Agile et noble, avec sa jambe de statue.

 Par Hazmi Brahim  (?)  [msg envoyés : 9le 24-11-14 à 19:26  Lu :344 fois
     
  
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Agile et noble, avec sa jambe de statue...Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté. Quel bonheur, cela fait l'effet d'une note musicale si leste si calme.
Un vrai Dieu qu''il est ce premier voyant, ce roi des poètes, cet insurgé, cet enfant terrible de la poésie française, ce créateur de nouveaux langages. Roland Barthes comparait dans son ouvrage vertigineux : Critique et vérité un homme de lettres à un bon menuisier qui rapproche en tâtonnant « intelligemment » deux pièces d'un meuble compliqué, le langage que lui fournit son époque ! Charles, lui, a cette capacité et cette habilité de transformer les mots à des perles ravissantes tel un alchimiste ! Charles quitte le monde avec comme unique bagage, les souvenirs d’un passé maladif, au printemps de sa vie, il va se promener(Jean-Jacques) dans un monde éploré, ce n’est pas les rues étroites sombres de village qu’il va nous faire découvrir, portant, un esprit précoce et un cœur qui s’écœure . Une grande personne, laquelle a su comment tracer sa route seul avec son ultime compagnon énigmatique ; son double, à la quête de soi. Charles écrit pour revivre ce qu’il écrit et faire guérir ses blessures afin de vivre une deuxième fois, Si Montaigne n’écrivait ses Essais que pour les autres, Charles quant à lui n’a écrit ce morceau chimérique"A une passante’’ que pour lui pour exprimer une certaine vision du monde, qui le possède, le menace et le dépasse, où l’encre du poème se transforme en images claires et en tableaux impressionnistes. Que Baudelaire me pardonne! ‪
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Les fleurs du mal, Les fleurs du mal, (1821-1867)

  



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