1ère bac :étudier l'incipit d'un roman autobiographique

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 26-10-11 à 21:41  Lu :6229 fois
     
  
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Professeur : Boualem Mhamed
Etablissement : Nadil Al Hachim

Semestre premier



  • Module : I
  • Séquence : 1 « Étudier
    l'incipit d'un roman autobiographique »

  • Activité : T.E.C

  • Durée : 1heure
  • Public cible : 1ère
    année du baccalauréat, option lettres.

  • Support : Quelques genres autobiographique

  • Sous-Compétence : -Reconnaître
    quelques genres proches de l'autobiographie





  • Capacités visées : -Reconnaître les
    caractéristiques des mémoires et du journal intime


-Produire un essai de mémoires et du journal
intime

Méthodologie :


Phase théorique :


« Les élèves devraient effectuer des recherches sur le
sujet »



Questionnement :

Quelle est la définition de l'autobiographie ?

Selon Philippe LE JEUNE, l'autobiographie « est un récit
rétrospectif de sa propre existence » LE JEUNE PHILIPPE, Le
pacte autobiographique, seuil Paris, 1973

Quelles sont les caractéristiques de l'autobiographie ?



  • La 1ère personne : Je/Nous

  • Auteur =narrateur= personnage principal

  • Récit au passé commentaires au présent


Connaissez-vous d'autres genres proches de
l'autobiographie ? Lesquels ?

Mémoires, journal intime, correspondances, autoportrait…

Quelles sont les caractéristiques du journal intime ?


Un journal intime (ou personnel) est un écrit qui
aborde généralement les sentiments, pensées et aventures intimes
de son auteur. Il a la particularité d'être rédigé régulièrement,
souvent à un rythme quotidien, et ses entrées sont datées. Il peut
ainsi relater des périodes variées de l'existence : maladie,
travail, guerre, deuil, amours, problèmes familiaux ...



Indices (La date et le moment de la journée), il peut être édité
si la personne est célèbre.

Quelles sont les caractéristiques des Mémoires ?

Dans les Mémoires, l'auteur raconte sa propre vie mais en
axant son récit sur des faits historiques auxquels il a assisté en
qualité de témoin ou pris part en tant qu'acteur. Les Mémoires
permettent donc à celui qui les compose de mêler vie privée et
vie publique mais en donnant plus de relief à la seconde. .
L'auteur emploie ce biais pour apporter son propre témoignage et
éclairage sur une période historique déterminée


Phase pratique :


Exercice d'application



Écrivez un exemple de récit autobiographique de 3 à 4
lignes pour chacun des genres ci-dessus ?

Journal intime :
Le 18/10/2011 à 11h23


C'est le jour, le PC que j'avais au préalable commandé,
m'est livré. Il contient tout ce dont j'avais besoin. Je viens
de l'allumer et il marche à merveilles. Je suis très excité(e) !
Je ne trouve pas les mots pour exprimer mes sentiments.


Les mémoires :


J'étais juste sous Lieutenant à l'époque, à faire le sal
boulot. Un jour, nous avons été renseigné d'attaquer la région
Est de l'ennemi. Les soldats sont prêts, excités de tuer sans
prévoir ce que nous attendait dans l'autres zone. Un certain
capitaine nommé, Paul, se prépare pour la grande bataille…



  • Rédaction (de 10 min à 12)


  • Lecture des productions des élèves


  • Rédiger ensemble des exemples


  • Phase d'affinement



  




 Réponse N°1 15006

ce qu'il faut voir dans un roman autobiographique
  Par   ziani anwar  (CSle 08-11-11 à 21:36



Par : Ziani Mohamed Anwar

Les deux rôles du discours : donner le psychomoteur qui déclenche le retour vers le passé.

Monter le fonctionnement et le déroulement du travail mnémonique.

La boite à merveilles roman autobiographique qui regroupe à la fois réalité et imagination, ici le genre n’est pas un choix pour l’auteur, car il est né d’un besoin profond dont l’extériorisation nécessite un travail mutuel entre l’imagination et l’autobiographie. L’auteur ne peut pas respecter le pacte autobiographique puisqu’il ne va pas se contenter de raconter sa vie mais de revenir au passé pour intervenir dans celle-ci et c’est là tout le pouvoir de l’imagination.

L’incipit joue ici plusieurs rôles chronologiquement liés au processus du rebours mnémonique vers le passé

Le soir, quand tous dorment, les riches dans leurs chaudes couvertures, les pauvres sur les marches des boutiques ou sous les porches des palais, moi je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids. Ma solitude ne date pas d’hier.

L’incapacité de dormir est relative au psychomoteur qui est ici non pas seulement la solitude mais le poids de la solitude. Autrement dit la solitude devient un sentiment lourd à cause de l’accumulation temporelle. « Le soir » comme indication temporelle nous renvoie vers deux interprétations : l’article définit « le » semble lier le « songe » au soir. D’une autre manière chaque soir pour le narrateur est un temps de songe et de pensée profonde. La réflexion est alors un mouvement répété chaque nuit et le présent utilisé donne un caractère de vérité générale et de répétition à cette situation de songe. Mais face à cette interprétation on trouve une autre. « Le soir » désigne en réalité le soir type, c’est le temps limite où le narrateur ne peut résister à ce vieux sentiment de solitude qui s’accumule et s’alourdit à travers le temps. « Le soir » est ce temps où le narrateur adulte ne peut garder en silence ce vide qui est en lui, il n’a plus le pouvoir d’en maintenir le poids immatériel. Ce qui soutient cette interprétation c’est l’expression « ne date pas d’hier » expression qui pose « le soir » dans ce discours destiné aux lecteurs comme étant unique à un « hier » qui ne suffit pas à expliquer l’origine de la solitude. Le poids immatériel ne peut s’alléger que par la narration et le pouvoir de la parole à extérioriser les images de la mémoire. Ce paragraphe nous informe alors sur le psychomoteur ou le moteur psychologique qui déclenche le processus du retour vers un passé lointain« qui ne date pas d’hier » le retour ici peut être qualifié de forcé puisqu’il est lié à l’absence du sommeil pour le narrateur adulte. On peut dire alors qu’on est devant un sentiment incontrôlable que seule la parole peut guérir.

Je vois, au fond d’une impasse que le soleil ne visite jamais, un petit garçon de six ans, dresser un piège pour attraper un moineau mais le moineau ne vient jamais. Il désire tant ce petit moineau ! Il ne le mangera pas, il ne le martyrisera pas. Il veut en faire son compagnon. Les pieds nus, sur la terre humide, il court jusqu’au bout de la ruelle pour voir passer les ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison et attendre l’arrivée du moineau qui ne vient pas. Le soir, il rentre le cœur gros et les yeux rougis, balançant au bout de son petit bras, un piège en fil de cuivre.

Ce paragraphe s’ouvre par un regard portant vers l’intérieur « je vois ». C’est le regard porté vers la mémoire moyen de visualisation du passé sous forme d’images. Le paragraphe décrit un petit garçon qui désire attraper un petit moineau. La force de l’image nous renseigne sur l’état du garçon qui porte premièrement sur l’absence d’amitié recherchée ailleurs. Une amitié complètement différente de celle des autres garçons de son âge. Le « moineau »ici symbolise l’amitié inaccessible tant recherché par le petit garçon. Cette image du garçon s’achève sur un triste échec. L’échec ici semble être lié non pas uniquement à la nature d’amitié difficile que veut entreprendre le garçon avec le moineau mais surtout avec cet espace inadéquat ; cette « impasse que le soleil ne visite jamais » et avec tout ce vocabulaire de noirceur qui jonche l’espace et le rend non viable. Ce caractère sombre donne aussi à l’image un caractère flou. En fait le récit n’a pas encore entamé son voyage car on est encore dans le présent de l’énonciation ce qui fait de cette image le premier contact avec la mémoire. Une image non pas du commencement de l’histoire mais pour résumer en quelque sorte ce lien sentimental avec la passé qui se concrétise ici avec l’image du petit garçon de l’impasse et du moineau trois éléments représentant respectivement le moi, les limites du réel et l’inaccessible imagination qui reste pourtant l’amie fidèle tant recherchée. Ce paragraphe établit en réalité l’espace de rencontre et de retrouvailles entre le narrateur enfant et le narrateur adulte. C’est un espace transitoire, une passerelle du « je » adulte vers le « je » enfant. Le « il » imite ici ce dédoublement de l’image, le narrateur adulte qui prend contact avec sa mémoire et se regarde pour la première fois. La distinction entre le « je » adulte et le « il » garçon vers le « je » enfant reflète ce passage vers l’enfant dans une rencontre mnémonique. La mémoire est ici l’espace de rencontre. Chose qui veut dire ici qu’il ne s’agit pas d’un retour simple vers le passé pour relater des événements mais il s’agit bel et bien d’une rencontre où le discours de l’un et le récit de l’autre auront chacun un rôle double à jouer. L’espace mnémonique est alors un espace curatif ; un espace de réconciliation et d’effort mutuel des deux narrateurs

Les fonctions du récit :

Nous habitions Dar Chouafa, la maison de la voyante. Effectivement, au rez-de-chaussée, habitait une voyante de grande réputation. Des quartiers les plus éloignés, des femmes de toutes les conditions venaient la consulter. Elle était voyante et quelque peu sorcière. Adepte de la confrérie des Gnaouas (gens de Guinée) elle s’offrait, une fois par mois, une séance de musique et de danses nègres. Des nuages de benjoin emplissaient la maison et les crotales et les guimbris nous empêchaient de dormir, toute la nuit.

Je ne comprenais rien au rituel compliqué qui se déroulait au rez-de-chaussée. De notre fenêtre du deuxième étage, je distinguais à travers la fumée des aromates les silhouettes gesticuler. Elles faisaient tinter leurs instruments bizarres. J’entendais des you-you. Les robes étaient tantôt bleu-ciel, tantôt rouge sang, parfois d’un jaune flamboyant. Les lendemains de ces fêtes étaient des jours mornes, plus tristes et plus gris que les jours ordinaires. Je me levais de bonne heure pour aller au Msid, école Coranique située à deux pas de la maison. Les bruits de la nuit roulaient encore dans ma tête, l’odeur du benjoin et de l’encens m’enivrait. Autour de moi, rôdaient les jnouns, les démons noirs évoqués par la sorcière et ses amis avec une frénésie qui touchait au délire. Je sentais les jnouns me frôler de leurs doigts brûlants ; j’entendais leurs rires comme par les nuits d’orage. Mes index dans les oreilles, je criais les versets tracés sur ma planchette avec un accent de désespoir.

La question qui se pose dans ce niveau là c’est qu’elle est l’utilité de ce troisième paragraphe. Il s’agit bien sur du commencement du récit mais s’agit il du commencement de l’histoire ? Est ce qu’il présente les personnages ? Est-ce qu’il donne des informations sur l’espace ? S’agit –t-il de l’incipit ? En fait le début de l’incipit est le dernier paragraphe qui décrit les personnages et dar Choufa. Alors à quoi sert ce paragraphe ? En réalité le narrateur ne veut pas parler de la Choufa ou des fêtes réalisées au patio. C’est l’analogie avec la situation du départ, celle du narrateur adulte car remarquez avec « Les lendemains de ces fêtes » ici le narrateur ne parle pas d’une seule nuit mais de plusieurs nuits. La Chouafa fait une fête une fois chaque mois et le narrateur enfant assiste toujours en regardant de « sa fenêtre au deuxième étage » mais quel est le point commun entre toutes ces nuits car c’est là le vrai sujet de ce paragraphe : le commun ici relève de trois chose : les crotales et les guimbris nous empêchaient de dormir, toute la nuit. Les lendemains de ces fêtes étaient des jours mornes, plus tristes et plus gris que les jours ordinaires.

Trois éléments expliquent l’usage de ce paragraphe premièrement les fêtes se font la nuit deuxièmement l’impossibilité de dormir et troisièmement ce sentiment de peur de tristesse et de solitude. Si on compare ces trois éléments, on trouve qu’ils sont identiques avec la situation du départ du narrateur adulte. Le narrateur adulte à cause ou grâce à sa situation du début est renvoyé à une situation semblable. Du soir et ce sentiment de solitude qui l’empêche de dormir à sa fenêtre au deuxième étage où le narrateur adulte partage la même situation avec la narrateur enfant devant sa fenêtre au deuxième étage. A vrai dire c’est le sentiment de solitude, son poids lourd et l’absence du sommeil qui provoque le retour or la mémoire travaille toujours par analogie par rapprochement d’images d’odeurs ou de sentiment pour lier le présent au passé.





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