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Useur de craie et de soi-même
Envoyé par   Marocagreg     le 03-07-09 à 12:54   Lu :407 fois



L'un des membres du site a choisi cette formule comme identifiant. Cette périphrase est censée désigner un professeur, un enseignant. Le professeur se présente alors comme une sorte de bougie qui illumine ce qui l'entoure en consumant sa propre matière, en sacrifiant son capital pour garder jusqu'à l'épuisement total sa chevelure enflammée et lumineuse. A la métaphore de la bougie qui éclaire en s'épuisant et de la craie qui apprend en s'effritant, on peut aussi ajouter celle de la gomme qui répare les erreurs en s'usant.


De toutes ces métaphores, c'est une image assez valorisante de l'enseignant qui se dégage : ce sont les vertus du sacrifice et de l'abnégation qui sont soulignées, mais ça renvoie en même temps à une souffrance : l'image de la craie qui part en poussière est liée à des problèmes de santé, d'allergie, de problèmes respiratoires et de salissement. L'usure de soi n'est pas seulement physique : un enseignant ne laisse pas seulement ses dents dans la classe, mais aussi son confort psychologique, car le métier d'enseignant est indissociable d'un certain stress, comme c'est le cas pour toutes les professions qui exigent un contact permanent avec les autres, surtout lorsqu'il s'agit d'adolescents en mal d'être. Cependant, ce stress n'est pas vécu de la même manière par tous : ça dépend à la fois du caractère de l'enseignant, de sa situation sociale, de son environnement professionnel, de la région où il enseigne, de la matière qu'il enseigne, du niveau qu'il enseigne, de pleins d'autres paramètres. Ce qui est sûr, c'est que certains enseignants savent mieux que d'autres gérer ce stress : la classe qui se transforme pour certains en un trou infernal est pour d'autres un petit coin du paradis.
le sacrifice de soi peut alors soit être vécu comme un moment d'intense plaisir ou, au contraire, comme un traumatisme permanent; mais la question qui se pose est la suivante : l'enseignant est-il encore perçu comme un être qui se sacrifie pour les autres ? Les enseignants vivent-ils eux-mêmes leur travail comme un sacrifice ?




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useur de craie
Envoyé par   Adi lagare     le 07-07-09 à 17:36


Cher marocagreg
Vous ne voyez rien que de mélioratif dans l' expression "useur de craie" et, pourtant, elle n'est guère faite pour flatter l'enseignant.
En référence à la culture marocaine, qui est la nôtre, elle me fait penser aux sobriquets peu flatteurs dont l'enseignant est affublé, depuis quelques années. "Attabachiri" et, au pluriel, "attabachirioun" en est la pire, car elle réduit le travail du professeur à son côté le plus vil, le plus vulgaire et, certainement, en comparaison avec d'autres métiers, le moins pénible.
lorsque le travail de l'enseignant n'est plus que d'inscrire au tableau noir, avec la craie blanche, ce que des manuels parfois bêtes à mourir lui intiment d'écrire, il revient au crétacé, en effet. La craie crétinise l'enseignant (avec mauvais jeu de mots). Certains affichent avec ostentation les salissures à la craie, comme si c'était le gage du bon travail. Or, malgré les bonnes intentions de beaucoup d'enseignements qui remplissent trois ou quatre tableau en une heure, cela n'est en rien synonyme de "bon travail." Le tableau, la craie , la brosse sont des auxiliaires, des outils de travail qui ne doivent occuper que la place qui revient à l'outil et à l'auxiliaire. En faire le nom ou une partie du nom (ou de la fonction) de l'enseignant, c'est leur faire trop d'honneur et trop de tort à l'enseignant.



A propos du staut de l'enseignant
Envoyé par   Esdiri fethi     le 10-07-09 à 16:02



L'enseignant, ou 'Le Roi déchu', semble faire l'objet d'un véritable "complot", si j'ose dire. On le réduit à un simple fonctionnaire. Quelqu'un qui doit mettre en application un programme dont il n'est pas convaincu dans la plupart des cas. On exerce sur lui toutes les formes de pression par le ministère, l'inspecteur, la direction régionale, le directeur de l'établissement où il exerce sa besogne et en fin par l'élève. Et oui car l'élève est aujourd'hui au centre de l'action éducative, dit-on et l'enseignant n'a aucune forme d'autorité sur lui même si l'apprenant l'agresse verbalement ou physiquement. La rémunération qu'il reçoit suffit à peine à satisfaire ses besoins les plus élémentaires. Quant au savoir qu'il transmet, il n'a guère d'importance: Les jeunes ne comptent plus sur l'école pour réaliser leurs ambitions. "Peu importe ce que vous avez en tête, l'essentiel c'est ce que vous avez dans les poches" est la devise de la majorité. C'est le règne de la matière, du matérialisme du capitalisme, de l'or. Tout répond à la loi du marché même le savoir. Les diplômes, et même les prix (littéraires en l'occurrence) ont perdu leurs valeurs scientifique puisque avec l'argent on peut tout acheter. Comment voulez-vous donc que l'enseignant ne soit pas réduit à un "useur de craie et de soit-même". Le mot "useur" ici connote pour moi l'effort inutile qu'il est en train de fournir et dont les résultat de plus en plus médiocres des élèves en font la meilleure preuve.
Loin de dramatiser, le statut de l'enseignant, à nos jours, commence à susciter de vrais soucis.



statut de l'enseignant
Envoyé par   Mogador driss     le 08-01-10 à 21:54


bonsoir,

l'école publique vit de nos jours un marasme patent! cet état de fait a bien entendu des repercussions nefastes sur l'enseignant. Mais au lieu de pleurer sur son sort , de dresser ça et là des états de lieux moroses et désésperants de la fonction, il faut aller de l'avant et tenter de poser les vraies questions.

comment rendre à la fonction de l'enseignant ses titres de noblesse et faire de nos écoles des espaces propices favorisant l'epanouissement de nos élèves?

la reponse est essentiellement politique et appelle une mobilisations de toute les forces vives du pays , pour mener un combat ouvert qui menera vers la citoyenneté en faisant de nos ecoles des espaces democratiques.









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