAYSAGE LINGUISTIQUE MAROCAIN
1. LES DONNEES HISTORIQUES
Le Maroc, pays du soleil couchant, « Al Ma Ghrib AL-Aqsa », offre, dans l’ensemble de l’Afrique du Nord, une histoire originale. Il la doit, sans doute, à la puissante personnalité de ses habitants et à ses vigoureux traits géographiques.
Le Maroc océanique est largement ouvert vers l’Ouest, mais une avancée du plateau central le sépare en deux bassins communiquant malaisément par le « pont de Rabat ». Le Maroc saharien est pauvre, périodiquement surpeuplé, marqué par le contraste des oasis et des grands espaces. Entre ces deux régions se dresse la montagne, qui est un écran troué de passes plus ou moins aisées, ou la liberté s’est toujours maintenue sauvage et altière. Ces ensembles juxtaposés, sans point de convergence, ont joué chacun leur rôle dans l’histoire du Maroc. Les premiers habitants du Maroc sont des amazigh. Le Maroc officiel, n’ayant plus un faible pour l’idéologie panarabe, ce gros mensonge ne figure plus dans nos manuels d’histoire. À la place, rien n’est dit sur les autochtones du pays. Les recherches ont permis d’attester, aujourd’hui, que les "pasteurs éleveurs de bœufs" étaient déjà à l’époque néolithique des Berbères. Les recherches prouvent aussi que l’écriture libyque, ancêtre du Tifinagh, repérée dans l’Atlas et l’Anti-Atlas, date de 3000 ans.
Les peuples Maxyes qu’évoque Hérodote comme habitants de l’Afrique du Nord au Ve siècle Av. J-C ne sont autres que des Imazighen. Il décrit même le troc muet qu’ils effectuent avec les Carthaginois au-delà des colonnes d’Hercule.
L’Homo sapiens a existé sur la rive sud de la Méditerranée bien avant qu’on ne le pensait, d'après une étude effectuée sur le fossile d'un jeune enfant Homo sapiens découvert au Maroc en 1968 et dont l'âge précis demeurait inconnu, avait plus de 160.000 ans.
Le fossile d'Irhoud III, découvert au Djebel Irhoud, est constitué d'une mandibule assez bien conservée. Utilisant la technique de la micro tomographie synchrotron aux rayons X, qui permet d'analyser finement n'importe quel type de structure.
Le Maroc sort de l’ombre de la préhistoire et des mythes de la légende au moment où la thalassocratie phénicienne y établit ses comptoirs. Les premières installations à LIKS (LARACHE), TINGIS (TANGER) puis TAMUDA (TETOUAN) permettent les échanges avec l’intérieur du pays et sont des relais sur la route de l’or. Le périple d’Hannon, entre 475 et 450 avant J-C, mené jusqu’au Gabon, peut apparaître, malgré les obscurités dont il reste entouré, comme l’acte de naissance de l’histoire marocaine. Les colonies phéniciennes, pendant près d’un millénaire, diffusent, parmi les peuples amazigh, leur civilisation avec l’usage et leur culte.
Ici comme dans le reste de l’Afrique du Nord, Rome succède à Carthage. Son influence se fera d’abord sentir par l’intermédiaire des dynasties locales qui inaugurent une brillante civilisation Berbéro Romaine. De ces souverains, Juba Il, qui règne des hauts plateaux orientaux à l’Atlantique de 25 avant J-C à 23 après J-C, est le plus célèbre. , en 19 av. J.C, il épousa Cléopâtre Séléné (la gréco égyptienne), fille de Cléopâtre reine d'Égypte et de Marc Antoine, qui fut élevée avec son frère jumeau Alexandre Hélios par la sœur d'Octave. Il s'intéressa tout de même à ses origines et à l'étude du libyque et du punique, langues de culture de ses ancêtres. L’annexion proclamée en 40, Ptolémée, son fils, va transformer le nord du pays en province de Cherchell. Au-delà vers le Sud, des postes avancés et des comptoirs élargissent L’influence romaine. La Mauritanie, dirigée d’abord par un procurateur, sera rattachée à la Bétique en 285. La province est mise en valeur par la création de routes et de villes (Volubilis), par le développement agricole et un commerce actif.
A la fin du IIIe siècle, dans la crise que traverse l’Empire, le Maroc romain est progressivement abandonné ; seuls sont conservés, avec la région de Tanger, certains points de la cote comme Essaouira (Mogador). L’intérieur s’enferme dans les « siècles obscurs ».
Dans l’effondrement de l’Empire romain, au moment où arrivent les Vandales, la présence chrétienne semble se maintenir vivace et les cités poursuivent leur existence.
Avec l’islamisation. Le Maghrib. Echappant à la latinité et au christianisme. Se trouve désormais rattaché au monde de la Méditerranée orientale. L’Islam tente de recréer à son profit l’unité de la mer intérieure et va, Non sans difficulté, Soumettre l’Afrique du Nord entre le milieu du VIIe siècle et le début du VII e. Avec Moussa Ibn Noussair. Chef militaire arabe. Gouverneur d’Ifriqiya (l’actuelle Tunisie). Commencent l’organisation de la conquête et la soumission brutale des Amazigh par la conversion à l’Islam et l’enrôlement dans les armées arabes partant pour la conquête de l’Espagne. Tariq Ibn ZAYYADE fut l’un des plus grands chefs militaires d’origine Imazighen qui débarqua à la tête des armées arabes en Espagne en 711. Dans cette première phase. Si importante dans le domaine culturel et surtout religieux. Le Maroc reste divisé en tribus ou confédérations Amazigh révoltés plus ou moins indépendantes dont une des plus remarquables. Celles des hérétiques Borghwata. Constituait. Jusqu’au XIIe siècle. Une entité politique sur l’Om Er-Rabie . Le pays va sortir de cette confusion avec la constitution du Royaume Idrisside (686-917). Idris Ier qui, Echappant au massacre des descendants du Prophète en 786, S’est réfugié en Afrique du Nord et s’installe à Oualili (Volubilis). Bien accueilli. Usant de son autorité religieuse, Habile à nouer des relations avec les tribus, Il étend son œuvre. Il élargit le Royaume vers le Sud et l’Est. Contrôlant le carrefour des routes marocaines. Il développe Fès dont il est. Sinon le fondateur. Du moins le véritable créateur .Il donne ainsi au Maroc sa capital qui dispose d’une excellente situation géographique. Tôt renforcée d’immigrés de Cordoue et de Qairaouane, elle devint un important centre intellectuel et religieux. La mort d’Idris II remet en cause son œuvre d’unification. Les difficultés de succession s’aggravent des rivalités entre Fatimides et Omeyyades de Cordoue pour lesquels le Maroc est enjeu d’importance. De ces luttes religieuses. Tribales, politiques et des rivalités économiques. Le détail échappe à l’historien. Cependant. A travers la décadence Idrisside se maintient un important commerce, Notamment vers le Sahara d’où arrivent l’or et les esclaves. A l’occasion de ces troubles du IXe siècle. Où se sont affront »es les trois grandes influences de l’histoire du Maroc. L’écart s’accroît entre la prospérité de l’ouest du Maghreb et l’appauvrissement de l’Est ravagé par les invasions des nomades hilaliens et maqils.
De ce chaos épouvantable émerge l’union d’une passion religieuse drapée d’une poussée ethnique et d’une ambition économique portant au pouvoir une nouvelle dynastie. Celle des Almoravides : des conquérants réformistes qui font prédominer les influences du Sud sur celles de l’Orient. Aussi. La fondation de Marrakech. En 1062, Fournit-elle au Maroc sa deuxième capitale. Viennent après les Almohades, XIIe et XIIIe siècle. Des Berbères puritains prêchant le retour au Coran et à la tradition. Ils s’emparent de Fès en 1145 et occupent Marrakech en 1147.
Les troupes almohades arrivent jusqu’en Espagne et s’emparent aussi de l’ensemble de l’Afrique du Nord.
Dès 1269,le pouvoir est passé entre les mains des Mérinides : des Berbères des hauts plateaux qui continuent la politique des précédentes dynasties .Ils conquièrent la Tunisie en 1347. Cependant, Le monde a changé. L’Europe s’ouvre aux nouvelles influences et les prolongements de sa conquête conduisent les portugais à Ceuta en 1415.
Des confins du Sahara vont de nouveau surgir de nouvelles forces : les saadiens. Descendants du Prophète. Paix et Salut sur Lui. Venus d’Arabie au milieu du XIV e siècle. Ils reforgent l’unité du pays en appelant à la guerre sainte. La reprise d’Agadir de la main- mise des Portugais. En 1541, Constitue Bel et bien Leur premier coup d’arrêt de la pénétration européenne et leur vaut un immense prestige qui leur facilita la conquête de tout le pays.
Aux Saadiens succèdent les Alaouites, des Chérifs Filalis descendants du Prophète. Portés par la volonté de mettre fin à l’anarchie croissante due à la dispersion du pouvoir central et par leur qualité de guerriers exceptionnels, ils imposent le calme et la sérénité dans le pays.
Moulay Ismail (1672-1727) l’un des plus célèbres sultans du Maroc, Consolide l’œuvre entamée par le fondateur de la dynastie alaouite, il fait face aux invasions turques et donne un nouvel éclat à la civilisation marocaine qui, malheureusement, S’est arrêté avec sa mort.
En 1797, Une épidémie de peste ravage le Maroc Touché par une terrible sécheresse qui engendra la famine quelques années plus tôt, le pays est durement affecté par la peste. La moitié de la population est décimée et la décadence économique est inévitable. Le ravage durera trois années.
Au XIX e siècle, l'économie entra en crise et le désordre régna. Les Français pénétrèrent au Maroc, en 1844, et gagnèrent la bataille d'Isly alors que les Espagnols s'emparaient de Tétouan en 1860. Moulay Hassan (Hassan Ier, 1873-1894) réussit cependant à maintenir l'indépendance politique du pays, mais l'affaiblissement du pouvoir central, l'entrée en dissidence de nombreuses tribus et les effets de la crise financière obligèrent l'Etat marocain à contracter des emprunts de plus en plus coûteux; celui de 1904 entraîna l'installation dans les ports marocains de contrôleurs français.
Poussé au repli et à l’isolement, le Maroc ne peut rester longtemps à l’écart du monde au moment où les routes méditerranéennes prennent, au milieu du XIXe siècle une importance nouvelle.
La rivalité des trois puissances occidentales se nourrit d’ambitions différentes : commerciales et stratégiques pour la Grande-Bretagne, préoccupée de la sécurité du détroit de Gibraltar ; politiques et sentimentales pour l’Espagne qui retrouve les souvenirs de la Reconquista ; économiques et territoriales pour la France qui désire créer un ensemble nord-africain homogène sous son autorité.
La conférence d’Algésiras, avril1906, plaça le Maroc sous une sorte de protectorat de puissances européennes, mais laissa à la France une influence prépondérante qu’elle affirma en débarquant à Casablanca au mois d’août 1907.les conséquences fâcheuses d’une telle situation et des événements d’ordre interne conduiront, cinq ans après, le roi Moulay Abdel-Hafid à accepter le traité du protectorat, le 30 mars1912.
Ce régime de protectorat a été hypothéqué par des engagements internationaux comme l’acte Algésiras qui, imposant le système de la porte ouverte, interdisait toute mesure de production douanière et par d’autres accords, signés par la France, qui divisaient le pays en trois zones administrés différemment. A l’Espagne fut confiée le 27 novembre 1912, une zone d’influence au nord et au sud du pays. Le statut de la ville de Tanger, sous contrôle international, fut réglé en 1923 par la convention de paris. A la France la reste.

  




 Réponse N°1 5047

le sahara marocain
  Par   slassi hassan  (Profle 19-06-10 à 23:03

LES DONNEES LINGUISTIQUES

Le Maroc est une terre d’Emazighens, partiellement arabisée. Miraculeusement, la langue et la culture amazighes ont survécu à toutes les contraintes et à tous les facteurs qui voulaient les anéantir.

Actuellement, Le paysage linguistique, au Maroc, prend l’allure d’une mosaïque de cultures : amazighe, arabe, française et espagnole. Il n’en reste pas moins que l’amazighe demeure la culture originelle. Quoique désavantagée arbitrairement par les autres cultures rivales, l’amazighe représente la langue maternelle de plus de la moitié de la population du pays laquelle est répartie géographiquement sur trois régions (le Rif, le Moyen Atlas et le Souss). A chacune de ces régions correspond respectivement une variante linguistique mais très proche des autres : Tarifit (le rifain) ou Zenatiya, parlée dans le Rif., Tamazight, parlée dans le Moyen Atlas, une partie du Haut Atlas et plusieurs vallées. Elle dispose d’un alphabet (le Tifinagh) également utilisé par les Touaregs. Enfin Tachelhit. Pratiquée par les Chleuhs du Haut Atlas, du Sous et du littoral du sud du Maroc.

Les sociolinguistes contemporains considèrent qu’il y a trois types d’arabe: l’arabe classique ou l’arabe du Coran et de la littérature préislamique, l’arabe standard ou littéraire, qui est utilisé dans les domaines-clés comme le gouvernement et les médias, et l’arabe dialectal qui varie plus ou moins selon les pays arabes. Au Maroc une autre langue maternelle parlée à coté de tamazight ; la darija que parlent la majorité des Marocains, même si la plupart d’entre eux ont d’abord appris le Tamazight.

Marginalement, il existe deux autres variantes de l’arabe : le judéo-marocain (quelques milliers de locuteurs au Maroc, plus 200 000 en Israël, quelques dizaines de milliers en France) et l’Hassaniyya, parlée par quelques dizaines de milliers de personnes dans l’extrême Sud (région de Tantan) ainsi qu’au Sahara marocain (ce dialecte est surtout parlé en Mauritanie).

Le français est la première langue étrangère. L’anglais et l’espagnol sont aussi utilisés au Maroc, mais leur statut social n’est pas aussi avantageux que celui du français. Notons, cependant, qu’il y a une nette montée de l’anglais dans le Maghreb surtout dans le domaine de l’enseignement. Bien que l’arabe standard, l’arabe dialectal, l’amazigh et le français interagissent dans la vie quotidienne des citoyens, leur emploi est souvent dicté par les propriétés sociolinguistiques qui leur sont propres. En d’autres termes, chacune de ces quatre langues a une valeur sociolinguistique déterminée qui émane de la nature des domaines dans lesquels elle est utilisée, ainsi que des fonctions qu’elle assure. Ceci s’explique par le fait que la coexistence de plusieurs langues dans une société donnée fait que généralement chacun des groupes parlant ces langues déploient des stratégies bien définies.

La langue française, langue de travail par excellence, n’est plus le reliquat de l’histoire coloniale, elle est devenue la langue des affaires. Et aussi la seule «connexion» à la globalisation, vu la très faible part de l’anglais. Ce, en dépit des arabisants, et en dépit de la période de «l’arabisation» de l’Education nationale.





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