à propos d'un certain phénix!

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 17-07-12 à 01:36  Lu :988 fois
     
  
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Un phoenix!
Hajja Hamdaouia, ou “la bataille des trois rois”
Haja Hamdaouia est née en 1930 à Derb Seltan, le quartier populaire de Casablanca. Cette artiste authentique a largement contribué au succès de la chanson populaire. Dans les années 50, à l'époque où le chant de la Aïta Marsaouiya , sorte de blues des plaines côtières dans la région de Casablanca qui était dominé à l'époque par les femmes. Il est malheureusement associé au divertissement parfois "immoral", car les biens pensants l'assimilent à l'érotisme et à la sexualité. Il est peut-être utile de rappeler qu'à l'origine, l'Aita est un appel de ralliement, qu'elle est en rapport avec les pleurs et les joies et reflète une poésie digne de ce nom, un écho des joies et soucis du quotidien et du mektoub (destin) des êtres humains et de la mémoire collective du peuple. Les origines de cette musique de la plaine se situent aux confins des fêtes familiales et des traditions tribales. Elle a donc choisi l'aïta comme référence musicale majeure, recueillant ainsi les rythmes et paroles héritées de l'aïta dite "Al Marsawiya" de la région de Casablanca. Mais Hajja Hamdaouia en a fait un art avec une centaine de titres à son actif, en demeurant la chanteuse de «marsaoui» la plus prolifique et la plus adulée et sans aucun doute la plus célèbre ambassadrice de ce genre musical populaire.
Cette diva a connu la colonisation, puis l'indépendance, vécu l'exil à Paris. Elle fut riche et adulée. Puis elle a sombré dans l'anonymat et la pauvreté pour enfin renaître de ses cendres comme le Phoenix.
Cette spécialiste du marsaoui, en référence à marsa (port), s'est imposée sur la scène nationale grâce à ses interprétations qui ont rendu populaires des chansons. Elle est la première dame à avoir modernisé ce style et le chaâbi et a révolutionné la scène artistique aux débuts de la télévision marocaine.
Au milieu des années 50, la chanteuse écrit une chanson pour dénoncer la colonisation française. Son geste «spontané», comme elle le dit elle-même, la force à vivre clandestinement dans son propre pays, avant de s'exiler en France et rejoindre son amour et en profitant également de se faire connaître auprès de la diaspora algérienne.
Elle s'est présentée au Coq d'Or, un prestigieux music-hall oriental de l'ancienne médina et qui attirait de nombreux touristes à l'époque. "Le Coq d'Or" avec ses six salons décorés de draperies tissées d'or et de meubles style Louis XV authentiques était l'un des plus somptueux cabarets du monde de l'époque où se sont produits avec des artistes prestigieux comme Mohamed Fouiteh (l' un des plus grand chanteur marocain postindépendance), Maâti Belkacem, Line Monty, Blond Blond (un chanteur du répertoire « franco arabe », qui mélange des musiques orientales et occidentales en vogue avant-guerre, très appréciée de la communauté juive et par les coloniaux de l'époque. ), Lili Boniche, Chafia Rochdi, Latifa Amal, Warda Al Jazairia, Raoul Journo ou encore le célébrissime Salim Hilali.
Hajja Hamdaouia avec son orcherstre en 1959, derrière la chanteuse, Bouchaïb El Bidaoui, et Aziz El Alami le frère de Brahim El Alami.
C’est Haja Hamdaouia qui a eu pour la première fois eu l’idée de chanter devant un véritable orchestre mêlant des instruments modernes comme le saxophone, l'orgue, guitare, batterie et le violon bien avant le groupe Tagada. Les arrangements et autres distributions musicales adaptés par Hamdaouia, sont mêlés à sa voix spéciale.
C'est grâce à ce talent-là qu'elle est devenue la star de tous les Marocains. Elle renouvelle le «marsaoui», en le saupoudrant de chaâbi algérien et de gharnati.
Parmi ses succès, citons : "Daba Yji", "Jiti majiti", "Dada ou hiyani", "Mal hbibi’liya" ou encore "Hna mada bina" retentissent toujours dans le coeur de plusieurs générations de spectateurs et auditeurs marocains. Ces classiques ont été repris par les plus célèbres chanteurs populaires de son pays (source).
Amitié avec Cheikha Remitti
Se connaissant, elles n'ont malheureusement pas enregistrées de titres ensemble mais elles ont participé à un concert en juillet 2005 au festival de Casablanca. Hajja faisait la première partie de Remitti, et c'était une fabuleuse retrouvaille ! C' était un moment de bonheur ! Ce moment a été gravé par la télévision marocaine !
Reléguée aux oubliettes pendant les années 80 et 90 elle était tombée dans l'anonymat, vivant dans une chambre de bonne où elle vit de quelques contrats et de la charité de son voisinage et amis.
En 2008, âgée de 78 ans, la chanteuse de chaâbi et de Marsaoui est hospitalisée pendant un mois et demi pour des problèmes d'ostéoporose, d'hypertension et de fatigue. La diva devait se produire le 18 septembre de cette année dans l'enceinte de la prison casablancaise dans le cadre d'un programme d'animation culturelle organisé par l'association Relais Prison Société (RPS), en partenariat avec plusieurs associations dont L'Boulevard. Cette hospitalisation provoqué un vif émoi parmi son public. Reprenant ses forces et un nouveau souffle de vie elle a chanté à l’Olympia, dans le cadre du Festival du monde arabe.



 


  



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  Tous les messages de Jaafari Ahmed


 Réponse N°1 25331

Trois ou 4 générations!
  Par   SALWA AFAK  (CSle 17-07-12 à 19:36



En effet, ma grand-mère, l'écoutait, (mon grand-père était beaucoup plus reservé ), mes parents l'écoutaient ( l'écoutent encore quelques fois) et nous nous l'avons redécouverte, en plus moderne! Les fêtes de mariages, il ya souvent un titre ou deux!

Est-ce un phénomène ?

Et

NB: Même sa chanson où elle parle de "Moulay el hassan", pour le roi hassan 2,( cétait lui qui l'avait envoyée à la mecque) elle l'a réactualisée, "Sidi Mohammed"(je crois).

Et là aussi c'est qatre générations: Mohamed V, Hassan II, Mohamed 6, et le prince héritier Moulay EHassan!

Belle brise!





 Réponse N°2 25332

Madame Salwa!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 17-07-12 à 20:04



Je suis heureux de vous voir réagir à cet article qui semble être boudé par les collègues!

Il y a de quoi! Notre ami Si Omari, a soulevé une polémique sur l'art , "la beauté et la voirie"et je pense que c'était exprimé avec une telle véhémence qu'il y a eu des réticences à exprimer un avis!

Je ne sais si vous l'avez lu, mais si vous appréciez ce genre musical, ce qui n'est pas dit clairement dans votre intervention, je n'en donnerai pas cher de votre "belle brise", surtout avec quelqu'un qui a vécu 7 ans sur l'enfer!

NB: Nous plaisantons souvent de la sorte, alors ne prenez pas ce que je viens de dire au sérieux!

Et que votre belle brise rafraîchisse tout le monde, nous en avons besoin!





 Réponse N°3 25335

EN QUOi?
  Par   SALWA AFAK  (CSle 17-07-12 à 20:35



C'est révoltant d'apprécier un art de souche!

vous l'avez dit vous-même, ,il a été taxé d'immoral, alors qu'il ne l'est peut-être pas!

Comment une chanson anglaise, ou française, nous transporte, sans qu'on n' y voit la moindre indécence! alors qu'elle peut dire toutes les insanités, et les blasphèmes possibles!

mais il semble que paradoxalement , le dicton:" nul n'est prophète chez lui", marcherait encore dans cette situation!

belle brise!





 Réponse N°4 25362

Je me demande
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 18-07-12 à 12:49



L’art populaire, quand c’est de l’art, est le miroir d’un peuple civilisé et il a comme fonction de civiliser. J’ignore si ce qu’on appelle l’Aita et Lmarsaoui sont issus d’un peuple civilisé et s’ils ont contribué à le civiliser. Quatre décennies, et partant quatre générations, dit-on, dominées par Al Haja El Hamdaouia, ont-elles conçu une génération civilisée par comparaison à la génération d’avant Al Haja El Hamdaouia ? Je me le demande. Mais la réalité laisse semer des doutes.





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