- Travailler plus pour devenir bête
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LEMONDE.FR | 26.02.09 •
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- Le travail intensif peut altérer les capacités mentales. C'est
à cette conclusion qu'aboutit une étude, parue dans la livraison
du mois de mars de The American Journal of Epidemiology. Le
phénomène est d'autant plus préoccupant que le sur-travail est
monnaie courante. "Les longues plages horaires sont communes
dans le monde entier ; dans les Etats membres de l'Union européenne,
entre 12 % et 17 % des actifs ont effectué des heures
supplémentaires en 2001", rappellent les auteurs de l'étude.
Une équipe finlandaise a étudié le cas de 2 200 fonctionnaires
britanniques, âgés de 35 à 55 ans, sur une longue période, entre
1997 et 1999, puis entre 2002 et 2004. Parmi les sondés, 39 % ont
rapporté des horaires hebdomadaires inférieurs à 40 heures, alors
que 53 % ont déclaré un emploi du temps de 41 à 55 heures.
Les résultats montrent que ceux qui travaillent plus de 55 heures
par semaine ont des capacités mentales amoindries par rapport Ã
ceux qui ont une durée de travail hebdomadaire de 40 heures. Ceux
qui avaient une surcharge de travail sont moins bons dans les tests
d'évaluation du raisonnement et du vocabulaire.
RAISONS OBSCURES
Les effets constatés sont par ailleurs cumulatifs : selon
l'étude, plus la semaine de travail est dense, plus les effets
indésirables se font ressentir. Pour parvenir à de tels résultats,
les employés ont été soumis à cinq tests différents. Parmi
ceux-ci, les scientifiques ont soumis à l'échantillon une liste de
vingt mots de une à deux syllabes, en leur donnant deux minutes pour
en retenir un maximum.
Si le diagnostic est désormais établi,
les causes sont plus obscures. Les scientifiques n'ont pas pu
déterminer pour quelles raisons précises la surcharge de travail
affectait les facultés mentales. Ils ont toutefois relevé un
faisceau de facteurs explicatifs, parmi lesquels figurent une qualité
de sommeil inférieure, de la dépression et, d'une manière
générale, une hygiène de vie moins bonne.
Cette étude ne constitue qu'une base de départ pour ceux qui
l'ont réalisée, car, de leur propre aveu, elle demeure limitée.
"La durée de la période d'étude ne semble pas suffisante pour
détecter le déclin des fonctions cognitives en général",
jugent les auteurs. L'analyse, qui prend pour base des
fonctionnaires, "n'est pas représentative de la population
active globale", poursuivent-ils.