A propos de la fiche pédagogique

 Par OMARI Abdellatif  (Prof)  [msg envoyés : 176le 18-03-12 à 18:41  Lu :5023 fois
     
  
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OMARI Abdellatif (prof)
A propos de la fiche pédagogique
On peut exprimer son désarroi quant à l'élaboration d'une fiche pédagogique et prétendre même qu'après des années d'expérience on devient forgeron, plus besoin alors de préparer une fiche ou recourir tout simplement à la fiche préparée dans les années précédentes. Mais une hantise demeure, celle de Monsieur l'inspecteur qui a du nez. Mais ceux qui n'attendent plus de promotion n'ont rien à craindre, peut être. Ainsi, selon cette logique, la préparation d'une fiche semble désormais l'apanage des débutants dans le métier ou de ceux qui attendent encore une promotion. Cependant, dans la réalité, beaucoup de débutants ou ceux qui attendent une promotion ne préparent pas toujours de fiche ou la préparent à la hâte, à la dernière minute. Et pourquoi pas puisqu'il s'agit de préparer la même leçon, celle qu'on préparait depuis des années ! A l'égard de la préparation d'une fiche pédagogique, débutants et anciens ont presque la même attitude : la préparation d'une fiche est un fardeau, et si on la prépare ou on simule sa préparation c'est par hantise du spectre de Monsieur l'inspecteur. Cependant, comment se fait-il que des professeurs, pratiquant encore l'enseignement dans le primaire ou dans le cycle qualifiant, et après une longue expérience et même après de grandes publications d'ouvrages sur la grammaire ou l'étude de texte, non seulement préparent toujours une fiche, mais ils la préparent de manière plus subtile et plus étoffée que celles préparées dans les années précédentes? Ces professeurs n'ont-ils pas derrière eux non seulement une longue expérience mais aussi un savoir que Monsieur l'inspecteur peut ne pas posséder ? Est-ce par hantise du fantôme de Monsieur l'inspecteur qu'ils préparent des fiches ? Qui devait, en principe, guider l'autre, ce genre de professeurs ou Monsieur l'inspecteur ? Il semble que nous ne sommes pas conscients du métier de l'enseignant, et lorsque c'est Socrate qui dit « Tout ce que je sais c'est que je ne sais rien », et c'est ce qui semble dire également ces grands professeurs qui préparent encore des fiches, qu'allons-nous dire, nous, pauvres et misérables ? Que savons-nous, même après des années d'enseignement, sur les catégories grammaticales, sur les fonctions, sur la phrase, sur l'énonciation, sur la rhétorique, sur les méthodes d'approcher un texte, etc ? Rien que des bribes. Nous ne sommes que doutes et incertitudes, et devant l'élève, plus pauvre et plus misérable que nous, nous ne sommes que mensonges et informations erronées, nous le sentons au fond de nous-mêmes mais nous ne faisons aucun effort pour savoir le pourquoi de cette pauvreté et de cette misère ! Au lieu que la classe ne soit que plaisir, elle devient, à cause du doute et de l'incertitude, à cause du fantôme de Monsieur l'inspecteur, un calvaire.
Le principe est qu'après des années d'enseignement, toute une bibliothèque devait être derrière l'enseignant s'il veut se permettre de dire un jour qu'il sait « peu de choses », mais le grand principe c'est qu'après des années de métier et de lecture, l'enseignant devait arriver à une relative certitude de ses informations, à une petite confiance dans son rôle de transmettre l'information, ce qui lui permet, non seulement de se retrouver et de confronter la classe et Monsieur l'inspecteur avec un sentiment d'aise et de satisfaction, mais aussi de s'interroger, de se perfectionner et pourquoi pas de créer et d'inventer en commençant par l'élaboration d'une fiche où doit s'afficher sa touche de créativité. Si le musicien se retrouve dans l'outil de son instrument et le peintre dans celui de son pinceau, l'enseignant doit se retrouver dans l'outil de sa fiche lorsque son métier devient sa vocation. L'élaboration d'une fiche sur une leçon est une sorte d'auto-formation et de recyclage permanents. Ces grands professeurs qui préparent toujours une fiche, alors qu'ils n'ont plus besoin de le faire, s'ils le font, c'est parce qu'ils sont conscients qu'après des années de préparation d'une fiche sur « la phrase complexe », par exemple, à chaque préparation, ils découvrent qu'ils ne savent pas encore grand-chose sur la phrase complexe. Ils se rendent compte que dans le texte support qu'ils ont choisi, cette fois, pour relever les occurrences de cette phrase, certains énoncés posent problème. Commence alors pour eux une nouvelle quête qui oblige à revisiter les livres de grammaire dont ils se disposent, car on ne prépare pas une leçon uniquement à partir d'un seul document ou d'un seul ouvrage, ça serait un leurre, mais à partir de toute une bibliothèque. A chaque fois, une nouvelle découverte, à chaque fois un nouveau sentiment de bonheur et de plénitude. Une certitude s'ajoute à une autre certitude, une confiance s'ajoute à une autre confiance. Serons-nous capable de dégager d'un texte d'une quarantaine de lignes, sans aucun problème et sans quête, toutes les propositions subordonnées sans mot subordonnant et de relever leur nature? Ne faut-il pas, pour mener à bien cette étude, mobiliser toute une armada de connaissances qui fait appel au jeu de la parataxe formelle, au jeu des modes et des temps verbaux, au jeu des structures corrélatives, au jeu de l'interrogation, au jeu de l'infinitif et du participe, etc ? Il en est de même pour toute leçon préparée, car chaque leçon vous engloutit dans un abîme de leçons. Mais quel plaisir et quelle satisfaction en découvrant et en se découvrant ! Si nous ne maîtrisons pas des choses ou nous les ignorons encore, la préparation d'une fiche pédagogique sur une leçon est l'occasion de remédier à nos failles en s'auto-formant de façon durable. La problématique de la préparation d'une fiche donc n'a aucun rapport avec l'ancienneté et Monsieur l'inspecteur, mais avec tout un destin : ou bien l'enseignant transforme son métier en vocation, et il est un homme heureux, ou bien restera misérable et malheureux.
Or, une fiche pédagogique n'est pas seulement l'occasion de s'auto-former, sa vraie créativité est dans l'invention, à chaque fois, d'une stratégie. A mon sens, la phase la plus importante de la conception d'une fiche pédagogique est celle de la description du  déroulement de la séance de l'activité. Plus la description du déroulement de la séance est minutieuse et détaillée, plus la fiche revêt une certaine créativité, voire une crédibilité. Lors du déroulement de toute activité en classe, le plus important serait, d'abord, la réaction des élèves, ensuite les amener à bon escient à assimiler l'objectif visé. Pour atteindre ce but, l'enseignant pose des questions, suggère des idées, propose des pistes, etc, et souvent les réponses des élèves sont erronées ou inattendues, l'enseignant alors, qui a prévu ces réponses, doit reformuler ses questions, tente, par des détours, de rapprocher les élèves de la bonne réponse. Toutes ces questions, ces suggestions, ces propositions, ces reformulations et ces détours pour stimuler la classe doivent être, en principe, mentionnées sur la fiche. En ce sens, la fiche pédagogique semble refléter, par anticipation, la scène de la séance exactement comme elle devait se dérouler en classe depuis le début de l'activité jusqu'à sa fin. La seconde phase, dans la préparation d'une fiche, consiste à signaler ce qui peut constituer des traces écrites, à quel moment, comment, quoi … ? La troisième et la dernière phase, c'est de prévoir des exercices d'intégration, ou ce qu'on appelle « exercices d'application » ou « exercices d'appropriation ». Cela dit, rien n'est parfait cependant, des fois c'est même raté. L'essentiel est la créativité de l'enseignant dans sa stratégie de concevoir le contenu d'une fiche.
De même, toute activité, intégrée dans une progression, devait être motivée et servir l'intitulé du projet pédagogique initial. Ainsi, dans le sillage d'un projet qui consiste à étudier, avec des classes de 2ème année secondaire qualifiant, un conte philosophique, Candide de Voltaire, l'enseignant, étant en connaissance de cause de l'œuvre au programme, aussi bien au niveau de son contenu qu'au niveau de son esthétique, sait bien que l'arme mobilisée par l'auteur pour faire une satire sociale grinçante est «  l'ironie ». On peut s'interroger alors de la place d'une séance sur « l'ironie » dans la progression du projet. Après une première séquence (ou les premières séances) dont les activités, à travers l'étude de quelques passages de l'œuvre, consistent à découvrir de façon particulière le genre et ses caractéristiques, et de manière générale sa principale thématique, est-il temps, de consacrer une nouvelle séquence aux procédés linguistiques et rhétoriques mobilisés et dont la première séance serait l'étude de cette trope en tant que figure macrostructurale. Pour les élèves, qui n'ont appris à reconnaître l'ironie qu'à travers certaines figures microstructurales (antiphrase », hyperbole …), l'étude de cette figure, reconnue comme une constante de l'œuvre, et à ce moment de la progression du projet, ne peut être que plus motivée. Pour ce faire, notre support, qui permettra d'étudier les principaux procédés mobilisés par ce type de rhétorique, sera un groupement de textes tirés principalement de l'œuvre.
Remarque : On peut rétorquer et répéter le même cliché éternel : « Avec quels types de classes comptons-nous travailler telle ou telle leçon, le niveau misérable des élèves le permette-il, etc?», et nous feignons ignorer que l'élève est souvent victime de notre déplorable niveau à nous, qui ne sommes que doute et incertitude. Laissons l'élève tranquille, les enseignants conscients du métier et de la réalité ne se posent plus de telles questions stéréotypes, certains, et c'est extraordinaire, quand ils se sentent faits pour l'art d'enseigner, et après la publication de grands ouvrages, espèrent quitter le lycée ou l'université pour pratiquer désormais l'enseignement dans le primaire.

  



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 Réponse N°1 18680

re
  Par   amina ossoule  (CSle 18-03-12 à 20:16



quand dans notre pays nous avons encore des professeurs de la mentalité de monsieur omari, c'est que le futur du secteur de l'enseigenemnt est loin de la zone du danger. ce qui manque à notre enseignement c'est réellement la conscience professionnelle .je dis bien que le niveau lamentable des élèves n'est nullement de la faute de l'élève ,seul, mais nous autres professeurs, nous aussi avons notre part de la responsabilité.





 Réponse N°2 18690

Réflexion intéressante ...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 18-03-12 à 23:01



Je tiens à vous féliciter pour cette réflexion intéressante autour du métier de l'enseignant. Certains passages m'ont bien arrêté par leur élégance et leur profondeur:

"Si le musicien se retrouve dans l'outil de son instrument et le peintre dans celui de son pinceau, l'enseignant doit se retrouver dans l'outil de sa fiche lorsque son métier devient sa vocation. "

En effet, je pense qu'il y' a deux sortes d'enseignants: - l'enseignant inventif/réflexif et - l'enseignant exécutif/imitatif.

"A chaque fois, une nouvelle découverte, à chaque fois un nouveau sentiment de bonheur et de plénitude. Une certitude s'ajoute à une autre certitude, une confiance s'ajoute à une autre confiance. "

En effet, le travail de l'enseignant est celui d'un investigateur à la recherche de la pierre philosophale qu'il ne trouvera peut-être jamais... Mais son plaisir est assuré lorsqu'il aplatit les difficultés et atteint une certaine maturité vis-à-vis de la matière qu'il enseigne.

" Or, une fiche pédagogique n'est pas seulement l'occasion de s'auto-former, sa vraie créativité est dans l'invention, à chaque fois, d'une stratégie."

En effet, l'enseignant est un scénariste talentueux et à chaque moment il doit faire figure d'invention. Mais l'enseignant est aussi un metteur en scène qui sait gérer sa classe et doit connaître tous les besoins de sa classe.

NB- Cela s'apprend!





 Réponse N°3 18698

rubrique fiches pédagogiques
  Par   amina ossoule  (CSle 19-03-12 à 09:05



si mes collègues sont d'accord , je suggère que monsieur marocagreg propose une rubrique pour les fiches pédagogiques sur ce site .à chaque fois on lance une leçon et chacun de nous note sa proposition .ainsi nous pouvons comparer, commenter... les idées des autres peuvent ajouter du sel à ce que chacun conçoit... je sais qu il n'ya pas de fiche modèle , mais quand meme les idées et les étapes sont universelles quand on est dans le cadre d'une méthodologie bien définie.reste comment aborder le contenu et c'est là que se manifeste l'art d'enseigner.





 Réponse N°4 18701

Mais je rêve !!!!
  Par   Samira Yassine  (CSle 19-03-12 à 11:17



Je tiens à remercier infiniment M Omari pour son sujet mais surtout d'avoir réussi à nous ramener un très cher ami, le pillier de ce site au côté de M Marocagreg : M Idoubiya. Je suis sous l'effet de la surprise, je n'ai pas encore lu ce qu'il a écrit mais j'en suis ravie et souhaite le voir revenir nous permettre de profiter de son savoir dans le domaine éducatif.

Bon retour notre cher ami M Rachid Idoubiya.

Sincèrement/





 Réponse N°5 18702

J'approuve Mme Ossoule
  Par   Samira Yassine  (CSle 19-03-12 à 11:35



Je suis tout à fait d'accord avec Amina.

La méthodologie de la préparation d'une fiche intéressera non seulement les novices mais mêmes les anciens professeurs qui ont normalement besoin d'un recyclage, vu qu'on jamais étudié comment préparer ces fiches qu'on trouve notées au tableau de certains collègues nouveaux dans le domaine.

J'espère que M marocagreg appréciera l'idée et consacrera une rubrique pour la fiche pédagogique, juste une fiche par semaine qui sera le sujet de débat avant de laisser la place à la fiche suivante. On présentera des fiches pas uniquement en lecture mais en langue et en production écrite. Ce sera très intéressant pour tout le monde à condition de la laisser sur le forum, une semaine. Par ailleurs, on souhaite que les fiches envoyées portent sur le programme et sur les leçons du 2 ème semestre. Ainsi, on aura le maximum de contributions puisque le copier coller s'imposera:-)

Sincèrement, c'est une très bonne idée, mais il faut juste que nos chers collègues , récemment sortis des écoles de formation daignent nous permettre de profiter de leur savoir en matière de diadctique. Merci .





 Réponse N°6 18703

Question personnelle
  Par   Samira Yassine  (CSle 19-03-12 à 12:10

J'aimerais savoir si M Elomari est professeur ou inspecteur, tout d'abord. Puis-je savoir depuis combien d'années vous exécrez ce métier?

J'approuve tout ce vous avez dit et bien dit M Elomari, mais tout en vous lisant , j'ai eu , tout à coup l'impression que je lisais un théoricien, je voudais alors savoir si vous faites vraiment ce que vous avancez dans ce document des plus important.

Je suis vraiment sincère dans mes propos et je vous félicite pour votre travail et je chuchotte à votre oreille, je suis de ces anciens professeurs qui ne font plus de fiches et votre écrit m'a vraiment secouée alors pour écouter écouter vos conseils je voudrais tout d'abord savoir si vous faites vraiment ce que vous dîtes si vous n'êtes pas un jeune professeur encore plein d'enthousiasme pour le métier. Celà ne remet aucunement en question le contenu du document, le document n°1 de la semaine si ce n'est du mois.





 Réponse N°7 18709

RE
  Par   brahim el harfi  (Profle 19-03-12 à 12:56



bonjour chers collègue

je réponds à ta question Mme Samira

M OMARI est un agrégé de lettre 2004

il a soutenu une thèse "le jeune Balzac et l'expression mystique "sous la direction Jean Bessière

il a eu son DEA sur " peau chagrin" également sous l'encadrement de Jean Bessière

il enseigne au lycée

il enseigne à la fac des science: la synthèse de document et la communication

c'est un ami et collègue qui m'a beaucoup assisté et je continue de tirer avantage de son expérience.

il lui reste 5 ans à la retraite, mais en classe sa voix grave et mélodieuse retentit dans les classes avoisinantes. il aime beaucoup son métier.

Cordialement





 Réponse N°8 18713

Chapeau M Omari
  Par   Samira Yassine  (CSle 19-03-12 à 13:37



Je tiens tout d'abord à vous remercier M Elharfi de vous être donné la peine de me répondre.

Je suis vraiment agréablement surprise de voir un tel enthousiasme chez un collègue aussi âgé que nous. Celà nous donne mille et une leçons et nous incite à cesser de se croire dispensé de fiche pédagogique sous prétexte qu'on est assez ancien dans le métier.

Chapeau M Elomari Allah ykattar man mtalak.

Mes respects





 Réponse N°9 18731

RE
  Par   fatih brahim  (Profle 19-03-12 à 23:05



Ne pas préparer minutieusement ses cours, c’est se moquer des apprenants à sa charge ; ce qui constitue un manquement grave au fondement du métier





 Réponse N°10 18733

re
  Par   Samira Yassine  (CSle 19-03-12 à 23:26



Je ne suis pas du tout d'accord avec vous, cher collègue.

On peut aussi préparer une leçon ratée, croyez moi.

Un professeur qui a appris par coeur le programme , n'aura certainement pas besoin de fiche , il peut même la préparer pour la forme mais ne l'utilisera pas en classe et suivra le déroulemenr de la leçon en fonction du niveau de chaque classe.

Se moquer ou pas des élèves n'a rien à avoir avec la préparation de la fiche. C'est une question de conscience.

Mais le document de M Omari sur le sujet m'a convaincue et je vais me remettre à préparer les fiches même si je ne les consulterai, peut être, pas en classe. On connait par coeur les extraits révélateurs de la boite, d'antigone, du dernier jour avec le numéro du chapitre.





 Réponse N°11 18735

re
  Par   amina ossoule  (CSle 20-03-12 à 07:47



croyez moi, à chaque fois que je reprends la fiche de l'année passée je me dis"combien j'étais bete", sachant que l'année passée je trouve bete le contenu de la fiche de l'année qui la précède.avec le temps et l'expérience on ne peut se passer de la fiche mais,... il ya du sel qui j'ajoute,des améliorations au niveau des supports utilisés , de la manière de les aborder...etc

pour ce, des fiches informatisées sont plus fonctionnelles ...





 Réponse N°12 18736

mieux encore
  Par   amina ossoule  (CSle 20-03-12 à 08:11



un tableau blanc interactif est encore mieux que la fiche pédagogique... dans certains pays en europe , ils ne parlent plus de fiche pédagogique, mais de scénario pédagogique. c'est plus large, plus détaillé que la fiche, plus riche encore... et plus rentable.

au maroc, le TBI est utilisé dans certaines écoles du secteur public, mais c'est répondu en grand nombre au secteur privé, ceux là connaissent son utilité pédagogique... si seulement notre cher nouveau ministre pense l'introduire dans nos lycée...au moins pour ceux qui le réclament...





 Réponse N°13 18760

"c'est en quelque sorte un souffleur de mémoire en cas d'oubli..."
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 20-03-12 à 18:21



Un enseignant apprend son métier non seulement dans les centres de formation, mais aussi et surtout, durant sa carrière professionnelle.

La fiche pédagogique est l'occasion d'une réflexion permanente sur l'acte d'enseignement/apprentissage. Elle est fondamentale pour tout enseignant qui veut maîtriser son cours et le dispenser avec aisance.

Je suis d'accord avec madame Yassine qui écrit des fiches sans les utiliser nécessairement en classe! Car la préparation réussie d'une fiche/ d'un scénario pédagogique est une chose, sa mise en application en est une autre... Les plus grands des scénaristes n'en ont-ils pas eus des plus modestes? La fiche reste un acte réflexif indispensable pour l'enseignant débutant: un savoir n'est intégré que grâce à des efforts personnels... Ce savoir ne se perd jamais! Un savoir non digéré parce que bâclé sera vite condamné à l'oubli...

Ecrire des fiches et les oublier, c'est ancrer des connaissances gardées secrètes à jamais!





 Réponse N°14 18762

Hommages
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 20-03-12 à 20:10

Vous appréciations, chers collègues, me touchent énormément et je ne sais comment exprimer mes remerciements et ma gratitude, singuliers surtout à ce cher Monsieur Idoubiya Rachid. Mais Je tiens à rendre hommage particulièrement à notre chère collègue Samira Yassine pour son enthousiasme spontané et sincère, et pour ses louanges que je ne mérite pas. Toutes les informations que Monsieur Harfi vous a prodiguées sur moi n’ont pas beaucoup d’importance. Ma quête à moi a commencé avant d’intégrer le métier d’enseignant en 1990, depuis l’adolescence, quand on lisait "Premier amour" de Tourgueniev ou "L’art d’aimer" d’Ovide, parce qu’on était romantique et préoccupé de l’amour avant de se préoccuper avec acharnement des questions philosophiques, métaphysiques, psychologiques, voire mystiques. Avant de m’engager dans l’enseignement, j’exerçais d’autres métiers, Dans le public notamment, mais j’étais malheureux. Au cours de ma quête, un jour, j’ai compris que la liberté n’est pas faire ce qu’on veut mais à ne pas faire ce qu’on ne veut pas et que l’amour du métier est partie intégrante du bonheur de l’homme. Comme Bouchaib, j’aurais pu prendre du galon dans ces métiers, mais j’ai préféré la vie simple aux risques et aux honneurs et j’ai intégré l’enseignement parce que je m’étais rendu compte que c’était là où je me retrouverais, j’ai toujours cru que le métier d’enseignant est un art, et faute d’être peintre ou musicien, j’ai réalisé mon rêve dans ce métier noble qui devient effectivement ma vocation. Je ne suis pas inspecteur et je n’ai jamais voulu l’être, il y a une énorme différence entre le « métier d’enseignant » et le « métier d’inspecteur », on peut aimer l’un et détester l’autre. Je n’ai jamais voulu être autre chose qu’un pauvre enseignant. Il n’est pas difficile d’être ministre mais c’est si difficile d’être une personne honnête. Je ne suis pas non plus théoricien, c’est un grand honneur de l’être, je ne suis tout simplement qu’un cri, quelqu’un qui a conçu et consolidé, au fil du temps, sa propre conception des choses de la vie, et qui se permet maintenant de dire ce qu’il pense, ce qu’il croit ce qu’il éprouve et ce qu’il sent. Je considère cela comme le début d’une seconde vocation, qui épanouira certainement ma quête, et partant me procurera une raison d’être.

Vous voyez, chère collègue, que ce n’est ni la soutenance d’une thèse ni la préparation d’une agrégation qui ont de l’importance, mais c’est être si autodidacte, et préparer une fiche a été toujours pour moi l’occasion de me retrouver, de me corriger, de me perfectionner, de découvrir, de me dépasser, l’occasion de revisiter une grande partie des ouvrages de ma bibliothèque ou de se procurer d’autres que je ne possède pas, et quand je remarque que mes informations sont erronées ou incomplètes et qu’elles vont être redressées, quel extase et quelle sensation de confiance qui me permet maintenant de dire à Monsieur l’inspecteur : « Monsieur, Vous avez tout à fait tort » ! Ce n’est donc pas l’élaboration d’une fiche en soi, subtile ou non, qui est important, c’est cette occasion sublime que donne la préparation d’une fiche, qui vous engage de repartir, à chaque fois, de zéro, pour être de nouveau englouti dans un abîme de remise en question. J’ai toujours l’habitude de jeter mes anciennes fiches à la poubelle, et autant je rejoins notre chère collègue Amina oussoule dans sa réflexion vraie de découvrir la bêtise de la fiche précédente et notre cher collègue Atmane Elmostafa dans son idée pertinente qu'une fiche est en quelque sorte un souffleur de mémoire en cas d'oubli, autant je récuse l’idée qu’une fiche reste une éternité, si ce n’est pour la collection. Dans les fiches des années précédentes on considérait encore le conditionnel comme un mode alors qu’il n’est plus qu’un temps de l’indicatif, et on considérait la phrase impérative comme un type de phrase alors qu’ elle n’est plus qu’une forme d’un nouveau type de phrase, la phrase jussive, à côté de ses homologues interrogative, déclarative et exclamative. Ce n’est là qu’un exemple. Quant à la production de ce qu’on appelle « essai » et de sa démarche, il y a des choses à dire. Il semble qu’il y a une grave confusion, dans l’esprit de certains collègues, entre l’essai qui s’approche de la dissertation, appuyé sur des documents (groupement de textes) et qu’on propose aux examens français, et la production d’un petit texte argumentatif que nous lui donnons également l’étiquette d’ «essai » et où l’énonciateur devra avancer quelques arguments pour soutenir un point de vue ou une opinion adoptée, c’est le cas de nos élèves de première année qualifiant. Et c’est pourquoi quand ces collègues parlent de la démarche, ils utilisent de gros mots tels que «problématique »,

« annoncer le plan »,etc, comme s’il s’agit de produire une dissertation, une étude littéraire ou une leçon de plusieurs pages.





 Réponse N°15 18767

Emotions !
  Par   Samira Yassine  (CSle 20-03-12 à 22:30



Doublement émue, je ne sais plus par où commencer.

Je tiens tout d’abord à exprimer ma grande joie de voir notre cher ami, M Rachid Idoubiya, débarrassé enfin de son projet qui nous a privés de lui et de ses intéressantes contributions depuis plusieurs mois. Je lui souhaite grand succès dans son projet et le remercie pour ses compliments à mon sujet.

Je ne sais comment remercier ce grand homme que le site a l’honneur de compter parmi ses membres les plus actifs, notre cher collègue M OMARI Abdellatif.

Je suis très très touchée par ses compliments, je ne saurai le remercier assez pour son article si intéressant, si important.

Oui M Omari, vous ne pouvez imaginer l’impact de votre document sur moi, une remise en question de moi -même, du professeur qui a enseigné un quart de siècle et se croyait dispensée de fiches et voilà que tout à coup découvre que d’autres plus anciens encore, l’utilisent ou du moins la préparent minutieusement.

Vous ne pouvez imaginer chers collègues combien c’est dur de douter de soi, de se remettre en question, de se dire « serai-je de ces personnes qui trichent ?! » Impossible !

Je suis ravie de vous lire de nouveau mes chers collègues, de vous voir me rassurer.

MERCI

Je reviendrai sur vos contributions, je suis tellement émue /





 Réponse N°16 18768

Le métier d’enseignant est un art!
  Par   Samira Yassine  (CSle 20-03-12 à 22:56



Oui cher collègue M Omari, j'ai toujours pensé celà, j'y ai toujours cru.

l'enseignement , c'est un art mais c'est aussi un don divin. Je remarque en relisant votre dernier commentaire, que vous êtes quelqu'un de minutieux dans son travail, quelqu'un qui cherche à parfaire son travail, qui n'est jamais satisfait quoi que vraiment plus que parfait sera son travail pour les autres et par rapport au travail des autres.

Chapeau M Omari, laissez-nous profiter de votre savoir, de vos conseils cher collègue.

Mes respects.





 Réponse N°17 18801

En dernier
  Par   ISLI HAMID  (CSle 21-03-12 à 17:37



Salut chers collègues, je suis nouveau sur le site . ET quel plaisir devous lire. Le doute nous envahit chaque jourdans notre "métier". Plusieurs fois j'ai entendu des collègues dire " Je ne sais plus travailler. Mes élèves n'ont rien compris" C'est cela notre travail: se sentir responsable . Chaque fois qu'on rate une leçon( et ce n'est pas chose rare), la meilleure chose à faire c'est revenir à ses livres. Quelle extase , comme dit M. Omari , quand la lumière jaillit.

Respectueusement





 Réponse N°18 19481

Encore une fois félicitation.
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 05-04-12 à 22:19



Je viens de relire avec un grand plaisir tout ce qui a été dit par les collègues et je suis très heureux pour notre cher collègue et ami M.Omari.

Je vous le dis, vous avez vraiment maîtrisé l'esprit d'analyse et de synthèse et vous avez une grande aptitude à argumenter. Encore une fois félicitation.





 Réponse N°19 19504

Toutes mes félicitations pour votre atticle
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 06-04-12 à 10:21



une analyse de la situation avec beaucoup de perspicacité. C'est le regard d'un maître. Votre article éveille notre conscience: il est vrai que nous trouvons rassurant de dire que l'échec de l'enseignement c'est l'échec de tout un système. Il faut changer cet état d'esprit. Si les élèves sont dégoûtés des études, nous avons une part de responsabilité. Nous nous plaignons de tout. Celui d'entre nous qui se remet en cause et qui ose le dire, on le regarde d'un air moqueur. Nous cultivons la médiocrité. M. Omari parle d'innover, de "donner une touche personnelle" à son projet. L'enseignement est devenu le domaine du piratage: enseignants et élèves y trouvent leur compte. Parfois, ce sont les inspecteurs, lors des formations. Innovons et apprenons à nos élèves à innover. M. Omari a parlé également de plaisir à transmettre. Un texte de Voltaire ou de Balzac c'est un plaisir à ressentir, à déguster, à partager, il est comme la madeleine de Proust, il doit éveiller en chacun des souvenirs de lieux, de personnes... Merci à vous M. Omari, en guise de respect, je m'incline devant mon ordinateur.





 Réponse N°20 19531

Si abdellatif, enfin
  Par   Adi Lachgar  (CSle 07-04-12 à 08:13

Si vous êtes le Omari auquel je pense, alors, c'est avec un plaisir non feint et même avec un sourire, car en vous lisant je vous entends (R qui roule ne bouche pas la pipe), que je vous retrouve enfin. Question indice: la bourrez-vous toujours d'Amsterdam?




 Réponse N°21 19568

Monsieur adi lagare
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 07-04-12 à 17:51



En effet, cher ami et collègue, c'est moi, vous avez donné des indices incontestables ( (R qui roule ne bouche pas pipe), et cela prouve que vous avez été à un certain moment auprès de moi . Mais pardonnez-moi, cher ami, et c'est une tare de ma part, je ne me rappelle plus de votre nom. Cependant, tout mon passé, avec ses mini-détails, me possède, me brûle et m'obsède. Pourriez-vous, cher ami, me rappeler les circonstances?

cordialement-amicalement





 Réponse N°22 19602

Chère collègue aziz hayat
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 07-04-12 à 23:06



Votre respect pour moi me porte à m'incliner non devant mon ordinateur mais devant votre personne

Très cordialement





 Réponse N°23 19607

Alors, c'est bien vous
  Par   Adi Lachgar  (CSle 08-04-12 à 09:16

Je suis heureux, pas seulement de TE retrouver, mais, surtout, de te retrouver comme je t'avais connu à la FSE. Tu n'as pas pris une ride et tu y crois comme au début, avec toujours, comme je le constate et l'imagine, la même énergie. Je comprends en même temps que tu ne puisses te souvenir de mézigue: j'ai entre temps changé de nom. Je suis le moubarzit de cette promo 1993, le recordman des absences, le plus gros fumeur, le scatologue de service: je m'appelle Lachgar azdine pour vous servir.

Ah que d'amis nous avons perdus de vue depuis cette époque bénies des cieux (sans contrepèterie, bien sûr)!

J'aimerais, maintenant que nous nous sommes retrouvés grâce à ce forum, vous retrouver par mail en attendant de vous rencontrer. J'habite à Agadir où je vieillis doucement en ne fichant quasiment rien, sinon m'occuper de mes rejetons; le travail proprement dit ne me prend que 8h TTC par semaine.

Voici mon mail : tachmirou@hotmail.com

PS

Rassure-moi, t'as pas de barbe?





 Réponse N°24 19639

L'être d'ailleurs, M. LACHGAR
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 08-04-12 à 17:20



Quelle grande et belle surprise cher ami! J’en étais presque sûr des circonstances qui ne pouvaient être que celles de la faculté des sciences de l’éducation, mais votre pseudonyme m’a laissé croire qu’il s’agissait, peut-être, d’un collègue d’une autre filière. Comment doit-on oublier monsieur LACHGAR avec qui on a passé les moments les plus agréables de l’histoire, et durant des années nous n’avons jamais cessé, lors de nos rencontres, moi, Laâraichi Rachid et Laâbou Mustapha (nous sommes les trois sur Casa) d’évoquer cette période et ses fortunes, et particulièrement vous, la personne spéciale, l’être d’ailleurs qui était toujours ailleurs. Rassurez-vous, cher ami, j’ai presque toujours ce caractère que tu as connu, je chante toujours Mohamed Abdelwahab, je n’ai pas de barbe, mais je me sens de plus en plus redevenir enfant dont le bonheur est une délicieuse madeleine ou du chocolat. Vous voyez, cher ami, que beaucoup de choses méritent qu’on en consacre des articles, voir des livres. En attendant de vous contacter par mail, je réitère mes amitiés et ma reconnaissance les plus sincères, et je vous remercie infiniment pour l’immense plaisir que ton souvenir m’a procuré. A bientôt.

Très amicalement

Très amicalement





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