A quoi cela sert-il réellement de connaître la capitale du
Laos, le peuple Ibo ou encore les grands principes zoroastriques ?
Concrètement à rien…C’est sans aucun doute cette affirmation
(dénuée de tout bon sens) qui rend les uns et les autres de moins
en moins enclins à glaner de quoi alimenter leur culture générale
et à n’opter que pour des connaissances pratiques à même
d’aboutir à un emploi. “Nous vivons dans une ère
d’atomisation de la science où chacun tend à se spécialiser
dans une filière ou une autre et n’accorde plus le moindre
intérêt au reste. Paradoxalement avec encore plus de moyens
d’information qu’il y a tout juste trente ans, le niveau de
culture générale des jeunes comme celui des adultes tend à
régresser ” explique Fouad Benmir, sociologue. “Cela fait
plusieurs décennies que l’esprit de synthèse des étudiants
n’est plus vraiment sollicité”, reprend-t-il. “Il y a une
méthode qui prédomine, celle du parcœurisme. Plus besoin
d’essayer d’approfondir son savoir grâce à un effort de
recherche personnel, il suffit tout simplement d’apprendre
quelques données par cœur, parfois sans réellement les comprendre
et de les restituer le jour de l’examen. On prend le pli et des
années après on continue de fonctionner suivant le même schéma.
Ce syndrome du Fqih qui résume en quelque sorte une pratique
commune à tous les étudiants, repose de nouveau le débat relatif
aux failles d’un système éducatif privilégiant d’abord et
avant tout le “gavage-restitution". Il semble dès lors
superflu d’étendre son savoir, puisque chacun sait a priori quel
est le mode d’évaluation qui prévaut dans la majeure partie des
cas.
Filtrage d’infos
Le manque de culture
générale est également le fait d’une sélection conduisant
fatalement au réductionnisme intellectuel. Que de fois ne se
retrouve-t-on pas devant un désintérêt des jeunes (et de bon
nombre d’adultes) face à des informations ou des notions jugées
tantôt trop cosmopolites tantôt trop éloignées de leur réalité.
Cela ne passe pas parce qu’il s’agit de culture française, de
poésie berbère ou d’art japonais (A quoi bon ? Qu’en faire ?).
Professeur de littérature française de second cycle , Zohra
Hmimid, lie le phénomène à l’environnement social. “Hormis
les sujets qui passionnent à l’unanimité (conflit israélo-arabe,
guerre en Irak), les lycéens du public ne manifestent pratiquement
aucun engouement pour des sujets tels que l’art, les courants
littéraires ou philosophiques. Mais à côté, il existe des écoles
privées ou le niveau de culture générale est vraiment épatant.
En général, ces lycéens ont également des parents qui aiment
lire, qui s’intéressent à l’actualité dans sa conception la
plus large et arrivent par la suite à transmettre ces valeurs à
leurs enfants.” Partant de ces observations, faut-il adhérer dans
l’absolu à la théorie selon laquelle les individus sont inégaux
devant la collecte d’information et la constitution d’un bagage
culturel ? Pas tout à fait dans la mesure où les vecteurs
d’informations les plus populaires (Internet et satellite) sont à
la portée des ménages les plus modestes. C’est plutôt l’usage
que l’on en fait qui diffère d’un foyer à un autre et plus
spécifiquement d’une personne à une autre. Les gens sont surtout
inégaux par leurs priorités intellectuelles et l’importance
qu’ils accordent aux connaissances générales.
La
culture n’est pas un luxe mais une nécessité
Il est vrai
que comparée à un savoir pratique ou à un savoir-métier,
l’utilité de la culture générale reste intangible. La preuve en
est qu’il n’est pas attendu d’un médecin de pouvoir vanter à
son patient les avantages de la datation par carbone 14. Seulement…
il se trouve que les admissions à nombre d’écoles se trouvent
également tributaires du niveau de culture générale des
candidats. Conseillère d’orientation au lycée René Descartes de
Rabat, Nora Larab, confirme la chose : «Beaucoup d’établissements
post-bac se basent sur les relevés de notes des étudiants mais
aussi sur les résultats obtenus par ces derniers lors des épreuves
dites de Culture générale». Ces épreuves proposées par les
écoles elles-mêmes peuvent se présenter sous la forme d’une
question d’actualité, d’un quizz ou encore d’un entretien
faisant la part belle à Naguib Mahfoud, le traité de Maastricht
et, qui sait, peut-être aussi à l’affaire Potemkine... Même son
de cloche cette fois ci chez Khadija Boughaba, fondatrice à Rabat
du cabinet de recrutement Invest Rh. «Le fait d’être cultivé
constitue un atout non négligeable lors d’un entretien
d’embauche. Cela dénote une curiosité saine chez le candidat, un
intérêt pour son environnement et une certaine ouverture
d’esprit». Pour elle, le fameux «bon sens de la communication»
recherché par les entreprises chez leurs recrues est une tacite
allusion à leur degré de culture, indépendamment de leur
background académique ou professionnel. «Pour bien communiquer, il
faut d’abord être informé de ce qui se passe autour et ailleurs,
c’est l’évidence même…» affirme-t-elle.
Il y aurait
ainsi bel et bien une sélection un tant soit peu fondée sur le
bagage intellectuel des personnes, quand bien même la chose ne
serait pas toujours formulée ouvertement. Chose curieuse, cela n’a
donné lieu à aucune stratégie du système éducatif, visant à
remédier sérieusement à la tendance observée de nos jours…
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1- Répondez par vrai ou faux et justifiez: a- L’atomisation de la science encourage le savoir encyclopédique. ------------------------------------------------------------------ b- La culture générale est un point fort des nouvelles générations --------------------------------------------------------------------- c- le « gavage-restitution » consiste à reproduire ce qu’on a appris par cœur --------------------------------------------------------- d- L’auteur que croit les individus ne sont pas égaux devant l’accès à l’information et à la culture . ---------------------------- e- la culture générale n’est pas un critère important dans les concours de recrutement----------------------------------------------- 2- Qu’est-ce qu’on entend par : a- le syndrome du Fqih :.................................................................... b- le réductionnisme intellectuel .................................................... c- le bagage intellectuel................................................................... 3- D’après le texte quelles sont les raisons de la déculture générale : ...................................................... 4-Testez votre culture générale : définir en une phrase : a- Laos et sa capitale:.... b- Naguib Mahfoud .... c- l’affaire Potemkine .... d- René Descartes .... e- Traité de Maastricht ................................................................... 5- Cochez la bonne réponse : a- Une bonne culture générale est le signe de : une curiosité malsaine une ouverture d’esprit l’appartenance à une famille riche b- une bonne communication exige : une bonne culture générale une bonne maîtrise de la science un bon emploi 6- relevez dans le texte des synonymes des mots suivants : a- Logiquement :................................... b- inutile................................. c- lacune ............................... d- sauf........................ e- universelles................................... f- sous-entendue................................
7- Production écrite : Que faire pour enrichir la culture générale des jeunes de nos jours ?
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