DROGUES ET JEUNESSE
AU MAROC : Arrêter l’auto destruction ! (La
Gazette Du Maroc )
Les
multiples conséquences sanitaires, économiques et sociales liées Ã
la consommation des drogues, très répandues parmi les jeunes, que
sont le tabac, le haschich et les psychotropes, sont préoccupantes.
Présentant d’importantes similitudes dans la relation
significative entre consommation régulière et plusieurs maladies
graves, ces substances sont ravageuses et destructrices
d’une jeunesse appelée à relever bien des défis. Les effets
néfastes de ces drogues sont depuis longtemps établis. Il
n’échappe à personne qu’ils sont la cause directe,
sinon les principaux facteurs de risque de nombre de maladies graves
notamment cardio-vasculaires, respiratoires, psychiatriques pour ne
citer que ceux-là .
Presque inconnus, du moins, d’usage très
discret il y a quelques décennies, Leur prolifération a
littéralement explosé au cours des dernières années. La précocité
de la consommation du tabac, souvent tolérée par les tuteurs :
parents, enseignants… voire, encouragée par un laisser-faire,
aussi bien en milieu scolaire que familial, constitue le facteur
majeur de dépendance et la démarche première pouvant
initier à la poly-consommation de ces substances.
Cette
évolution, qui prend de l’ampleur, est relativement récente mais
déjà inquiétante : les consommateurs sont de plus en plus jeunes Ã
expérimenter la poly-consommation cumulant tabac, hachich et
psychotropes. Ils sont de plus en plus nombreux à en faire un usage
régulier. Or l’usage régulier qui en est fait par des adolescents
a plus d’une nocivité : il s’effectue à un moment de croissance
où le système nerveux central est en pleine phase de développement.
La dépendance au seul tabac est déjà particulièrement
inquiétante, cumulée aux autres substances, son usage régulier
conduit inévitablement à une diminution des performances scolaires
et professionnelles et de suite à un désintéressement
vis-à -vis de l’entourage, notamment familial et social.
En
démotivant et en déconnectant l’individu, cet usage
devient un facteur majeur de désocialisation, de
déscolarisation voire de désintégration de foyers
avec les conséquences qu’on sait. Cet usage régulier, faut-il le
rappeler, est également un facteur d’aggravation de beaucoup de
maladies, notamment des psychopathologies évolutives, en particulier
de la schizophrénie dont les patients connaissent des altérations
considérables du comportement avec des épisodes extrêmement
sévères. Ces dangers sont continuellement aggravés par les
changements portant sur les produits utilisés, chaque jour, plus
nocifs et plus destructeurs.
Il devient impératif d’attirer
l’attention des jeunes sur les importants dangers sanitaires et
sociaux liés à cet usage et de faire une priorité de la
médiatisation de cette pandémie. Mieux informer les jeunes, les
enseignants, les parents et au besoin les professions médicales et
paramédicales est à même de permettre d’entamer une lutte contre
cette dépravation. Son éradication étant impossible,
l’ambition est d’en limiter les dégâts. C’est capital.
La population a certainement besoin de disposer d’une information
scientifiquement validée et véhiculée par le corps médical qui
est à même de la crédibiliser. Multiplier les occasions de débats,
pour les médecins et tous les actifs de la société civile. Inviter
les intervenants à informer la population par les moyens appropriés,
notamment la télévision dont le rôle informationnel est
certainement premier.
Les enseignants sont souvent, eux-mêmes,
peu informés sur les moyens à mettre en œuvre pour sensibiliser
leurs élèves et leur faire prendre conscience des conséquences
ravageuses liées à cet usage. C’est à leur intention qu’il
serait souhaitable d’organiser des rencontres d’information
et de formation marquant ainsi la première étape d’une lutte de
longue haleine. L’objectif d’informer ne vise pas
seulement les enseignants, mais la masse des jeunes, les familles, et
surtout les parents qui se trouvent souvent désemparés
lorsqu’il s’avère qu’un de leurs enfants est consommateur de
ces drogues. Les médecins peuvent, à l’occasion de consultations,
repérer l’usage de ces substances et tenter d’en obtenir
l’arrêt, mais tout effort individuel, aussi louable qu’il soit,
risque d’être limité voire vain, s’il ne s’insère pas dans
un cadre de lutte organisé sur le plan local et national.
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