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N.b. ces
conseils sont la propriété intellectuelle de Camille Dumoulié.
Conseils
Généraux
Par
Camille Dumoulié
Université
de Strasbourg
Pour la dissertation comme pour le commentaire composé, vous
aurez intérêt à  consulter quelques uns des rapports- du
concours, qui sont publiés tous les ans.
D'abord,
quelques remarques élémentaires, mais trop souvent oubliées.
-Rendre
une copie... propre! Les conditions du concours, certes
rigoureuses, ne justifient pas le grand nombre de copies sur
lesquelles on ose à  peine poser le regard, tant elles sont
couvertes de ratures, de taches d'encre, ou badigeonnées de
"Tipp-Ex".
-
écrire d'une façon lisible et, si possible, qui soit agréable
à  l'oeil.
Faire
une mise en page claire et ordonnée, où les parties et les
sous-parties apparaissent au premier coup d'oeil (sauter des
lignes entre les parties, créer des alinéas bien visibles au
début des sous-parties).
-
Soigner l'orthographe, la syntaxe et le style.
-
Avoir le souci de la clarté de l'expression comme des idées.
Mais aussi, éviter le "jargon" ou les références
critiques qui ne seraient que poudre aux yeux; rien n'irrite
autant les correcteurs. Si vous éprouvez la nécessité
d'introduire des formules empruntées à  la critique
narratologique, à  la psychanalyse ou à  d'autres sciences
humaines, faites en sorte que le lecteur aussi en sente la
nécessité, que ce soit pour vous l'occasion d'un
développement personnel, qui montre que vous avez vraiment
assimilé ces textes critiques ou théorique, et que vous les
utilisez à  bon escient dans une analyse littéraire des oeuvres
au programme.
-
éviter les copies trop longues (longueur moyenne entre trois et
quatre copies doubles).
I)
lntroduction
Elle
comporte quatre parties, mais se présente en un seul
paragraphe. Elle va du général au particulier, d'une
manière logique et cohérente. Son but est d'introduire le
sujet, la problématique et le plan. Elle ne doit être ni
trop sèche ni trop longue (entre une et deux pages).
a)
Préambule. il
est trop souvent oublié; or, il est indispensable. A la
Faveur de
considérations brèves sur le thème, l'époque ou le genre
littéraire (selon ce qui paraîtra le plus opportun), il conduit
à  l'annonce du sujet. Comme toujours, on évitera les
évidences, les lieux communs et les vérités éternelles; et on
n'aura pas peur de laisser se profiler l'ombre d'une idée - qui
s'éclairera dans l'annonce du problème. Le préambule,
malgré sa généralité est déjà  orienté vers la
problématique, c'est-à  -dire qu'on ne saurait se contenter de
quelques formules rhétoriques.
b)
Sujet. Il
s'agit, généralement, d'une citation qu'il faut recopier.
Si elle est très longue, on en introduit, entre guillemets, les
principaux éléments, dans une phrase qui la résume. Elle
ne doit pas surgir ex abrupto,
mais
être LOGIQUEMENT liée au préambule.
c)
Problématique. C'est
l'élément essentiel de l'introduction, qui commande le plan et
tout le développement. INUTILE de vous engager dans le
développement si vous n'avez pas posé de problématique
claire. Il ne s'agit pas de reprendre la formule qui, dans
l'énoncé du sujet, suit la citation, ni de poser une vague
question, du genre: "nous allons voir dans quelle mesure
cette citation s'applique aux oeuvres du programme".
Il faut PROBLEMATISER le sujet, et donc présenter une
idée, sous forme interrogative, sans accumuler les questions.
Pas deux, ni trois, UNE! Si possible faire en sorte que
votre formulation annonce le projet que vous vous fixer. Dégager
une problématique suppose donc un rapide commentaire du sujet,
de ces termes principaux, qui vous permette de dégager
logiquement les véritables enjeux du sujet.
Les deux principales difficultés sont les suivantes ou bien
le sujet, par son caractère partial ou son parti pris, porte
déjà  , comme en lui-même, la problématique; le risque est
alors d'en rester à  l'évidence, ce qui donne une uniformité
des copies. Ou bien, la citation semble à  ce point juste
qu'il paraît impossible de dire la contraire ou de la discuter.
Ce ne saurait être qu'une fausse impression, et il faut
s'efforcer, ne serait-ce qu'autour d'un terme ou d'une
expression, de dégager un problème.
Enfin,
et au risque de répéter, la problématique est le, point
déterminant de la dissertation; tout se joue là  , et pour la
copie, et pour le correcteur. Sans problématique ou avec
une fausse problématique, le développement sera descriptif ou
se contentera de généralités, voire de hors-sujets.
d)
Plan. Il
doit être clair et démonstratif, et sa présentation telle que
l'on saisisse le mouvement de votre argumentation et le lien
unissant les idées qui constitueront le centre de chacune de vos
grandes parties. Vous ne pouvez donc pas vous contenter
d'annoncer trois idées ou trois thèmes, sans montrer le lien
logique qui les unit. éviter les plans descriptifs ou vides, ex.
: "nous montrerons d'abord en quoi la citation s'applique
aux oeuvres du programme, puis nous verrons pourquoi il s'agit
d'un point de vue partiel, et enfin nous élargirons le
problème".Par ailleurs, ne vous contentez pas, dans
l'introduction, de la formule "les oeuvres du programme",
il faut en donner le titre avec le nom de l'auteur.
Enfin,
n'oubliez jamais, quel que soit le sujet, que, dans une
dissertation littéraire, les problèmes de forme et de genre
sont essentiels. Vous devez explicitement les indiquer dès
le plan, voire dès la problématique.
II-
Développement
Chaque
partie des trois parties que comporte généralement une
dissertation commence par une phrase d'introduction qui rappelle
l'IDéE, le thème général de la partie, et se termine par une
phrase de conclusion qui récapitule le chemin parcouru, fait le
point au regard de la problématique et sert de transition avec
la partie suivante. Il est même bon, au début de chaque
partie d'annoncer les sous-parties, mais cela doit être fait
avec 1égèreté, en évitant toute lourdeur didactique.
Trop de dissertations commencent par traiter immédiatement de
telle ou telle oeuvre, sans avoir présenté une idée, une
question.
Les
sujets comportent parfois la formule "commentez et
discutez". C'est dire que la première partie doit
s'attacher à  expliciter le sujet, à  en ANALYSER LES TERMES au
regard des textes du programme et à  montrer la validité de la
citation. Analyser les termes ne signifie pas les prendre
un par un, hors de tout contexte, mais les étudier en fonction
des idées qu'ils véhiculent dans la perspective de la
citation. Cette analyse est indispensable, et elle manque
très souvent dans les copies. Sans elle, on ne peut
avancer. Les autres parties sont plus critiques, font
apparaître les limites du jugement contenu dans le sujet, mais
tout élargissement se fait en fonction des termes du sujet; on
doit absolument éviter les généralités ou les développements
"tout faits". Même lorsqu'on prend ses distances
à  l'égard de la citation, même si on la récuse, c'est
toujours en revenant aux termes et aux idées qu'elle contient.
Rechercher
l'équilibre des parties.
Ne
pas faire systématiquement une troisième partie sur les
questions de forme ou de genre; ces problèmes doivent être
traités tout au long du développement.
b)
Problèmes spécifiques à  la dissertation
de
littérature comparée
Toutes les oeuvres
doivent être également représentées; ne pas en
privilégier une, ne pas en oublier. Elles doivent toutes être
abordées dans chaque grande partie et, si possible, dans chaque
sous-partie. Ne jamais consacrer une sous-partie à  une seule
oeuvre, ainsi le plan ne doit pas avoir l'aspect d'un
catalogue qui passe successivement les textes en revue.
Certes,
il faut montrer les points de comparaison, voire de ressemblance
entre les oeuvres, repérer l'influence de tel auteur du
programme sur tel autre, s'il y a lieu, mais toujours veiller à Â
ne pas les assimiler, et bien marquer les différences.
Aller
de l'idée à  l'exemple, et commenter ce dernier avec précision.
Ne pas accumuler les exemples, mais les choisir avec à  propos.
Veiller à  ce que les citations soient correctes, surtout si vous
vous aventurez à  citer les textes étrangers en langue
originale; ce qui n'est pas demandé, et là  encore, donne trop
souvent l'impression de poudre aux yeux, lorsque, par exemple, un
seul texte est cité dans l'original, car une seule langue
étrangère est connue par le candidat. Les citations sont
indispensables, mais leur accumulation ne saurait pallier une
indigence de la réflexion.
3)Conclusion
Elle
comporte trois parties et, comme l'introduction, se présente en
un seul paragraphe:
a)
Reprise des conclusions partielles. De
manière synthétique, et en évitant une simple répétition.
b)
Réponse à  la problématique. C'est le point
d'aboutissement de tout le développement. A cette
occasion, on portera un "jugement" sur la citation, de
façon nette, mais avec toutes les nuances nécessaires afin de
ne pas donner dans des excès déplaisants : affirmations
catégoriques, déclarations péremptoires
c)
élargissement. Il peut, comme dans le cas du
préambule, concerner le thème général, l'époque, le genre,
etc., mais doit demeurer lié au problème posé par le sujet et
ne pas se perdre en généralités excessives ou 'lieux communs. |