à travers l'architecture de casablanca

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 03-07-13 à 22:45  Lu :3506 fois
     
  
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PERSPECTIVE DE RECHERCHE
SUR LE DÉCOR DES FAÇADES DES HABITATIONS PRIVÉES DANS LE CENTRE DE CASABLANCA
1880/1930

L’étude que nous vous présenterons aujourd’hui n’est qu’une trop rapide esquisse de ce qui pourrait constituer une recherche sur le décor des immeubles privés de Casablanca, lors de la période d’intense développement que cette ville a connu durant le premier tiers du XXe siècle.
Nous ne reviendrons pas ici sur les détails chronologiques et géographique du brusque éclatement de cette modeste médina qui devient en peu d’années la capitale économique du Maroc, et se développe, durant cette période, à la manière d’une ville-champignon de l’ouest américain. Nous essaierons de parcourir les étapes de l’évolution des immeubles d’habitation de Casablanca : à l’origine , ce sont des maisons de types arabo-islamique où le décor extérieur est concentré au niveau de la porte , puis des immeubles de proportions modestes influencées par l’air portugais et italien, enfin , hors de ma médina et après 1920, de grands immeubles de rapport de type moderne , qui se cherchent un style sous la double influence des diverses modes européennes et des motifs décoratifs traditionnel marocain.
Plus et mieux même que la plupart des villes européenne, Casablanca bénéficie pendant cette période d’essor, de conditions de développement et de construction qui font aujourd’hui de ses rues un intéressant panorama de l’évolution architecturale moderne et un répertoire complet des styles décoratifs du premier tiers du siècle. Aucune limite spatiale, aucune entrave financière ne brident la créativité et l’éclectisme des architectes et des entrepreneurs. Au contraire, le désir des commanditaires – tant marocains qu’Européens et Israélites – de traduire à travers des constructions de qualité la prospérité et la modernité de la ville, les entrainent à une certaine exubérance dans l’ornementation des façades, reflets de l’origine souvent méditerranéenne des constructeurs.
En présentant cette ébauche , première approche de ce qui pourrait constituer un travail d’équipe sur le décor architectural de Casablanca, nous avons bien conscience de ne pas embrasser l’ensemble d’un sujet ample et fort divers : faute de temps , nous avons dû nous limiter dans l’espace et n’étudier que les immeubles situés dans la zone centrale de la ville : la partie Nord de la médina tournée vers le port , les alentours de la place Mohamed V (anciennement place de France) jusqu’au boulevard de Paris, et la zone du boulevard Mohamed V (anciennement boulevard de la Gare) et de la rue Allal ben Abdellah (anciennement rue de l’Horloge).
En outre, nous n’avons pas examiné les édifices publics de cette zone : bâtiments administratifs, banques, grands hôtels, préférant nous intéresser aux goûts des commanditaires privés. En effet, le goût officiel qui plaque sur des bâtiments fonctionnels modernes les éléments traditionnels des décors marocains : pierres taillées à champ levé, stucs, zelliges et faïences, tuiles vertes, témoigne d’autres impératifs historiques et culturels et apparaît comme un domaine à exploiter à par et soi.
Notre travail s’est déroulé sur le terrain et nous regrettons de n’avoir pu entreprendre les recherches en documentation auprès des services du cadastre et de la conservation foncière, qui nous auraient permis de mieux dater certains immeubles et de rechercher dans chaque cas l’architecte , les constructeurs et les premiers propriétaires. Toutefois, les regroupements que nous avons pu faire entre les dates et les noms des architectes ou entrepreneurs indiqués sur les façades, et les renseignements fournis par des ouvrages : Le Maroc en 1932 publié anonymement à Alger, et la thèse d’A. Adam sur Casablanca (A. Adam. Casablanca, Essai sur les transformations de la société marocaine au contact de l’Occident, C.N.R.S., Paris 1972), nous ont permis de poser quelques problèmes qu’une étude plus systématique pourra éclairer : origine et tendance artistiques des architectes et des constructeurs , goûts des commanditaires , facteurs économiques et sociaux influant sur l’ordonnance et le style des façades, persistance de certaines formes décoratives plus tard qu’en Europe, enfin modes d’intégration à une architecture urbaine moderne de techniques et de motifs décoratifs dérivant de l’architecture marocaine traditionnelle.
C’est dans la médina proche du port, berceau de la ville, que nous avons cherché les premiers témoins de son développement architectural, autour de la place de la Marine, dans les rues de la Douane d’Anfa. La plus ancienne maison que nous y avons repérée, au 54 rue de la Douane possède, comme presque toutes les autres demeures de type arabo-islamique avoisinantes, une façade aveugle à l’exception d’une fenêtre au rez-de-chaussée.
Tout à côté s’ouvre un large portail en plein cintre soutenu latéralement par des pilastres carrés à chapiteau de type toscan : la clef de l’arcature forme une sorte de piédouche de pierre mouluré soutenu par deux volutes décroissantes et portant un cartouche rectangulaire en relief orné de lettres arabes et de la date de 1291/1871. Au-dessus de ce cartouche un panneau de stuc s’orne de motifs géométriques : étoiles en creux et motifs de losanges (fig. 1).
L’unique décor des façades casablancaises de type traditionnel marocain paraît être justement une porte en plein cintre , généralement étroite au rebours de celle du 54 Rue d’Anfa , et ornée la plupart du temps d’un encadrement composé de pilastres de stucs ou de pierres avec un cartouche vertical en creux, de chapiteaux simplifiés et d’un décor d’arcature reprenant le motif des pilastres. Seule la porte du N° 30 rue d’Anfa porte une arcature en anse de panier géométrisé. La porte de bois clouté est souvent munie d’une imposte grillagé, parfois rectangulaire, parfois occupant tout l’espace de la lunette. Au sommet de l’arcature, la clef est rarement, comme au n°1 de la rue de Médiouna, un simple trapèze surmonté d’un croissant de stuc où s’inscrit la date de la construction : ici 1330/1910. Plus souvent, on trouve une palmette de type néoclassique comme au n° 7 de la rue du consulat d’Espagne, datée de 1316/1896, ou au n° 112 de la rue de Larache où la palmette se rapproche d’une représentation d’arbre. Au 24 rue d’Anfa (fig.2), la serrure est ornée d’un fleuron et la palmette prend la forme d’une coquille flanquée de fleurs de lys et de roses. Au 28, rue d’Anfa, la palmette se transforme à sa partie supérieure en cartouche portant les initiales SB ; au 30, une double palmette horizontale flanque un piédouche à une seule volute dont la console arrive au ras d’une longue meurtrière éclairant l’escalier (maison datant de 1932).
Le modèle de la porte en plein cintre semble se compliquer à la fin du XIXe siècle et dans le premier tiers du XXe siècle. Le piédouche à demi-volute s’élève en superposant plusieurs éléments de support au-dessus des pilastres carrés montent deux demi-colonnes minces supportées comme le piédouche central, de chapiteaux décorés de stucs à champ levé et soutenant une série de moulures. Dans les espaces trapézoïdaux déterminés par l’arcature, le piédouche et les pilastres supérieurs, s’inscrivent deux impostes rectangulaires grillagées. Parmi les nombreux exemples de ce type de décor , on peut citer la porte n° 36 rue d’Anfa (fig.3) et celle de la grande maison de l’angle de la rue des Cols Bleus (n°2) comportant deux étages en encorbellement à fenêtre en plein centre et un attique à balustre : elle porte la date de 1349/ 1929. On remarque que toutes ces portes typiques des villes côtières marocaines, diffèrent nettement des portes marocaines traditionnelles en bois ouvragé surmontées d’un cartouche rectangulaire et souvent d’un auvent, telle celle d’une maison sise dans une impasse de la rue d’Essaouira.
À la fin du siècle, l’influence européenne commence à se remarquer dans la médina par la construction de maisons privées appartenant sans doute à des commerçants et d’un type bien particulier : le rez-de-chaussée est occupé par une grande salle aux voutes supportées par des piliers ou des arcatures avec de larges portes en plein cintre. Au-dessus, un étage d’habitation avec de larges encorbellements comporte en général un balcon et des fenêtres nombreuses encadrées de carrelages ou de stucs. L’actuel Hôtel Candide, 31 rue Centrale, avec ses consoles moulurées supportant le balcon est un bon exemple de ces constructions influencées par l’architecture ibérique. On peut citer aussi la maison construite en 1909 dans la rue(Commandant) Provost et qui porte le nom de M. Alvarez : sous l’attique à balustres du toit en terrasse court une frise de céramique bleu Delft figurant des feuilles de marronnier Modern Style. Les frontons à carrelages bleus d’un immeuble dominant le Bd des Almohades procèdent de cette même inspiration, mais la plus belle de ces maisons de négociants se trouve près de l’ancien consulat de France : la façade néo-classique ornée de pilastres cannelés porte un attique à balustres qui s’interrompt sur un côté par un double mur en talon rattrapant au niveau inférieur une terrasse ornée d’une balustrade semblable.
D’autres maisons de la rue d’Anfa ont un décor marqué beaucoup plus par l’influence italienne : les tableaux et les frises en stuc, les corniches à modillons corinthiens, les mascarons à têtes féminines sont fréquents, par exemple au 23 bis rue du Consulat d’Angleterre. Au n° 22 de la rue de Belgique, une maison datant de 1312/1892 présente une façade à pilastres plats et un attique aveugle orné de cartouches. L’encadrement mouluré des fenêtres comporte des pilastres et une arcature aveugle surmontée d’un mascaron : celui de la fenêtre centrale est un cygne aux ailes déployées, repris au style Directoire.
Tout à côté, le consulat d’Allemagne fut construit en 1902 selon les mêmes principes que les maisons de marchands de style ibérique, avec de nouveau des portes à palmettes et des fenêtres à lunette aveugle. Toutefois, le second étage surmonté d’un attique à cartouche est orné de larges motifs de stuc en faible relief imitant les entrelacs du reste de la construction, il s’agit là du premier exemple d’intégration de motifs locaux à une architecture de type européen.
D’autres immeubles du début du siècle adoptent les modèles architecturaux des grandes villes européennes. Bien que d’échelle réduite, avec des façades allongées, mais peu élevées, certains cherchent à imiter les immeubles parisiens des quartiers neufs construites dans la seconde moitié du XIXe siècle : par exemple au 16 rue de la Douane, un immeuble d’angle présente un rez-de-chaussée orné de losanges vermiculés, avec des ouvertures centrées en anse de panier. Le premier étage a un balcon continu avec des portes-fenêtres étroites surmontées de rinceaux de stuc ; des lettres grecques en tau (T) courent en bandeau à chaque étage, et l’angle de l’immeuble forme une rotonde. Toutefois, le classique toit d’ardoise à clocheton d’angle est remplacé ici par un attique à balustrade.
Place de la marine , l’Hôtel Central présente une façade à étages animés par des balcons en fer forgé munis de séparations en éventail et soutenus par de lourdes consoles à volutes : on constate bien ici l’imitation d’une façade parisienne , mais la surcharge du décor sur une surface peu importante en fait presque une caricature du style Napoléon III.
La même surcharge décorative se remarque au n°2 de la rue de Sidi Bousmara (fig.4), maison étroite surmontée d’un attique et dont les fenêtres sont encadrées de balcons-loggias en encorbellement. Des denticules ornent l’entablement de l’attique soutenu des frises de boucliers inspirées de l’art néoclassique du XVIIIe siècle. Les balcons à balustres classiques sont encadrés de colonnes toscanes et les panneaux en entablement qui les surmontent portent au premier étage des couronnes de branchages et au second des cartouches inspirés du style rocaille. Les consoles soutenant l’encorbellement portent des volutes alourdies d’écailles et de motifs végétaux. La porte et la fenêtre du rez-de-chaussée sont surmontées d’écussons à volutes, crosses et branches fleuries, évoquant les « pâtisserie » Néo-Renaissance de la fin du XIXe siècle en France, avec peut-être ici une nuance italienne qui rappelle les décors Belle Époque de la Via Pisacana à Milan (1906).
En revanche , le style ‘Art Nouveau’ ou ‘Modern Style’ n’est représenté au Café de la Poste ,(fig. 7), rue Commandant Provost, que par quelques décors de stucs appliqués à une façade sans rehauts, caractéristiques normalement de ce style lancé par l’école de Nancy : le décor de la porte centrale de la façade a disparu mais sous les fenêtres latérales quatre panneaux figurant des têtes féminines aux cheveux flottant en sinuosités harmonieuses (fig.7) , des sortes de grappes pendant sous les entablements qui surmontent les fenêtres . Au 38 de la rue d’Anfa, d’autres mascarons féminins couronnés de diadèmes sont encadrés de longues mèches de style ‘nouilles’ et surmontent les fenêtres.
Dans la médina, on continuera durant le premier tiers du siècle à construire des habitations avec des rez-de-chaussée à usage commercial et façade à fenêtre en plein cintre qui paraissent bien caractéristiques des premières implantations européenne à Casablanca : au n° 2 rue de Médiouna , on peut voir une maison construite vers 1930 dont le décor en bandeau sous l’auvent du toit est une frise de stuc figurant des jeux de courbes et des motifs floraux caractéristiques du style ‘Art décoratif’ des ‘Années folles’ ; il en reste de même pour le bandeau de coquilles séparant les étages et les rosaces ornant les panneaux sous les fenêtres.
Si nous quittons la médina, nous pouvons constater que le développement actuel de la ville ne nous a laissé que de rares témoins de la première période d’expansion de Casablanca précédant la guerre de 1914. Avant le plan Prost proposé en 1912 et appliqué surtout à partir de la fin de la guerre, la vile a en effet connu une urbanisation extra-muros due aux premiers développements du port et à l’installation de commerçants et de fonctionnaires français (notamment des Douanes).
L’urbanisme de cette ville nouvelle, se développant atour des axes partant du Grand Souk , qui occupait la zone de la place Mohammed V (anciennement ¨Place e France) , est alors plutôt chaotique et la construction semble monopolisée par des entrepreneurs italiens qui vont reproduire les villas à la mode en Italie à l’époque : l’enclos subsistant à la rue Cottenest et du Bd Moulay Hassan I, dans la zone résidentielle où logeaient en 1907 , d’après témoignage que nous avons pu recueillir , la plupart des européens , est peut-être le dernier ensemble conservé depuis cette époque : il comprend cinq villas disposées en deux ailes à angle droit autour d’une cour plantée. Elles ont été construites par la famille israélite des Banon (renseignements aimablement communiqués Madame A. Benaïm), les deux villas jumelles du centre en 1910 par les frères Abraham David Banon et Joseph David Banon, dont les initiales accompagnent la date sur le décor en fer forgé des portes (fig. 5). Les villas placées en retour au Sud-est datent de 1913 et appartenaient à Rachel et Abraham Banon. Ces villas sans étage adoptent un style néoclassique : les villas jumelles ont, au-dessus de la véranda soutenue par d’élégantes arcatures en anse de panier, une terrasse à balustrade ornée de vases, rappel du style italien. Les autres s’ornent, l’une de colonnes ioniques à chapiteaux entourés de guirlandes, l’autre d’un décor de rinceaux fleuris autour des fenêtres (l’intérieur a conservé son décor de carreaux ‘Modern Style’ de grande qualité) et toutes les villas ont un toit en terrasse avec bandeau d’attique.
Dans la même zone l’ancien hôtel Savoy , à l’angle de la rue de La Creuse, offre aussi une façade à l‘italienne dont l’aspect rectiligne est adouci par des balcons à balustres et une loggia latérale . Un décor de stuc d’inspiration Louis XVI avec des panneaux à motif végétal. Des guirlandes au-dessus des fenêtres donnent une grande élégance à cette construction peut-être médiocre mais qui mériterait de ne pas disparaître. Les photographies anciennes de Casablanca publiées par Flandrin dans les années 50 montrent que l’un des premiers édifices du Casablanca moderne était le Grand Hôtel, antérieur à 1910 et qui existe encore à l’entrée de l’Avenue Mohammed V (anciennement Place de la Gare). Ce bâtiment d’angle à la façade traitée géométriquement et animée de bandeau céramique verte, est un exemple du style dit ‘Sécession’, qui fut, surtout en Europe centrale, contemporain et concurrent du ‘Modern Style’.
Plus en dehors du Centre, on peut citer aussi la très belle façade du 47 rue de Strasbourg (fig.6).
La cour intérieure, le porche voûté et les magasins du rez-de-chaussée indiquent une fonction commerciale, mais les étages d’habitation portent des ornements floraux en stuc et des balcons de fer forgé ouvragé qui donnent une grande allure à cette longue façade, datée de 1914 par le grand médaillon sommant sa partie centrale.
…plus tard, les styles sen confondent, se contaminent alourdissent les façades, une semblable contamination des styles caractérise le décor Belle Époque d’une immeuble d’un étage au coin de la rue Foucauld et de la rue Allal Be Abdellah : les modillons soutenant les balcons et l’encadrement de la porte sont bien Louis XVI néoclassique, mais la tête féminine à la chevelure entremêlée de feuillages surmontant la porte est nettement ‘Modern Style’ (fig. 8).
Même si le goût architectural actuel , par sa recherche des lignes dépouillées et son refus du décors nous éloigne des réalisations de ce premiers tiers du XXe siècle, même si la naïve prétention des constructeurs de cette époque , implantant au Maroc une ville européenne d’aspect souvent bien artificiel , peut nous choquer, il faut néanmoins reconnaître dans le centre de Casablanca un remarquable ensemble d’immeubles témoignant dune période d’évolution architecturale intense. Cette période commence seulement, avec les ouvrages de Russel ( L’architecture de l’art nouveau , sous la direction de F. RUSSEL, Paris, Berger-Levraut, 1981) sur l’Architecture Art Nouveau et les recherches de Le Bauhaus , à être étudiée du point de vue de l’histoire de l’art : elle connaît par ailleurs un regain de faveur dans la mode et les goûts artistiques , comme en témoignent les récents articles – en particuliers des Connaissance des arts – sur le mobilier et le décor du ‘Modern Style’ au style ‘Art Déco’.
Outre l’intérêt artistique qu’il présente, cet ensemble, dont nous n’avons donné qu’un aperçu insuffisant, est témoin de la vitalité d’une ville hors du commun par la rapidité de son expansion ; cette ville est aussi un lieu privilégié d’influences réciproques entre l’Europe et le Maghreb.
Souhaitons simplement que les nécessités de l’urbanisme moderne ne fassent pas disparaître ces immeubles avant que les équipes de chercheurs aient eu le temps d’en faire l’inventaire et le relevé photographique. Il suffit, en marchant dans les rues de Casablanca d’ouvrir les yeux pour se dire cela en vaut la peine.
Par Nathalie De CHAISEMARTIN



  



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 Réponse N°1 31908

Merci cher ami!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 06-07-13 à 00:43



pour la qualité des photos!





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