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 Par jamal adib  (?)  [msg envoyés : 206le 02-08-10 à 18:27  Lu :2322 fois
     
  
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Journal d'un fumeur pendant Ramadan
Ramadan est à nos portes. Son avènement coïncide cette année avec les vacances estivales où la canicule bat son plein. Quelques amis m'ont conseillé de profiter de ce mois de piété pour fourbir mes armes contre le tabac. En vérité, ça fait trois ans que je me défends bec et ongles pour effectuer le sevrage mais toutes mes tentatives étaient couronnées d'échec. Ce n'est pas une sinécure de se débarrasser d'une habitude à laquelle on s'est longtemps acclimaté.
Fumer massivement le long de onze mois et s'arrêter à l'improviste ; c'est comme le fait de conduire une voiture à une vitesse vertigineuse et passer directement au point mort.
Le premier jour du Ramadan
Je me suis réveillé à 15h. J'éprouvais une soif intense. J'ai failli tendre la main vers une bouteille d'eau qui gisait à côté de moi pour me désaltérer mais je me suis rendu compte que c'était interdit car j'étais à jeun. Je remuai mes lèvres en guise de malédiction à l'encontre de Satan qui guette toute mégarde de notre part, nous les communs de mortels, pour nous dévoyer. Je demeurai cloué dans mon lit pendant un laps de temps et je détournai mes yeux vers une horloge accrochée au mur d'en face, et contre mes attentes, il me semblait que les pendules n'ont pas bougé d'un iota. Des expressions d'abattement se dessinèrent sur mon visage. J'étais écartelé entre deux envies opposées: reprendre le sommeil jusqu'au coucher du soleil ou me lever pour vaquer à quelques préoccupations pour tromper l'ennui.
Des coups sur la porte de ma chambre vinrent m'arracher de ma torpeur. C'était ma mère qui m'interdisait de prolonger mon sommeil sous peine de gâcher mon jeûne. Je n'ai pas répondu en me contentant d'un signe affirmatif de ma tête en guise d'approbation. Ma langue refusait de se délier car j'étais à court de nicotine qui, de coutume, excite mes cellules nerveuses en tant qu'un fumeur chevronné.
Je me suis levé et me suis dirigé vers la salle de bain. J'ai pris une douche à la hâte et je me suis longtemps débarbouillé le visage pour me débarrasser de ma langueur.
La vue d'un paquet de cigarettes entamé dans un coin du bureau a profondément affaibli ma volonté de tourner la page cinglante de ma dépendance au moins pendant cette période sacrée. J'étais quasiment sûr que les recommandations de mes camarades restent comme un coup d'épée dans l'eau. Jamais je ne pourrai tenir ma promesse envers eux. J'enfilai mes babouches, ajusta mes lunettes de soleil, porta des grilles de sudoku que je n'avais pas oublié d'imprimer et mis le cap vers un endroit dans les périphéries de notre petit patelin.
Mes lunettes me permirent de dévisager les gens sans qu'ils ne s'en rendent compte. Un coléreux passa près de moi, il tenait dans sa main un sac plein de melons et un autre où émergeaient "des accessoires alimentaires" pour embellir la table de repas après l'annonce par le muezzin de la fin de l'interdiction qui se taille une grande part de la durée de la journée du jeûne. Il était de mauvaise humeur. Je lui cédai le passage en baissant les yeux car je ne voulais guère provoquer une querelle avec quiconque. Je me suis toujours demandé s'il y avait une corrélation entre le mois de Ramadan est la colère. Une question qui demeure sans réponse jusqu'à présent. Une série de mots obscènes prononcé par l'homme trouvaient leur chemin préludé vers mes oreilles. Je fis mine de ne rien entendre en poursuivant avec de pas vacillants mon chemin car l'effet du jeûne était très flagrant sur mon allure asthénique.
Des passants me regardaient avec admiration, ils pensaient peut-être que j'ai rechigné de lui répondre du tac au tac car je lui tolérais son état de jeûne, mon comportement illustrait pour eux un esprit imbu d'indulgence pour l'amour de ce mois sacré.
Le long d'un trajet pour déboucher sur un sentier qui menait vers ma destination, j'assistai à plus d'une altercations et disputes où les insultes prononcées étaient largement suffisantes pour torpiller l'objectif du jeûne que chaque croyant doit atteindre derrière sa quête de miséricorde divine. On dirait des chiens qui restent toute la journée affamés et assoiffés en attendant le soir pour aller manger et se désaltérer.
Je m'arrêtai à proximité d'une bande riveraine et je me mis à remplir la première grille. C'était vraiment un casse-tête. Un certain bourdonnement dans ma tête accompagné aussitôt d'un gargouillement d'estomac me signalaient que mon asthénie était à son paroxysme. Je maudis le jour où j'ai songé tenir entre mes doigts une cigarette. " Je dois mener un régime draconien ! " me suis-je dit.
A suivre
Prof Jamal - Durée: 2h
N.B: Je ne suis pas fumeur. Je veux seulement retracer le quotidien d'un fumeur pendant le mois sacré de Ramadan. Si quelqu'un parmi vous est fumeur, il pourra brosser un tableau très expressif plus que le mien. Comme vous le savez, celui qui souffre s'inspire de son calvaire pour transmettre éloquemment aux autres son expérience.
J'invite mon cher Idoubia à me faire un commentaire.

  



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 Réponse N°1 5722

Cesser de fumer par thérapie...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 02-08-10 à 21:06

Salut cher Jamal,

Votre texte sur la dépendance est plus qu'éloquent. Il fait référence à plus d'une souffrance pour les fumeurs qui se trouvent dans une situation de privation.

Ce que vous avez écrit est le reflet de la simple réalité d'une catégorie de personnes qui ont pris la mauvaise habitude de fumer.

Et puisque vous avez soulevez un sujet que je trouve intéressant, voilà une solution simple pour se débarrasser du fléau du Tabacs dans notre pays, voire dans le monde...

Vous savez que des centaines de millions d'individus meurent chaque année dans le monde à cause du tabagisme? Cette réalité tout le monde la connaît, depuis les grandes firmes internationales spécialisées dans la production du tabac, en passant par les États, pour arriver même dans tous les foyers: tout le monde sait que la nicotine tue!

Mais que propose-t-on pour lutter contre ce fléau qui touche presque toutes les familles dans le monde?

- Certes, il y' a des associations de sensibilisation et elles jouent un rôle important dans la lutte anti-tabac. Mais leurs actions sont-elles suffisantes? La réponse est malheureusement négative. Car les statistiques sont formelles: le taux des fumeurs est toujours en hausse et le taux des décédés à cause du tabac l'est aussi.

Maintenant, qu'est ce que je suggère: en plus des publicités anti-tabac et des compagnes de sensibilisation, notre façon de voir la cigarette et le fumeur doit changer!

En effet, le fumeur doit être vue comme un malade! Oui, un malade sous la dépendance! Au lieu de lui demander de lutter contre sa dépendance tout seul, il faut l'aider! La cigarette pour lui, au lieu qu'elle soit une source de maladie, elle doit devenir une source de guérison! Oui une source de guérison!

Comment?

Puisque la cigarette contient de la nicotine, celle-ci soulage la personne sous la dépendance! Mais pour se jouer de cette dépendance, il faut une stratégie à moyen ou à long terme, en fonction de la dépendance de chaque fumeur...

Il y' a des fumeurs qui fument deux paquets de cigarettes par jour! Alors qu'en réalité, leur corps ne demande que 15 cigarettes par jour...Commençons par leur inscrire une ordonnance leur indiquant le nombre exact de cigarettes à consommer par jour pour répondre leur besoin en nicotine!

Il y' a des fumeurs qui fument un paquets de cigarettes par jour! Alors qu'en réalité, leur corps ne demande que 10 cigarettes par jour...Commençons par leur inscrire une ordonnance leur indiquant le nombre exact de cigarettes à consommer par jour pour répondre leur besoin en nicotine!

Et ainsi de suite...

Donc, ce qu'il faut faire, c'est se comporter avec le fumeur comme un malade qui doit normalement aller visiter le médecin pour trouver une solution à sa maladie: une solution préventive contre le cancer! C'est le médecin qui doit lui prescrire une ordonnance indiquant avec précision la dose en nicotine qu'il doit consommer pour lutter contre sa dépendance!

Au lieu d'incriminer le fumeur, aidons-le!

Cela aura un objectif thérapeutique pour la personne dépendante...Le but est d'aller étape par étape pour lutter avec douceur mais efficacement contre le fléau du tabagisme:

- Le fumeur doit impérativement se voir comme un malade qui doit lutter contre sa maladie!

- Le non fumeur doit impérativement voir le fumeur comme un malade et que la cigarette risque de le tuer s'il ne la consomme pas comme un médicament: un médicament qui devient une poison s'il n'est pas consommé avec modération!

Combien de fumeurs décident d'arrêter de fumer mais par la suite devient un as du cigarette?! Car au lieu de se considéré comme un malade, il se voit comme un exclu de la société et un banni!

Combien sont les fumeurs qui cessent de fumer pendant la période du jeun mais consomme à outrance la cigarette dès que le mouden annonce la rupture du jeun!!!

J'ai vécu une très mauvaise situation il y' a quelques années cette situation absurde: j'ai fais le trajets Titouan-Casa: j'ai du avec un ami faire la rupture du jeun une heure après le dépars vers Casa. Personne ne fumait pendant cette heure avant la rupture. Mais après, le car est devenu un fumoir! Je me suis demandais: sommes-nous des musulmans? Les personnes qui fument à outrance respectent-ils la dignité humaines? - Car il y' avait des femmes et des enfants et des hommes non fumeurs!!!

C'est à partir de cela que j'ai eu cette idée pour la cigarette thérapeutique...

Le but, c'est que les jeunes - potentiels fumeurs- doivent considérer la cigarette comme une maladie qui s'attrape et non comme un moyen d'imiter les adultes fumeurs...Car si la société considère le fumeur comme un malade qui se soigne, qui doit visiter le médecin et se procurer la cigarette dans les pharmacies, ils vont considérer la cigarette comme un moyen de devenir dépendant, donc malade!

Oui, cher Adib, pour lutter contre un fléau d'ordre mondial, il faut des idées nouvelles: simples mais efficaces!

Prenons l'exemple d'un pays comme les Pays-Bas: vous savez que dans ce pays, une dose du cannabis est légale?

Ce pays parait d'un point de vue hâtif favoriser la drogue...mais après une mûre réflexion, il s'avère qu'il est loin d'encourager l'intoxication et la dépendance. Dans ce pays, la légalité est une façon de contrer la clandestinité et le trafique: au lieu de lutter contre un fléau très répandu dans la société par la répression, le gouvernement s'est jouée des trafiquants pour diminuer les méfaits de la drogue sur la population: désormais, les lieux de consommation sont connus, les consommateurs, les associations de sensibilisations contre toutes les formes de drogues sont eux aussi connus. La société travaille ensemble pour lutter contre une maladie qui se propage comme une trainée de foudre...

Prenons l'exemple de la lutte anti-alcool aux États-Unies. Dans les années trente, beaucoup d'États d'Amérique ont promulgué des lois contre la vente et la consommation de l'alcool. Le résultat était catastrophique! Au lieu de baisser le taux des alcooliques, celui-ci est monté en flèche! Pourquoi? Parce que tout ce qui est interdit est demandé, parce que tout ce qui est interdit trouve le circuit de la clandestinité! C'est une règle générale!

Après la libération de la consommation de l'alcool aux États-Unies, accompagnée de mouvements de sensibilisation anti-alcool, le taux de consommation de l'alccol a baissé considérablement...Et la consommation est devenue très modérée car elle n'est pas punie!

Qu'est-ce qu'il faut comprendre de tout cela? C'est que seule l'approche préventive est à même de lutter efficacement contre le tabagisme et l'alcool dans tous les pays...

Le buveur est un malade et doit se considérer comme un malade, et doit voir sa dépendance comme un maladie à soigner: au lieu de lui dire: " C'est ton problème! tu aurais dû ne pas toucher à l'alcool", il faut lui dire: " L'alcoolisme est une maladie qui se soigne! Mais à long terme! Votre dépendance est normale: au lieu d'entrer dans une guerre perdue d'avance, il vaudrait mieux trouver ta dose exacte, prise sous prescription médicale, afin de la diminuer par la suite: une année de travail thérapeutique et de consommation rationnelle suffisent pour éliminer cette dépendance et pour toujours!!

Au lieu de lui dire: " ta présence est dangereuse pour tout le monde...", il faut lui dire: "ta situation de dépendance est un fait! Mais la façon d'y trouver une solution est aussi un autre fait! Car la guérison est à ta portée!"

L'alcool comme le tabac doivent donc être vendus dans les pharmacies, comme des médicaments!( Car nombreux sont les personnes dépendantes qui veulent décrocher mais qui finissent par tomber dans l'excès, avec les conséquences que nous connaissons...)

- Que pensez-vous de tout cela M.Adib?





 Réponse N°2 5725

Solutions très efficientes
  Par   jamal adib  (CSle 02-08-10 à 23:58

Bonsoir cher Rachid.

Merci pour la célérité avec laquelle vous avez répondu à ma demande. J'approuve tout ce que vous avez avancé. Votre commentaire recèle de solutions très efficientes. Je vais essayer avec un proche qui est tombé dans le cercle vicieux du tabagisme.





 Réponse N°3 6852

Le Tabac est un vrai danger
  Par   Wahbi Mouna  (CSle 17-10-10 à 23:46

Désolée parce que j'ai commenter sans invitation!

mais c'est un sujet très important et j'ai envie d'en participer, il y a des milliers de fumeurs qui ont ce problème, et on peut voir bien ça pendant le Ramadan quand les fumeur attendent à chaud le couchez du soleil pour satisfaire leur besoin de cigarettes mais le pire c'est qu'ils sont très nerveux pendant la journée, parfois incapables de passer la journée sans faire la guère avec n'importe qui, et on peut observer ça à partir du nombre extraordinaire des accidents. J’espère qu'ils essayent à se débarrasser de ça,et Que Dieu leurs aide à faire leur maximum possible!

Merci beaucoup pour se sujet Mr jamal adib. Vous avez fait une magnifique rédaction




 Réponse N°4 7429

Tabagisme /Adolescence
  Par   landri mohammed  (CSle 06-12-10 à 15:33

Le tabac , pour moi Ramadan ou pas Ramadan , est l'ennemi public n°1 surtout chez les adolescents. En effet plus tot on commence et plus vite on devient esclave invétéré de la nicotine. les grandes sciétés qui fabrique ce poison voire ce suicide à petites doses l' ont compris très tot. ainsi déploient ils des efforts considérables pour attirer ces nouveaux consommateurs "en herbe" . Chez l'adolescent la tentation est énorme : le jeune a envie d'épater les ami(e)s , en croyant qu'il se donne une contenance , l'adolescent se croit aller à l'encontre des recommandatoions des parents ou de tout autre adulte , le besoin de se sentir grand voire indépendant .




 Réponse N°5 11838

l'enfance
  Par   Wahbi Mouna  (CSle 29-05-11 à 13:32



Les erreurs des grands sont surement reliés à l'adolescence ou plutôt à l'enfance! l'enfance est la période la plus basique dans l’élevage de quelqu'un, puisque c'est là où il doit se préparer par ses parents en 1er degré et faire tous "les vaccins" dont il aura besoin dès son adolescence! mais l'adolescence reste toujours la phase la plus critique et la plus dangereuse; on a besoin de prouver son existence.. qu'importe la façon utilisée, et c'est comme ça que plusieurs ados se dirigent vers le tabac et parfois vers des drogues plus graves s'ils ne sont pas bien encadrés! mais ça n'implique que c'est impossible de se rétablir!





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