Par : Sabrina Bardot de Dijon

SYNTHESE SUR HUGO

La Légende des siècles

 

 

©La femme

EVE le sacre de la femme : Mère créatrice = maya

Vénérée en tant que mère comme Marie

La nature reconnaît en elle la première source de vie, la vie qui va naître et non pas la faute.

« Et, pâle, elle sentit que son flanc remuait »

la nature, elle, a la prescience de cela avant Eve. Eve origine des hommes et essence de la femme.

A ce moment là tout l’infini est tourné vers la femme et non vers Adam : c’est tout le contraire de la Genèse.

« mais, ce jouir-là , ces yeux innombrables qu’entrouvre

L’infini sous les plis du voile qui le couvre

S’attachaient sur l’épouse et non pas sur l’époux »

(infini = dieu yeux = dieu donc dieu aussi content de cette naissance : ce n’est pas une faute ; la faute, le péché originel est dans la connaissance  et la conscience de la nudité et non pas dans la procréation et l’acte sexuel comme acte de procréation

comme si « la femme eût apparu plus auguste que l’homme »

MAHAUT

« dame elle a la couronne, et, femme elle a la grâce

Une reine n’est reine sans la beauté »

« Elle est vive, coquette, aimable et bijoutière

elle est femme toujours (…) »

IX « Bruit que fait le plancher »

« car la lumière est la femme et se refuse aux vieux »

la femme est source de lumière parce que source d’amour et de vie chez Hugo

 « je l’aime ; et la lueur que de mon cœur je tire

Je la tire du tien : tu l’aimes aussi, toi »

 cf. Hernani Doña Sol ( dame soleil source de lumière)

 892 « Or, frère, elle serait entre nous une flamme ».

Ruy Blas « Il suffit qu’un éclair de grâce brille en elle

Pour qu’elle soit l’égale à l’étoile éternelle »

Attention à l’érotisation des petites filles de plus en plus fréquente à mesure que Hugo vieillit

« Et le sein de l’enfant, demi-nu, laisse voir*Ce bouton rose, germe auguste des mamelles »

//sacre de la femme : sacre de la petite fille comme promesse de la fécondité.

La femme = figure mythique qui incarne l’amour souvent l’innocence (Eve ,ne sait même pas enceinte) et s’oppose au mal en tant que source de lumière et de chaleur « une flemme entre nous ».

 

©Le grotesque et le sublime

« le crapaud »

« Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie

Grave, il songeait ; l’horreur contemplait la splendeur ».

« le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,

Doux, regardait la grande auréole solaire ;

Peut-être le maudit se sentait-il béni ;

Pas de bête qui n’est un reflet d’infini »

Cf. le poème sur l’araignée et le serpent où Hugo dit qu’il faut aimer les choses viles.

« Pas de monstre chétif (…)

Qui n’ait l’immensité des astres dans les yeux »

« L’animal avançant lorsque l’homme recule »

cf. l’âne qui est sage. Celui du crapaud comme « <Dieu invisible au philosophe ».

Ruy Blas «  ver de terre amoureux d’une étoile ».

 

©L’âne

sage contrairement à l’idée reçue que combat Hugo aussi en aimant les choses viles ; aiment l’araignée et le serpent parce que les autres ne les aiment pas.

 

©Les enfants

Ange et innocence

Isora de Final

« Et ses beaux petits bras ont des mouvements d’ailes »

elle est saluée par « les anges »

L’Infante « son œil éclaire et son nom prie ».

Mais déjà on sent que l’infante n’est plus l’enfant innocente qu’est Isora parce qu’elle veut que tout soit sous ses ordres. Hugo = enfant qui est dans « Maintenant » autre déchéance

« J’étais enfant, j’étais petit, j’étais cruel » ( et paf, un rythme ternaire)

Isora du côté des anges, L’infante du côté de l’homme ( même ambition), Hugo du côté du diable.

 

 

©Dieu

« (…) et la clarté

Brillai sereine au front du ciel inaccessible

Etant tout ce que Dieu peut avoir de visible »

Sacre de la femme

Dieu partout = principe de vie, essence de vie mais pas allégorisé. Même comme œil suit Caïn c’est pas dieu c’est conscience qui est visible comme principe de châtiment divin

« Un dans Tout, Tout en Un »

lettre du 31/07/1867 « je ne suis pas panthéiste. Le panthéiste dit : tout est dieu. Moi je dis :Dieu est tout »

la deuxième voix du «  Seuil du gouffre » «  car tout est l’unit » » « tout se confond dans tout » «  et sais-tu ce que dit l’abîme ? UN ».

préface Hugo a voulu écrire « Une espèce d’hymne religieux à 1000 chapitres ‘ ( comme genèse !) ayant dans ses entrailles une foi profonde et sur son sommet une haute prière ».

Bowman : Hugo crée sa propre théologie

Association à la lumière seul élément visible de dieu, « la clarté » le « rayon »

« Et la lumière était faite de vérité ».

 

 

©L’écrivain

« Peuples ! Ecoutez le poète !

Ecoutez le rêveur sacré !

Dans votre nuit, sans lui complète,

Lui seul a le front éclairé.

Les temps futurs perçants les ombres,

Lui seul distingue en leurs flancs sombres

Le germe qui n’est pas éclos ! »

 

Ballanche :

Le poète « domine de haut l’époque où il vit, et l’inonde de lumière : l’avenir est aussi dans sa pensée ; il embrasse, dans un seul point de vue, toutes les générations humaines ; et la cause intime des événements dans les secrets de la Providence »

Essais sur les institutions sociales 1818

 

 

©Le progrès

La progrès = une vraie religion

Renan « J’éprouvai le besoin de résumer la foi nouvelle qui avait remplacé chez moi le catholicisme ruiné »

 

L’Histoire, comme espace de manifestation divine, prend une dimension sacrée. Le Christ est ainsi bien souvent représenté comme le premier des réformateurs sociaux et Victor Cousin donne au christianisme un rôle essentiel dans le développement de la démocratie ».

Le progrès pour les romantiques est avant tout moral et social.

 

 

©Le Je

Je dans « Maintenant » se donne comme exemple de l’humanité mauvaise

« J’étais enfant, j’étais petit, j’étais cruel

Tout homme que la terre, où l’âme erre asservie,

Peut commencer ainsi le récit de sa vie ».

Réversibilité du je en tu et en tous

Les contemplations «  Ah ! insensé, qui croit que je ne suis pas toi ! »

 

Autobiographie épique où le destin de l’humanité se concentre dans celui du je.

 

©Le progrès et la chronologie

Chaque siècle est au moins représenté par un chapitre, mais le XIX = « Maintenant ». Absence du XVIII qui appartient à cause révo à l’ordre des origines et ne saurait dès lors constituer un simple maillon dans la chaîne du temps. Par ailleurs, le déroulement chronologique est parfois difficilement lisible en raison des déplacements géographiques qui masquent évo.

Le progrès = véritable fil conducteur

Préface, p 45 :

« Du reste, ces poèmes, divers par leur sujet, mais inspiré par la même pensée, n’ont entre eux d’autre nœud qu’un fil, ce fil qui s’atténue quelquefois au point de devenir invisible, mais qui ne casse jamais, le grand fil mystérieux du labyrinthe humain, le Progrès ».

 

le peuple progressivement prend son destin en main ( au début on a portrait et action d’un homme important mais après le bateau etc. on a le peuple : à partit de maintenant. Cela dit statut particulier des animaux. Importance de plus en plus des petits en particulier avec les pauvres gens.

 

©Progrès et Rupture

« Les tableaux riants [y] sont rares »

« Si certains aspects soulignent l’existence d’un déroulement chronologique, d’autres, au contraire, indiquent que l’histoire semblent balbutier ».

les éléments de répétition : Caïn Kanut ZimZizimi Mourad Ratbert Philippe II

autre organisation = cyclique.

Mais surtout des éléments négatifs semblent perdurer en dépit du progrès.

« Les Mercenaires »  viloence et caractéristique de la tyrannie féodale réapparaissent comme le signe d’une permanence désespérante du MA

« Ils soutiennent le vaste empereur féodal ».

 

Il existe aussi progrès inverse « la sacre de la femme » à Caïn déchéance décadence originel. Mauis entre « pleine mer » et « plein ciel » contradiction car le progrès n’est pas ilmpossible si on sait choisir la bonne « voie ».

 

©Le progrès idéal

But de la légende « l’épanouissement du genre humain de siècle en siècle, l’homme montant des ténèbres à l’idéal, la transfiguration paradisiaque de l’enfer terrestre, l’éclosion lente et suprême de la liberté (…) » et pourtant semble jamais concrètement y avoir un contenu positif. Sauf dans « plein ciel » qui appartient au mirage de l’avenir. En fait le positif n’apparaît que dans les détails.

Le livre ne se construit pas réellement sur un cercle ou sur la spirale hégélienne mais plutôt par fragments

« Nul lien ; Nul faisceau ; le progrès solitaire,

Comme un serpent coupé, se tordant sur la terre,

Sans pouvoir réunir les tronçons de l’effort […] ».

 

Cette fragmentation du progrès explique la fragmentation des petites épopées, seule structure à même de rendre compte du double mouvement qui oppose l’idée de progrès, essentielle pour guider la marche humaine, et la réalité empirique, qui n’en laisse deviner que les traces.

 

Mais si le progrès ne se manifeste pas un continuum, il participe à une forme d’organisation secondaire.

Le recueil a aussi un caractère quasi prophétique : annoncer et non décrire dans « XXe siècle ». le « sacre de la femme » pas seulement à l’origine de l’histoire, mais l’origine d’une certaine représentation de l’histoire « qui fait du devenir le mode majeur de l’être ». Allusion à ce qui n’est pas encore

« leur extase aujourd’hui serait presque l’effroi »

« le mal avait encor rien mis de son mystère »

(un temps avant l’histoire qui appartient encore au merveilleux)

 

Autre type d’origine : la révolution

« Si elle ne trouve d’autre emplacement que le vide laissé par la section « XVIIIe s » est présente en filigrane dans tout le recueil et en particulier chez le satyre qui remet en cause l’ordre des dieux de l’olympe et parle de « révolte sainte ».

révolution aussi = jésus. Pas là

©Le progrès et le salut

« Si le progrès s’avère décevant, à l’image du Léviathan (…) c’est du ciel que semble venir le salut, par l’entremise de l’aéroscaphe »

« Dès que l’on passe de l’individu à l’humanité s’impose (…) ce symbole de l’évolution humaine (Babel) fondée sur l’entassement de l’expérience de chacun. C’est donc là la véritable figure de l’œuvre humaine, fortes de toutes ces contradictions. Elle symbolise aussi bien des revirements de la destinée humaine faite de défaites, de souffrance et de mort, que ses espoirs, fondés sur le dynamisme du génie humain. A la fois ensemble infini et absence de système, elle représente bien cette visée du Tout organique qui se révèle finalement fo,ndé sur un ensemble de lignes de fuite, agencement dynamique dont il est difficile de dénombrer les articulations. « Grand édifice », « fondé d’entassements de siècles et de lieux » , elle manifeste bien ce pur essor qui est en question dans la légende, selon une idée qui rend compte aussi bien de la composition du poème faite de contradiction entre ouverture et stabilité, système et écroulement, que de question théorique comme celle du Progrès avec lequel elle entre en  tension ».

 

©Le statut du poète

Tous les « je » « Loin de se présenter comme des figures autres que celles du poète, ces différentes voix en sont comme le « masque », pour reprendre une métaphore très courante chez Hugo.

Peu à peu la voix des personnages se mêlent à celles du « je » sans qu’il soit désormais possible d’identifier un locuteur unique mais surtout de sorte qu’il soit parfois difficile de distinguer l’origine précise de chacune des voix

Rupture avec le lyriqme : rare intervention du « je » lyrique.

 

 

©La mise en scène de la parole

Importante motion de drame : la parole crée une faille dans l’organisation synthétique du récit. Il a un effet dramatique ; présente les personnages dans leur rapport en tension.

Véritable mise en scène de la parole, le dialogue est aussi parfois une manière d’échapper à l’espace clos du poème pour rejoindre un espace plus large : agencement visuel crée de l’espace, coupe le vers, ralentit la lecture. Seulement la parole est moins efficace : parce qu’incomplète, elle est un appel à la mise en voix, la moise en théâtre du texte.

 

©La sérialisation du poète

Hugo laisse entendre sa voix  à travers celles de personnages :

_ les figures de génie comme Jean

_ celles plus inattendues comme Philippe II : s’il représente le summum du despotisme, il se voit également conférer certains attributs qui reviennent normalement au poète. C’est ainsi un penseur qui « semble ne rien voir » qui « songe » qui se « confondant, aux yeux troublés des hommes / avec l’abîme, avec les actes du ciel bleu ».

_ Les religieux Mohammed, prophète qui songe cf. « le rêveur sacré » des contemplations.

L logique énonciative consistant à disséminer la voix du poète dans des figures différentes construit un système de relation bien plus complexe qu’un simple transfert.

Loi d’être simplement un des avatars du poète  ou des doubles fictifs, les personnages forment des contextes nouveaux dans lesquels viennent s’agencer certains éléments qui trouvent alors une portée inédite.

= esthétique du mélange

La recueil va au-delà de la constatation de l’absence d’un je centralisateur ( en cela contraire aux épopées), il va jusqu’à remettre en cause l’identité, en reprenant les mêmes attributs pour les faire passer de contextes en contextes : comme si même schéma se répète ( spirale hégélienne) sérialisation

Mais les objets ou éléments paysage peuvent aussi être le poète : les sphinx de Zi Zizimi ou encore la montagne le Momotombo qui « lui seul n’a pas voulu » comme Hugo qui seul ne revient pas comme Napoléon fait amnistie des exilés.

Mais je narrateur ou poète ou carrément Hugo peut être présent* »Qu’est que Sigismond et Lasislas ont dit ?

Je ne sais si la roche ou l(arbre l’entendit »

Il joue aussi avec le nom Hugo de cotentin dans « Aymerillot » « Hugo tête-d’Aigle » dans « Eviradnus » « Ugo, qui fit noyer ses sœurs dans leu baignoire » in « les conseillers probes et libres ». Hugo se crée de fictions de lui-même.

La crise du je signifie la recherche de héros de son époque.

 

© L’exil les exilés

Caïn et Abel, genèse 4,14

« Tu me chasses aujourd’hui de ce pays, et je dois me cacher loin de ta face, devenir errant et vagabond que sur la terre ».

Psaume 138 David

« tu as l’œil à toutes mes démarches »

«  finir pour échapper à ton regard ? » mais pour Hugo fuit conscience pas dieu si on suit le titre « l’œil était dans la tombe et regardait CaÏn » mais c’est vrai œil= dieu seulement avant que l’on doit que l’homme a une conscience individuelle, eu XIXe déjà l’homme conscience individuel en dehors de Dieu ( les autobiog religieuse des jeunes filles par ex).

par l’exil, Hugo se rattache à l’écriture d’un Rousseau « poétique et historique finissent par se mêler ». Exil = retraite mais aussi lieu et temps d’observation avec recul, rejoint la situation de création poétique et l’attitude du poète romantique au-dessus de la mer de nuages. L’archipel de l’exil figure alors l’ailleurs ,le dehors perdu dans un abîme, une zone d’ombre livrée au courant « espace âpre et silencieux », « constellé d’écueils noirs ».

Les contemplations « hors du monde, au-delà de la dernière porte ».

L’exil se confond avec la thématique de la mort Caïn finit dans une « tombe » Kanut est exilé mort mais dans un espace qui n’est pas le repos du ciel. Exil c’est aussi l’enfer, la souffrance, qu’Hugo a connu ne pouvant se rendre près de Léopoldine, sur la tombe «  je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps » exil pays exil des siens.. Hors de sa voie, le poète exilé est comme le spectre de Kanut, condamné à errer sous des larmes  de sang. Mais aussi période de clairvoyance, atteint la vérité interdite aux vivants « la souffrance de l’exil légitime alors l’assimilation du poète en figure christique ». £µmais exil tourne aussi le poète vers l’histoire et devient polémiste, sa poésie satire. Petites Epopées et origine révolution.

Mettre la révo à l »honneur permet de remettre en perspective la légitimité du régime en place. La fig de Napoléon III se superpose à celle des tyrans : l’évocation de la décadence romaine dans « le lion d’Androclès » renvoie à l’association du Bas-Empire et du Scd .

La crapaud aussi figure exilé

« L’éxil devient une valeur morale comme le suggère ce vers de « La confiance du marquis Fabrice » « comme dans un exil il vit seul dans sa gloire ».

 

©Exil et poésie

le poète est pour H un prophète violemment exclu de et par la société. « si le poète est un douloureux exilé, c’est que la poésie entre précisément en conflit avec l’idéologie, soit l’ensemble du sujet symbolique, la somme des représentations que se donne une société pour justifier, légitimer, naturaliser soin ordre tel qu’il est ». = Platon la république l’artiste doit être banni parce que dangereux.

« la poésie est en acte une critique, de l’idéologie parce qu’elle lui oppose un autre régime discursif, un autre sujet de représentation, désenglué du conformisme, fondement de toutes les aliénations, arraché à la parole gelée de l’opinion ».

cet arrachement = prophétie et utopie.

« prophétique, la poésie est connaissance, au-delà des savoirs admis. Mystère d’une présence qui déborde du présent.

« les poètes seuls parlent une langue suffisante pour l’avenir » le poète «  l’homme des utopies » L’exil de la poésie est un exil au pays de nulle part.

discours de l’irréel hors temps et hors espace, hors de toutes effet de cause et conséquence et de linéarité puisque tout est possible.

« Fidèle à l’engagement que j’ai pris vis à vis de ma conscience ( là en rejoint Caïn importance conscience), je partagerai jusqu’au bout l’exil de la liberté. Quand la liberté rentrera , je rentrerai »

« ce que c’est que l’exil » 1975

« Songer, penser, souffrir »

« quelle force que ceci : n’être rien ! »

« Hors la loi, dans le droit ».

« Le tyran qui vous attaque rencontre pour  adversaire sa propre iniquité, cad lui-même, et pour deuxième adversaire votre conscience, cad Dieu »

© Le parricide.

Caïn et Kanut, Zim Zizimi etc. entraîne leur solitude et leur exil. Rien à voir avec l’exil au combat pour la liberté et contre napoléon le petit mené par Hugo. Le seul qui est l’exact image de l’exilé Hugo c’est le Momontombo qui ne veut pas se convertir et qui veut rester libre

Pour Hugo, le mal est une catégorie absolue qui pousse le principe négatif à ses limites : celui qui en est à l’origine finit par être lui-même son propre châtiment : Kanut. Fatalité tragique

 

© Les chevaliers et l’errance

Ils sont errants = ils vont de part le monde en mettant leur errance au services des plus démunis. Mais leur errance est aussi, sur un plan métaphysique celles des songeurs.

Les chevaliers errants : « car on a peur de ceux qui marchent en songeant »

Roland dans « le petit roi de Galice » « il m’a semblé parfois que je quittais la terre ».

 

 

© Fiction et représentation

« Ces poèmes se passent l’un à l’autre le flambeau de la tradition humaine quasi cursores. C’est ce flambeau dont la flamme est le vrai qui fait l »unit »é de ce livre » ( préface)

signification du vrai pour Hugo : s’oppose au vrai scientifique «  N’admettre que le palpable et le visible, cela se qualifie d’observation. C’est élimination, et rien autre chose. Et qui sait ? élimination du réel ? ».

Pour Hugo fiction ne s’oppose pas au vrai : poésie = vise la totalité cad l’humanité

Veut toucher l’infini qui est la vérité de la réalité

« la poésie est l’infini » Proses philosophiques

 

 

© Travail de mimesis

les métaphore en réseau

_ métaphore picturale

assimile poème au tableau ut pictura poesis

le médium doit s’effacer le plus possible. Représentation comme reflet.

_ métaphore de la trace

empreinte

Il ne s’agit plus seulement de rendre compte de la réalité de la façon la plus directe mais en conserver quelque chose.

« Plein Ciel

lorsque l’aeroscaphe survole l’histoire

« L’espace voit, d’un œil par moments soucieux

L’empreinte du talon de l’homme dans les nues »

Moule : archéologie dessine en creux : mémoire

Pb empreinte c’est que cache autant que dévoile

Préface « empreintes moulées sur le masque des siècles » double distance, à mon sens

Idée de moulage retravaillé, travail artistique sinon artisanal

 

Le drame forma hybride qui ne se contente pasde synthétiser tous les genres mais qui doit représenter tout

La drame est « un point d’optique [dans lequel] tout ce qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit [se] réfléchir ».

_ métaphore de la « mosaïque » et « figure ».

« Comme une mosaïque, chaque pierre a sa couleur et sa forme propre ; l’ensemble donne une figure » préface

on passe du côté de l’imagination de la création

mosaïque « composition originale qui ne saurait prétendre à l’adéquation de la représentation ».

_ l’esquisse, le premier carton

traitement de l’indéfini, quelque chose de pas fini qui représente le lointain, l’indéfinissable, l’infini.

 

© héros

le véritable héros ,c’est l’humanité

le seul véritable personnage c’est « le genre humain, considéré comme un grand individu collectif » ( préface)

 

 

 

Synthèse Hugo

La légende des siècles

Deuxième partie

 

©Histoire

selon Marx : dans l’histoire les choses se répètent toujours sauf que la première fois elles ont lieu sur le mode de la tragédie la deuxième fois sur le mode de la farce

« Au XIXe siècle, l’histoire a cessé d’être une abstraction ; c’est une expérience vécue personnellement par de nombreux écrivains ».

Vico : mystique idéaliste de la fraternité sociale et de la libération humaine. Théorie des cycles, l’humanité passant par une série de cycles, parvient à une plus grande perfection morale. Michelet « L’humanité est son œuvre à elle-même »

« l’homme est son propre Prométhée »

la théorie des cycles pour les écrivains expliquent les périodes de crise et de violence : interruption de la marche du progrès. Ballanche Essai de palingénésie sociale. Le progrès de l’humanité ne saurait être continu. Les périodes de souffrance = période de purification. En Allemagne : idée d’une dimension créatrice de l’histoire. Les mythes et les légendes selon Creuzer sont le produit d’une âme collective.

L’objet principal de l’histoire est l »évolution de l’humanité vers la lumière, au cours d’une ascension où elle ne cesse de dépasser ses limites. Image spirale chez Chateaubriand Michelet, balzac.

« de fait, l »histoire se présente comme une synthèse, comme l’accomplissement de l’absolu dans le monde sensible ; et c’est l’idée de liberté Qui représente beaucoup la fin de l’histoire » vers émancipation politique et l’égalité.

Larousse, grand dictionnaire universel du XIXe

 

Art Progrès

« le progrès est la loi même de la marche du genre humain. L’humanité est perfectible et elle va incessamment du moins bien au mieux, de l’ignorance à la science, de la barbarie à la civilisation ».

Millet « le progrès passe par le gouffre, selon le schéma chrétien de la chute, de l’épreuve et de la rédemption, ou selon celui, révolutionnaire, des catastrophes qui, cycliquement, rompent l’enchaînement fatal des violences ».

 

mais à partir du XVIIIe de Vico à Kant, apparaît l’idée que l ‘histoire est un chaos contingent. Goethe considère l’histoire comme « un mélange d’erreur et de violence ». Kant parle du « cours absurde des affaires humaines ». mais dès que le devenir est totalisé dans un esprit humain, elle prend sens : il faut pour cela la considérer d’en haut et dans son ensemble. Volonté de ramener à la clarté du concept le chaos de tous les faits qui compose le devenir historique.

 

Tension avec la légende car le noyau historique est déformé par elle. Mais pour sortit un sens de l’histoire il faut une réécriture qui opère un choix dans les faits ; ceux qui sont importants ou non etc. des détails qui font sens avec le temps.

La légende a la force de l’irréel.

3 types d’articulations des vérités légendaire ou historique

a)      il y a démystification de la légende par l’histoire ) anthropogenèse

b)      reconnaît dans la légende de une vérité intrinsèque démythologisation reconnaître le mythe comme mythe non pour y renoncer, mais pour en libérer le fond symbolique. Elle expose la puissante révélatrice du mythe.

c)      Doter l’histoire de la puissance fondatrice des mythes, pour donner une conscience historique à la communauté

« L’histoire est le produit d’une écriture, d’une fiction ».

Pour Hugo, il faut retranscrire l’esprit des faits pas spécialement fidèlement les faits.

Tout se fait selon un destin qui peut rapprocher un fait anodin ( la déception de l’infante) à un grand événement historique ( la défaite de Philippe II à cause de ce même vent).

Le détail est important tout de même car il a une valeur de garantie, introduisant une certaine familiarité dans description. Aussi, le détail permet de donner épaisseur humaine aux personnages : ce n’est que lorsque le lecteur se sent proche des personnages qu’il peut réellement envisager l’idée de lien à l’ensemble de la communauté humaine

Mais le détail est encore l’expérience d’une théorie originale de l’histoire. Comme Hugo le note :

« L’auteur en convient, un rudiment imperceptible, perdu dans la chronique de la tradition, à peine visible à l’œil nu, lui a souvent suffi. Il n’est pas défendu au poète et au philosophe d’essayer sur les faits sociaux ce que le naturaliste essaie sur les faits zoologiques : la reconstruction du monstre d’après l’empreinte de l’ongle ou l’alvéole de la dent » Préface p. 48

Ordre monadologique.

 

©Légende

a)      trad. pop et chrétiennes

b)      svt employé pour définir un mixte d’histoire et mythe, de réalité et fiction, histoire mythifiée, enveloppée par le mythe.

c)      Hugo emploie légende ailleurs pour désigner une tradition populaire née de l’effroi. Les gens du peuple transforment la réalité en légendes qui les enfoncent encore davantage dans la terreur superstitieuse.

 

Eviradnus  « Les superstitions ont fait Corbus terrible »

V 170 et svts

« car les gens des hameaux tremblent facilement ;

Les légendes toujours mêlent quelque fantôme

A l’obscure vapeur qui sort des toits de chaume,

L’âtre enfante le rêve, et l’on voit ondoyer

L’effroi dans la fumée errante du foyer ».

 

La fin de Satan II. III

[…]

la pitié se déchire en récits effrayants.

La tradition, fable errante qu’on recueille

Entrecoupée ainsi que le vent dans la feuille

Apparaît, disparaît, revient, s’évanouit

Et, tournoyant sur l’homme en cette étrange nuit,

La légende sinistre, éparse dans les bouches,

Passe, et dans le ciel noir, vole en haillons farouches ».

 

 Moi :

Mais stupéfaction et effroi qui devient révélation ( oserait-on dire épiphanique ?) et libérateur de ce même fait.

« Des épopées » introduit pluralité indéfinie sans limites

« la projection de l’infini dans le fini »

définitionnelle de l’œuvre romantique selon Hegel, est ici pleinement revendiquée comme la visée de l’œuvre.

Naïveté et spontanéité de la trad. pop associé à ambitieux projet de connaissance et expo de tous les siècles.

Mythification de l’avenir = légende à rebours

Mais parce que le mot « légende » renvoie aux trad. lointaines, la légende signifie aussi un présent non encore arraché à la fascination du passé terrifiant. Arrachement qui n’aura lieu qu’au XXe siècle.

La légende se distingue d’abord de l’épopée par la nature de la religion qui y est présente ; légende a un caractère sacré.

La légende diffère de l’histoire non dans son degré de réalité mais dans le processus sémiotiques qui lie le poème à celle-ci, fondant l’histoire sur un langage descriptif, et la légende sur un discours symbolique, mais au delà de la dimension théologique qui fait de dieu aussi bien l’origine, l’agent ou la fin idéale de l’histoire, l’idée de religion que met en avant la légende est aussi fondée sur l’idée de lien. Pour Hugo, l’histoire elle-même, rejoignant l’infini, intègre les dimensions humaine et divine. Ce que cherche à faire le poème c’est ainsi à explorer toutes les possibilités de relation (sociale politique ou de contexte).

Préface « Comme on le verra, l’auteur en racontant le genre humain ne l’isole pas de son entourage terrestre ».

« le légendaire n’est pas un genre, c’est un dispositif » Claude Millet

capacité avocatoire

©Légende humaine

 

Les héros de la légende combattent les ténèbres mais possèdent en eux une face sombre qui les relient presque ontologiquement à l’ombre. Ceux qui font la morale de l’histoire ce sont les petits Aymerillot Aymery «  pauvre autant qu’un pauvre moine ».Les diminutifs du peuple.

De plus la légende des siècles veut donner une forme à la collectivité : la foule, elle est constitués d’individus dont les intérêts sont parfois contradictoires c’est Je+je+je

Incohérence et maque de réflexion

« la foule est chez lui un ens. d’individus irresponsables qui apparaissent le plus souvent sous la figure du passant ».

S’oppose au peuple qui représente la communauté d’individus conscients d’appartenir à un Tout.

 

©Epopée

« C’est de l’histoire écoutée aux portes de la légende » préface

« L’épopée, pour Hugo, est tourné vers l’avenir : il s’agit de construire une légende du peuple, de fonder la démocratie sur un mythe communautaire qui remette en cause l’adhésion des ouvriers parisiens au secd empire. Le seul moyen de déconstruire le consensus fondé notamment que la légende ,napoléonienne c’est de construire une légende concurrente à la fois critique et fondatrice ».

elle est le meilleur espace d’expression de la tension qui oppose l’expression d’un Moi subjectif et la volonté du poète de rejoindre une dimension universelle

forme narrative qui lui confère une dimension objective qui, associée à la mode romantique à l’expression d’un moi, semble à même de réconcilier les contraires. + dimension dramatique qu’instaure la succession des épisodes.

Millet « l’épopée à une fonction « organique » cad une fonction d’édification cohésive de la communauté _ soit « la France, le pays où je suis né » et le genre humain »

+ exil : bouleverse écriture épique par projet satirique et révolutionnaire.

 

©Petites Epopées

 

brièveté et familiarité + le pluriel qui brise unité du récit épique en le fragmentant. Le raccourcissement du genre épique n’est pas propre à Hugo Vigny déjà Poèmes a,ntiques et modernes sont sans le dire des petites épopées. L’originalité de Hugo ne tien donc pas au fait qu’il aurait « inventé » la petite épopée mais au fait que les PE constituent la première série de la légende : le recueil n’est pas une collection de « petites épopées » c’est un récit fragmenté en 1 série

 

©Grandeur

Le grandissement épique : le décor semble dilaté tout est géant » « démesuré » indescriptible etc.

Roland « ainsi que des géants ». importance du terme « formidable ».

Effets d’exagération

« Ils luttent de si près avec de sourds murmures

Que leur souffle âpre et chaud s’empreint dans leurs armures »

 

L’épopée = loupe

Les portes de Carpi = « seuil formidable ».

 

©Fragmentation

« A la différence d’un Mallarmé pour qui le monde entier devait pouvoir être contenu dans un livre, pour Hugo, le livre n’est qu’un événement singulier destiné à être constamment dépassé, un moment dans le mouvement sans fin qui assimile l’œuvre à une temporalité qui n’a rien à voir avec la chronologie »

image des décombres et des ruines, de la dispersion des pétales de la rose sur l’onde.

Fragment= exprimer un ensemble par de petits détails

Les Misérables, III, 1

« paris, étudié dans son atome »

hugo veut étudier le passé à la lumière du détail

 

©Satyre

grande proximité entre la métamorphose du satyre et article « pan » du dico de Moréri « PAN, dieu des pasteurs, a été aussi considéré comme le dieu de la nature : ce que son nom semblait marquer ; car cela signifie en grec « tout ». c’est pq on composait son image des principales choses qui se voient dans le monde. Ses cornes marquaient, dit-on, les rayons du soleil, et les cornes de la lune. Son vidage enflammé désif=ganit l’élement du feu. Son estomac couvert d’étoile signifiait le ciel (…) »

Hugo = «  sa poitrine terrible était pleine d’étoiles » v 708

 

©Un recueil polycentrique

perspective d’ensemble mais co,nserve autonomie à chaque élément

Pour que les fragments puissent former une unité, il faut Qu4ils se rattachent à un point central. Mais pour éviter une structure trop rigide le recueil multiplie les centres . chaque section a un centre d’où se propage un sens. Points de départ nombreux mais sans point d’arrivée. Le héros n’est pas non plus un point d’ancrage satisfaisant car multiplication des héros. Répétition de « figure » à travers différence identités. Aucune idée représentation ne fait système : des personnages très différents « songent » qu’ils soient bons ou mauvais. On reconnaît quelque fois même personnage comme l’a^ne ou le lion, mais de façon sporadique.

 

©écriture collective

Faire de l’individu poète la voix de l’universel.

Mais le recours aux personnages est une solution incomplète en ce que, même s’il permet de remettre en cause le sujet il le maintient en place. Recours à d’autres formes  comme on aucune identification impliquée il manifeste la profondeur indéfinie sans se confondre avec elle.

Volonté de cultiver l’universalité de la poésie

On commute souvent avec le peuple comme dans chevaliers errants

« Le peuple en leur présence avait l’inquiétude […]

On ne savait jamais d’où sortaient ces fantômes ;

On disait : « qui sont-ils ? d’Où viennent-ils ? […] »

Importance expression familière du peuple.

 

©Structure

ouverture et inachèvement

« ce livre, c’est le reste effrayant de Babel »

idée de vertige

« L’auteur étant pour ainsi dire sur une des frontières les moins explorées et les plus vertigineuses de la pensée, au point de jonction de l’élément épique et de l’élément dramatique, à cet endroit mystérieux de l’art qu’on pourrait appeler, s’il était permis de citer de si grands noms à propos d’une œuvre si obscure, le confluent d’Homère et d’Eschyle ».

 

©Le songe

action poétique par excellence d’ouverture du réel et porosité du mystère, forme de connaissance paradoxale dans lequel obscurité joue un rôle aussi important que la lumière. Forme de connaissance déroutante

« accepte d’abord de te laisser questionner par l’inconnu »

structure juxtaposition et fragments du recueil rappelle celle su songe.

 

©Composition organique

« dans ce buisson de petites épopées –spiritus flat ubi vult- est venu des fleurs doubles » dit Hugo à Hetzel

préface de 1859

« L’arbre commencement de la forêt est un tout ; il appartient à la vie isolée par la racine et à la vie commune par la sève. A lui seul, il ne prouve que l’arbre, mais il annonce la forêt »

 

conception romantique allemande sui fait de l’ouvre quelque chose de vivant. Mais renvoie surtout chez Hugo à un mode de construction non systématique qui ne concerne pas seulement la mise en forme mais aussi la composition de nombreux poèmes

 

©Le symbole

plus qu’une figure de rhétorique le symbole est une manière particulière d’envisager l »histoire conçue comme une chaîne d’exemples. C’est en lui que se fondent une philosophie poétique. Chez Hugo il ne livre pas un contenu de signification univoque, il se rapproche en cela du symbole romantique défini en ces termes par Todorov « l’allégorie transforme le phénomène en concept […]. La symbolique transforme le phénomène en idée, l’idée en image, et de telle sorte que l’idée reste toujours infiniment active et inaccessible dans l’image » Théories du symbole.

Les personnages servent de symbole sans pourtant se cantonner dans sens univoque, le poème n’explicite pas mais fait ressentir

L’esthétique poétique doit allier l’idéal et le réel ce que Hugo réussit grâce au travail de l’image. Aussi les symboles sont ils toujours ambigus

Les chevaliers errants : envoyés de dieu mais aussi visages « effrayants, muets, masqués de fer » comme venant enfer effraient le peuple et le défendent.

Les spectres :

a)      des personnages au-delà de l’humanité

Olivier et Roland « deux spectres d’Airain »

b)       les mendiants misérables du jour des rois ( ils sont comme l’ombre d’eux mêmes à cause de la pauvreté)

c)      associé à « droit » « honneur » justice » dans « les chevaliers errants ».

d)      Symbolise la violence, quand appliqué aux tyrans « Ces spectres sont les rois ; ces spectres sont les dieux »

e)      Des revenants comme Eviradnus ( faux revenant)

f)        Monstre comme Don Pancho « rouge spectre » dans « jour des rois »

g)      Divinité qui occupait de Momotombo

h)      Peut également symboliser l’état de vision « spectre pensif »

Le symbole tel que H le conçoit s’appuie moins sur un rapport de ressemblance que sur un rapport de participation entre deux types de symboles.. LOI DE CORRESPONDANCE qui veut que tous les objets se rejoignent dans l’universelle analogie du Tout. Proche de l’énigme, le symbole entre dans la pbmatique de l’inexprimable. Le Tout ne saurait être accessible au langage courant.

« Nulle voix ne peut rendre et nulle langue écrire » la Satyre

le symbole chez Hugo = traitement particulier de l’image qui la rend opaque. Le langage n’est plus là pour rendre compte de la réalité de manière transparente et adéquate ; c’est une matière poétique qu’il faut travailler pour donner toute son épaisseur à l’œuvre. Pour voir toute sa portée le symbole chez H doit rester ouvert, ne jamais se figer dans un contenu de signification : les sourires souvent pas de signification claires

le saton de pierres dans « les conseillers probes et libres » « souriait ». le songe souvent idem, persge qui songent sont tous très différents et songe peut avoir plusieurs significations.

Ce travail sur le symbole rejoint donc une réflexion générale sur la notion de signe.

 

BABEL

Le symbole rejoint la légende

Léviathan « Babel des mers »

Babel = aussi une figure effrayante de l’histoire mais également dynamique, associé à la spirale.

L’emploi des multiples formes de langage dans le recueil montre sa volonté de faire du signe linguistique le véritable matériau de ses poèmes :

_ utilisation des termes familiers

_ de termes étrangers « servidumbre » « régidor » « burg »

_ des archaïsmes « preux » « estoc » « bailler »

Les expressions lexicalisées sont l’objet d’un renouvellement ; « les songes-creux, qui vont aux chimères bayant » in « petit roi de Galice ».

_ néologismes « flamboiement » « aurorale » « éventrement »

mais le signe chez H est également quelque chose dont il faut se méfier, souvent trompeur. De manière générale, symbole et fiction sont à double tranchant.

La chimère par ex le monstre mais aussi produit de l’imagination

C’est pourquoi, si le symbole est le mieux placé pour rendre compte de l’énigme de la nature, il doit cependant être à la portée de tous, à l’image des paraboles qui constituent les paroles de jésus. Contrairement aux signes mystérieux qui confisquent la compréhension populaire et engendrent la superstition, H cherche à faire du symbole une forme de sens accessible à tous. Libération des symboles institués par le renouvellement : l’aigle des montagnes, symbole sauvage qui vient renouveler l’emblème des tyrans dans « le régiment du commandant Madruce ». le progrès concerne aussi les symboles qui ne doivent plus être empruntés au passé. A la fin du recueil la métaphore de l’usine remplace celle du temple comme support de l’idée de création. TRANSFIGURATION

 

 

©Esthétique

 

programme poétique derrière le prog religieux du temple.

« Moïse pour l’autel cherchait un statuaire ;

Dieu dit : « il en faut deux » ; et dans le sanctuaire

Conduisit Oliab avec Beliséel.

L’un sculptait l’idéal, et l’autre le réel »

 

 

« Plein ciel » symbolise le moment où l’histoire se confondra avec le programme poétique.

 

« Et l’on croit voir passer la strophe du progrès »

« Une musique, un chant sort de son tourbillon » .

 

©Mutation de l’épopée

elle se rapproche du peuple

« Ainsi libérée d’un certains nombre de contraintes, l’épopée vise un espace infini : non contente de mettre en perspective les données de l’histoire et de l’archéologie pour mieux rendre compte de l’évolution des civilisations et du progrès de l’humanité, elle intègre son récit à une représentation du monde fondée sur l’histoire des religions, se préoccupant aussi bien des croyances primitives que des utopies concernant l’avenir. Les mythes religieux contiennent une vérité qui doit permettre d’exprimer une « vision du monde » à la fois personnelle et actuelle ».

Mythe = matrice pour créer des légendes nouvelles, dans l’idée de servir de fondation à la société qu’ils appellent de leurs vœux.

 

 

©Un poème philosophique

Baudelaire à propos de la légende en 1862

« […] il n’a pas chanté plus particulièrement telle ou telle nation, la passion de tel ou tel siècle ; il est monté tout de suite à une de ces hauteurs philosophiques d’où le poète peut considérer toutes les évolutions de l’humanité avec un regard également curieux, courroucé ou attendri ».

 

Hugo : pe,sée philosophique de l’histoire qui fait penser à Hegel la raison dans l’histoire

Même enthousiasme pour napoléon, même intérêt pour le christianisme. Hegel pense que l’historien doit transmuter l’éphémère les faits) en un équivalent spirituel, « en une représentation du sens interne et externe ».

Pour Hegel l’universel se sert du particulier

« L’action immédiate peut également contenir quelque chose de plus vaste que ce qui apparaît dans la volonté et la conscience de l’auteur ».

Seulement Hugo a plus de co,nsidération pour l’homme : pour Hegel il n’est que le moyen de l’histoire.

« J’ai dépasse les PE. C’était l’œuf. La chose maintenant est plus grande que cal. J’écris tout simplement l’humanité, fresque à fresque, fragment à fragment, époque à époque. Je change donc le titre du livre, le voici : LA LEGENDE DES SIECLES ».

 

©Grotesque métaphysique et compassion

âne symbole de la bêtise et Hugo retourne symbole

le baudet dans « le crapaud » « est plus saint que Socrate et plus grand que Platon ».

« L’a^bne so,ngeait (…)/ dans une profondeur où l’homme ne va pas ».

de même le crapaud lui-même

« Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie

grave, il songeait : l’horreur contemplait la splendeur ».