Lycée Sidi Mohamed Ben AbdellahConcours dictée (poésie)
Année scolaire 2009- 2010
Cinquième session.
Qui dit que les poètes meurent?!
Objet: Organisation du concours annuel d'orthographe dans sa cinquième session.
Présentation:
Dans le cadre des activités de soutien scolaire, l'équipe pédagogique de la langue française organise son concours annuel d'orthographe.
Description du concours:
Il s'agit d'un concours formatif d'orthographe, dont le but premier est pédagogique et éducatif. Il vise le contrôle de la maîtrise des règles de la langue française ainsi que la stimulation de l'intérêt vis-à -vis de cette langue.
NB- Il ne s'agit donc pas de venir avec un texte puisé n'importe où pour le donner aux élèves, mais de leur offrir l'occasion de se préparer (pourquoi ne pas apprendre par cœur les huit sonnets) et d'arriver avec un bagage sur lequel ils seront testés: c'est dans cet esprit que je parle de "concours formatif de la dictée...
Organisation:
Le dit concours s'étale sur deux périodes, la première regroupe une centaine de candidats, dont il sera pris une trentaine. La seconde étape tiendra pour vainqueurs les dix premiers finalistes.
Date de passation du concours:
Étape 1: sera le 13 Mars 2010.
Étape 2 sera le 2à Mars 2010.
NB
Un concours annexe sera donné pour les élèves: il s'agit de la traduction des poèmes en arabe classique et en Amazigh, après qu'il leur soit donné la traduction en arabe dialectal des huit poèmes. L'objectif est d'essayer de marier quatre langues: L'Amazigh, les deux arabes: classique et dialectale et le français...
NB- Pour plus d'information, rendez-vous chers collègues, au projet 2 pour voir la version Word du projet.
NB- Demain, je vais éditer aussi les dossiers des autres concours (le compte rendu ainsi que les différentes manières d'opérationnaliser le concours, qui est devenu un rituel annuel)
Un Credo : Le travail, rien que le travail, pour le travail et pour l’amour du travail !
Sélection de sonnets à le hommage au grand poète lyrique: Pierre de RONSARD.
Comme on voit sur la branche
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose;
La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeur;
Mais battue, ou de pluie, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendres tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.
Amours, 1560.
Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
"Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle."
Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre, et fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
Sonnet à Hélène (1578)
Je n'ai plus que les os
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.
Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,
En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
P. RONSARD, Derniers Vers, 1586 Sonnet à Marie
Je vous envoie un bouquet, que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies,
Qui ne les eut à ces vêpres cueillies,
Tombées à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain,
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de temps, seront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.
Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame,
Et des amours, desquelles nous parlons
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle :
Donc, aimez-moi, cependant qu'êtes belle.
Pierre de Ronsard
Phase Finale
Sonnet à Marie
Je vous envoie un bouquet, que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanouies,
Qui ne les eut à ces vêpres cueillies,
Tombées à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain,
Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries,
En peu de temps, seront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.
Le temps s’en va, le temps s’en va ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame,
Et des amours, desquelles nous parlons
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle :
Donc, aimez-moi, cependant qu’êtes belle.
Pierre de Ronsard
Amourette
Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D'ambre et de musc, baiser d'une Déesse.
Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l'embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d'un coup me guérit et me blesse.
Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour cette voix, dont le beau chant m'étreint
Si fort le coeur que seul il en dispose.
Je veux mourir ès amoureux combats,
Soûlant l'amour, qu'au sang je porte enclose,
Toute une nuit au milieu de tes, bras.
Premier livre des Amours
Je voudrais bien richement jaunissant
Je voudrais bien richement jaunissant
En pluie d'or goutte à goutte descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.
Je voudrais bien en taureau blanchissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quand en avril par l'herbe la plus tendre
Elle va, fleur, mille fleurs ravissant.
Je voudrais bien alléger ma peine,
Etre un Narcisse, et elle une fontaine,
Pour m'y plonger une nuit à séjour ;
Et voudrais bien que cette nuit encore
Durât toujours sans que jamais l'Aurore
Pour m'éveiller ne rallumât le jour.
Premier livre des Amours
Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux
Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux
De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche
De ses cheveux l'or fin qui s'escarmouche
Si gaiement dessus deux petits cieux !
C'est à mon gré le meilleur de son mieux
Que ce bel œil, qui jusqu'au cœur me touche,
Dont le beau nœud d'un Scythe plus farouche
Rendrait le cœur courtois et gracieux.
Son beau poil d'or, et ses sourcils encore
De leurs beautés font vergogner l'Aurore,
Quand au matin elle embellit le jour.
Dedans son œil une vertu demeure,
Qui va jurant par les flèches d'Amour
De me guérir ; mais je ne m'en assure.
Premier livre des Amours
Ni de son chef le trésor crépelu
Ni de son chef le trésor crépelu,
Ni de son ris l'une et l'autre fossette,
Ni l'embonpoint de sa gorge grassette,
Ni son menton rondement fosselu,
Ni son bel œil que les miens ont voulu
Choisir pour prince à mon âme sujette,
Ni son beau sein dont l'Archerot me jette
Le plus aigu de son trait émoulu,
Ni son beau corps, le logis des Charites,
Ni ses beautés en mille cœurs écrites,
N'ont esclavé ma libre affection.
Seul son esprit, où tout le ciel abonde,
Et les torrents de sa douce faconde,
Me font mourir pour sa perfection.
Premier livre des Amours