Semaine N° 1:

Jean Giraudoux, La Guerre de Troie n'aura pas lieu, éd. Bernard Grasset,1935, Acte I, scène 3.
Hector  qui vient à peine de rentrer victorieux, avoue à sa femme Andromaque le dégoût qu'il ressent désormais vis à vis de la guerre:

 

"...au moment où penché sur un adversaire de mon âge, j'allais l'achever? Auparavant ceux que j'allais tuer me semblaient le contraire de moi-même. Cette fois j'étais agenouillé sur un miroir. Cette mort que j'allais donner, c'était un petit suicide."

Semaine N° 2:

J. Kaempfer affirme dans Poétique du récit de guerre:

 

"La guerre, assurément, c'est ce qui ne se raconte pas (...) l'inénarrable n'a jamais empêché les narrations d'exister."

 

Semaine N° 3:

André Glucksmann affirme dans son ouvrage Le Discours de la guerre, p99.

 

"La rationalité profonde de la guerre ne culmine pas dans la différence (du vainqueur et du vaincu), pure forme extérieure, mais dans l'indifférence intime qui fait les adversaires interchangeables. (...) La guerre n'oppose jamais que les chiens d'une même faïence."

 

Semaine N° 4:

Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, éd. Gallimard, 1964, p.144.

 

"C'est autour de la mise en scène, considérée non comme le simple degré de réfraction d'un texte sur la scène, mais comme le point de départ de toute création théâtrale, que se constituera le langage type du théâtre. Et c'est dans l'utilisation et le maniement de ce langage que se fondra la vieille dualité entre l'auteur et le metteur en scène, remplacés par une sorte de Créateur unique, à qui incombera la responsabilité double du spectacle et de l'action."

 

Semaine N° 5:

Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, éd. Gallimard, 1964

 


 
Parole et mise en scène, texte et représentation chez Artaud


p.55:" je dis que la scène est un lieu physique et concret qui demande qu'on le remplisse, et qu'on lui fasse parler son langage concret."

p.60:" c'est la mise en scène qui est le théâtre beaucoup plus que la pièce écrite et parlée."

p.61:" l'idée d'une pièce faite de la scène directement, en se heurtant aux obstacles de la réalisation et de la scène impose la découverte d'un langage actif, actif et anarchique, où les délmitations habituelles des sentiments et des mots soient abandonnées."

p.61: " Je m'empresse de le dire tout de suite, un théâtre qui soumet la mise en scène et la réalisation, c'est-à-dire tout ce qu'il y a en lui de spécifiquement théâtral, au texte, est un théâtre d'idiot, de fou, d'inverti, de grammairien, d'épicier, d'anti-poète et de positiviste, c'est-à-dire d'occidental."

p.63: " Le théâtre contemporain est en décadence parce qu'il a perdu le sentiment d'un côté du sérieux et de l'autre du rire (...) parce qu'il a perdu d'autre part le sens de l'humour vrai et du pouvoir de dissociation physique et anarchique du rire."

p.68: "La mise en scène [est] considérée comme un langage dans l'espace et en mouvement."

p.69: " Faire la métaphysique du langage articulé, c'est faire servir la langage à exprimer ce qu'il n'exprime pas d'habitude: c'est s'en servir d'une façon nouvelle, exceptionnelle et inaccoutumée (...) c'est enfin considérer le langage sous la forme de l'incantation."

p.109: " La parole dans le théâtre occidentale ne sert jamais qu'à exprimer des conflits psychologiques particuliers à l'homme et à sa situation dans l'actualité quotidienne de la vie."

p.110: " L'expression vraie cache ce qu'elle manifeste."

p.110: " Une image, une allégorie, une figure qui masque ce qu'elle voudrait révéler ont plus de significations pour l'esprit que les clartés apportées par les analyses de la parole."

p.111: " Il ne s'agit pas de supprimer la parole au théâtre, mais de lui faire changer de destination, et surtout de réduire sa place, de la considérer comme autre chose qu'un moyen de conduire les caractères humains à leurs fins extérieures."

p.111: " Changer la destination de la parole au théâtre c'est s'en servir dans un sens concret et spatial."

p.113: " C'est sous cet angle d'utilisation magique et de sorcellerie qu'il faut considérer la mise en scène, non comme le reflet d'un texte écrit (...) l'auteur qui use exclusivement de mots écrits n'a que faire et doit céder la place à des spécialistes de cette sorcellerie objective et animée."

p.132: " Tout ce qui est dans l'amour, dans le crime, dans la guerre, ou dans la folie, il faut que le théâtre nous le rende, s'il veut retrouver sa nécessité."

p.133: " En un mot nous croyons qu'il ya, dans ce qu'on appelle la poésie, des forces vives, et que l'image d'un crime présentée dans les conditions théâtrales requises est pour l'esprit quelque chose d'infiniment plus redoutable que ce même crime, réalisé."

p. 138: " Ce que le théâtre peut encore arracher à la parole, ce sont ses possibilités d'expansion hors des mots, de développement dans l'espace, l'action dissociatrice et vibratoire sur la sensibilité. C'est ici qu'interviennent les intonations, la prononciation particulière d'un mot."

p.138: " Il s'agit donc pour le théâtre de créer une métaphysique de la parole, du geste, de l'expression, en vue de l'arracher à son piétinement psychologique et humain."

p.145: " Il ne s'agit pas de supprimer la parole articulée, mais de donner aux mots à peu près l'importance qu'ils ont dans les rêves. Pour le reste, il faut trouver des moyens nouveaux de noter ce langage, soit que ces moyens s'apparentent à ceux de la transcription musicale, soit qu'on fasse usage d'une manière de langage chiffré."

p.166: " Il semble que sur la scène qui est avant tout un espace à remplir et un endroit où il se passe quelque chose, le langage des mots doive céder la place au langage par signes dont l'aspect objectif est ce qui nous frappe immédiatement le mieux."

 

Semaine N° 6:

L'aumônier affirme dans le 6ème tableau de Mère courage de Brecht

 


 
"il y a toujours eu des gens qui s'en vont dire partout:"Un jour la guerre s'arrêtera." Moi je dis:Il n'est pas dit que la guerre s'arrête un jour. Bien sûr, il peut se produire un petit temps mort. La guerre peut avoir besoin de souffler, oui, elle peut même avoir comme qui dirait un accident. Elle n'est pas à l'abri de ça, évidemment sur cette terre il n'y a rien de parfait nulle part. (...) Peut-être une négligence, et c'est la pagaille. Et alors, il ne reste plus qu'à tirer la guerre du merdier! Mais dans sa détresse les empereurs, les rois et le pape lui viendront en aide. Elle n'a donc en gros rien de sérieux à craindre, et elle a devant elle une longue vie."

Semaine N° 7:

Jan Kott écrit dans Shakespeare notre contemporain, p.47


  
"Sir John Falstaff n'est pas seulement la personnification de la voracité de vivre propre à la renaissance, de son rire tonitruant se gaussant du Ciel et de l'enfer, de la couronne et de toutes les autres prérogatives royales. Ce chevalier obèse possède une sagesse et une expérience plébéiennes. Lui ne se laissera pas rouler par l'histoire. Le Falstaff de Shakespeare ricane."
 

 

 

Semaine N° 8:

François Lecercle, "Fragments d'une théorie de la guerre" in Théâtres de la guerre,  éd. Klincksieck, 2001, pp.(150-1)


  
""Dans un royaume où les lois de la succession au trône ont été bafouées et où la force a prévalu sur la transmission dynastique, la guerre est une condition naturelle: elle tient à un équilibre précaire des forces, où les tensions risquent toujours de déboucher sur des conflits ouverts. Une fois aboli le principe transcendant qui fondait la légitimité de la couronne, le pouvoir ne repose plus que sur la force, si bien que tous les féodaux - à commencer par ceux qui ont aidé Bolingbroke à conquérir le trône - sont susceptibles de chercher à s'emparer d'un pouvoir qui est perpétuellement à la merci du plus fort, au gré des retournements d'alliance.  "
 

 

 

 

Semaine N° 9:

Voici un recueil de citations sur la Guerre:

 

  Hugo: "Depuis six mille ans la guerre
        Plaît aux peuples querelleurs
        Et Dieu perd son temps à faire
        Les étoiles et les fleurs."
                                Les Chansons des rues et des bois


Apollinaire:" Ah! Dieu que la guerre est jolie
              Avec ses chants ses longs loisirs."
                              Calligrammes, l'adieu du cavalier 


Le Clézio: " Les mots ne sont pas assez nombreux pour courir aussi vite   que le guerre." La Guerre, Gallimard


Sartre: " Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent."  le Diable et le bon Dieu, Gallimard


Camus: " Pour la plupart des hommes, la guerre est la fin de la solitude. Pour moi, elle est la solitude définitive." Carnets

 

 

 

 

Semaine N° 10:

Jean Genet affirme dans L'avertissement au Balcon :

 
"Aucun problème exposé ne devrait être résolu dans l'imaginaire surtout que la solution dramatique s'empresse vers un ordre social acvhevé. Au contraire, que le mal sur la scène explose, nous montre nus, nous laisse hagard s'il se peut et n'ayant de recours qu'en nous." 

 

Semaine N° 11:

Archibald affirme dans Les Nègres, Folio, p.122

 
"Mais peut-être soupçonne-t-on ce que peut dissimuler cette architecture de vide et de mot. Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement .

nb: Le Nègre veut se conformer jusqu'à l'absurde à l'image que se fait de lui le Blanc. Quel rapport peut-on faire avec Les Paravents?

 

 

Semaine N° 12:

Au faîte de sa carrière commerciale Mère Courage affirme: (p60)

 
"Mère Courage:"Vous n'arriverez pas à me dégoûter de la guerre. On dit qu'elle détruit les faibles, mais fichus, ils le sont aussi pendant la paix. Seulement la guerre nourrit mieux ses gens."

un peu plus loin elle dit à l'Aumônier:" Vous ne pouvez pas nier que votre guerre a été un four.

-L'aumônier lui répond: Vous ne devriez pas pécher contre la paix, Courage! Vous êtes une hyène des champs de bataille."

 

 

Marie Claude-Hubert remarque dans son Esthétique de Jean Genet (p.7) que si le dramaturge a:

Semaine N° 13:

 
" multiplié, dans son oeuvre, les matériaux qui permettent d'occulter ce qui est derrière eux, gaze, dentelles, tulles, voile, porte, paravents, c'est pour différer le moment de révélation. Lever le voile, c'est découvrir le néant. Il n'y a rien derrière."