Priezles morts... ils ne vous entendront jamais.
Depuis que M.Taoufiq,
connu pour son obédience à la zaouia de Berkane et à M. Hamza, est
devenu ministre des affaires islamiques, on cherche, sous prétexte
de combattre le salafisme et le wahhabisme importés d’Orient, Ã
ramener le Maroc à des pratiques paganistes qui reposent sur le
culte du cheikh et l’adoration des squelettes enterrés dans les
innombrables mausolées du royaume. On avance encore une fois
l’exception marocaine et l’importance du soufisme dans la lutte
contre toutes formes d’extrémisme religieux. Si personne ne
conteste la nécessité de contrecarrer le fanatisme religieux et la
préservation des valeurs de la tolérance et de la juste mesure,
cela ne doit pas se faire cependant au détriment des préceptes
islamiques sûrs. On ne peut pas combattre un extrémisme par un
autre, en cherchant à transformer les Marocains en adorateurs de
tombeaux, en régressant aux temps immémoriaux de la période
antéislamique où les païens priaient des statues qu’ils ont
sculptées au lieu de se diriger vers Dieu, l’unique et le
tout-puissant qui les a crées eux et leurs statues. Le vrai soufisme
(mot qui vient de la racine « Souf » = i.e. La laine qui
évoque bien sûr la frugalité du mode de vie propre aux mystiques),
même si l’Islam refuse tout système monastique, cherche Ã
établir un rapport intime avec Dieu et non à mettre des relais (le
Cheikh, le tombeau, le Saint) entre l’homme et son créateur. Le
principe fondateur et l’un des piliers de l’islam est justement
la reconnaissance de l’unicité absolue de Dieu et de Mohammad
comme son ultime prophète et messager qui a complété la religion
et les dogmes. Si le fidèle a besoin d’un cheihk au sens de savant
religieux pour lui apprendre ce qu’il ignore de sa religion, il n’a
pas besoin, en revanche, de ces cheikh qui inventent des inepties et
imposent à leurs sectes de les répéter comme au pays des perroquets. Ce
n’est pas en répétant à longueur de journée « HOUA HOU »
que l’on se rapprochera de Dieu, à moins que ces cheikh savent
mieux que le prophète lui-même. L’islam nous apprend que Dieu est
tout prêt de nous et il suffit de lever les mains pour implorer son
aide et son soutien, pour demander son pardon et sa miséricorde :
c’est désolant de voir des gens se cramponner au tombeau d’un
mort, plus impuissant qu’eux-mêmes, pour demander sa baraka, son
soutien, la solution d’un problème... C’est le summum de
l’ignorance, le vivant qui demande au mort de l’aide, sous
prétexte que ce mort illustre était un saint homme. Or, celui qui
est bon, proche de Dieu, il l’est pour soi-même et non pour les
autres.
Au moment où M. le
ministre des affaires islamiques devrait mettre en place des mesures
pour interdire cette idolâtrie des tombeaux et des saints (morts et
vivants), le voilà qui appelle les savants religieux à réinvestir
les mausolées pour soi-disant contrecarrer les mauvaises pratiques
qui ont lieu dans ces espaces. Or, si M. le ministre voulait vraiment
appliquer l’islam, il aurait demandé tout simplement de raser tous
les mausolées du Maroc, ces lieux où pullulent des familles de
vestales qui encouragent l’idolâtrie pour s’enrichir « sur
les dos » (aux dépens) des ignorants et des malheureux. La
forme archaïque de la Zaouia a fait son temps et aujourd’hui on a
des instituts religieux qui forment des savants et ce n’est pas en
demandant à ceux-ci de rejoindre les tombeaux qu’on va réformer
le champ religieux.